LES KHAMSSOUNS DES LECTEURS/LECTRICES

Spinoza

Oyez! Oyez! Le premier concours de Khamssouns de JR&M est maintenant ouvert. Voici la substantifique moelle extraite de la cervelle d’écrivains en herbe… et d’autres beaucoup plus confirmé(e)s. Il est des des khamssouns qui ont des titres… et d’autres dont les textes se suffisent à eux-mêmes. Rien n’a été censuré: la luxure y coudoie la piété. La vulgarité s’y marie au décorum. A La tristesse succède l’allégresse… comme il est dit dans le Prophète de “Khalil Gibran” (non… pas celui d’Audiard): “quand la première mange à ta table, l’autre dort dans ton lit”.

Fais-moi plaize… prépare-toi une tasse de Nespresso… vautre-toi dans ton canapé le plus profond… et kiffe.

Réglement du vote: Les lecteurs et lectrices sont appelés à voter dans la section “commentaire”. Il suffit de mettre le numéro du Khamssoun que tu as préféré (de 1 à 65). Un vote par adresse IP autorisé. Mais en dehors de cela, tous les coups sont permis: faire voter sa famille… sa classe… ses collègues… ses enfants…

A vos claviers!

P.S: le portrait ci-dessus est celui du célèbre philosophe  Spinoza. Une de ses citations résume parfaitement l’esprit du khamssoun: “Toute l’idée de la mer est contenue dans une goutte d’eau”

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1.
Au dernier étage de cet immeuble Haussmannien, affalé sur ce fauteuil trop large pour une corpulence normale, les pieds posés le bureau Louis XV témoins de conciliabules entre puissants du CAC une voix interrompit ce repos mérité : « Il faut encore nettoyer les vitres et vider les poubelles! »

2. AMOUR
Le jour, la nuit. La mort, la vie. L’amour, la haine. Elle, lui.
Evidence ? hasard de la vie ? Amour d’un jour, amour toujours ?
L’amour comme nous, est victime de sa mémoire. Il se défend d’oublier, mais le temps, lui, parle au futur.
Lui et elle, c’est fini.

3. BOITE MAGIQUE
Un trésor. Une boite magique au pouvoir insoupçonné était sa plus grande alliée. Amitié, amour, secrets, tout elle savait.
Au fond du tiroir elle était, conservée, cachée protégée.
Seule, elle lui demandait de l’aider. Toujours là quand il fallait, elle lui offrit même son dernier baiser parsemé de poudre blanche.

4. BON APPETIT
Regarde moi. Encore. Encore une fois.
Toi, tu es à moi. Approche toi… Oui voila.
Mademoiselle ?
Oui ?
Votre écharpe…
Jolie n’est ce pas ?
Non, enfin si, mais …
Asseyez vous, ne soyez pas timide.
Votre écharpe trempe dans vos lentilles…

5. DEUX A JAMAIS
Lire, courir, aimer, toucher, rougir, baiser, sourire, manger …
Ma vie ? non la tienne. Je suis fidèle, toujours là pour toi.
Petit, tu jouais avec moi, mais en grandissant tu m’as oublié alors que je continue à veiller sur toi, même lorsque tu ne me vois plus. Ton ombre.

6.
Pourtant seul à la maison cette nuit là, un bruit étrange se fait entendre dans la salle de bain.
A la fois effrayé et curieux, je me décide d’aller voir ce qu’il s’y passe…
Rien d’anormal, tout est en place. Eh Casper, si c’est toi : «arrête ton cinéma! »

7.
Ils le regardent tous, il en est certain. Ils rient de lui. Son avenir, lui est plutôt incertain. C’est un fantôme seul dans la foule de la city. Il espère de toute âme la rencontrer. Il espère encore en avalant les cachets. C’est pourtant de lui que le problème venait.

8. Espoir éternel
Le jour se lève et ses yeux se ferment enfin. Elle a passé la nuit à penser, penser à lui, penser à eux. Si seulement il savait, peut être le sait-il mais elle en doute.
Ainsi, la lune se languit elle du soleil, celui qui l’illumine et l’humilie depuis tant.

9. ENGAGEMENT
Je veux 30% maintenant, à la signature du devis. 20% chaque mois, et le jour j, la somme à verser ne sera pas complète. Alors je viendrai faire quotidiennement un prélèvement sur tes lèvres jusqu’à notre dernier souffle. Si l’amour était un contrat, avec garantie, t’engagerais tu avec moi ?

10. CONFESSION NOKIASTE
Je sais tout de toi, je connais tous tes amis. Tes fous rires, tes peines, tes joies, j’étais là pour les vivre avec toi. Tes photos nu j’ai vu, tes premiers je t’aime j’ai entendu.
Alors cesse de me faire mal, de m’oublier, me rayer, me maltraiter « Biiip, Biiip»

11. PLAISIR GOURMAND
Chaque jour je me dépêche pour te rejoindre. Dés 15h ton parfum se rappelle à moi. Les minutes défilent mais jamais assez vite…
16h52 plus que quelques minutes pour te retrouver. 16h54 convocation chez le patron. 17h27 enfin je rentre. Tu m’attends, tu es là, juste pour moi, mon Nuttela.

12. KISS COOL
Du temps. Celui qui sait attendre est le roi du monde. Seuls ceux qui ont attendu, convoité pendant des jours, des semaines, savent apprécier un vrai baiser.
Cette sensation mouillée… chaude, sucrée parfois. Un goût venu d’ailleurs …
Entendre son cœur sur la langue de son amant, quelle douce sensation.

13. KHAMSSOUN
Trouver les mots, les compter, corriger, effacer. Changer d’idée. Se surprendre à rêver. Enfin un bon sujet !
- Personnel ? Non jamais
Il y a des défis qui nous stimulent, nous réveillent et parfois même nous révèle.
Et pourquoi pas tout dire sans rien écrire ? Regarde-moi, tu comprendras.

