Archive for August, 2007

LA NOUVELLE ILE DE GOREE

Triste symbole de ce que l’humanité a produit de pire, l’île de Gorée a été, durant trois siècles, la plaque tournante d’un commerce atroce où la chair humaine s’échangeait en même temps que l’arachide, les épices et l’ivoire. Le monde entier, sous l’égide de l’Unesco, a commémoré ce douloureux épisode de notre histoire le 23 août dernier. En France, c’est le 10 mai que nous nous sommes souvenus de la Traite Négrière et de son abolition… et pourtant, tout indique que cette pratique honteuse n’a pas totalement disparu. Elle a trouvé, en France, un nouveau terrain d’application, à la différence près que nos Bac+4/5 se sont substitués aux africains de l’époque, et que les bureaux aseptisés de la Défense ont remplacé les champs de coton.

Qui a dit que l’esclavage a été aboli? Les salaires des Bac+4/5 après deux ans d’activité (!) qui sont présentés ci-dessous confirment qu’en France, il ne l’a jamais été: des êtres humains sont, aujourd’hui encore, exploités comme des bêtes.

Alors… la France: nouvelle île de Gorée?

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KARIM ET L’ASPIRINE (Partie 2/2)

- Merci de vous être déplacé Mr Dridi. Nous vous rappellerons avant la fin de la semaine pour vous informer de la suite que nous souhaitons donner à votre candidature.

- Merci… Karim s’était levé lentement. Il voulait renvoyer l’image de quelqu’un d’assuré, confiant, sûr de lui-meme… en prenant garde de ne pas tomber dans l’arrogance. Il ferma doucement la porte derrière lui. “J’ai assuré ma race… je le sais… ça se voyait trop dans ses yeux!”

Vendredi 11h20. Le coup de fil ne venait pas. La confiance avait disparu. “J’appelle? J’appelle pas…? Si j’appelle, ça fait crevard ou pas? Allez nique sa race… j’appelle!”

- Mr Dridi? Merci pour votre appel, je m’apprêtais justement à vous contacter. Ecoutez, je n’ai pas trop le temps là, mais c’est “non”. Désolé! Nous avons décidé d’accorder ce poste à quelqu’un de plus… expérimenté. Rappelez-moi en début de semaine prochaine pour qu’on puisse en discuter plus longuement si vous voulez”

Karim avait décidé de ne pas rappeler. Il ne voulait pas se faire servir le même couplet… s’entendre répéter les mêmes excuses. Il avait la sensation d’avoir fait un sans fautes. Il n’y comprenait plus rien. Après qu’il m’ait raconté son histoire, je lui ai fait cette réponse:

“Karim… Karim… Karim… espèce de hmar. Tu ne sais pas qui tu es. En fait, tu ne sais pas CE que tu es. Tu es une centrifugeuse. Un tube de dentifrice. Tu es une bouteille de gazouz. Une machine expresso. Tu es un produit, Karim. Embaucher un individu et investir dans un logiciel ont, pour celui qui t’embauche, la même finalité: créer de la valeur pour l’actionnaire. C’est tout. Ne laisse personne te dire le contraire. Si l’on attend d’un logiciel donné qu’il dope les capacités d’exploitation de l’information à des fins de conquêtes de marchés, on attend d’une nouvelle recrue qu’elle impacte la bottom-line d’une façon ou d’une autre. Faire corréler ta valeur et celle que tu créeras pour Martin Bouygues, si tu veux faire tes classes à TF1 par exemple, c’est retenir l’attention et captiver l’imagination de celui qui t’interroge.

Et c’est là que réside ta première erreur (ya hmar): ton recruteur se fout de ce que tu veux. Il veut que tu comprennes ce que LUI recherche. Il s’en bat les steaks de ton objectif professionnel. D’ailleurs, si tu fais partie de ceux qui mettent en tête de leur CV, que leur objectif professionnel est de “manager une équipe de vendeurs dans un contexte international”, laisse-moi te présenter ma copine la réalité: they don’t fucking care! Ton recruteur veut que tu t’intéresses à SES seuls objectifs. Il s’en tape que ta créativité se trouvera stimulée par “le challenge excitant que représente cette “once in a lifetime opportunity”".

