SACCHAROSE

Pouring sugar on berry fruits

 

Ses lèvres avaient un goût de fraises amères. J’emportais sur les miennes des vestiges de son gloss. Elle appliqua son index sur ma bouche pour reprendre son bien : c’est le sel que je sentais maintenant sur ma langue.

Voilà une femme à l’image de son époque : sans sucre.

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WANNA SEE ME?

cool DJ in action

Si tu rêves secrètement de savoir qui se cache derrière Samir de JR&M (allez… avoue que tu kifferais!), alors remercie les “HATC ladies” de t’offrir cette opportunité unique en son genre… je serai ici le 8 mars… incognito, cela va sans dire! Non… je ne porterai pas de badge sur mon costar avec mon nom et ma profession. Comme dirait l’autre… j’ai d’ailleurs décidé de porter un masque.

Maintenant que j’ai fait dans l’autocongratulation puérile, je peux te dire la vérité: le programme de la rée-soi HATC m’a estomaqué. C’est une nuit pleine de surprises qui se prépare: tel Ali Baba le fourbe, je me suis introduit dans la caverne interdite des 40 voleurs et j’ai pu dérober (en exclusivité) quelques secrets qu’on m’a fait jurer de ne répéter à personne sous peine de voir ma langue coupée par Massrour, le bourreau du bienheureux Haroun Al Rachid.

Un avant goût? C’est par ici

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SCHIZOPHRENIE NUYLLIENNE

Merging theater masksSon iPod crachotait un son hypnotique de Booba. Son imagination était peuplée de 90 D, de V12 et de liasses de 100. « Nique sa mère la réinsertion » dit-il, plein de morgue.

Sa gouvernante le bouscula : Hippolyte ! Rangez-moi ces écouteurs ! Mère va dire les grâces !

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C’EST COMBIEN TU M’AIMES?

Heart shaped money

 

Etendue sur le baldaquin, elle étirait son corps chaud… miche de pain que le boulanger que j’étais ce soir avait pétrie. Elle prenait des poses de chat, me fixant de son regard émeraude subtilisé au félidé…

Lui dire « je t’aime » ?

« Ca fait 500 euros » interrompit-elle.

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PACOTILLES

Pacotilles

Doha, 22h00.

Abdallah s’échappe du bureau à bord de sa Bentley, ancienne propriété d’un footballeur britannique, qu’il savait avoir surpayée. La bourse avait lourdement chuté aujourd’hui … fâcheux pour la commande de ce nouveau Yacht qu’il comptait passer demain. Soudain, l’écran de son Blackberry s’illumine…

« Maman est morte ».

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L’HYPOCRISIE DE L’HONNETETE

honesty and hypocrisy

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Dans un des récents articles qui marquait le retour aux affaires de JR&M, j’ai pu lire certains commentaires emprunts au mieux de scepticisme, au pire d’une malhonnêteté intellectuelle qui me poussent à préciser ma pensée concernant le concept « pote ou pute ».

En effet, certain(e)s ont laissé croire que ma conception d’une amitié pure et sans mélange était celle qui était dépourvue de toutes critiques de l’un envers l’autre : c’est me faire passer pour un habitant du pays des bisounours. Certain(e)s, en revanche, ont été plus nuancé(e)s dans leurs propos, arguant que parfois une critique directe qui va droit au but peut mieux fonctionner qu’une critique qui zigzague. C’est une vision des choses que je trouve raisonnable. Ce qui l’est moins, c’est celle que professent ces « âmes pures » qui font de la franchise en tout et partout une politique extérieure unilatérale dont devrait s’accommoder leur monde, puisqu’après tout, ne pas savoir souffrir la critique indique forcément la déficience psychologique de qui l’essuie.