14.
Dans les tréfonds d’une nuit aveugle et voilée,
Mon cœur se languissait de l’éclat d’une beauté.
Dans l’obscurité de mon âme chavirée,
La passion rugissait pour cet être encensé.
Le souvenir d’un regard frêle et ravissant,
Le bruissement d’un frôlement fugace et enivrant,
Résonnaient dans mon cœur en battements incessants.

15.
Le parfum entêtant de la brésilienne embaumait son torse lorsqu’il atterrit sur une scène chauffée par l’hystérie du public.
Les premières notes le réduisirent au silence et la foule émue se présenta à son regard humide.
Détresse, étouffée par les passions charnelles, chantait sa mélancolie dans une intense mélodie mauresque…

16. Dollhouse
- Qui es-tu ?
- Je suis ta dulcinée… Je t’aime.
- Qui es-tu ?
- Je suis ta meilleure ennemie et je vais te tuer.
- Qui es-tu ?
- Je suis ta secrétaire à qui tu dois obéir aveuglément.
La Dollhouse réalise tous vos fantasmes… À condition d’y mettre vos millions durement gagnés.

17.
Accoudé au comptoir prés d’une charmante créature qui semblait s’être échappé d’un calendrier FHM, la représentation même de la féminité, le teint halé, french manucure, brushing fraîchement fait, robe aguichante d’un créateur milanais, je m’apprêtais à l’aborder lorsqu’elle décrochât son téléphone:
«Salam la famille ramène ta gueule t’es en retard!»

18. Open eyes
Just back from South Beach
Lying next to this bitch
That your dreams could not reach
Met the godfather and his roadster
At the Shore Club he was a master
Wondering what I was doing there
Just thought that I worked hard to deserve
Dreams away but back on holidays

19. Dithyrambe à la République.
Accoté au parapet d’un monceau de bitumes orné de paraboles, j’épiais l’aspersion de pus de la gangrène politique, sur les graines de mon faubourg.
Une silhouette s’approchait. Un être râblé cheminait vers moi, cadencé par le glapissement d’une sirène.
Lui dire « Bonjour ! » ?
« Contrôle, papiers », interrompit-il.

20.
Nègre Et Bougnoule. Je suis un être vil, violent et abject. De mes dents suintent ton sang. Tu me crains… Comme tu as raison ! En avant la musique, la douce mélodie des Ogres de Berbérie sonne à ta porte Souchien. « Salam, paix, pace » en est le refrain.

21. Guerre et paix
Zayd malmenait son ballon, s’imaginant être Messi, il criait en courant: « Zayd y’aftah li farik Barcelona Abwab najâh …» imitant les commentateurs sportifs d’Arryadia
Sa mère Samra, s’amusait de l’innocence de son si jeune fils, lorsqu’ils s’arrêtèrent le temps de franchir le check point Israélien de « Rafah ».

22. T’es qui toi?
Déconcertant ce regard opiniâtre qui se pose sur moi. Mélange d’amour et de haine, de mépris et de commisération. Non, je ne baisserai pas les yeux. Et puis quoi ? « On se connait ?! » Merde. Dure lapalissade, résultante de l’esprit brumeux croisant mon reflet sur ce foutu miroir.

23. Le commun des mortels
Le Sultan de Brunei est le particulier possédant la plus grande collection de véhicules de luxe au monde. Il possède tant de modèles différents qu’il se fiche complètement des plus communs d’entre eux.
Malik aime sa BMW à en mourir ; c’est le seul du quartier à en posséder une.

24. La Vérité Vaine
Le monde est une balance dont l’équilibre repose sur le poids de l’injustice. Si les Ethiopiens crèvent la dalle, c’est que les Américains s’éclatent la panse. Si les Palestiniens se battent avec des pierres, c’est que les Israéliens les massacrent avec des chars de combat. Si … nan, laisse tomber.

25. Passe-Droit
- Tu vois, interrompit Yacine, quand un ami me demande une faveur, deux cas de figure se présentent à moi : le premier, c’est celui qui me fait transgresser la loi, et le second, celui qui me fait transgresser l’amitié. Eh bien j’attends que l’Etat rémunère l’honnêteté pour transgresser l’amitié.

26. Face voilée
9 mars 00h37, je m’emmerde ferme ; soirée d’enfoulardées enthousiastes et délurées. Pas même un verre de cidre à l’horizon, je me rabats sur le buffet « biolal », je songe au sacrifice ritualisé des crevettes sur mon blini…
Elles cherchent toutes le mystérieux Samir.
Toilettes,
Un voile,
Braguette,
Trouvé.

28. Corporate Issue
Joe a choisi : au lieu d’être G.I, il sera manager. Soldat, mais sur un autre théâtre d’opérations. Rompu aux joutes des opens spaces, et virtuose du Blackberry, ses capacités feront merveille. Avec un costume comme treillis et armé de son intellect, vif et tranchant à souhait, il est paré.

29. Air Dream
Tony est une terreur du ciel. Il s’imagine conquérant mais n’est qu’écœurant.
Son œil avisé faisant le distinguo entre M.I.G, F-16 et autres aéronefs, il aime tirer sur tout OVB90D, (objet volant blond, névrosé et si possible doté de série d’un 90 D). Jusqu’au jour de la panne moteur…

30. Non
-Mr. Avez-vous le temps pour une interview ?
-Non
-Alex, pourrais-tu me terminer ce dossier steup’ ? J’vais en week-end à Rome, et j’ai pas envie de taffer dans l’avion ?
-Non
-Chéri, occupe-toi de notre fille !
-Non.
-Estimez-vous avoir réussit votre carrière ? Comment ?
-Oui. Non.