Voici ce qu’aucun recruteur ne t’avouera jamais au moment de l’entretien: “Karim, j’ai mal… j’ai une migraine épouvantable… aide moi, s’il te plaît”. Il ne te dira jamais que cela fait maintenant deux semaines que le Marchand de Sable a cessé de le visiter. Mais ses cernes le disent mieux que sa bouche… s’il te renvoie l’image d’une apparente tranquillité, sache que la boîte d’antidépresseurs et les deux tasses de mauvais café avalés ce matin y sont pour beaucoup. Tout entretien ne devrait être, en réalité, qu’un processus de découverte. Ce mec a mal. Il ne serait pas là à t’écouter si ce n’était pas le cas. Enfile ta blouse blanche, Dr Ross, et soumets-le à un check-up complet:

“Quels sont les projets les plus importants qui sont en marche ou sur le point d’être initiés dans votre entreprise? Ce recrutement se fait-il dans le cadre d’un de ces projets? Lequel? Vous avez un objectif de réduction de coûts de 12 millions d’euros pour votre seule division? J’ai une expérience en management de projet de cette magnitude: j’ai participé à des initiatives d’externalisation de fonctions vers des pays low-cost… plus particulièrement au Vietnam. Il me semble que vous faites face aux mêmes problématiques. Vous voulez que je vous explique comment nous nous y sommes pris?”

Une entreprise ne recrute que pour résoudre un problème (réduire les coûts de 12 millions dans une timeline donnée), en empêcher l’émergence, libérer du cash, réduire ses risques et améliorer ses fondamentaux financiers. Le reste (et cela inclut tes objectifs, envies, désirs et souhaits) n’est que pure conversation. Gérer tous ces éléments en même temps est synonyme de migraine pour un grand nombre d’entreprises qui recrutent.

- Pourquoi voulez vous rejoindre notre groupe Mr Dridi?

- To make your fucking pain go away…

…is the right answer.

Si tu dois devenir un produit (et tu l’es, ma gueule…), deviens l’aspirine qui fera disparaître la douleur de celui qui te fait face.

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KARIM ET L’ASPIRINE (Partie 1/2)

Karim hésitait: quelle paire de chaussure allait-il bien pouvoir mettre? Tout est une question d’équilibre: ni trop, ni trop peu… on ne sait jamais à qui l’on va avoir affaire dans ces moments là. Son regard s’arrêta sur une paire de Kenzo beige qu’il affectionnait particulièrement: les porter, c’était s’attirer à la fois les regards froids et envieux de ses congénères masculins et ceux, plus concupiscents, de femelles dont le prénom commençait par “06.21…”. Non. Karim a finalement opté pour la simplicité de ses Ferragamo noires… comme sa ceinture, sachant pertinemment que les deux doivent s’assortir. Karim était fin prêt. Il s’était préparé comme un cheval de course pour le grand prix d’Amérique. Il le voulait ce putain de job. Il avait travaillé son entretien comme si toute son existence en dépendait. Il avait lu tous les livres, tous les articles sur le sujet. Les questions pièges étaient devenues ses questions préférées. Il en était venu à espérer tomber sur une vicieuse pour la voir ployer sous la force de ses arguments. Il connaissait son CV sur le bout des doigts. Il avait fait des recherches sur l’entreprise, connaissait son chiffre d’affaires, ses principaux ratios financiers ainsi que son actualité. Il savait, par exemple, que l’Union Européenne venait tout juste de donner son feu vert à ce qui serait la plus grosse acquisition de l’histoire de l’entreprise. Il placerait cette information au bon moment dans la discussion et montrerait ainsi qu’il avait mieux fait ses devoirs que les autres. “C’est bon… j’y vais!”, il s’était parlé à lui-même tout en se regardant une dernière fois dans la glace.

