Archive for July, 2007
I’M BACK!

Back in the United States! Le douanier a l’aéroport JFK de New York m’a salué d’un chaleureux “welcome back!”… “bon retour” en inspectant mon passeport. Pourquoi ne me dit-on jamais ça quand je rentre en France? Pourtant c’est mon pays… n’est-ce pas? Je sais… je commence fort! Ceux qui pensaient que ces vacances allaient calmer la violence de mes morsures doivent déjà déchanter. Je n’ai pris de repos que pour aiguiser mes crochets venimeux et développer ma matière grise. Voici la liste les livres qui m’ont délicieusement accompagnés pendant ces vacances.
1. “De la Cité à la City” de Hamid Senni
2. “The Silent Takeover: Global Capitalism And The Death of Democracy” de Noreena Hertz
3. “Les Frères Karamazov” de Dostoievski (presque 1000 pages dans l’édition que je possède)
5. “Le Spleen de Paris” de Baudelaire (parce que des vacances sans la prose de Baudelaire ne sont pas vraiment des vacances)
6. “Les Croisades vues par les Arabes” d’Amin Maalouf (LE classique à lire une fois par an… au moins)
Je les ai lus tout en laissant le soleil caresser ma peau pour me donner ce teint d’abricot qu’elles aiment tant… je ne plaisantais pas quand je te parlais de vacances studieuses!
Pour ce qui est de la presse, l’Algérie a fait mes délices… au sens propre comme au figuré! Mon oncle achetait chaque matin 3 journaux que je dévorais au réveil avec un thé à la menthe que ma tante me “forçait” d’accompagner de fraîches pâtisseries aux amandes… “OK, c’est bien pour te faire plaisir Khalti” ( *soupir*… les méditerranéens sont les seuls à vraiment connaître et apprécier les plaisirs simples de la vie). Je ne t’en conseille qu’un (de journal): Al Watan. Le style est souvent pompeux (la langue ne semble pas avoir bougé depuis 1962), les journalistes font parfois dans le sensationnel voire le spectaculaire, mais cela reste un papier de qualité.
A mon retour au bureau j’ouvre machinalement mon email professionnel. Et là… 355! Ce nombre n’a rien avoir avec le calibre préféré des cailleras et tout avoir avec une migraine dont je commence déjà à ressentir les effets. Je m’attendais à un retour style tapis rouge, vahiné et collier de fleurs… au lieu de quoi je me prends 355 emails dans le thorax sans gilet pare-balle! Une collègue est passée me voir et ayant ressenti ma détresse m’a dit sur un ton compatissant: “that’s the punishment Samir!”…”c’est la punition”…pour avoir pris de longues vacances quand les autres faisaient tourner le business. “F*CK IT!!!!” Je me suis pris deux aspirines. Je sens que je vais passer la nuit. Anyway, it’s good to be back! Je vais reprendre la cadence de publication des posts qui t’a tant manquée. Allez… avoue que je t’ai manqué ;-)
5 commentsRECRUTER SELON L’EXPERIENCE… UNE PRATIQUE DE HMAR
Spéciale dédicace à la vieille garde du business qui recrute encore en fonction de l’expérience. Tu ne sais pas si tu fais partie de cette espèce nuisible? Laisse moi te donner un petit indice: si tu comptes le nombre de cheveux blancs du candidat que tu as en face de toi et que tu mutliplies ce même nombre par 208.73 pour déterminer sa rémunération brute annuelle (faisant du salaire de tes employés une variable directement proportionnelle à leurs âges… au lieu de la faire correller au talent et à la performance de celui que tu recrutes) ALORS tu fais partie de ce coeur de cible que je criblerai de mes dards mortels dans cet article.
