BEURS OU ORDINAIRES?

On ne l’attendait plus. Erick revient sur JR&M et nous gratifie d’un article à l’acide chlorhydrique qui égratigne l’auteur et certain(e)s des lecteurs/lectrices du blog. Les termes du débat sont posés: JR&M se communautarise-t-il? “La France, si tu t’aimes, tu la quittes”… mais que faire de son amour de la France alors? Mon sixième sens me dit que ça va chauffer dans les commentaires… 

Le petit monde de la finance bruisse de rumeurs et les dernières me situent ici à siroter des cocktails en comptant le butin amasse en 2008.

Comme disais l’agent Mulder: « la verite est ailleurs »…

Enfin ; il est temps pour moi de revenir aux affaires . Reussir son retour dans l’entreprise apres une longue absence : On ne compte plus le nombre d’ouvrages qui se sont donne pour mission d’estampiller ton come back « Michael Jordan » plutôt qu « James J Jeffries. »

Ca tombe bien , ca fait un bail que je suis assis sur le banc de touche a regarder le team jr&m se demener sur le terrain
Les bibles du retour dans l entreprise sont unanimes et formelles: le chemin d un retour réussi passe par l’esprit Corporate.

Dommage car pour mon come-back sur JR&M j ai décidé de m essuyer les pieds sur la règle d’or du retour gagnant : l adhésion a l’esprit d’entreprise.

« La vie est une manif’ la France une vitre et moi un pave »

13 petits mots comme autant de notes formant une mélodie qui nous ferait Samir et moi ressembler a un vieux couple quand on lui joue « sa chanson ».

Mais comme nous n’avons pas encore atteint l âge des rhumatismes nous passons aisement du slow au breakdance :

Si pour Samir « La France si tu t’aimes… tu la quittes » est l expression d un divorce irréversible j ai une opinion différente. Je me sens plutôt comme un mec qu’on aurait foutu a la porte, lasse par les nuits passées dans le canapé du salon. Les divorces n ont pas vocation à se remarier…les évincés eux espèrent toujours la reconquête…je suis de ceux la. Je ne suis parti que pour mieux revenir. Je suis parti pour m’envoyer en l air avec les tops modèles que Francoise envie quand elle tourne les pages de ses magazines. Je la sais médusée quand au détour d une page de Voici elle apprend que je file le parfait amour avec Doutzen. J aime quand elle sanglote sur ma boite vocale en me disant qu’elle regrette, me demande de rentrer a la maison, me dit qu’elle m aime toujours…Moi aussi je l aime toujours malgré nos disputes et nos querelles imbéciles. Je ne suis parti que pour mieux revenir, je ne suis parti que pour rentrer à la Maison et ce ne sera pas pour dormir sur le canapé.

Pour moi la France est et sera toujours la Maison.

(Putain la route est longue de Boulogne a Rome et je dois sortir vainqueur d une défaite)

Ces divergences ne nous on pas empêche Samir et moi d embarquer sur la même galère
pour ramer ensemble. Ramons, Rame on verra bien ou cela nous mènera.
Je n’avais pas d exigence particulière quant à notre destination, la seule chose que je redoutais tout en la pressentant était le risque d échoué ici 

 

« Ici c’est chacun son camp, chacun son camp… »

Jeune Rebeu & Millionnaire :

Définir un Jeune (ou la jeunesse) est un peu subjectif, certains parlent même de seconde jeunesse. Accordons nous a dire que lorsque paraitre moins que son âge apporte une certaine satisfaction on a définitivement cesse d être jeune.

Définir un millionnaire, rien de plus simple : en dessous de 7 chiffres alignes sous la mention « crédit » de ton relève bancaire ben c est simple, t es pas millionnaire. (*note, les normes internationales s accordent a définir le Millionnaire en $…ca te laisse donc une jolie petite marge sur ton compte en Euros. En plus j ai décidé de t’offrir la chance de devenir Millionnaire, ca c est cadeau.

Et enfin définir Rebeu, pour moi rien de plus évident : « on est toujours le Rebeu de quelqu’un d’autre »
C est du moins le sens que j ai voulu donner a notre démarche quand j’ai rejoint JR&M…il faut bien reconnaitre que pour l’instant c est un échec.
Ce qui a mes yeux représentait au départ une véritable chance de transcender les barrières s’emprisonne doucement mais surement derrière ses propres barbelés .
Le climat qui s est instaure pousse les non arabes à devoir faire montre d une « arabophilie » ridicule et pathétique pour pouvoir poster leurs commentaires.
J ai été déçu de constater que trop souvent un commentaire d un niveau intellectuel dramatique pour peu qu’il soit entrecoupeéde quelque « Salam » et signe Mohamed puisse susciter plus d indulgence(voir parfois l’adhésion) qu’ un post autrement plus intelligent mais refusant la complaisance et signe Francois.
Les « méchants » sont invariablement les autres. (les blancs, les blonds, les juifs etc…)
J ai le droit d être déçu mais je ne vais pas tenter de te faire croire que je suis surpris.
L’expérience m a prouve que bien souvent ceux qui criaient ou s élevaient contre le racisme se battaient au fond plus contre le fait d être victime du racisme que contre le racisme lui-même…une simple question de position et non pas de valeur.
Quant a savoir ce qui peut pousser certains à reproduire ici les cliches qu’ils reprochent aux autres de leur coller sur le dos cela relève pour moi du mystère psychanalytique : Faire rimer rebeu avec (bon) musulman n est visiblement plus l’apanage du FN ou du MPF.
On était venu chercher ça et on se retrouve avec des débats de morale religieuse et des poèmes fleuris sur le Prophète.