31. Quand l’avarice s’en mêle
Ses lèvres parfaites lui murmuraient qu’elle était belle. Perdue dans son regard ténébreux, la couleur de sa peau caramel, sa prestance et son assurance reflétait l’image qu’elle se faisait du prince charmant.
Au moment de l’addition, il ne retrouvait plus sa carte bleue. Elle était verte.

32. ESPOIR
ce vendredi c’est décidé je serais un jr&m je m’y suis préparé avec une liste de course bien rédigé ma Lambo sera noire, et ma villa dans l’hémisphère le plus ensoleillé, ma meuf relooké et ma mère aura sa cuisiné tout équipé
22h liste annulé aucun bon numéro …..

33.
“Quelle moiteur !” dit-elle dans un soupir tandis que je goutait sa
dernière caresse, parfumée d’une délicate fleur d’oranger et de roses
entrelaçées.
Tels sont ses derniers mots et c’était sa dernière offrande.
Elle traversa le chemin où la faucheuse l’attendai.
Ma dulcinée s’en est allée à tout jamais.

34. Hésitation assassine
« Elle me regarde, enfin je crois…
A vrai dire je l’espère secrètement, elle ressemble à celle que j’ai toujours attendu, envoutante, ténébreuse, de grandes boucles noire sublime son visage de princesse nubienne…
Je lui adresse un sourire… Elle me le rend…
Dois-je l’aborder ?
Je me lève, hésite, et fuis…»

35. Amertume nocturne
« Un ensemble de courbes voluptueuses trahissent ses origines, de longues boucles balayent le bas de ses reins, une peau dorée qui dégage un doux parfum de cannelle et un sourire sucré susceptible à lui seul d’illuminé les Champs-Elysées…
Elle frôle ma bouche de ses lèvres ardentes,
Et je me réveille… »

36.
“Anaïs, je suis absent cet après-midi, reportez mes rendez-vous”
Il tente de dissimuler inquietudes et tremblements, applati sur la
chaise, les mains sous le bureau, la tête si proche du clavier qu’il
pouvait en sentir l’odeur, café et tabac moisi.
Sa toute récente et inatendue paternité le tétanisait.

37.
Dans ce doux printemps que nous offrait cette belle année 1945, aux alentours de 15 heures 30 un homme de 56 ans tout juste, acculé de toute part décidât d’en finir. Alors que le poison faisait son effet, il eu ces mots pour sa chère Eva : j’ai eu tort!!

38.
Toute la classe rigolait, même ce cher professeur de mathématiques affichait un sourire. Quand Mathieu entra dans la salle, en retard comme toujours, les rires redoublèrent. Il allât s’installer à sa place, à côté de son meilleur ami qui engagea la conversation. Mathieu n’eu qu’un mot: C’était un secret !!

39.
Du haut de ces 80 ans, Jean se sentait en pleine forme, toujours avec 1000 histoires à contées. Sa favorite? Celle où, pendant la guerre, une balle lui toucha la jambe durant la retraite de sa compagnie. Parmi tous ses amis, un seul vînt le chercher : son meilleur ennemi.

40.
Elle à les yeux rivés sur l’écran géant, elle avait tout donné, c’était Sa course. Résultat? Deuxième à 0.36 secondes. Malgré la déception, elle affiche un grand sourire, elle sait qu’elle a fournit son effort maximum. Soudain elle entend son entraîneur l’abattre de ses commentaires. Elle n’avait que 12 ans.

41.
Axel espérait faire craquer cette femme. Elle savait où se trouvait Fred, auteur d’une agression sexuelle il y a environ 13 ans mais, refusait de le dénoncer. Selon elle, il avait suffisamment payé. Mais une information parvint à Axel. Il alla chercher Fred et, le trouva… sur une chaise roulante.

42.
Il a enfin osé laisser sortir les sentiments fleurissant son cœur ! Des mots doux tant attendus qui coulaient à flot, puis remontaient tendrement à la surface de mes rêves ( bleus ) pour ne plus s’en aller. Plus jamais! Ceci, jusqu’au jour ou…cette satanée ex surgit de nul part…

43.
Un bon film, quelques popcorns, des amis qui passaient une merveilleuse après-midi dans une salle pleine malgré le soleil qui illuminait les ruelles vides de la ville. Dans une de ses dernières, avait lieu une dispute digne d’ un chef d’ œuvre de cinéma qui laissa une femme sans vie.

44.
S’ évader dans un mot imaginaire
Laisser place à la douceur de l’air
Pendant que la lune vous éclaire
Dans un ciel lumineux pleins d’ éclair
Faites le vide dans votre tête
Lorsque surgissent vos pensées secrètes
Vous n’ avez pas besoin d’ être honnête
Il n’ existe aucun interprète

45.
Hani savourait ce confort, attendant que de l’obscurité surgisse la lumière, repensant a ses enfants tristes, Mais lui heureux. Les comptes sont soldés, sauf un qu’il appréhendait… peu importe Cette nuit en s’endormant il prononça des mots si apaisants.
Allahou Akbar, L’imam débuta la prière sur le Mort qu’il était.

46.
«C’est une bien belle idée, vraiment.
-Quoi donc?
-Devrais-je t’expliquer… Samir a lancé un concours de Khamssoun.
-Génial! Mais qu’est-ce donc?
-Un Khamssoun, c’est une histoire de cinquante mots. Et on est tout juste en train d’en rédiger un.
-Et tu en est à combien de mots?
-Quarante-huit.
-Cinquante, maintenant.»

47. Haute couture
Un à un défaits les nœuds, ôte cette coiffe de dandy,ablue ce fard.
Déraisonnable, tu te délectais d’une chimère.
Aussi méticuleusement que tu comptais les millions, chacun de tes membres blêmes est baigné.
Désespère de moi c’est terminé, nous allons maintenant te rhabiller.
Tremblante, elle me tend ton linceul.