Deux heures plus tard… dans un bureau de la Défense:

- Pourquoi voulez-vous rejoindre notre groupe Mr Dridi? (c’était le nom de famille de Karim)

- Rejoindre votre groupe constitue une excellente opportunité pour moi de découvrir des marchés complètement nouveaux. En effet, je m’intéresse beaucoup aux pays émergents dans la mesure ou ceux-ci sont, à mon avis, les relais de croissance de demain pour un grand nombre d’entreprises européennes qui stagnent sur des marchés domestiques qui sont devenus trop matures. Ce poste me permettra également d’acquérir une expérience dans l’industrie des telecoms qui est un champs d’application tout trouvé pour ma créativité. Pour finir, je me suis laissé dire que vos collègues sont très talentueux dans leurs domaines. Je suis vraiment enthousiaste a l’idée de travailler avec eux.

*soupir*

Karim…Karim….Karim… espèce de hmar….

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LA QUESTION…

Naguib Mahfouz est un de mes écrivains préférés. Le lire, c’est se laisser entraîner dans les dédales du Caire et s’engouffrer dans les recoins, non-moins labyrinthiques, de l’âme humaine. Tout comme Dostoievski, Naguib Mahfouz connaissait l’homme. Il était resté collé à lui jusqu’à son dernier souffle.

Il n’a pas réellement vécu celui qui n’a pas lu (et relu) sa Trilogie, à la fois joyau de la littérature arabe contemporaine et de son oeuvre, prolifique, qui lui a valu le prix Nobel de Littérature en 1988. Mahfouz disait une chose qui devrait être méditée par tous et apprise dès l’école primaire:

“On reconnaît un homme habile à ses réponses. On reconnaît un homme sage à ses questions”

Quand, en entretien d’embauche, l’on te demande:

“Pourquoi voulez-vous rejoindre notre groupe?”

Tu répondrais quoi toi…?

Que ne faudrait-il surtout pas répondre…?

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DANS LA PEAU D’UN RENOI

Dans mon Manifeste j’ai théorisé la discrimination dont sont victimes les rebeux et les renois en France en comparant leur situation à celle, toute aussi regrettable, des intouchables indiens. Raison pour laquelle j’appelle les rebeux et renois de France les Nouveaux Intouchables. En cela, la société française serait en tous points comparable à la société indienne: certaines castes hériteraient naturellement de certains postes et responsabilités tandis que d’autres seraient réduites à des tâches moins valorisantes (j’allais écrire “avilissantes”). Alors, bien sûr, tu en auras toujours qui te diront que tenir ce genre discours c’est glisser vers plus de “victimisation”… concept qui n’est, en vérité, qu’une façon scandaleuse de nier les situations de souffrance de certaines populations. Mais puisque nous sommes condamnés par “l’establishment” à constamment prouver l’injustice dont les Nouveaux Intouchables sont victimes, je poste ici une partie du reportage “Dans la peau d’un noir” qui fera réfléchir ceux qui refusent de voir l’évidence. Si, comme d’autres, tu penses que je me complais dans la victimisation, je t’invite à regarder ce petit documentaire…

Pour tes excuses, mon adresse email c’est: jeunerebeumillionnaire@gmail.com. Fais-toi plaize…


dans la peau…, recherche emploi
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P.S: Prends le temps de regarder le reportage. C’est un peu long, but be patient! Merci à Norio pour m’avoir fait découvrir cette série de reportages instructive. Tu peux voir plus de vidéos ici (discrimination au logement, contrôles répétés et injustifiés de la Police Nationale…)

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“I AM YOUNG… I HAVE CHANGED THE WORLD”

                                                     