Les motivations de ces champions de l’honnêteté, pour qui la critique « franche » est le modus vivendi, sont très éloignées d’une soi-disant pureté d’intentions. Quand tu les entends parler, c’est presque toujours l’hostilité qui surnage dans leur bave. Une hostilité qui dissimule mal un sentiment d’insécurité et un besoin de s’affirmer même si cela doit se faire au détriment de l’autre. C’est ce que j’appelle une « pute. Un « pote » a, par définition, le souci de l’autre. S’il formule une critique, il ne le fait pas pour satisfaire une envie irrépressible d’ouvrir sa bouche pour montrer combien il est honnête, il le fait parce qu’il souhaite ce qu’il y a de mieux pour son ami(e). Ce faisant, il analyse et étudie la personnalité de l’autre. Il élabore dans son esprit la façon la plus pertinente et la plus constructive de formuler sa critique. Il pense en stratège parce que son ami(e) mérite qu’on le soit un tout petit peu. On peut être méchant de façon stratégique… si la personnalité de l’autre s’y prête. Certains ont besoin qu’on fasse preuve de sadisme à dose homéopathique pour les aider à mieux avancer. Mais ce ne peut être la généralité. L’amour propre, en même temps que le bon sens de Descartes, est la chose du monde la mieux partagée. Certains s’affranchissent de cette donnée, non pas par excès de franchise, mais par facilité : c’est plus simple de débiter une pensée crue, telle qu’elle nous vient à l’esprit, que de la reformuler en tenant compte de la psychologie du « pote ».

Savoir faire passer un message à autrui de façon efficace demande de la réflexion. On a dit qu’une psychologie inversée (celle du faux méchant) pouvait parfois porter ses fruits… dans d’autres cas, il faudra peut-être commencer son discours en disant quelque chose de gentil pour enrober le feedback amer d’une couche de friandise…

Certain(e)s ne voudront pas s’embarrasser de ce genre de circonvolutions. « Si c’est un bébé qui est pas capable de s’entendre dire certaines choses… ben nique sa mère… j’y peux rien moi ». A ceux- là je réponds « vas-y poto… joue la à la Conan le barbare si ça te chante… tu verras ou ça te mènera dans ta relation avec les autres ».

Pour ma part, je me retrouve dans ces sages paroles de mes ancêtres arabes : « avant de décocher la flèche de la vérité, trempe d’abord sa pointe dans le miel. »

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LE DESTIN SENT LES CARTES

IAM – Nés Sous La Même Etoile
envoyé par covik. – Regardez la dernière sélection musicale.

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En guise d’introduction, j’aimerai rapidement commenter le titre de cet article. Les amateurs d’IAM (dont je ne fais pas partie) auraient pu me reprendre et me faire remarquer qu’AKH ne dit pas « le destin sent les cartes » mais bien « le destin s’en écarte ». Quand l’école du micro d’argent a commencé à tourner au quartier, j’ai toujours pensé que c’était « les cartes » que sentait le destin au lieu de quoi ce dernier, selon IAM, « s’écarte » de la vie. Mais peu importe… je préfère ma version… et le titre tel qu’il est écrit colle mieux au sujet de l’article.

Je referme la parenthèse.

En plein débat sur la nécessité d’instaurer des quotas boursiers dans les grandes écoles (certains avancent le chiffre de 30%), j’ai ressenti l’envie de coucher sur le papier certaines réalités sociétales que beaucoup oublient ou font mine d’ignorer. L’idée de cet article m’habite depuis plusieurs mois maintenant, ce n’est donc pas l’actualité qui a crée l’incendie dans ma tête… elle n’a fait que souffler sur des braises paresseuses.
Tout a commencé lors d’un week-end prolongé sur Paname. Je m’en souviens comme si c’était hier : c’était le premier novembre 2009. Il pleuvait fort ce jour là et une immense file d’attente marquait l’entrée du Musée des Arts Premiers, quai Branly. L’étonnement que créa en moi cet engouement populaire se dissipa aussitôt qu’on m’eut expliqué que l’accès au musée était gratuit chaque premier du mois. Je ne me lancerai pas dans une description de l’exposition consacrée à Moctezuma II ni aux somptueuses œuvres d’art de certaines populations mélanésiennes. Pour ça, il faudra que t’y ailles tout(e) seul(e) comme un(e) grand(e) ! Mais au-delà de ce que j’ai pu voir au musée, c’est qui j’ai pu y voir qui m’a réellement interpellé. Une analyse démographique rapide de l’origine des visiteurs montre clairement que nous n’y sommes pas… et quand je dis « nous », je parle des rebeux, des renois et, plus largement, de toutes les populations de nos banlieues…