48.
En terre verte de Beit-el-Dine, un scorpion sous un voile declara sa flamme à Weheeba…
Samir, egalement épris de la belle, interrogea la baleine à bouche ouverte qui lui conseilla: “Declare la grandeur de ton seigneur, IL te Guidera”…
19 roubayates suffirent au conteur de nuitée, à epouser sa dulcinée.

49.
Le carillon sonne au loin; je ne le vois pas. Le ciel rempli d’une faune insouciante et ivre. Je ne les reconnais plus. Eux n’ont jamais condamné leurs rêves à une heure précise pour rentrer. Je fais de l’art avec mes ombres claustrophobes. Un écho me hante: le maton sifflote.

50.
«Ne laisse pas la vie te guider, guide la comme tu entends la vider et plein ceux, qui par avidité avaient évités de la remplir ne pensant qu’a la vider» Merci grand-père pour ton conseil, mais ne serais-tu pas en train d’ajouter mes mots juste pour atteindre les 50 ?

51.
La couleur de sa peau prenait des lueurs rouge écarlate puis s’assombri vers un bleu foncé pour ensuite se transformé en vert glauque des marécages. À cet instant précis son grand frère entra dans la chambre: « qu’est ce que tu fais espèce de débile, c’est de l’encre indélébile ».

52.
La vieille l’avait laissé agonisant sur son tapis surement plus cher que le contrat sur sa tête. «Elle ne reviendra probablement pas, elle m’imagine déjà mort». La porte claque, des bruits de pas se rapproche, un cri étouffé par un coussin, un coup de feu … «demain j’encaisserais ton chèque».

53.
« Pourquoi moi ? Oui pourquoi moi et pas un autre » insiste-t-il. « Parce que tu es jeune, rebeu et millionnaire » répliqua fermement Morpheus. « Oui mais des comme moi y en partout et de plus en plus, allez sur jeunerebeumillionnaire.com ils foisonnent », « ah ? »

54. Time Bomb
Jument brune calculée à la louche par 1 œil de microscope.
L’observation transmet le verdict au cerveau: 1m74, 85-59-89
Lui : Décision, action, question
Elle : PUNITION ! 11h moins le quart Monsieur Placard servie avec une grimace mortelle
Lui : ON THE FLOOR
PAS LTEMPS
OU A-T-ELLE DISPARU ?

55.CARTOON « CHOUCHOU LOULOU »
Darling, théâtre tonight ?
Contre 1 dwich au soja + 1 baiser au Nutella sitoplé?
Pourquoi toujours marchander ? Alors ça sera 1 opéra VOILA !
Je rajoute…
Pas eu le temps de négocier : Il reçu un coup de massue avec inscrit dessus
700 YEARS OF PAIN BIEN FAIT

56. STRATEGIE 1 DU BIEN-ETRE: LES MEILLEURS (CLOWNS) VIENNENT DE CHEZ NOUS
Je cite :
« Suis dans mon élément
Ma GHETTO réalité c tellement dchoses comment t’expliquer
Ici les VIBES sont trop bonnes…
Pas besoin dgrand-chose pour être HEUREUX car
Le BONHEUR est dans les choses simples
Zinc On n’est pas des MalheureuxZment…
La Téci amène AUSSI de BONS MOMENTS »

57. INTERVIEW EN MODE SPEED DATING STRATEGY
-Ton resto favori ?
-OBVIOUS celui de nos parents
-Ta différence :
Feelin’ Unconventionnal Chic, dodo en body Petit Bateau, pointure 41, fais de la gymnastique dans mon sommeil la nuit et prends toute la place
-Peut-on se déguiser?
-Can we play hide & sick?

58. STRATEGIE 2 OF AWARENESS : INVOCATIONS ARTISTIQUES AVANT TOUT MOMENT CRUCIAL
Je cite :
« TU VEUX DE L’EGO TRIP ?…
…RETOUR DU RENOI AUX GROSSES LÈVRES
J’AUGMENTE LE LEVEL…
J’AI BEAUCOUP D’APPÉTIT…
L’ÉTALON NOIR EST VENU… ÉDUQUER LES PONEYS
JSUIS PRODUCTIF COMME LA CHINE…
ICI C LA SERBIE…
WE’RE BORN GLORIOUS WARRIOUS!!!
CA FAIT MAL TRES TRES MAL !!! »

59. PETITS PROVERBES: MIROIR, MIROIR, DIS-MOI QUI EST LA PLUS JR&M ???
La beauté est dans l’œil de celui qui regarde.
L’argent n’a pas d’odeur ni de cœur.
La richesse et la beauté se cultivent avec le cœur et l’ambition.
Devenir quoi ?
Elle se regarde et dit en s’esclaffant :
CALLATE TU !
Je SAIS
Je SUIS
Guère besoin de toi…

60. STRATEGIE 3 … DE GUERRE : ODE HARDCORE A SAMIR…
Je cite :
« POUR CEUX QUI S’BOUGENT PAS POUR CEUX QUI SCHIENT DSSUS »…
« POUR LES GROS ET LES PETITS TORSES…
…QUI STAPENT MÊME AVEC UNE ENTORSE…
…LA CHARGE D’UN RHINOCÉROS »…
… « FŒTUS DU LANDEAU A LA MAYBACH… DU PREMIER ESCLAVE AU PREMIER PRÉSIDENT BLACK »

61. GIMME YOUR SECRETS ou AUTOPSIE DE LA LANGUE DE BOIS
- Ton challenge en secret?
- Je serai là pour prendre le relais et veiller sur Toi quand tes parents…
- Notre prochain rdv ?
- Aéroport ICN sans dico pour jeu de piste grandeur nature
- Your Dreams To Do List: Next one?
- On plonge parmi les requins

62.SERVEZ-MOI DU CHA CHA… A TOUT PRIX !
-Stagiaire
-Plait-il ?
-Tailleur Chanel taille 46 merci
-Permettez-moi de vous suggérer 1 blouse en crêpe dentelle et une jupe en taffetas de soie, le tweed de
laine alourdit
-Non Tailleur
9500 = Ressembler à un rouleau de printemps ça n’a pas de prix !