Dee Hock est le fondateur de l’entreprise VISA et a été son CEO pendant de nombreuses années. Il est ensuite devenu un Gourou du business aux Etats-Unis consacrant toute son énergie à l’élaboration et la promotion de la “Chaordic theory“. Ce concept vise à promouvoir dans toutes les entreprises (mais pas seulement) un système d’organisation où coexistent ordre et chaos (je te rassure tout de suite: rien avoir avec la bêtise de l’ordre juste). Selon l’inventeur de ce concept, le système d’organisation “Chaordic” est aussi celui de notre environnement naturel: certains organismes vivants et même l’évolution des espèces obéiraient à ce paradigme. Personellement, je trouve cette théorie extrêmement intéressante, et le meilleur moyen d’en savoir plus sur le sujet reste de lire le Manifeste de Dee. Cet homme a littéralement révolutionné le monde des transactions financières. C’est
un génie du business plusieurs fois récompensé pour son apport à la civilisation (et je pèse mes mots): si tu peux, aujourd’hui, acheter une paire de pompes chez Zara sans sortir tes bons vieux biftons de 50 euros (so 20th century…) c’est grâce à lui. Aux States, on le surnomme “l’homme qui valait 3 trillion de dollars” en référence au business que draine les cartes de crédit depuis que nous sommes entrés dans l’ère de la “cashless society”. Là tu dois de te demander, “mais pourquoi Samir me raconte sa vie? Il est hors-sujet!” Je ne fais QUE de parler du sujet. Dee Hock a une vision du recrutement des talents que je kiffe au point de l’avoir fait mienne. Il recrute selon 6 critères bien définis. J’attire ton attention sur le fait que ces 6 critères sont classés par ordre d’importance :
“Recrute d’abord sur la base de l’intégrité de l’homme. Evalue ensuite sa motivation avant d’examiner ses compétences. Si ces trois critères sont pour toi satisfaisants, focalise toi sur sa faculté de compréhension. Le cinquième critère à analyser est l’étendue de son savoir et le dernier, son expérience. Sans intégrité, la motivation est dangeureuse. Sans motivation, les compétences sont inutiles. Sans compétences, la compréhension est limitée. Sans compréhension, le savoir n’a aucun sens. Sans savoir, l’expérience est aveugle”
Oui mon fils… tu as bien lu: le vieux sage de la montagne a parlé et, selon lui, l’expérience est le DERNIER élément dont il faut tenir compte dans l’évaluation du potentiel d’un candidat. Elle ne saurait égaler l’enthousiasme, la curiosité, la passion que peuvent avoir celui dont le CV accuse un déficit d’années “passées sur le terrain”. J’ai une info pour toi: le terrain a déjà changé depuis hier. Les lignes ont bougé, on a déplacé les cages et les règles ont été modifiées. L’expérience, dans un monde qui change plus vite qu’il ne te faut de temps pour épeller le mot “expérience” n’est plus ce qui t’offre les clés du royaume sur un plateau d’argent. Ceux qui s’ennorgueillissaient de la taille de leur ventre puisqu’il était une preuve indiscutable du fait qu’ils avaient, eux, de la bouteille ( et qui n’est en réalité qu’une conséquence regrettable des nombreux déjeuners engloutis aux frais de la princesse) n’ont qu’à bien se tenir. Je t’annonce l’aube d’un nouvel âge: les clés du royaume du cash ont changé de mains. Elles appartiennent maintenant à la génération JR&M. Passionés de business, Toxicos de l’euro… ce sont eux qui changeront le monde. Whether wou like it, or not!
A compter d’aujourd’hui, si un homme ou une femme ose te refuser un poste pour ton manque d’expérience, voici ce que tu dois faire:
1. Imprime cet article
2. Envoie le lui par DHL avec ce petit mot d’amour: “Pauvre hmar! Qui tu es, toi, pour me dire que je n’ai pas assez d’expérience pour ce poste? Lis cet article attentivement. Apprends la citation de Dee Hock par coeur et imprègne toi de la profondeur de ses paroles. Ensuite, appelle moi au numéro suivant: “06….” pour me présenter tes excuses et peut être, je dis bien “peut être” accepterai-je de reconsidérer la possibilité de bosser pour toi.”
3. Envoie lui mon Manifeste, ça ne mange pas de pain, et ça répandra La Cause que tu vénères tant :)
4. Si tu reçois des plaintes après avoir suivi ces instructions, oriente les plaignants vers moi: jeunerebeumillionnaire@gmail.com. I’ll take care ot if.
8 commentsLES DOUZES TRAVAUX D’HERCULE? FACILE…
Si tu as eu une enfance normale, on t’a raconté l’histoire des 12 travaux d’Hercule assignés par son pire ennemi Eurysthée. C’est la Pythie qui lui avait demandé de se mettre au service de ce dernier et ceci pour expier une faute terrible: dans un moment de folie inspirée par Héra, Hercule avait assassiné sa femme Mégara ainsi que ses fils… (il n’y a que les Grecs et les Telenovelas pour nous sortir des histoires pareilles). Voici la liste des 12 travaux de malade qu’Hercule a du exécuter pour expier sa faute:

1. Vaincre le lion de Némée à la peau impénétrable, et rapporter sa dépouille ;
2. Tuer l’hydre de Lerne, dont les têtes tranchées repoussaient sans cesse ;
3. Vaincre à la course la biche de Cérynie aux pieds d’airain, créature sacrée d’Artémis ;
4. Rapporter vivant l’énorme sanglier d’Érymanthe ;
5. Nettoyer les écuries d’Augias, qui ne l’avaient jamais été ;
6. Tuer les oiseaux du lac Stymphale aux plumes d’airain ;
7. Dompter le taureau crétois de Minos, que celui-ci n’avait pas voulu rendre à Poséidon ;
8. Capturer les cavales de Diomède, juments carnivores et sauvages ;
9. Rapporter la ceinture d’Hippolyte, la reine des Amazones ;
10. Voler les bœufs de Géryon et les ramener en Grèce ;
11. Rapporter les pommes d’or du jardin des Hespérides gardées par Ladon ;
12. Descendre aux Enfers et en rapporter Cerbère (chien a trois têtes), le gardien des Enfers
grecs(dont le dieu est Hadès).