Pendant cette visite, une petite tête blonde de 7 piges tout au plus m’a scotché sur place par ses connaissances géographiques… connaissances que je ne pense pas avoir eues, moi-même, avant le collège. Voilà l’action : le minot se place en face d’une mappemonde « muette » sur laquelle ni les frontières, ni les noms des pays n’étaient représentés. Sa mère l’interroge « c’est quoi comme pays ça ? »… « La Chine » répond-il… « Bravo chéri… et quelle est la capitale de la Chine ? »… poursuit-elle… « Pékin ? » hasarde-t-il comme mal assuré de sa réponse… « oui… c’est bien ! Tu arriverais à me montrer la France sur cette carte … ? » Le petit s’exécute… il a encore juste. « Plus dur maintenant… peux tu me montrer la Bretagne ? »… et là encore, bingo ! Et pendant ce temps là, que fait le petit Karim ? Que fait la petite Aïssatou ?

A bien y réfléchir, c’est à ce moment là que la fracture culturelle commence à se creuser entre le petit Karim (futur ouvrier sans le savoir) et le petit Boris, dictionnaire de Géo sur pattes et futur Chirurgien qui s’ignore. C’est aussi à ce moment là que l’Etat échoue car qui a le plus de chance d’intégrer une Grande Ecole ? Comment parler d’égalité des chances si les dés sont pipés dès le départ ? Le parcours scolaire ne devrait pas être déterminé par une sorte d’héritage culturel… pas dans l’idéal français tout du moins. Un fils d’ouvrier devrait avoir l’opportunité d’acquérir les mêmes armes que le fils d’un professeur ou d’un avocat. C’est un des fondements de la république française… bafoué tous les jours que Dieu fait.

Voici ce qui sépare le petit Boris du petit Karim : Boris est mis en contact avec les objets culturels très tôt, on lui met des livres dans les mains, on lui apprend à jouer aux échecs, on l’abonne à des magazines… on contrôle son accès à la télévision, on l’encourage à participer à des débats à table, on l’aide pour ses devoirs, on lui fait visiter des musées, des expositions, on l’emmène dans des voyages à l’étranger. Il visite les pyramides de Gizeh et le Parthénon à Athènes. On lui paie les meilleures écoles dès le primaire et on y ajoute l’aide de professeurs particuliers payés pour corriger les lacunes et renforcer les connaissances. Boris a du mal en anglais ? On l’envoie s’aguerrir aux Etats-Unis au moyen d’un couteux séjour linguistique intensif. Il doit passer des concours ? On lui paie des stages de remise à niveau pour passer les concours des plus grandes écoles.

Et le petit Karim alors ? Papa et maman qui lisent à peine ne peuvent pas l’aider à faire ses devoirs. Papa et maman sont trop occupés à courir après la nécessité du quotidien (remplir le frigo, payer les factures…) pour pouvoir ne serait-ce qu’avoir l’idée d’ouvrir un livre… et puis de toute façon, lire un livre ce n’est pas pour eux… ils ne l’ont jamais fait. C’est réservé aux riches… du coup, il n’y a pas de livres à la maison. Visiter un musée ? « Pourquoi faire répondrait le papa? Laisse moi me reposer… j’ai eu une semaine éprouvante à l’usine… et puis y a le match qui joue tout à l’heure ». Quand Boris se fait payer ses études et peut utiliser tout son temps à étudier, voyager, découvrir, Karim doit travailler pour payer ses études. Quand Boris lit la Triade en lecture imposée en Prépa, Karim te demande si tu veux des frites ou des potatoes avec ton menu.
Résultat des courses ? 90% des enfants des cadres et enseignants (dont fait partie Boris) poursuivent un second cycle général ou technique. 8% optent pour les séries professionnelles et 2% sortent du système scolaire. Quand aux enfants d’ouvrier (dont fait partie Karim), 43% se retrouvent dans le général ou le technique, 44% dans le professionnel et 13% sont en situation d’exclusion. A Science Po (qui tente de rattraper la sauce avec le programme d’admission parallèle pour les lycéens de ZEP), selon le Ministère de l’Education Nationale, 77% des candidats sont fils et filles de cadres/enseignants/chefs d’entreprises… et 85.7% des admis font partie de cette même catégorie.