63. MEETING @ WORK : ECLABOUSSER LA BARONNE… LA COCHONNE…
Elles se croisent dans les commodités
-Bonjour Madame La Baronne
-Bonjour Mademoiselle, quelle élégance dans ce tailleur noir, et votre Top NESSBEAL, nous avons lancé une nouvelle ligne ?
-Non c’est un poète
-Pff, la poésie
Elle part après s’être torchée sans se laver les mains…

64. SOLITUDE ?
« Swan Lake » Tchaïkovski retentit dans une cellule embaumée d’encens saveur figue.
Verdict, 5 ans.
Son tort ?
Avoir dégainé la première.
Peut-être ne l’aurait-il pas violé… simplement agressée ?
Se faire dévorer du regard est un droit qu’il s’octroya,
Crever un œil pour sa survie fut un crime.

65. MARMOTTE-TROUSSE EN VELOURS CACHE HUMOUR NOIR
Une ptite blague Carambar ?
Si tu ris, je gagne
Si tu souris, je gagne aussi
Si tu souris pas, tu lis pas et puis c’est tout !
Quel est le comble d’une belle gosse ?
Ne pas être foutue de se trouver un cavalier pour l’accompagner au bal costumé.

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fifty

UPDATE KHAMSSOUN: Merci à toutes celles et tous ceux qui m’ont envoyé leurs chef-d’oeuvres littéraires en 50 mots. La participation a largement dépassé mes attentes et je prédis une lutte serrée qui se jouera à quelques voix près pour le/la gagnant(e). Je n’accepte maintenant plus de Khamssouns par email. Désolé pour les paresseux et paresseuses pour qui le Waterman fut trop lourd. Désolé pour ceux et celles que l’inspiration a cocufiés… la chienne.

La publication des Khamssouns se fera sur ce blog ce mercredi 10 mars 2010.

De retour pour te jouer un mauvais tour.

Le mystère est resté entier.

Quelle est donc la signification de ces textes de 50 mots aux titres évocateurs : « pacotilles », «c’est combien tu m’aimes », « schizophrénie nuyllienne », « saccharose »…

Les thèmes évoqués semblent être en contradiction avec la ligne éditoriale de ce blog. La présence  même de ces textes ramassés est une parenthèse étrange que certain(e)s, à défaut d’en comprendre l’ouverture, ont vite fait d’en réclamer la fermeture (« Ca n’a rien à voir avec JR&M ! » crie-t-elle).

A ces petits agnelets de Dieu, je rappelle que JR&M est une principauté dont ton serviteur est le despote éclairé et que les sujets qui y sont abordés dépendent uniquement du bon vouloir du tyran de ces lieux. Caligula avait nommé consul son cheval favori… durant ses campagnes militaires, il ordonnait à ses soldats de ramasser des coquillages sur la plage et d’en remplir leurs casques… moi, je publie des textes de 50 mots.

Blague à part, la publication de ces impromptus s’inscrit pleinement dans l’objectif initial de ce blog, à savoir se donner les moyens de faire son premier million et avoir le privilège de voir son nom figurer sur la liste honteusement volée par Eric Woerth.  Cela passe par l’apprentissage d’une série de rites et de secrets qu’on se murmure entre initiés… petits secrets que j’emmaillote comme de fragiles nourrissons dans le papier de mes articles. A bien y regarder, les quelques étincelles du mal que j’ai faites jaillir du silex de ma plume sont comme ces mauvais poissons qui remontent le cours d’une rivière… toujours à contre courant… ou comme dirait la scred connexion : « jamais dans la tendance, mais toujours dans la bonne direction ». Nourrir son ego comme d’imprudents parents nourrissent leur petit garçon obèse dans le Kentucky… la jouer comme Beckham  Fernando Cortes… rechercher le pouvoir comme un orpailleur obsédé… laisser le Dexter qui sommeille en toi déchaîner sa folie sanguinaire contre ses potes  putes… 

Mais à côté de tous ces conseils politiquement très incorrects, force est de constater que je ne dis rien, ici, de révolutionnaire… l’idée du développement personnel qui passe par la lecture est aussi vieille que la bibliothèque d’Alexandrie. « Cela va sans dire, mais ça va mieux en le disant » me dit toujours mon père quand je sous-entends qu’il radote (j’ai bien dit “sous-entends” parce que tout bonhomme que je suis, il m’en mettrait une si je lui “disais” franchement la chose)…

Peut-être qu’il a raison après tout.

Puisqu’on en est au chapitre des banalités dans le développement personnel, parlons de la sœur de lait de la lecture… la bien nommée « écriture ». A l’heure de Twitter, des SMS et de l’orthographe reléguée au rang d’option au collège, au même titre que les cours de flute et de théâtre, l’écriture est comme la nonne du «Retour aux Pyramides » des X-Men … celle qui « fume le crack à Vincennes, Tatouée, sapée très sex, bafouée pour 20 cents». Je ne vais pas la jouer chevalier servant de l’Académie française… surtout que, moi aussi, je suis coupable quand jécri en langaj sms sur msn pr mfèr comprendr… là n’est pas la question. La question c’est qu’à un moment donné dans ta vie, tu seras contraint(e) et forcé(e) de communiquer par écrit avec des gens qui ne sont pas de ta génération… genre le CEO d’une boîte au sein de laquelle tu aimerais faire tes armes… le mec de 45/50 piges qui écoute encore la face B de sa cassette de Johnny Hallyday et qui regrette qu’on exige plus des étudiants qu’ils connaissent le nom de tous les départements français et leurs numéros respectifs.   L’orthographe, la grammaire, la syntaxe ont de l’importance pour ces gens-là (pour moi aussi d’ailleurs). Un email bien tourné peut avoir un impact significatif sur ta carrière. Mon conseil en la matière est donc le « Aktab ! » qui vient après l’injonction divine « Iqra ». Ecrire c’est formaliser et structurer sa pensée. Churchill disait « we shape our buildings and then they shape us»… c’est également vrai de nos écrits. L’écriture c’est aussi, pour les plus poètes, offrir un champ d’expression nouveau et infini à son imagination. Par quoi commencer alors? demande-t-elle impatiente. Si tu ne sais pas quoi écrire, commence par tenir un journal intime (je me suis souvent moqué de ceux et surtout celles qui en tenaient un quand j’étais petit… quand j’étais petit et con).