Ligne 12 de La Cause :You’re wrong… je (on) m (s)’en bats les couilles.
Comme disais Jim Young « les gens qui entrent chez JT Marlin (JR&M) ont un objectif, devenir foutrement riche. C est tout ! On n’ est pas la pour se faire des amis (frères).On n’est pas la pour sauver les lamentins(la morale religieuse). ..»

Si ce n est pas assez clair la page 24 du Manifeste va effacer les derniers doutes : « Si ton objectif en entrant ici n’est pas de devenir foutrement riche : DEGAGE »

Erick

Ps : note a mon Pimp qui se reconnaitra : votre véritable ami est celui qui ne vous passe rien et qui vous pardonne tout

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LA STRATEGIE DU SPECIAL

L’article est ici

Bon appetit.

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ORGUEIL ET PREJUGES

L’orgueil.

Voila un bien vilain défaut. Le mot est irrémédiablement connote dans l’imaginaire collectif et seules de négatives pensées viennent a l’esprit quand il est entendu dans une assemblée ou lu dans un livre. Les fans de Tarantino se souviennent de cette scène de Pulp Fiction ou Marsellus Wallace (Ving Rhames), le parrain black de la pègre locale, explique a Butch Coolidge (Bruce Willis), boxeur rate et sur la fin, comment il compte truquer son prochain combat de boxe… avec sa complicité et contre monnaies sonnantes et trébuchantes, cela va sans dire.

Apres lui avoir détaillé son plan, Marsellus se fend d’un dernier conseil:

“La nuit du combat tu vas ressentir comme une petite piqure d’insecte dans la nuque. C’est l’orgueil qui viendra t’importuner. Au diable l’orgueil! L’orgueil fait plus de dégâts qu’il n’aide.”

L’orgueil est un vice. Un dysfonctionnement de la personnalité. Dire de quelqu’un qu’il est orgueilleux c’est le frapper d’une lèpre sociale. C’est lui accoler le label d’infréquentable. L’orgueilleux n’est pas miscible dans la bonne société. Il n’est pas le teamplayer avec qui l’on aime collaborer. L’orgueilleux c’est ce fat trop imbu de lui-même pour être agréable aux autres. Il est ce malade qu’on a vaccine contre l’humilité.

Il faut chercher dans les grands monothéismes pour trouver l’origine d’une telle connotation. Dans le christianisme, l’orgueil fait partie des sept pèches capitaux. Il est même le plus grave d’entre eux… certains théologiens font de lui la source nourricière des six autres. L’orgueil c’est l’amour excessif de soi qui va a l’encontre du fameux “aimez vous les uns les autres”. Dans l’Islam, c’est Ibliss qui a refuse de se prosterner devant Adam en affirmant “ana khayroun minhou”… “Je suis meilleur que lui”. L’orgueil est le premier péché.

La laïcisation des sociétés n’a pas remis en cause cette perspective. Le politiquement correct a pris la place des dogmes et il est de bon ton, aujourd’hui, de sacrifier l’individu sur l’autel de l’intérêt général. Affirmer sa différence au sein d’un groupe c’est déjà démontrer un fâcheux atavisme avec le diable en personne.

Et pourtant…

Pourtant je ne connais pas de carburant qui produit plus de Kilojoules que l’orgueil. Je ne connais pas de sentiment qui puisse t’accommoder d’innombrables heures de travail sans que tu en ressentes la moindre fatigue. Je ne connais pas de force plus puissante qui puisse te mener au bout de toi même. Je ne connais pas d’addiction plus efficace qui puisse te faire flirter avec les cimes de la surperformance.

Archimède avait coutume de dire “donnez moi un levier et un point d’appui et je vous soulèverai le Monde”. L’orgueil pourrait bien être ce levier.

Chateaubriand disait de Pascal qu’il était un génie effrayant. Ibn Sina, plus connu en Occident sous le nom d’Avicenne, était un génie effrayant. A l’âge de 10 ans il connaissait tout le Coran par Cœur. A 17 ans il avait parcouru toutes les sphères du savoir de son époque et était déjà un médecin recherché. Il avait une mémoire prodigieuse: il savait par cœur tous les épitres et écrits d’Euclide, Ptolémée et Plotin en passant par Aristote. Quand la bibliothèque de Boukhara (une des plus considérable de l’époque) prit feu, chacun se consolait en disant qu’Avicenne était encore vivant et que chaque ouvrage dévoré par les flammes était “backupé” dans l’immensité de sa cervelle. De son œuvre prolifique de 500 titres, seuls 160 nous sont parvenus… dont Le Livre de l’Arbitrage Equitable, en vingt volumes, qui répondait à pas moins de 28 000 questions.