Les grandes écoles se taillant la part du lion dans les recrutements des postes à responsabilités on se retrouve avec ces chiffres communiqués par l’Insee : à niveau comparable, le taux de chômage pour les français d’origine étrangère est de 14% quand les français de souche tournent, eux, à 9%. Pour les français d’origine immigrée qui ont des bac+2 à bac+6 le taux de chômage tourne à 11%… contre 5% pour les français « de souche » ayant le même niveau d’étude.

Liberté, égalité, fraternité ?

Mort de rire.

Bonus: le couplet de Shurikn de “nés sous la même étoile”

Pourquoi fortune et infortune, pourquoi suis-je né
Les poches vides, pourquoi les siennes sont-elles pleines de thunes
Pourquoi j’ai vu mon père en cyclo partir travailler
Juste avant le sien en trois pièces gris et BMW

La monnaie est une belle femme qui n’épouse pas les pauvres
Sinon pourquoi suis-je là tout seul marié sans dote
Pourquoi pour lui c’est crèche et vacances
Pour moi c’est stade de foot sans cage, sans filet
sans même une ligne blanche

Pourquoi pour lui c’est l’équitation pour moi
Les bastons, pour lui la coke, pour moi les flics en faction
Je dois me débrouiller pour manger certains soirs
Pourquoi lui se gave de saumon sur lit de caviar

Certains naissent dans les choux d’autres dans la merde
Pourquoi ça pue autour de moi quoi ! Pourquoi tu me cherches ?
Pourquoi chez lui c’est des Noël ensoleillés
Pourquoi chez moi le rêve est évincé par une réalité glacée

Lui a droit à des études poussées
Pourquoi j’ai pas assez d’argent pour acheter
leurs livres et leurs cahiers
Pourquoi j’ai dû stopper les cours
Pourquoi lui n’avait pas de frère à nourrir, pourquoi j’ai dealé chaque jour

Pourquoi quand moi je plonge, lui passe sa thèse
Pourquoi les cages d’acier, les cages dorées agissent à leur aise
Son astre brillait plus que le mien sous la grande toile
Pourquoi ne suis-je pas né sous la même étoile

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FAUX AMIS

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Ce texte n’a rien à voir avec les problèmes de traduction auxquels certains linguistes font face mais tout à voir avec le comportement détestable de ceux et celles qui, dans ton entourage, prétendent au titre honorifique d’ami(e)s.

Ha ! Les ami(e)s…

Vaste sujet. Parmi eux il y a les vrais : ils se comptent sur les doigts d’une main… et puisque ce qui est rare est cher, chéris-les comme un lépreux le ferait de ces derniers doigts. Et puis il y a les usurpateurs… trop nombreux ceux là… de la pute qui écarte les cuisses pour dormir sur ton lit, au psychotique traumatisé par une enfance durant laquelle il n’était rien, et qui vient gâcher le cuir ton divan en y déversant une bile amère en même temps que ses problèmes de frustré (le psychotique est également une « serrure »… se vautrer sur ton divan, c’est gratuit… faire la même chose sur celui d’un spécialiste heurterait son portefeuille). Ces usurpateurs sont des nuisibles. Une fois repérés, élimine-les.

Le problème, c’est que parmi ces félons se cache une race particulièrement venimeuse. La pétasse et le névrosé cités plus haut ne sont pas les plus dangereux. Ils ont même, dans leurs fragilités respectives, quelque chose d’attendrissant… on les garde près de soi comme on ferait l’aumône. Et puis, une fois lassé, on les jette avec la même compassion qui nous à d’abord empêché d’effacer leurs numéros. Au milieu de ces fleurs inoffensives s’épanouissent des ronces plus difficilement détectables.

Cette flore puante ne révèle sa vraie nature qu’à des moments précis : quand la stabilité de leur microcosme parfaitement ordonnancé se trouve menacée par le moindre petit changement, alors la ronce se transforme en une plante carnivore obsédée par la destruction de ce qui a perturbé l’équilibre de son écosystème.
En clair, et pour arrêter ici la métaphore botanique, au moment même où tu décides d’abandonner la médiocrité et de cheminer vers le mieux, ton « ami(e) » deviendra anormalement agressif. Il se montrera sceptique. Il questionnera tes motivations. Il médira. Il essaiera de te décourager par tous les moyens. Il sabotera chacune de tes manœuvres. Il te discréditera en public et en privé.