Je sais ce que tu te dis: seul un demi-dieu pourrait accomplir ces 12 travaux. Leur simple lecture t’as donné la nausée. Lire une telle succession d’épreuves physiques (et quelles épreuves!), c’est faire violence à ta constitution frêle, toi qui ne te souviens même plus quand est ce que tu avais fait un jogging pour la dernière fois… et pourtant…
Pourtant j’affirme que les 12 travaux d’Hercule sont une promenade de santé si on les compare aux 12 travaux du Renoi qui le mèneront à son premier million d’euros. Balayer les écuries d’Augias? Quand est-ce que je commence? Trouver un stage quand tu t’appelles Kader? Ca c’est du sport. C’est pour moi une belle façon de t’introduire l’expérience de notre ami Hamid Senni, pour ce qui constitue mon dernier post traitant de son livre “De la Cité à la City” Je suis persuadé que tu te reconnaîtras dans ces lignes…
“J’ai envoyé des dizaines de CV en France et aucune réponse positive. J’en envoie trois en Suède et aussitôt un premier retour”
“J’ai eu un premier contact avec la responsable des Ressources Humaines d’un grand groupe d’assurances. Humaine, elle ne l’était pas. « Des gens comme vous, on n’en veut pas. Vous n’avez pas de place dans notre société. Vous êtes trop agressifs », m’a-t-elle aboyé au téléphone avant de me raccrocher au nez. Que voulait-elle dire par société ? Son entreprise ou la société française? M’a-t-elle posé la moindre question ? A-t-elle cherché à connaître mon passé, mon parcours, mes motivations ? Elle n’a pas pris cette peine. Mon nom lui a suffi pour en déduire que j’étais mat, les cheveux bouclés, symboles d’agressivité. S’habituer à ce genre de réactions m’est difficile. Surtout si j’entends déclarer que nous ne faisons rien pour nous intégrer”
“J’ai déjà commencé à préparer mon retour en France en y cherchant un emploi. Certains jours j’envoie une dizaine de CV, mais les réponses ne suivent pas. J’ai un entretien aux alentours de Noël qui se passe bien mais personne ne me recontacte. J’en décroche un autre avec Michelin. Je m’y rends plein d’espoir, mais me fait proprement jeter dehors en moins d’une demi-heure. Je commets une erreur fatale lorsque le responsable qui me reçoit me demande où je me vois dans dix ans.
- Dans dix ans j’aurai trente trois ans, donc être le chef d’une équipe de trois, cinq ou huit personnes serait vraiment bien.
Le Directeur des Ressources Humaines se lève et me montre la porte d’une main. De l’autre il me pousse vers la sortie.
- Vous avez trop d’ambition. Il serait judicieux de la revoir à la baisse me dit-il d’un ton sec.”
Dire qu’on veut manager une petite équipe après 10 ans d’expérience c’est faire montre de trop d’ambition? Mais de qui se moque-t-on? J’avais dans l’intention de créer une catégorie “Book Review” quand j’ai commencé cette petite critique (qui n’en est pas une finalement)… ce responsable du recrutement de chez Michelin m’a convaincu d’assigner ces trois posts à la catégorie “La France: si tu t’aimes tu la quittes”. Thanks for your help Bibendum.
4 commentsLE CONSEILLER DE DESORIENTATION
Suite de la critique littéraire du livre de Hamid Senni: “De la Cité à la City“. L’épisode d’aujourd’hui s’intitule “le conseiller de désorientation”. Si tu vis en banlieue, tu sais à quoi je fais référence. Pour les autres voici ce qui est arrivé au petit Hamid, petit rebeu studieux des banlieues, qui se nourissait tous les matins de Banania et de rêves un peu fous: comme être pilote de ligne ou ingénieur… Il s’en va un jour rencontrer son professeur de physique qui se trouve aussi être son professeur principal. C’est ce même professeur qui va décider de l’orientation professionnelle de notre petit rebeu rêveur… Hamid, mon garçon, raconte nous comment cela s’est passé…
“Je suis le souffre douleur de mon prof de physique, un quadragénaire au collier de barbe blanche, qui ne supporte pas de me voir, moi l’Arabe de la Soric, en Terminale S. Pour lui, la Terminale S est réservée à la future élite de la Nation.”
“Alors, monsieur Senni, quels sont vos souhaits d’orientations.
Nous sommes en Mars et je suis assis face à mon prof de physique qui reçoit les élèves pour faire le point sur leurs vœux. Malheureusement pour moi, c’est notre prof principal. Il me fait peur, mais je sais ce que je désire. Et j’y crois.
- Je veux être pilote de ligne ou ingénieur.
Il me regarde, et je lis un mélange de compassion et de mépris dans son regard.
- Ecoutez moi, monsieur Senni, réfléchissez. Vous n’aviez rien à faire en Terminale S. Vos notes en témoignent. Je ne suis pas sur que vous réalisiez bien. […]
M. Belin […] se lance dans une grande tirade inattendue sur l’armée où il me conseille de m’engager sans tarder
- Si vous travaillez dur, vous pourrez peut-être devenir pilote de chasse. Et l’armée vous pouvez y entrer avec ou sans le bac. Je serais vous, j’y songerai sérieusement.