Avicenne passa son existence à voyager au gré de la bonne volonté de mécènes, soucieux d’orner leurs compagnies du joyau des sciences de leur temps… ou simplement pour s’assurer des services du Prince des Médecins, le plus talentueux qu’ait connu l’Humanité. Invité dans plusieurs cours Ibn Sina avait fini par s’établir dans celle de ‘Ala Ad Dawla (La Hauteur de l’Etat) à Ispahan. Ce despote éclairé, précurseur des Medicis, était un des protecteurs des Arts et des Sciences les plus respectés de son temps. Il tirait une grande fierté des noms qui composaient sa cour et avait réussi, à force de suppliques et de lettres bien mises, à y attirer Avicenne. Le jour de son arrivée il mit un point d’honneur à le présenter aux autres savants de son entourage qui s’empressèrent d’embrasser le sol sous les pieds de l’auteur du Canon par égard pour une réputation qui n’était plus à faire. Vint alors la traditionnelle séance des questions-réponses ou le savoir encyclopédique d’Ibn Sina était mis a l’épreuve. Les réponses s’enchaînaient les unes à la suite des autres. Précises. Livresques… jusqu’à ce qu’une question de Grammaire Arabe ne fuse : Avicenne y répondit sans se départir de sa docte assurance. C’est à ce moment précis qu’une voix s’éleva de l’assistance : un grammairien du nom d’Al Jabban, versé dans la langue du Coran et ses règles labyrinthiques. Ce dernier remit le Médecin à sa place de façon cinglante :

« Fils de Sina, je t’écoute avec admiration et me délecte de tes propos. Toutefois je me permets d’observer ceci : tu es un philosophe, un brillant médecin, mais pour ce qui a trait à la grammaire et à l’usage de la langue arabe tes lacunes sont grandes et tes expressions impropres. En réalité tu ne possèdes aucun talent en ce domaine »
Al Jabban s’empressa de conclure sa tirade en appliquant un baume, qui aurait aussi bien pu être du sel, sur la blessure qu’il venait d’asséner :

” Nul n’est condamné à la perfection en toutes choses. Le cheikh n’a jamais étudié la science des belles-lettres. Par conséquent ses faiblesses sont pardonnables.”
Avicenne reconnut ses lacunes dans la discipline et loua le savoir du lettré Arabe (Avicenne était d’origine persane).

Trois ans plus tard, lors du traditionnel débat du Joumou’a (Vendredi), Avicenne manquait à l’appel. Cela avait surpris tout le monde et contrarié ‘Ala Ad Dawla. Il apparut soudain la peau et la tunique recouvertes de poussière, comme s’il avait passé la journée dans le désert. Il s’excusa promptement auprès de tout le monde et se alla directement vers Al Jabban. Il lui tendit quelques ouvrages eux aussi recouverts de sable et lui demanda s’il était capable de lui dire de qui ses livres étaient. « Je les ai trouvé alors que je chassais auprès d’une oasis… en les consultant je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’ouvrages philologiques. Cette discipline n’est pas ma spécialité et j’aurai aimé avoir ton opinion sur le sujet. » Al Jabban se saisit des livres en question et se plongea dans une lecture consciencieuse.

Le verdict tomba : « Ces livres sont des odes écrites par Al Amid, Al Sabi et As Salimi. Le contenu est très difficile d’accès. J’avoue ne pas tout comprendre mais il y est vaguement question de syntaxe. »
Ibn Sina sourit : « ces livres sont de moi » et il partit s’asseoir avec le reste de l’assistance médusée par cet exploit. Al Jabban fut bon perdant :

« Fils de Sina, tu m’as rendu la monnaie de ma pièce avec tant de talents que je suis forcé de m’incliner. Accepte donc mes excuses. J’ignore comment en trois années tu as pu acquérir de telles connaissances en philologie, mais mon admiration t’est acquise. »
Voilà ce qui se passe quand on blesse l’amour propre. Avicenne avait fait mine d’accepter sa défaite de bon cœur. En réalité, cette humiliation publique lui avait ôté le sommeil des paupières pendant de longs mois durant lesquelles il s’employa à combler ses lacunes. Il fit commander les meilleurs livres sur le sujet. Il s’employa à en absorber la substantifique moelle. Il fit sienne cette discipline au point de pouvoir produire lui-même des pages de référence en la matière.

Je pourrais également te parler de Carlos Ghosn. Après avoir étudié chez les Jésuites au Liban il se retrouva dans un des meilleurs lycées Parisiens. Ghosn avoue avoir toujours eu un faible pour les Humanités : l’Histoire, les Langues et la Géographie. Mais c’est son niveau en mathématique qui laissait à désirer, même s’il se défend d’avoir toujours eu les meilleures notes de sa classe quand il étudiant encore à Beyrouth. Le fait était que l’écart de niveaux pour cette matière entre les écoles du Levant et celles de Paris était abyssal. Le petit Carlos collectionnait les 0/20. Il aurait pu abandonner. Certains professeurs l’y encourageaient d’ailleurs. Mais tout comme Avicenne d’abord et Butch Coolridge ensuite, il allait ressentir cette petite piqure d’insecte dans la nuque.