« Tu as vu Karim comme il a changé ? Il se la raconte je vais à la bibliothèque maintenant ! Jamais il a eu un livre de sa vie, il nous la joue shab BHL »

« Tu as vu Nawal cette pute ? Elle monte sa boîte… zarma… elle a jamais travaillé de sa vie et maintenant elle veut créer sa boîte ! Je lui ai dis reste tranquille, reste avec nous, on se soutient l’une l’autre… on fait nos recherches… mais elle, elle l’a joue perso cette pute… t’inquiètes, wallah je la retiens cette petite pute »

« Tu connais pas la meilleure ? Najib est parti s’installer au Canada. Je lui ai dit « arrête de jouer ton f7al, reste ici, trouve un taffe comme tout le monde, marie toi, gagne ta vie, paie tes impôts et prends un crédit pour acheter ta baraque… il s’est pris pour Christophe Rocancourt le mec »

« Wallah je suis morrrrrrrrrrrrrrrrrrt de rire… Hakim il vient d’ouvrir un Grec à Auber’. C’est quoi cette idée de mes couilles ? Comme si on n’avait pas assez de Grecs dans le coin. Les gens ils savent plus quoi faire de leurs vies wallah. Le gars il a bac+5 et il ouvre un Grec. »

Quel est le point commun entre Karim, Nawal, Najib et Hakim ? Ils ont décidé de changer. Ce changement a été plus ou moins radical, mais il n’en demeure pas moins qu’il constitue un point d’inflexion majeur de leurs existences respectives. Ce qu’on attend d’un(e) vrai(e) ami(e) dans ce moment délicat c’est un soutien… même tiède. On n’attend pas de lui qu’il sabote méthodiquement cet effort de transformation personnelle. Changer, c’est difficile… mais si certains s’amusent à lester de sacs de sable une barque qui tangue déjà…

Quand tu essaies de comprendre les raisons d’un tel comportement, la plupart de ces « ami(e)s » t’expliqueront que « c’est pour ton bien »… que « tu vas droit à ta perte, et que c’est leur devoir d’ami(e)s de t’empêcher de te fourvoyer »

Mes couilles ouais…

La réalité est beaucoup plus sombre qu’il n’y parait. Commençons par le processus de changement en lui-même : ta personnalité, au-delà du déterminisme génétique, se forge année après année au contact de ta famille, de tes ami(e)s et autres collègues. Inconsciemment, ton être est façonné par l’action simultanée de ceux et celles qui t’entourent. Changer c’est prendre conscience à un moment donné de qui l’on est à un instant « t »… de porter sur sa personne un regard critique (dans le sens philosophique du terme)… et de se lancer dans la tâche prométhéenne de se redéfinir tout en refusant d’être ce qu’autrui veut que l’on soit.

« Le Monde est un théâtre » disait Shakespeare et on se réinvente d’abord en refusant d’accepter le rôle que la société nous attribue.

Mais voilà, il y a des gens à qui ça ne plaît pas. A commencer par ces « ami(e)s » qui aimaient « le Karim d’avant »… « la Nawal avec ses petites couettes »… si tu changes, leur monde change. Si ta dynamique est modifiée, la leur s’emballe. Si tu renverses la table, c’est la médiocrité de leur routine que tu bouleverses. Pire, ta tentative d’aller vers le mieux met en évidence leur immobilisme. Nawal qui monte sa boîte va forcément susciter les questions inconfortables dans l’esprit de sa « copine » Nadia… « Elle, elle monte sa boîte… et moi je fais quoi ? »

Quand au chantage affectif du « mais c’est parce que je tiens à toi que je te dis ça », il n’est qu’une tentative désespérée de te retenir dans la médiocrité. Ce que cet(te) ami(e) « aime », c’est ce que tu étais… pas ce que tu vas devenir.