Je reste perplexe et méfiant. Je sais qu’il ne m’a pas à la bonne et ne cherche pas à défendre mes intérêts.[…]
La semaine suivante je fais un rapide sondage autour de moi : M. Belin n’a suggéré à aucun autre élève de s’enrôler pour servir notre douce France. Même au plus mauvais…[…] il me faut à nouveau rencontrer mon professeur principal. […]
- Voilà, M. Belin, je reviens vous voir car, comme je vous l’ai dit, je veux tenter d’entrer dans une école d’ingénieur.
Cette fois je ne vois plus aucune compassion dans son regard, mais une rage froide, qui me hantera longtemps.
- Monsieur Senni, vous n’avez pas compris ? Vous ne ferez pas d’écoles d’ingénieurs.
- Mais… je bredouille avant de me jeter finalement à l’eau. Je pense à l’étang, à la cité, je ne veux pas y vivre jusqu’à la fin de mes jours.
- Monsieur, c’est mon rêve. Je sais que mes notes sont moyennes, mais je veux essayer. Et si j’échoue, tant pis. Au moins je me serai donné les moyens.
M. Belin me regarde encore, passe ses doigts dans sa barbe, les secondes s’écoulent, interminables, le bourreau se prépare.
- Monsieur Senni, vous n’êtes absolument pas raisonnable. Je suis le dernier à remplir votre dossier. Et je vous promets qu’avec les appréciations que je vais y mettre, les écoles d’ingénieurs ne vous prendront pas. Vous n’avez aucune chance.
Voilà comment en Mars 1993, un crétin a décidé de mon destin. Je ne dis pas que j’aurais réussi, mais je n’ai même pas eu le droit d’essayer. On ne m’a donné aucune chance. Fusillé. »
“Treize ans après je regrette toujours de ne pas avoir pu faire d’école d’ingénieur. J’en veux encore à ce prof de physique de m’avoir barré la route des classes préparatoires parce qu’il ne supportait pas l’idée qu’un Maghrébin puisse faire partie de l’élite de la Nation.”
Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…
15 commentsVACANCES STUDIEUSES…
Toi-même tu sais : les gens intelligents lisent de bons livres… et si les vacances sont propices à la lecture, elles sont souvent une belle occasion, pour certains, de se donner une bonne conscience littéraire en se procurant les derniers « best-sellers » de l’été mis en tête de gondole chez Carrefour ou à “la Fnac”. En cela, l’ouvrage est devenu un accessoire au même titre que la crème solaire, la pelle et le sot que l’on fourre dans son sac de plage avant d’aller profiter des vagues et du sable chaud. On l’exhibe plus qu’on ne le consomme. On en lit un chapitre quand on est sérieux. Quatre pages quand on est plus négligent. Cela n’est pas ma conception de la lecture… elle n’est pas celle du jeune renoi millionnaire que tu veux devenir non plus. Le dernier livre que j’ai lu ne figure, d’ailleurs, sur aucune “best-seller list” de magazines. C’est Myriam, une lectrice de JR&M, qui me l’a recommandé : “De la Cité à la City” par Hamid Senni et Brigitte Dusseau. Cimer Myriam :)
Je l’ai dévoré en quelques heures après une belle après midi sur une plage algérienne. Et même si je n’adhère pas entièrement au discours, j’aimerai à mon tour, te le recommander. Ce livre est une belle illustration du parcours d’un français qui, toute sa vie, a souffert de ses origines. Tu pourras y lire comment la France peut littéralement briser des rêves, user des intelligences et tuer dans l’œuf les ambitions de ceux qui lui donneraient la bouffée d’oxygène dont elle a besoin (surtout dans le climat économique que nous connaissons). Pourtant, le profil de Hamid devrait faire rêver toutes entreprises soucieuses d’attirer les talents pour gonfler sa bottom line: Bac +6, motivé à l’extrême, ambitieux, stakhanoviste quand il faut fournir ce supplément d’effort qui différencie les vrais businessmen des enfants… en
bref, un vrai athlète du cash-flow prêt à courir le 100m pour son pays, la France… qui, tu le verras, ne s’est jamais vraiment enthousiasmé pour lui. Raison pour laquelle il est parti gagner des médailles pour d’autres drapeaux: la Suède d’abord, puis l’Angleterre où il a été recruté comme « haut potentiel » chez BP (”la France”: si tu t’aimes, tu la quittes”…tu te souviens ?) . Il est aujourd’hui CEO de sa propre entreprise «Vision Enabler » qui a son siège à la City de Londres (d’où le titre du livre). Certains éléments du discours de Hamid se rapprochent de celui de Jeune, Rebeu & Millionnaire. Je vais donc m’improviser critique littéraire durant quelques posts et je m’efforcerai d’établir certains parallèles avec les idées forces de JR&M en sélectionnant les passages les plus pertinents. Voici une mise en bouche qui, je n’en doute pas, te mettra en appétit:

Premiers pas de Hamid dans une France souvent raciste dont les cibles favorites sont rebeux et renois:
“A l’usine, les blagues racistes sont fréquentes. Mon père les ignore même si ça lui fait mal au cœur”
“Etant Français c’est à Paris que je vais négocier mon contrat. Le responsable des Ressources Humaines qui me reçoit m’interroge longuement. Elle me demande si j’ai un casier judiciaire.