Ou alors… et c’est là tout l’intérêt de mes petits textes, exerce toi à inventer des histoires encapsulées dans le petit périmètre qu’offre 50 mots. Pas un de moins. Pas un de plus. 50 mots.

Pour t’aider (il faut bien que je serve à quelque chose), je lance un concours de KHAMSSOUN… c’est le nom que j’ai décidé de donner à ces petits textes… il y a eu les rouba’iyates de Khayyam (mot arabe dont la racine est arba’a, c’est-à-dire le chiffre 4… les rouba’iyates sont, tu l’as compris, des quatrains)…  et il y a maintenant les KHAMSSOUN, arabe pour « 50 ».

Ceux et celles qui souhaitent participer peuvent m’envoyer leurs créations par email. Le nombre de KHAMSSOUN par personne n’est pas limité. Tu peux m’en envoyer douze si tu le souhaites… ou un seul. Pour mettre tout le monde sur un même pied d’égalité, l’instrument commun que chacun doit utiliser (et que j’utiliserai lors des vérifications) pour comptabiliser le nombre de mots est Word de Microsoft (Pardon, Steve).

La date limite de soumission de vos KHAMSSOUN est le 7 mars 2010.

Chacun des KHAMSSOUN reçus sera publié sur le blog et soumis au vote populaire… genre Secret Story “si vous aimez le KHAMSSOUN de John David composez le….. deuuuuuuuuuuux”

La récompense ? Vous l’avez deviné… c’est un des GI Joe JR&M en édition ultra limitée… à chérir et cajoler lors des sombres nuits d’orage… ou à utiliser lors de rites vaudous sadiques. C’est selon.

A vos plumes !

P.S: si t’aimes pas mon GI Joe et que tu gagnes ce concours, tu as le droit de réclamer un livre en échange.

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JR&M DOLL

JR&M DOLL

Tu te sens seule le soir? T’en as marre de ton nounours manchot?

Stay tuned…

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SACCHAROSE

Pouring sugar on berry fruits

 

Ses lèvres avaient un goût de fraises amères. J’emportais sur les miennes des vestiges de son gloss. Elle appliqua son index sur ma bouche pour reprendre son bien : c’est le sel que je sentais maintenant sur ma langue.

Voilà une femme à l’image de son époque : sans sucre.

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WANNA SEE ME?

cool DJ in action

Si tu rêves secrètement de savoir qui se cache derrière Samir de JR&M (allez… avoue que tu kifferais!), alors remercie les “HATC ladies” de t’offrir cette opportunité unique en son genre… je serai ici le 8 mars… incognito, cela va sans dire! Non… je ne porterai pas de badge sur mon costar avec mon nom et ma profession. Comme dirait l’autre… j’ai d’ailleurs décidé de porter un masque.

Maintenant que j’ai fait dans l’autocongratulation puérile, je peux te dire la vérité: le programme de la rée-soi HATC m’a estomaqué. C’est une nuit pleine de surprises qui se prépare: tel Ali Baba le fourbe, je me suis introduit dans la caverne interdite des 40 voleurs et j’ai pu dérober (en exclusivité) quelques secrets qu’on m’a fait jurer de ne répéter à personne sous peine de voir ma langue coupée par Massrour, le bourreau du bienheureux Haroun Al Rachid.

Un avant goût? C’est par ici

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SCHIZOPHRENIE NUYLLIENNE

Merging theater masksSon iPod crachotait un son hypnotique de Booba. Son imagination était peuplée de 90 D, de V12 et de liasses de 100. « Nique sa mère la réinsertion » dit-il, plein de morgue.

Sa gouvernante le bouscula : Hippolyte ! Rangez-moi ces écouteurs ! Mère va dire les grâces !

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C’EST COMBIEN TU M’AIMES?

Heart shaped money

 

Etendue sur le baldaquin, elle étirait son corps chaud… miche de pain que le boulanger que j’étais ce soir avait pétrie. Elle prenait des poses de chat, me fixant de son regard émeraude subtilisé au félidé…

Lui dire « je t’aime » ?

« Ca fait 500 euros » interrompit-elle.

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PACOTILLES

Pacotilles

Doha, 22h00.

Abdallah s’échappe du bureau à bord de sa Bentley, ancienne propriété d’un footballeur britannique, qu’il savait avoir surpayée. La bourse avait lourdement chuté aujourd’hui … fâcheux pour la commande de ce nouveau Yacht qu’il comptait passer demain. Soudain, l’écran de son Blackberry s’illumine…

« Maman est morte ».

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L’HYPOCRISIE DE L’HONNETETE

honesty and hypocrisy

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Dans un des récents articles qui marquait le retour aux affaires de JR&M, j’ai pu lire certains commentaires emprunts au mieux de scepticisme, au pire d’une malhonnêteté intellectuelle qui me poussent à préciser ma pensée concernant le concept « pote ou pute ».