L’orgeuil.

Il se mit à travailler ses mathématiques comme un dément. Il avait mis l’hémisphère droit de son cerveau (où se loge la créativité, la capacité à apprendre des langues) en hibernation active et faisait soulever de la fonte à la fonte à son hémisphère gauche (trône du raisonnement logique et déductif).

Résultat : Ghosn finit en tête de sa promotion et put intégrer l’X.

L’orgueil est une force inépuisable. Souvent incontrôlable (c’est bien là le défi). Bien sûr que l’excès en la matière peut mener au pire (regarde Sarko)… mais si tu es capable de doser cette liqueur de mort, alors il n’y aura pas de limites à ce que tu peux faire.

Cet esprit de compétition est une chose que l’on trouve rarement chez les femmes. Les femmes sont plus enclines à collaborer, à exploiter le talent des autres (fut il plus grand que le leur) qu’à s’éreinter dans une émulation qu’elles jugent souvent futile. C’est bien connu : la femme créé. L’homme détruit. Mais il y a des exceptions qui confirment la règle. J’ai rencontré des femmes très… très… très compétitrices. En général (mais ce n’est que mon analyse… simpliste au demeurant), quand tu essaies de comprendre où elles ont pris ce trait de caractère tellement XY dans ses chromosomes, tu découvres qu’elles sont les filles unique de grosses fratries chargées de testostérones. Elles aiment le foot comme leurs frères… rouent en A3 Sportsback comme leur grand frère (qui est pour elles, soit dit en passant, l’homme idéal).

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PATIENCE…

Ton humble serviteur te passe le salam depuis NYC où je suis pour le reste de la semaine.

Il est 5h30 du mat’ (jetlag sa mère). J’apporte les dernières touches au prochain article (stay tuned). Life is beautiful. Pour te faire patienter voilà ce qui tourne dans la wago en ce moment:


Vicelow Clip Lieutenant
envoyé par Vicelowssc. - Regardez d’autres vidéos de musique.

Kery james Je représente RAP2FRANCE.COM
envoyé par rap2france-videos. - Regardez d’autres vidéos de musique.

Electrik Red - So Good BMF
envoyé par BlakMusicFirst. - Clip, interview et concert.

 

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L’IMPARFAIT DAME LE PION AU + QUE PARFAIT

Félicitations. Tu as été promu Senior Manager d’une boîte de consultant huppée de la place londonienne. Te voilà maintenant Empereur. Un despote éclairé qui a droit de vie et de mort sur sa troupe de jeunes loups affamés tout droit sortis du ventre des meilleures écoles d’Occident. Le sang bleu qui coule dans tes veines te donne un pouvoir absolu sur tes hoplites : tu décideras, sans avoir besoin de consulter une autre personne que toi-même, qui ira en formation la semaine prochaine et qui recevra une augmentation de 20% quand les trois quart de l’équipe devront se satisfaire des sempiternels 2% d’inflation. Mais surtout, tu seras seul à décider de qui aura le privilège de rejoindre ta colonne de phalangistes surdoués. Et dans un monde ou la différence entre une « bonne » équipe et un commando d’élite se résume à ta capacité à attirer, développer et retenir les talents de ton industrie, alors le doute n’est plus possible : le recrutement est devenu une question de vie ou de mort. Appelle cela un truisme, une banalité ou un lieu commun, mais s’il est une chose qui est répétée à tue-tête dans les Business Schools sans qu’il y ait la moindre concrétisation de l’idée sur le terrain de la pratique, c’est bien celle-ci.

Mais c’est un autre débat.

Ta nouvelle fonction te met face à ce nouvel impératif (recruter) et j’aimerai te donner mon opinion sur le sujet. Alors allons-y, rentrons dans le vif du sujet : je ne sais pas qui tu devrais recruter dans ta taskforce de combat (je n’ai pas cette arrogance). Mais je sais qui tu ne dois pas recruter (j’ai cette arrogance là).

Ne recrute jamais celui que j’appelle le « candidat parfait ». Sorti des meilleures écoles, son entraînement intensif commence durant sa plus tendre enfance au sein d’une famille bourgeoise. Dans ce nid douillet, on le met rapidement en contact avec les objets de culture dits « nobles » : livres à profusion, films d’Akira Kurosawa, presse, Scrabble. A la maison, les débats sont la règle : on débat de questions economiques, d’art et on affiche ses couleurs politiques très tôt. On bénéficie du dernier cri terme d’installations informatiques. On visite des musées. On va au cinéma (en VO de préférence) quand on a pas réussit à obtenir une place au théâtre. On fait les meilleures écoles puisqu’on a été sensibilisé très tôt à l’obligation de sortir des meilleures écuries pour bien figurer dans la bonne société. Pour ce faire, la famille (aisée en général) met les grands moyens : des cours particuliers en philosophie, en mathématiques, en littérature. Quand il faut faire un stage, les connections familiales sont mises à contributions : on atterrit dans de grands groupes internationaux à peu de frais, payé grassement. On retrouve ces individus dans les meilleures prépas, puis dans les meilleures écoles du pays. C’est d’ailleurs dans ces écoles que les grands groupes et boites de consulting prestigieuses viennent recruter le gros de leurs contingents. Tu as en un paragraphe le schéma de reproduction incestueux des élites françaises. Une endogamie de fils de pute qui fait mal à ceux qui viennent d’où tu sais. Ces derniers, bizarrement, on ne les voit pas beaucoup en prépa. Ils servent plutôt de chair à canon aux CAP, BEP et autres Bac Pro.