Tu veux savoir si tu es entouré(e) de potes ou de putes ? Rien de plus facile…

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B2O SPEAKS

Interview de Booba… avec une subtilite toutefois: il s’exprime dans la langue de Shakespeare. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il maitrise. OK… c’est plus l’anglais du Bronx que celui d’Oxford… mais cela n’enleve rien a son merite.

“shit happens”

 

“you know, the security didn’t do shit”
 
“this is like over here
in the US… I got a few beefs…”

Versificateur mal aime et incompris, on lui a souvent colle l’etiquette de colossal idiot (au propre comme au figure). Et pourtant… sa poesie glauque faite d’astucieux neologismes et de puissantes images tout droit sorties de l’Exorciste lui ont valu un article dans la tres reputee Nouvelle Revue Francaise ou ses “punchlines” furent rebaptisees “metagores”. Un mot valise a la hauteur de la plume d’un surdoue de l’ecriture qui n’a jamais fait confiance a une Education Nationale qui lui parlait de tout, sauf de ce qui semblait interesser. 

Insoumis, j’fais des sous bêtement parce que
J’veux voir c’pays en sous-vêtements
J’voulais savoir pourquoi l’Afrique vit malement,
Du CP à la seconde y m’parlent d’la Joconde et des allemands

Une Education Nationale qu’il a tres vite quittee. En avait-il besoin? Apparemment pas… en 10 piges d’enseignement de la langue anglaise, le petit francais moyen parle aussi bien cette langue que Jean Luc Lahaie (la heiche). Booba, lui, le parle couramment. Combien de rappeurs peuvent en dire autant? Meme si la France est le deuxieme pays du Hip Hop par le nombre de disques vendus et la richesse d’une culture propre qu’elle a su developee independamment de ce qui se fait de l’autre cote de l’atlantique, comment peut-on vraiment comprendre l’Histoire d’un mouvement quand on ne parle meme pas la langue du pays ou il a vu le jour?

Booba artiste vulgaire? Et Rimbaud et Verlaine qui s’associent pour ecrire le scatologique “Sonnet du trou du cul” c’est quoi? De la guimauve?

B2O parle anglais. Et toi?

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APOLOGIE DU POUVOIR… EN SCRED

18Brumaire

Quelle est la nature de l’homme ? Est-il naturellement bon comme le dit Rousseau ? Est-il un loup pour son frère comme le pense Hobbes ? Et d’abord qu’est-ce qu’être bon et qu’est ce qu’être mauvais ? Le don que tu fais au Croissant Rouge est considéré par le plus grand nombre comme « bon ». Mais si tu donnes pour t’acheter une conscience à bon compte et pour te déculpabiliser d’un luxe dans lequel tu te vautres quand le vieillard palestinien, lui, se vautre dans la boue des restes d’une maison rasée par un bulldozer israélien… qui est celui qui donne ? Qui est celui qui reçoit? Toi ou ce vieil homme ? Ce serait donc ça la bonté : nourrir une conscience charognarde sur la carcasse de la misère humaine ?

Les frontières entre les concepts sont ténues. Et le Pouvoir alors ? Bien ? Pas bien ? Doit-on le rechercher à tout prix ? Doit-on s’en éloigner comme de la peste parce que de pieux philosophes ont dit un jour qu’il corrompt les esprits et noircit l’âme ? Toutes les écoles philosophiques et les religions ont fondé leur système sur un sens qu’elles ont donné à l’existence. Un but ultime. Chez les cyrénaïques c’est le plaisir. Chez les épicuriens et les stoïciens c’est cet état de quiétude profonde, de paix intérieure, qu’ils appellent l’ataraxie. Chez les musulmans l’adoration d’un Créateur unique à qui il ne faut rien associer… et chez Nietzche c’est la volonté de puissance. Pour le philosophe allemand, être c’est devenir plus, et l’on devient plus quand on laisse libre court à cet instinct qui fait de la puissance l’espace dans lequel on se réalise. En d’autres termes, l’homme s’épanouit dans la quête et l’exercice du pouvoir. Alors je vais vite dans l’analyse, au risque, j’en suis conscient, de caricaturer un concept qui ne se résume pas à la définition que j’en donne…. mais c’est une idée commode sur laquelle je peux m’appuyer pour lancer cet article.