- Vous comprenez, à ce niveau de responsabilités, nous ne pouvons pas nous permettre la moindre mauvaise surprise. Evidemment, si vous avez un casier, il faut nous le dire, mais dans ce cas…
- Non, rassurez vous, madame, je n’ai pas de casier judiciaire, absolument rien à mon actif.
La question, une première fois, ne me dérange pas. Après tout, il est normal qu’ils s’assurent que leurs futurs cadres soient irréprochables. Mais durant notre conversation, le sujet reviendra plusieurs fois. J’ai la désagréable impression que mon interlocutrice doute de la véracité de ma réponse à cause de mes origines marocaines. Décidemment, en France ils ne changent pas !”
Premier post écrit depuis l’Algérie… very weird
La suite bientôt… je vais à la plage là…. don’t hate guys, I deserved it :))
2 commentsA ACHETER D’URGENCE…

… même si tu devras attendre jusqu’à début septembre pour de te procurer ce petit bijou littéraire écrit par un groupe d’auteurs talentueux qui ont trempé leurs plumes dans la “potion magique” des rues… la beauté du projet réside dans le fait que la totalité des bénéfices sera reversée à ces lieux de souffrances que d’autres appellent “zones de non droit”.
La suite de ce post est un pur “copier-coller” du blog de Mohamed Razane, auteur de “dit violent”… Tu ne pourras pas dire que je ne t’ai pas gâté en lecture cet été ;-)
LE LIVRE : Chroniques d’une société annoncée, Editions Stock, Sortie le 12 Septembre 2007.
Le collectif Qui fait la France ? est né d’indignations communes et de coïncidences. Qu’ils soient auteurs publiés ou débutants, les membres de ce collectif partagent le goût d’une littérature du réel, sociale et revendicative, militant pour une reconnaissance sensible des territoires en souffrance et de ses habitants, et plus largement pour tous ceux qui n’ont pas voix au chapitre de ce pays.
C’est à l’occasion d’un reportage magazine qu’il a été décidé de sortir de l’aventure solitaire de l’écriture pour fonder ce collectif, à la fois entreprise intellectuelle et association juridiquement constituée. Le livre Chroniques d’une société annoncée est, en effet, la première et plus littéraire étape, puisque tous les droits d’auteur de ce livre alimenteront cette association pour financer sur le terrain des projets en direction des habitants de ces territoires en souffrance. Ce recueil de nouvelles est donc l’acte de naissance du collectif, et affiche clairement la couleur.
Le manifeste expose un constat relativement indéniable puis certaines revendications pour une autre idée de la littérature et de la France.
Les dix nouvelles, quant à elles, parlent toutes de la chair de la France, chair meurtrie d’un jeune tabassé dans un commissariat (M. Razane), rêves incarcérés dans le décor de la cité (M. Rachedi), splendeurs et misères, surtout, des candidats quotidiens à l’«intégration» (K. El Bahji, M. Habiba), mirage mercantile tel que vu par un Africain (D. Goumane) puis l’envie, forcément, de fuite, d’évasion et de refuge dans les pays oniriques (J.-É. Boulin), le mythe du retour (T. Ryam), les virtualités mythomanes (F. Guène) ou l’oubli impossible de la souffrance (K. Amellal), hors de soi-même en tout cas (S. Abdel).
LES ARGUMENTS :
Reflétant cette France invisible bien que majoritaire, loin des clichés qui la griment et la blessent, ces nouvelles «ordinaires et extraordinaires» veulent en même temps lui donner un peu de sens et de poésie.
LES AUTEURS :
Né en Seine-Saint-Denis en 1979, Samir Abdel vit et travaille en région parisienne.
Né en 1978 à Paris, Karim Amellal a vécu en France et en Algérie. Il a fait Sciences Po et l’ESCP ainsi que des études de philosophie et de sociologie. Il a publié en 2005, chez Flammarion, un essai intitulé Discriminez-moi ! Enquête sur nos inégalités et, en 2006, un premier roman chez Stock : Cités à comparaître. Maître de conférences à Sciences Po, il est également en charge d’un master.
Jean-Éric Boulin a vingt-huit ans. Il vient de Marseille. Il a publié en 2006 un premier roman très remarqué, Supplément au roman national (chez Stock).
Né en 1984, Khalid El Bahji est originaire de la cité du carrefour à Saint-Denis, en banlieue parisienne. Rappeur, membre du groupe Fraternels Sanglots, il est également président de l’association Misé Record, ayant pour but la réalisation de projets artistiques et culturels avec de jeunes artistes.
Dembo Goumane a vingt-huit ans et vit à Pantin. Il est scénariste, écrivain et comédien. En 1998 il a travaillé comme assistant réalisateur et comédien sur le film Petits Frères de Jacques Doillon. En 2006, il a publié Dembo Story chez Hachette Littératures, un document qui retrace son parcours chaotique en banlieue.
Née en 1985, à Bobigny, Faïza Guène est une jeune romancière de Pantin de parents d’origine algérienne. Son premier roman, Kiffe kiffe demain (Hachette Littératures), a été l’une des meilleures ventes de l’année 2004 et a été traduit en vingt-deux langues. Elle a publié, en 2006, Du rêve pour les oufs. Elle a également réalisé plusieurs courts-métrages, La Zonzonnière (1999), RTT et Rumeurs (2002), Rien que des mots (2004), et un documentaire intitulé Mémoires du 17 octobre 61 en 2002.