Mais je m’égare.

Revenons sur ce « candidat parfait » qu’il faut fuir comme la peste. Un individu qui a eu son chemin balisé, dont le cerveau est gavé d’anabolisants, qui est idéologiquement orienté ne présente aucun intérêt. Pourquoi ? Parce qu’il est génétiquement déterminé à produire de l’ennui. Des solutions qui existent déjà. Des « best practices » répétées à l’envi. Du six-sigma en canettes. Les 5 forces de Porter dans des pots de yaourts. En bref, tout sauf du neuf. Recrute le « candidat parfait » et je te garantie que lui et ses collègues (qui viennent tous du même milieu) ne produiront pas une once d’idée neuve. Ils ne sont bons qu’à répéter perpétuellement ce qu’ils ont lu et entendu en cours. Les caisses de résonances qui viennent de Centrale, Supelec, HEC, Polytechnique, Ponts et Chaussées perpétuent un système plus qu’ils ne le re-imaginent.

Si tu as compris le business d’aujourd’hui, alors tu sais que seule la rupture fonctionne. De la rupture naît l’innovation. De l’innovation naissent les flux de cash. Et ce sont ces derniers qui sont la ligne de vie de tout business. On ne fait pas d’une division de fils à papa les nouveaux apôtres de la créativité. Un individu qui finit major de promo d’une Grande Ecole est la dernière personne que je recruterai. Pourquoi ? Parce que ses résultats brillants sont la manifestation de la pire des maladies : respecter le système. Colorier sans dépasser. Rentrer dans le rang. Lever le doigt avant de parler. Faire le parcours parfait. Ne pas faire de vagues. Remercier le professeur quand il te met une bonne note et te donne une image. Insipide. Ennuyeux. Sans sel. Voilà la réalité du « candidat parfait ». Un être humain qui a subi une ablation de la glande créative.

J’ai menti. J’avoue avoir l’arrogance de savoir qui tu devrais recruter : le « candidat parfait » est mort. Vive le candidat imparfait. Celui qui possède un trou d’un an dans son CV… et qui l’a mis à profit pour faire un voyage initiatique en Alaska ou il a chassé l’ours. Ou cet homme, bachelier à 24 piges qui a écrit un livre de cuisine d’Histoire sur les Sushis, a monté sa chaîne de restaurants et a fait faillite deux ans plus tard. Ou ce jeune homme qui n’a pas de diplôme mais qui a été le premier à jailbreaker un iPhone. Ou ce directeur marketing issu d’une université anonyme du Sud Est de la France, qui en plus d’officier dans une très grosse PME de la région parisienne possède son propre label de Hip Hop. Ce qu’il faut chercher c’est le rebelle. L’erreur statistique. Le profil extrême. Celui dont le champ de réflexion ne s’arrête pas aux schémas de pensées bêtement appris dans l’enceinte d’une école. Voilà ceux qui sont le plus susceptibles d’instiller du neuf dans ta maison et de changer la donne. Les « imparfaits ».

Ce que je recherche, c’est le défaut dans le profil. L’aspérité… l’imperfection. La beauté est dans la perfectibilité. Il n’y a rien de plus ennuyeux qu’une beauté aseptisée tout droit sortie d’un magazine : corps parfait, chevelure lisse et brillante, sourire dentifrice. Rien de plus séduisant qu’une femme affublée d’un léger défaut physique. On s’attache à l’imperfection. La petite cicatrice, le nez un peu trop aquilin, l’incisive légèrement fendue. Même Descartes raconte dans un texte étonnant qu’il a toujours eu un faible pour les femmes qui louchaient (!)…

Les règles de conjugaison ont changé dans le business : l’imparfait y dame le pion au plus que parfait.

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EST-ON JAMAIS ASSEZ RICHE?

Steve P. est le genre d’individu capable de te faire rire à l’enterrement de ta propre mère.