En effet, certain(e)s ont laissé croire que ma conception d’une amitié pure et sans mélange était celle qui était dépourvue de toutes critiques de l’un envers l’autre : c’est me faire passer pour un habitant du pays des bisounours. Certain(e)s, en revanche, ont été plus nuancé(e)s dans leurs propos, arguant que parfois une critique directe qui va droit au but peut mieux fonctionner qu’une critique qui zigzague. C’est une vision des choses que je trouve raisonnable. Ce qui l’est moins, c’est celle que professent ces « âmes pures » qui font de la franchise en tout et partout une politique extérieure unilatérale dont devrait s’accommoder leur monde, puisqu’après tout, ne pas savoir souffrir la critique indique forcément la déficience psychologique de qui l’essuie.

Les motivations de ces champions de l’honnêteté, pour qui la critique « franche » est le modus vivendi, sont très éloignées d’une soi-disant pureté d’intentions. Quand tu les entends parler, c’est presque toujours l’hostilité qui surnage dans leur bave. Une hostilité qui dissimule mal un sentiment d’insécurité et un besoin de s’affirmer même si cela doit se faire au détriment de l’autre. C’est ce que j’appelle une « pute. Un « pote » a, par définition, le souci de l’autre. S’il formule une critique, il ne le fait pas pour satisfaire une envie irrépressible d’ouvrir sa bouche pour montrer combien il est honnête, il le fait parce qu’il souhaite ce qu’il y a de mieux pour son ami(e). Ce faisant, il analyse et étudie la personnalité de l’autre. Il élabore dans son esprit la façon la plus pertinente et la plus constructive de formuler sa critique. Il pense en stratège parce que son ami(e) mérite qu’on le soit un tout petit peu. On peut être méchant de façon stratégique… si la personnalité de l’autre s’y prête. Certains ont besoin qu’on fasse preuve de sadisme à dose homéopathique pour les aider à mieux avancer. Mais ce ne peut être la généralité. L’amour propre, en même temps que le bon sens de Descartes, est la chose du monde la mieux partagée. Certains s’affranchissent de cette donnée, non pas par excès de franchise, mais par facilité : c’est plus simple de débiter une pensée crue, telle qu’elle nous vient à l’esprit, que de la reformuler en tenant compte de la psychologie du « pote ».

Savoir faire passer un message à autrui de façon efficace demande de la réflexion. On a dit qu’une psychologie inversée (celle du faux méchant) pouvait parfois porter ses fruits… dans d’autres cas, il faudra peut-être commencer son discours en disant quelque chose de gentil pour enrober le feedback amer d’une couche de friandise…

Certain(e)s ne voudront pas s’embarrasser de ce genre de circonvolutions. « Si c’est un bébé qui est pas capable de s’entendre dire certaines choses… ben nique sa mère… j’y peux rien moi ». A ceux- là je réponds « vas-y poto… joue la à la Conan le barbare si ça te chante… tu verras ou ça te mènera dans ta relation avec les autres ».

Pour ma part, je me retrouve dans ces sages paroles de mes ancêtres arabes : « avant de décocher la flèche de la vérité, trempe d’abord sa pointe dans le miel. »

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LE DESTIN SENT LES CARTES

IAM – Nés Sous La Même Etoile
envoyé par covik. – Regardez la dernière sélection musicale.

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En guise d’introduction, j’aimerai rapidement commenter le titre de cet article. Les amateurs d’IAM (dont je ne fais pas partie) auraient pu me reprendre et me faire remarquer qu’AKH ne dit pas « le destin sent les cartes » mais bien « le destin s’en écarte ». Quand l’école du micro d’argent a commencé à tourner au quartier, j’ai toujours pensé que c’était « les cartes » que sentait le destin au lieu de quoi ce dernier, selon IAM, « s’écarte » de la vie. Mais peu importe… je préfère ma version… et le titre tel qu’il est écrit colle mieux au sujet de l’article.

Je referme la parenthèse.

En plein débat sur la nécessité d’instaurer des quotas boursiers dans les grandes écoles (certains avancent le chiffre de 30%), j’ai ressenti l’envie de coucher sur le papier certaines réalités sociétales que beaucoup oublient ou font mine d’ignorer. L’idée de cet article m’habite depuis plusieurs mois maintenant, ce n’est donc pas l’actualité qui a crée l’incendie dans ma tête… elle n’a fait que souffler sur des braises paresseuses.
Tout a commencé lors d’un week-end prolongé sur Paname. Je m’en souviens comme si c’était hier : c’était le premier novembre 2009. Il pleuvait fort ce jour là et une immense file d’attente marquait l’entrée du Musée des Arts Premiers, quai Branly. L’étonnement que créa en moi cet engouement populaire se dissipa aussitôt qu’on m’eut expliqué que l’accès au musée était gratuit chaque premier du mois. Je ne me lancerai pas dans une description de l’exposition consacrée à Moctezuma II ni aux somptueuses œuvres d’art de certaines populations mélanésiennes. Pour ça, il faudra que t’y ailles tout(e) seul(e) comme un(e) grand(e) ! Mais au-delà de ce que j’ai pu voir au musée, c’est qui j’ai pu y voir qui m’a réellement interpellé. Une analyse démographique rapide de l’origine des visiteurs montre clairement que nous n’y sommes pas… et quand je dis « nous », je parle des rebeux, des renois et, plus largement, de toutes les populations de nos banlieues…

Pendant cette visite, une petite tête blonde de 7 piges tout au plus m’a scotché sur place par ses connaissances géographiques… connaissances que je ne pense pas avoir eues, moi-même, avant le collège. Voilà l’action : le minot se place en face d’une mappemonde « muette » sur laquelle ni les frontières, ni les noms des pays n’étaient représentés. Sa mère l’interroge « c’est quoi comme pays ça ? »… « La Chine » répond-il… « Bravo chéri… et quelle est la capitale de la Chine ? »… poursuit-elle… « Pékin ? » hasarde-t-il comme mal assuré de sa réponse… « oui… c’est bien ! Tu arriverais à me montrer la France sur cette carte … ? » Le petit s’exécute… il a encore juste. « Plus dur maintenant… peux tu me montrer la Bretagne ? »… et là encore, bingo ! Et pendant ce temps là, que fait le petit Karim ? Que fait la petite Aïssatou ?