Je ne connais rien de pire que le sentiment d’impuissance. Se sentir désemparé…désarmé face à une situation, comme voir toute sa famille se faire abattre devant soi par des GI sanguinaires ou voir ces pourceaux faire subir le pire à ses sœurs et sa mère. Pour moi, il y a toujours eu des choses dont l’excès est préférable au défaut. Je préfère la confiance en soi qui se transforme, dans l’excès en arrogance, à la timidité maladive qui te transforme en brebis au milieu des loups. Je préfère la générosité qui se transforme en prodigalités à la pingrerie qui ferme un porte-monnaie à double tour. De la même façon, j’ai toujours cherché plus de pouvoir. Jamais moins. Dans notre société, cette confession a quelque chose d’honteux… de sale même. Il est dangereux de se montrer trop ambitieux. Trop affamé. Raison pour laquelle le vrai ambitieux agit toujours en sous-marin. Quand j’ai commencé ma carrière, je criais sur tous les toits que j’étais un ambitieux… que je voulais manger le monde… que je voulais prendre la place de mon boss….

Ce que je pouvais être ridicule.

Non pas dans mes intentions, mais dans la façon pornographique que j’avais de les afficher. L’ambition c’est bien. Vouloir manger la terre entière c’est bien. Vouloir prendre la place de son boss c’est bien. Mais avoir la naïveté de le dire à tout le monde, c’est contre productif. C’est stupide même. De telles déclarations seront toujours accueillies par un froncement de sourcils suivi d’une remise du premier prix d’infréquentabilité qui, en France, te vaut, aujourd’hui, un an de prison.

Au XXIème siècle, la quête du pouvoir est devenue une guerre civilisée. Une bataille d’alcôves qui ne dit pas son nom. Un affrontement de généraux qui se sourient avant de se poignarder dans une Board Room. Et si tu cherchais la plus grande hypocrisie de notre société, elle est celle-ci : nous draper dans le souci de justice et d’équité, nous complaire dans une idée de la démocratie qui ferait du peuple le souverain et qui nous épargnerait de vieilles pratiques aristocratiques. Une démocratie ou le pouvoir serait également réparti entre chaque citoyen, puisque chacun possède le pouvoir « d’une voix » aux élections. En d’autres termes, on aurait anéanti la quête de pouvoir de l’individu en le dissolvant dans le peuple.

Belle hypocrisie.

Ce sont toujours les mêmes émotions qui nous guident… les mêmes instincts qui nous dominent. Mais puisque la société ne veut plus voir ses barbares affamés, il a simplement fallu que ces derniers revêtent un costar Smalto pour tromper leur monde. Ils ont recouvert leur main de fer du velours d’un gant. Ils ne prennent plus par la force… ils séduisent. Le vrai ambitieux, celui qui a le manche, celui à qui je délivrerai un diplôme de l’Académie de JR&M, est celui qui sait faire plier la volonté de l’autre en donnant à ce dernier l’illusion qu’il a pris sa décision librement et en conscience… comme la pierre qui roule de Spinoza. Ou comme John Milton (Al Pacino) qui souffle malicieusement à Kevin Lomax (Keannu Reeves) :

« C’est ma main qui fait sourire la Joconde ».

Je ne sais pas pour toi, mais perso, je détesterai apprendre que je n’ai été qu’un vulgaire caillou à la merci d’un(e) pro au jeu du pouvoir… encore moins qu’un mec me fasse sourire en me passant une main. « Le monde est un théâtre » disait Shakespeare… c’est exact. Il est le théâtre de luttes d’influences et de pouvoir dans lequel nous sommes tous condamnés à jouer un rôle. Tous. Même celui qui te dit : « non, la politique c’est pas pour moi… je suis pur moi… ». Ne pas jouer le jeu reviendrait à renoncer aux plaisirs qu’il procure… ou à subir les peines de celui qui en est dépourvu. Rien ne sert de pleurer. Rien ne sert de se plaindre. Rien de ne sert de résister. Ta participation à ce jeu est inévitable. Et pour celui qui sait l’esquive impossible, il vaut mieux exceller dans l’art de l’acquérir que dans une innocence de façade qui ferait de toi le jouet d’un(e) autre.

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