Il possède cette qualité qui a toujours fait mes délices : de la conversation. Je crois que c’est un des compagnons du Prophète (sur lui la prière et la paix) qui a dit qu’un homme de goût choisit ses convives comme on le ferait des meilleurs fruits à une table. En plus d’une belle figue, je prendrai Steve avec moi si je devais passer une nuit à converser… un exercice que j’affectionne particulièrement et que ma mère avait peut-être pressenti durant ses longues nuits où, blotti dans son ventre brioché, je ne cessai de m’agiter… l’empêchant par la même de trouver le sommeil (Samir, le prénom que ma maman a choisi de me donner signifie « celui avec qui l’on converse agréablement durant la nuit »)

Steve P. est le quatrième rejeton d’une fratrie de cinq minots. Issu d’une famille de la classe moyenne (le genre de famille qui mange des patates la dernière semaine de chaque mois pour aller assister à un match de Manchester United), Steve P. avait la caboche bien trop pleine pour se tuer à la tâche comme son papa l’avait fait des décennies durant dans une usine de Rover. Il a donc fini à Cambridge. Consultant chez Bain pendant plusieurs années, il officie maintenant dans une « boutique » de Private Equity à Londres. Steve y gagne très… très… très bien sa vie. Assez pour songer à prendre une année sabbatique pour aller toucher des seins en Amérique Centrale et peindre des aquarelles qui font penser à des dessins ratés de maternelle.

Quand il m’avait fait part de cette éventualité j’ai ri, soulevé mon verre (de Coca… sans alcool la fete est plus folle) à sa future nouvelle vie… avant de m’entendre dire que ce n’était pas pour tout de suite.

Samir : Comment ça ? C’est quoi qui t’en empêche ? Tu as assez de cash pour prendre ta retraite à un moment où d’autres s’estiment à peine au tiers de leur carrière.

Steve : Faux. Je n’ai pas assez de cash.

Samir : Arrache de là. T’en as assez je te dis. Fais moi confiance. Va te changer les idées. Envoie moi une carte postale qui sent la mangue. Va faire la révolution au Nicaragua et reviens moi marié avec une ex-otage des Farc qui fait du 90D

Steve : Samir… j’ai assez d’expérience dans ce business pour savoir que je n’ai pas assez de cash. Mon train de vie a changé mec. Je ne suis plus le gamin de la Middle Class qui se masturbe devant une Aston Martin comme s’il s’était agi d’une star Hollywoodienne intouchable. Aujourd’hui, je roule dans une DB9 et j’ai une Maseratti qui dort dans le garage. OK… j’ai beaucoup d’argent. Je suis riche… si tu me compares au moindre col blanc qui s’agite à son bureau à écrire des rapports, gérer une petite équipe de jeunes consultants sortant des meilleures Business School, qui roule en Merco classe E et qui est tout heureux qu’UBS lui ai accordé un prêt de € 400′000 pour acheter le pavillon de ses rêve à Annecy. Mais si tu me compares à mon boss, je suis un paysan, mec. Dans la richesse tu as au moins dix niveaux. Je suis encore au bas de l’échelle. Si je m’arrêtais de taffer aujourd’hui je pourrais me vautrer dans les luxe le restant de mes jours… mais je ne peux toujours pas m’offrir de jet privé, ni entretenir six baraques de rêves (une sur chaque continent) et encore moins m’octroyer un harem à demeure. Quand je vais jouer au Casino, j’ai mes limites… et je ne pourrai pas me permettre financièrement les cinq putains de divorces que je vais faire d’ici à ce que j’expire mon dernier souffle (N.B : Steve en est à deux). Je ne peux me permettre un bataillon de cent domestiques, dont la tâche principale serait de scruter le niveau de mon verre de vin à dîner pour venir le remplir après chaque gorgée que j’aurai avalée. Je ne peux même pas me payer de vraies œuvres d’art. Avoir un vrai Monet ou un Botero dans mon salon est aujourd’hui de l’ordre du fantasme d’un adolescent prépubere.

mmmmmmmm…

Est-on jamais assez riche ? Question qu’avait posée un Bud Fox désabusé à son mentor Gordon Gekko dans le Wall Street d’Oliver Stone :

« How much is enough Gordon ? » (voir à 1min 13s dans la vidéo incrustée)

Et toi… qu’en penses-tu ? 200′000 “e” par an c’est suffisant pour se dire “a l’aise”? Doit on dire a un moment donne de sa carrière “c’est bon… je gagne assez la. Je vais fermer le robinet de l’ambition et ranger le couteau que j’avais entre les dents dans le tiroir de mon bureau”?

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DILEMME ET PRIORISATION

Dois-je réviser ce chapitre ardu sur l’Histoire de l’Economie ou dois-je plutôt me concentrer sur la Géographie du corps de cette voluptueuse étudiante italienne rencontrée la veille ? Dois-je favoriser l’échéance d’un partiel qui sanctionnera demain mes connaissances sur la dite Histoire, ou dois-je le sacrifier à la jouissance immédiate d’une interrogation orale par une élève devenue professeure et qui questionne en roulant ses « r » ?

La suite c’est par ici

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LE DEVIN MADOFF

Amir Weitmann : “Madoff n’est pas fou”
envoyé par LEXPRESS - L’actualité du moment en vidéo.

En attendant l’article de demain sur Envie d’Entreprendre voici le temoignage tres interessant d’Amir Weitmann, auteur de “L’affaire Madoff, les secrets de l’arnaque du siècle“.