A bien y réfléchir, c’est à ce moment là que la fracture culturelle commence à se creuser entre le petit Karim (futur ouvrier sans le savoir) et le petit Boris, dictionnaire de Géo sur pattes et futur Chirurgien qui s’ignore. C’est aussi à ce moment là que l’Etat échoue car qui a le plus de chance d’intégrer une Grande Ecole ? Comment parler d’égalité des chances si les dés sont pipés dès le départ ? Le parcours scolaire ne devrait pas être déterminé par une sorte d’héritage culturel… pas dans l’idéal français tout du moins. Un fils d’ouvrier devrait avoir l’opportunité d’acquérir les mêmes armes que le fils d’un professeur ou d’un avocat. C’est un des fondements de la république française… bafoué tous les jours que Dieu fait.

Voici ce qui sépare le petit Boris du petit Karim : Boris est mis en contact avec les objets culturels très tôt, on lui met des livres dans les mains, on lui apprend à jouer aux échecs, on l’abonne à des magazines… on contrôle son accès à la télévision, on l’encourage à participer à des débats à table, on l’aide pour ses devoirs, on lui fait visiter des musées, des expositions, on l’emmène dans des voyages à l’étranger. Il visite les pyramides de Gizeh et le Parthénon à Athènes. On lui paie les meilleures écoles dès le primaire et on y ajoute l’aide de professeurs particuliers payés pour corriger les lacunes et renforcer les connaissances. Boris a du mal en anglais ? On l’envoie s’aguerrir aux Etats-Unis au moyen d’un couteux séjour linguistique intensif. Il doit passer des concours ? On lui paie des stages de remise à niveau pour passer les concours des plus grandes écoles.

Et le petit Karim alors ? Papa et maman qui lisent à peine ne peuvent pas l’aider à faire ses devoirs. Papa et maman sont trop occupés à courir après la nécessité du quotidien (remplir le frigo, payer les factures…) pour pouvoir ne serait-ce qu’avoir l’idée d’ouvrir un livre… et puis de toute façon, lire un livre ce n’est pas pour eux… ils ne l’ont jamais fait. C’est réservé aux riches… du coup, il n’y a pas de livres à la maison. Visiter un musée ? « Pourquoi faire répondrait le papa? Laisse moi me reposer… j’ai eu une semaine éprouvante à l’usine… et puis y a le match qui joue tout à l’heure ». Quand Boris se fait payer ses études et peut utiliser tout son temps à étudier, voyager, découvrir, Karim doit travailler pour payer ses études. Quand Boris lit la Triade en lecture imposée en Prépa, Karim te demande si tu veux des frites ou des potatoes avec ton menu.
Résultat des courses ? 90% des enfants des cadres et enseignants (dont fait partie Boris) poursuivent un second cycle général ou technique. 8% optent pour les séries professionnelles et 2% sortent du système scolaire. Quand aux enfants d’ouvrier (dont fait partie Karim), 43% se retrouvent dans le général ou le technique, 44% dans le professionnel et 13% sont en situation d’exclusion. A Science Po (qui tente de rattraper la sauce avec le programme d’admission parallèle pour les lycéens de ZEP), selon le Ministère de l’Education Nationale, 77% des candidats sont fils et filles de cadres/enseignants/chefs d’entreprises… et 85.7% des admis font partie de cette même catégorie.

Les grandes écoles se taillant la part du lion dans les recrutements des postes à responsabilités on se retrouve avec ces chiffres communiqués par l’Insee : à niveau comparable, le taux de chômage pour les français d’origine étrangère est de 14% quand les français de souche tournent, eux, à 9%. Pour les français d’origine immigrée qui ont des bac+2 à bac+6 le taux de chômage tourne à 11%… contre 5% pour les français « de souche » ayant le même niveau d’étude.

Liberté, égalité, fraternité ?

Mort de rire.

Bonus: le couplet de Shurikn de “nés sous la même étoile”

Pourquoi fortune et infortune, pourquoi suis-je né
Les poches vides, pourquoi les siennes sont-elles pleines de thunes
Pourquoi j’ai vu mon père en cyclo partir travailler
Juste avant le sien en trois pièces gris et BMW

La monnaie est une belle femme qui n’épouse pas les pauvres
Sinon pourquoi suis-je là tout seul marié sans dote
Pourquoi pour lui c’est crèche et vacances
Pour moi c’est stade de foot sans cage, sans filet
sans même une ligne blanche

Pourquoi pour lui c’est l’équitation pour moi
Les bastons, pour lui la coke, pour moi les flics en faction
Je dois me débrouiller pour manger certains soirs
Pourquoi lui se gave de saumon sur lit de caviar

Certains naissent dans les choux d’autres dans la merde
Pourquoi ça pue autour de moi quoi ! Pourquoi tu me cherches ?
Pourquoi chez lui c’est des Noël ensoleillés
Pourquoi chez moi le rêve est évincé par une réalité glacée

Lui a droit à des études poussées
Pourquoi j’ai pas assez d’argent pour acheter
leurs livres et leurs cahiers
Pourquoi j’ai dû stopper les cours
Pourquoi lui n’avait pas de frère à nourrir, pourquoi j’ai dealé chaque jour

Pourquoi quand moi je plonge, lui passe sa thèse
Pourquoi les cages d’acier, les cages dorées agissent à leur aise
Son astre brillait plus que le mien sous la grande toile
Pourquoi ne suis-je pas né sous la même étoile

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