Habiba Mahany est née en 1977 en banlieue parisienne. Son premier roman, Kiffer sa race (titre provisoire), sortira dans le courant de l’année 2007.
Mabrouck Rachedi est né en 1976 à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). Ancien analyste financier dans une société de bourse, il se consacre à plein temps à l’écriture. Il est l’auteur d’un premier roman remarqué, Le poids d’une âme (paru en 2006 chez Lattès), et d’un essai à paraître en juin 2007 chez Michalon, Éloge du miséreux.
Né en 1968 à Casablanca dans un quartier populaire, Mohamed Razane est arrivé en France à l’âge de neuf ans à Gagny, en Seine-Saint-Denis, dans le cadre du regroupement familial. Aujourd’hui éducateur spécialisé dans le cadre de la protection de l’enfance et résidant toujours dans le département de la Seine-Saint-Denis, il a publié en juin 2006 Dit Violent chez Gallimard, roman qui met en exergue les souffrances d’une jeunesse stigmatisée. Par ailleurs, Mohamed Razane est boxeur, comédien et auteur de plusieurs scenarii pour l’audiovisuel.
D’origine tchadienne Thomté Ryam a vingt-huit ans. Il a grandi à Dreux et à Cergy. Pensionnaire des centres de formation du PSG et de Caen, il a ensuite été médiateur à Champigny-sur-Marne (Bois l’Abbé). En 2005, il a publié un roman, Banlieue noire (avec une préface de Lilian Thuram), aux Éditions Présence Africaine. Il prépare un deuxième roman.
LA MALEDICTION DE LA “JEUNESSE”
Pendant que l’Oréal dépense des millions de dollars en Recherche & Développement pour aider Demi Moore à rester jeune et empêcher Ashton Kutcher de répondre aux irrésistibles avances de déesses à la peau cacao, d’autres se plaignent de leur jeunesse parce qu’elle est un handicap à leur ambition débordante. Si le Botox, Oil of Olaz® et Roc “Promesse Tenue”® sont autant d’innovations technologiques qui déchaînent la frénésie consommatrice des vieilles femelles en mal d’attention masculine, elles sont, pour d’autres, autant de raisons de se questionner sur l’utilité de quelque chose qui, s’ils la possèdent (la jeunesse), les cantonne à des postes de “junior”. Toi même tu sais…. “junior project manager”…”junior account manager”…”junior”… façon politiquement correcte de te renvoyer au visage ton inexpérience, ton manque de maturité (spéciale dédicace à Joe). “C’est un junior” dit paternellement ton boss à un client pour que celui-ci fasse montre d’indulgence à ton égard et accepte la légèreté (lire naïveté) de tes remarques (souvent pertinentes d’ailleurs). Le “jeune” c’est celui qui est en constante recherche de maturité, celui à qui l’on donne une tape dans le dos en lui disant “quand tu seras grand tu comprendras”. Ce qui m’inquiète c’est l’âge de ces “jeunes”: il n’est pas rare, en France, de rencontrer des “Junior Project Manager” de 30 ans… si cela peut en aider certains qui souffrent de crise de la trentaine, cela n’aide sûrement pas dans la construction d’une crédibilité professionnelle.
La malédiction de la jeunesse c’est aussi cette peur terrible qui s’est emparée de toute une génération que le groupe de Hip-Hop marseillais Beretta appelle “la génération quart de siècle”. Ceux qui, aujourd’hui, en France (mais pas uniquement) ont la vingtaine ou la trentaine font face à une stagnation de leurs revenus qui déclenche un cercle vicieux de recours malsain aux crédits à la consommation, d’emprunts immobilier (très) long terme (jusqu’à 50 ans maintenant!) couplé à des prix au mètre carré qui pètent le score, font partie de ce que certains analystes appellent de plus en plus la génération sacrifiée. Celle qui finance les retraites sans pour autant être sûre que d’autres “pigeons” financeront la leurs. Celle qui paie à la sueur de son front les erreurs faites dans l’insouciance par des gouvernements d’une suprême incompétence. Ils seraient en cela la première génération à ne pas dépasser le niveau de vie de leurs parents depuis plus d’un siècle (les plus pessimistes d’entre les économistes disent même qu’ils feront moins bien que leurs géniteurs). Pour ne rien arranger, les salaires à l’embauche sont pire qu’insultants. Surtout en France (mais qui cela surprend-il) où un stagiaire Polytechnicien touche à peine 2000 euros mensuel… les bras m’en tombent.