La partie la plus intéressante commence a 2min 16s. Elle raconte comment Madoff avait vecu les evenements du 11 Septembre. Une anecdote saisissante qui temoigne soit d’une puissance de prédiction divine (auquel cas la petite phrase ” you doubt God… you don’t doubt Bernie** ” ne serait pas qu’un grossier blaspheme), soit de quelque chose de beaucoup plus grave (Oh my Goodness! Bigard was probably right!!!)

** C’est Michael Bienes qui semble avoir prononce cette phrase et non pas Avi Lino comme le dit l’auteur.

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PRENDRE LE TEMPS (Partie 4/4)

Voici la quatrième partie d’une série d’articles (que tu peux lire ici, ici et ici) qui illustrent l’importance du “timing” et de la patience en toute chose. « Prendre le temps » est une flèche que le carquois de tout stratège bien avisé doit contenir… que celui-ci soit un gradé militaire, un dealmaker reprenant une entreprise en difficulté ou un Don Juan voulant faire succomber un 90C aux griffes vernies par Lancôme.

C’est vrai… cette dernière partie s’est faite désirée. Mais c’est pour mieux te manger mon enfant

Allez, avoue… est-il une meilleure façon d’encapsuler la leçon générale que de retarder la publication de cette ultime partie? Non? Le plaisir différé ca ne te parle pas?

“Excuse bidon Samir!” s’écrit-elle dans un soupir expiré autant pour dire son exaspération que pour chasser cette mèche couleur nuit qui lui recouvre le front…

mmmmm… on verra, ma fille.

Je n’ai pas choisi le jeu d’Echecs et ma petite anecdote de jeunesse par accident. Le « Jeu des Rois et le Roi des Jeux » est, à mon sens, une représentation sur 64 cases de l’essence même de l’existence… une allégorie de la vie. Comme dans la vie, tu es forcé, une fois la partie commencée, à faire des choix et à en assumer les conséquences : quand c’est à toi de jouer, tu ne peux pas passer ton tour… tu dois déplacer une pièce et vivre le reste de la partie avec cette décision et son héritage. Comme dans la vie, le jeu d’Echecs exige une patience de prophète et une puissance de calcul au-dessus de la moyenne pour celui qui veut tartiner ses biscottes du miel de la victoire. Prendre le temps en négociation… maitriser le sablier… attendre quand, pour l’autre, le tic tac de l’aiguille des secondes est pire que le supplice de Tantale… faire durer le plaisir quand l’amante réclame un baiser… on peut multiplier les exemples a l’infini, mais c’est une seule histoire que je vais te raconter pour illustrer ce principe central de la négociation de haute voltige.

En Mai 1972 Bobby Fischer s’apprêtait a réaliser l’impensable : déloger le champion russe de l’époque d’une discipline que les descendants de Lénine avaient honteusement dominée pendant des décennies : le jeu d’Echecs. Il avait suffi que le père de la révolution bolchevique en fasse sa marotte pour que tout un peuple érige les Echecs en nouvelle religion d’Etat et fasse de l’échiquier l’Eglise que le Parti avait interdit a ses fidèles. La nature ayant horreur du vide, il avait bien fallu inventer une nouvelle idole pour ces esprits sevrés de nourritures spirituelles.

Mais voilà… Bobby Fischer était un client particulier : pour certains il était devenu le prince sombre de la discipline, un génie imprévisible capable de mouvements aussi déroutants sur un échiquier que les dribbles chaloupés d’un Garrincha ou Ben Arfa sur le gazon. Pour d’autres, il était un enfant gâté et capricieux, dont les coups spectaculaires n’étaient que les fruits d’une fortune heureuse qui finirait bien par le quitter. Ses détracteurs les plus féroces étaient persuadés que cette finale de Reykjavik en Islande allait être le théâtre de son exécution publique. Ils avaient fait du champion russe Boris Spassky son bourreau… et force est de constater que les précédentes rencontres entre les deux champions avaient tourne a l’avantage du stratège soviétique. Fischer s’etait casse les dents face au Sphinx Spassky : ce dernier preparait ses parties comme s’il s’agissait d’une bataille rangée. Il s’appropriait le style de son adversaire et construisait de lentes offensives qui l’usaient comme l’incessant ressac use les calanques. Spassky ne cherchait pas seulement le meilleur coup possible… il cherchait le coup qui désarçonnerait l’adversaire. Plus que la victoire sur le ring aux 64 cases, c’était le KO technique dans la tête de son sparring partner qu’il visait. En bref, Spassky était aux Echecs ce que Freud etait a la psychanalyse.

Le Russe allait devoir se montrer patient avec Fischer : ce dernier renâclait à venir débuter le long cycle de rencontres au terme duquel le nouveau champion du monde serait désigné. Fischer n’était pas content. Il n’était pas content du montant de la récompense promise au vainqueur (ni de celle dont le vaincu devrait se contenter d’ailleurs). Il n’était pas content des conditions d’organisation sur une île anonyme. Quand Bobby se décida finalement à rejoindre l’endroit où l’attendait patiemment son adversaire, il fit mine de ne pas remarquer sa présence. Il balaya la pièce du regard dont il critiqua la taille, la disposition et l’éclairage. Il se plaignit du bruit que faisaient les équipes de tournage, il se plaignit même des chaises sur lesquelles lui et Spassky devaient s’asseoir. C’en était trop pour la délégation Russe qui menaçait de quitter la compétition séance tenante… le coup de la menace fonctionna: après maintes négociations, Fischer décida de jouer cette finale… pour le plus grand plaisir de Spassky.