Cette petite entrée en matière me permet d’introduire une nouvelle catégorie à la Cause qui, encore une fois, ira à contre-courant de ce qui se dit ou se fait dans les grands groupes: cette catégorie fera l’éloge de la supériorité de la jeunesse dans le monde du business. Elle est le “jeune” dans “jeune renoi & millionnaire”. Elle mettra fin aux préconceptions les plus stupides qui ont cours dans les départements RH de toutes les entreprises: Non, l’expérience n’est pas un prérequis pour impacter la bottom line de ton entreprise. Non, le leadership ne se mesure pas en nombres de cheveux gris. Non, les rides ne sont pas un gage de sécurité pour l’entreprise qui recrute. Le monde du business d’aujourd’hui punit ceux qui la jouent trop “safe” et récompensent ceux qui savent prendre des risques à la limite du dépot de bilan. Seth Godin l’a dit mieux que personne”in today’s world, being safe is risky”.
Si Sarko (même si c’est pour d’autres raisons) a lancé une croisade contre le “jeunisme”, lui et ses comparses trouveront ici des ennemis féroces qui s’emploieront à déloger cette vieille élite française supra-endogame et à mettre dans les conseils d’administration des individus qui ressemblent un peu plus à ceux qui consomment et qui savent, eux, comment générer du cash…
11 commentsGENESE D’UNE CATEGORIE (Partie 2/2)
La première partie de cet article a suscité de vives réactions. Pour être honnête avec toi, je m’y attendais un peu :)
J’aimerai tout de suite clarifier les choses en ce qui concerne mes opinions puisque certaines de mes analyses, critiques pour une aile de la politique française, peuvent laisser supposer que je suis le soumis de l’autre. Rien n’est plus éloigné de la vérité. Pour ce qui me concerne, je déteste Ségolène Royal bien plus que Nicolas Sarkozy, et le PS bien plus que l’UMP. Bien qu’en phase avec une partie du programme économique de l’actuel Président, je désapprouve complètement son interventionisme d’enfant gâté, sa diabolisation de la BCE ou, d’un point de vue plus social, sa façon de parler des banlieues et de l’identité nationale. Si j’avoue avoir un faible pour certains aspects de sa personalité (son ambition, son courage, son leadership, sa capacité de travail), il y en a d’autres qui me révulsent (son mépris des banlieues quand ses déclarations montrent clairement son ignorance des problèmes, sa façon de monter certaines populations les unes contre les autres, son approche simpliste et erronée de l’Histoire…) . Pour faire simple: je ne suis le défenseur d’aucuns partis ni d’aucunes personalités politiques. Et je ne parlerai ici politique que quand la politique influera sur la Cause ou sur mon portefeuille. C’est le cas de cet article puisqu’il explique la génèse d’une catégorie importante de JR&M sur le chemin de ton premier million.
Mon objectif, dans cette deuxième partie, est de mettre en évidence un paradoxe des tenants du discours “La France: tu l’aimes, ou tu la quittes” en général, et de Sarkozy en particulier. Paradoxe qui relève d’un racisme très subtil mais qui n’en est pas moins détestable.

Quand Nicolas Sarkozy dit ici que ceux qui n’aiment pas la France ne devraient pas se gêner pour la quitter, de qui parle-t-il réellement? De son ami Johnny? Certainement pas. Des jeunes renois et rebeux (français… mais pourquoi ai-je la sensation que je dois le rappeller…) qui disent leur désamour de la France parce qu’elle ne les a jamais vraiment reconnus? Absolument. Il vise les banlieues et il serait hypocrite de dire le contraire.
Mais voici le paradoxe: durant la même campagne présidentielle, il dit à certains “la France tu l’aimes ou tu la quittes” et s’envole le jour d’après pour Londres puis Madrid pour séduire les “expats” en leur disant “vous qui avez manifesté votre désamour de la France parce qu’elle a fait mal à votre portefeuille, parce qu’elle a bridé votre ambition débordante, parce qu’elle vous a bloqué dans votre parcours professionel, revenez!”.
Celui qui te dit qu’il n’aime pas la France parce qu’il a mal à son identité à cause d’un passé de colonisé traumatisant, parce qu’il a un bac+12 et est toujours au chômage, parce qu’il a été victime d’un apartheid scolaire, parce qu’il a été discriminé à l’embauche et au logement, parce qu’il a été humilié par divers porteurs d’autorité comme certains policiers, professeurs ou chefs d’entreprise et last but not least, parce que tous ces élémnents combinés font qu’il est pauvre…et bien celui là, qu’il quitte le territoire s’il n’est pas content. Nous n’en voulons pas.
Par contre, l’autre, celui qui a quitté la France parce qu’il ne l’aime pas dans sa façon de confisquer le fruit de son travail par trop impôt, parce qu’il déteste sa risquophobie , parce qu’il raille la lourdeur de son administration et de sa bureaucratie, celui là on le supplie de revenir. Celui-là, qui a lui aussi manifesté son désamour de la France (en quittant le territoire, ce qu’on demande à d’autres de faire aujourd’hui), on aimerait, lui, qu’il n’ait jamais quitté le pays.
J’avoue être perdu maintenant… “la France: tu l’aimes ou tu la quittes” ou “La France, je sais que tu la déteste mais s’il te plaît reviens?”