Mais voilà… Bobby fit encore des siennes : le jour de la présentation officielle des deux champions, l’enfant prodige de Brooklyn eut l’extrême impolitesse d’arriver très, très tard… et lors de la toute première rencontre, Bobby arriva seulement une minute avant d’être officiellement disqualifie par la FIDE. Avant qu’il ne fasse son entrée théâtrale de dernière minute, tout le monde s’était demandé à quel jeu jouait Fischer: était-ce une stratégie… ou Bobby avait-t-il simplement peur du placide nounours Spassky ?

La partie débuta… et Fischer fit un premier mouvement catastrophique, peut être le pire de sa carrière. Spassky en profita immédiatement en mettant l’américain au pied du mur. Bobby sembla abdiquer… puis le magicien sortit un coup inimaginable qui fit retenir sa respiration au public. Spassky failli perdre sous le coup de la surprise mais finit par remporter la victoire. Que se passait-il dans la tête de Fischer ? Avait-il sciemment perdu ? Avait-il perdu le contrôle de la partie ? L’avait-il jamais eu ? Pire… était-il fou ?

Fischer recommença à se plaindre : le crépitement des appareils photo l’insupportait, la salle, selon lui, n’était pas adaptée a ce genre d’événement… Fischer ne se montra pas lors de la deuxième confrontation : il fut déclaré forfait par une fédération arrivée au bout de sa patience. Deux matchs à zéro. Personne dans l’histoire des Echecs n’était parvenu à combler un tel retard. Qu’à cela ne tienne, Fischer était là et bien là pour la troisième rencontre… le regard noir… terrifiant. Un regard qui ne plut pas à Spassky. Fischer transpirait la confiance par tous les pores de sa peau. Il fit pourtant une nouvelle erreur inhabituelle… une erreur qui mit Spassky en alerte… cela sentait le piège. Mais malgré sa prudence de grand maître expérimenté, Boris Spassky ne parvint pas à déceler les intentions du jeune Fischer… qui mit son adversaire mat. Le champion Russe fut complètement déstabilisé par le style bizarroïde de l’Américain… un style qu’il ne lui connaissait pas. Apres avoir terrasse le Goliath soviétique le petit Fischer se leva brusquement, sans un regard pour son adversaire, se précipita vers la sortie en criant vers sa délégation « je suis en train de lui défoncer sa mère* »… joignant le geste a la parole, Ficher avait écrasé son poing dans la paume de sa main.

Durant les parties suivantes, Fischer sortit des coups aussi meurtriers qu’inusuels dans le style de jeu. Spassky commençait a céder a la panique. Après avoir perdu la sixième manche, les larmes lui vinrent aux yeux. Au bout de la huitième partie sans victoire, Spassky fut persuadé que Fischer l’hypnotisait comme ces charmeurs de serpents. Il prit alors la ferme résolution de ne plus regarder son adversaire dans les yeux. Cela n’interrompit pas son cycle tragique de défaites…

Apres la quatorzième manche, Spassky convoqua les journalistes à une conférence de presse et annonça le plus sérieusement du monde : « on essaie de contrôler mon esprit »… il se demanda si le jus d’orange qu’on lui servait n’était pas drogué… si l’on ne répandait pas secrètement un gaz nocif dans l’atmosphère de la salle ou les deux grands maitres s’affrontaient. Finalement, Spassky accusa officiellement Fischer et sa délégation d’avoir mis dans sa chaise une substance qui altérait son jugement. Le KGB s’empara du dossier : le champion Russe était en train de mettre son pays dans l’embarras. Les chaises furent mises en pièces, scannées et analysées par des chimistes… rien d’anormal n’y fut décelé. Spassky commença a se plaindre d’hallucinations. Il essaya de continuer ses derniers duels avec Fischer mais son esprit flanchait. Il avait pris sa décision. Il abandonna au début du mois de septembre 1972.

Une telle histoire a-t-elle besoin d’une morale ?

* mauvaise traduction faite par un individu ayant vécu trop longtemps tu sais où.

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PASSION!

Un lecteur de JR&M, perplexe quant à la suite à donner à sa carrière, a récemment laissé un commentaire sous forme de question sur mon blog : « as-tu un conseil d’orientation à donner pour un profil ingénieur + Science Po ». Ma réponse, bien que sincère, fut lapidaire : « fais ce que tu aimes… mais surtout ne le fais pas en France ». La première partie de ma réponse est une lapalissade. La seconde est une idée force que je développe maintenant depuis deux ans.

En me relisant, je me suis mis dans la peau de ce lecteur qui cherchait peut-être un peu plus que les platitudes que je lui avais assénées. Il m’attendait surement dans la profondeur d’une démonstration et j’en étais resté à sa surface…

Clique ici pour la suite… Enjoy!

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