J’arrête cet article ici volontairement, puisque plutôt que de parler tout seul, j’aimerai qu’on ait plus de débat dans la partie commentaire. Mais suis-je le seul à avoir relevé ce paradoxe? Et ce paradoxe ne révèle-t-il pas un malaise profond de la société française, voire un racisme malsain? Suis-je le seul à m’étonner qu’on pousse certains français qui n’aiment pas la France vers la sortie quand on en supplie d’autres, qui n’aiment pas la France (même si c’est pour d’autres raisons) de faire le chemin inverse?
J’ai menti. Je ne suis pas perdu :) Entre “la France: tu l’aimes ou tu la quittes” ou “La France, je sais que tu la déteste mais s’il te plaît reviens?” je choisis “La France: si tu t’aimes, tu la quittes”. Et tout aspirant de JR&M aussi.
P.S: Tu peux lire ici le discours que Sarko a tenu à Madrid… c’est un très beau discours. Lis-le.
29 commentsL’HOMME LE PLUS RICHE DU MONDE EST REBEU…
…et ce n’est pas un des milliardaires de ces pétromonarchies qui ne doivent leur salut qu’aux richesses de leurs sous-sols (ils viennent d’ailleurs de prendre 3.12% du capital d’EADS)
You read it here first…
C’est officel: Bill Gates n’est plus l’homme le plus riche du monde. Le méxicain Carlos Slim, qui possède l’attendrissante silhouette du Sergent Garcia de Zorro, vient de lui griller la politesse… ceci grâce à une appréciation récente et considérable des actions des entreprises dont il est l’actionnaire principal.

Le prix d’une part de son empire des télécommunications a bondi de 27% au deuxième trimestre de 2007 et celui d’une action de sa banque Inbursa de 20% sur la même période. Le prix de l’action Microsoft n’a progressé dans le même temps “que” de 5.7%… Ce Haza (les fans de Scarface savent de quoi je parle) est tellement riche qu’il représente à lui seul 8% du PNB du Méxique… il est cordialement haï pour cela. Mais ce que peu de gens savent c’est que, tout comme mon héros, il est d’origine libanaise.Ce qui fait de lui un “vieux rebeu milliardaire” :)
Voici sa bio en français et en anglais…
4 commentsGENESE D’UNE CATEGORIE (Partie 1/2)
J’ai toujours eu dans un coin de ma tête cette volonté d’expliquer la génèse du nom de la catégorie “La France si tu t’aimes, tu la quittes”. Surtout après avoir reçu une quantité d’emails où l’on s’étonnait parfois, s’indignait souvent, de propos si peu “patriotiques” (pfffff… c’est tellement “19ème siècle” comme notion le patriotisme). Et bien, cette explication la voici.
Comme beaucoup, j’ai suivi avec un grand intérêt les campagnes présidentielles des principaux candidats de la dernière élection. Comme beaucoup, (j’aime à le croire en tout cas…même si le résultat final annihile un peu mon optimisme) j’ai été profondément choqué par le glissement du discours d’une Droite (dite) Républicaine vers une sémantique de Droite plus souverainiste voire extrême. Nous avons tous en mémoire les petites formules choisies avec délicatesse du candidat UMP d’alors et actuel Président lors de l’émission de grande écoute de PPDA “j’ai une question à vous poser”: émission où il faisait la leçon aux petits musulmans qui après trois ou quatres générations de présence française n’ont toujours pas compris qu’en France “on n’égorge pas le mouton dans la baignoire”, “on n’excise pas ses filles” et “on n’est pas polygame”… Mais que seraient les musulmans de France sans toi Nicolas? Grâce à toi, nous nous sentons tellement chez nous ici. Allez, juste pour le plaisir, une petite séquence nostalgie…
C’est beau n’est-ce pas? Comment ça caricatural? Noooooooonnnnn… à peine! En tout cas, si Nicolas décidait d’écrire un livre sur le sujet, il concurrencerait sérieusement le “Privilège des Jonquilles” dans la course au Goncourt… mais trêve d’ironie. On rit moins quand on s’entend dire que ces paroles reflètent l’émergence d’une droite “décomplexée”… si la xénophobie était un complexe, elle est aujourd’hui un élément du débat qui a toute sa place dans les discours officiels. Le raciste, espèce un peu honteuse de la France, peut maintenant se couvrir des oripeaux d’un parti politique “respectable”.
Un poète arabe d’avant le moyen-âge disait que “le plaisir de la vie, c’est de converser avec des hommes qui, quand ils s’expriment, choisissent leurs mots comme l’on choisit les meilleurs fruits à une table”… Il n’aurait certainement pas invité le Président français à boire le thé et grignoter des pistaches.
Ce glissement vers le pire s’est aussi traduit par l’appropriation d’une phraséologie “choc” d’extrême droite: “Si certains n’aiment pas la France, qu’ils ne se gênent pas pour la quitter.”
Sarko est bien libre de dire ce qu’il veut. Il n’aura de cesse de tenir ce genre de propos tant qu’il trouvera des oreilles attentives qui l’écouteront et des bulletins dans les urnes qui en confirmeront la “justesse” de son discours. Mais plus que le racisme annoncé, ce qui m’interpelle c’est l’aplomb avec lequel Sarkozy affirme qu’il n’est justement pas raciste de dire ces choses… et si je te démontrais le contraire?
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