Tu aurais pu entendre cette phrase de la bouche de Steve Jobs après qu’il ait réinventé le Personal Computer (PC) et défié, depuis son garage, le géant IBM sur son propre terrain. Il avait 21 ans. Tu aurais pu l’entendre des bouches de Chad Hurley, Steve Chen et Jawed Karim qui ont crée Youtube et permis, dans le même temps, à tonton Kamel de mettre online la vidéo de ses vacances au bled. La fin de l’histoire tu la connais: ils ont vendu leur bébé à Google pour 1.65 milliards de dollars (cash + actions). Ils avaient respectivement 28, 27 et 26 ans. Je pourrai te parler de Larry Page et Sergei Brynn, ou encore de Michael Dell… but you get the point, don’t you? J’ai déjà critiqué avec force la frilosité dont certains recruteurs font preuve devant l’apparente jeunesse de quelques-uns, ou leur relative inexpérience. Aujourd’hui, je viens mettre du sel sur les plaies de ceux qui n’ont pas encore compris. J’ai lu cet article extrêmement intéressant sur Challenges. L’auteur y décrit la recette du succès de Sequoia Capital, la firme de Capital Risque préférée des jeunes entrepreneurs de la Silicon Valley… je t’avais promis du sel? Le voici:

Michael Moritz (Partner chez Sequoia Capital) assure qu’ils essaient de ne pas être trop intimidants tout en restant impitoyables. Une présentation ratée signifie l’échec. “Les gens qui ne savent pas communiquer ne seront pas de bons entrepreneurs” , assure-t-il, en avouant sa nette préférence pour les jeunes : “Avec l’âge viennent la prudence et les distractions comme la famille.” Les partenaires accompagnent ensuite l’entreprise, dont ils deviennent administrateurs, jusqu’à son entrée en Bourse ou sa cession, durant un délai maximal de cinq ans.

Just for your info… Sequoia Capital c’est Google, Youtube, Yahoo, Apple, Cisco, Electronic Arts, Joost (le nouveau-né des créateurs de Skype) et bien d’autres…

Mais c’était juste pour ton information bien sûr.

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PARDON AMI DE TOUTE MA TETE…

“…je ne pourrai oublier.
J’en pleure encore et encore
Effacer toute chose est un fait,
Mais je ne pourrai supplier,
Je ne saurai que m’éloigner”

Vibe - Confessions

Rien de tel que la douce et mélancolique poésie de Vibe pour s’excuser. Pardon pour les désagréments que tu as pu rencontrer hier en essayant de te connecter à JR&M. Un trop grand nombre de connexions ont fait crasher Jeune, Rebeu & Millionnaire… t’inquiètes poto, on ne s’en plaint pas! J’ai du “upgrader” mon compte Wordpress pour toi. Mais rien n’est trop beau pour toi, ma gueule. Certains s’excusent avec des fleurs, d’autres avec des chocolats, je le ferai avec une rareté… le clip de “Confessions” de Vibe. Son album de 1999 (qu’il a enregistré à NYC) est, à mon avis, LE meilleur album Soul francais to this date. Il mériterait davantage de reconnaissance… mais les vrais savent :)

Enjoy!

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TOO MUCH TALK… TOO LITTLE DO (Partie 2/2)

“Too much talk… too little do”…c’était le diagnostic de Tom Peters à l’époque… c’est encore son diagnostic aujourd’hui. “Trop de blabla, pas assez d’action”.

Selon lui, la première qualité de ces entreprises dont le cours d”action bat, année après année, tous les indices boursiers, est (justement) “the bias for action”: une propension à agir… pas à analyser, pas à discuter, pas à rechercher un fragile consensus pour avancer sur un point de la stratégie. Une propension à faire les choses.

“Mais Samir… l’analyse c’est important! Tu ne vas tout de même pas te lancer dans l’acquisition d’une entreprise sans avoir évaluer ses actifs, sans être préalablement convaincu que le(s) marché(s) qu’elle sert seront profitables à long terme etc…?”

Of course. Je suis pour l’analyse qui oriente… pas pour celle qui paralyse. Je suis pour des meetings courts, avec des actions claires assignées à chacun des participants quand ce même meeting arrive à son terme. Je suis pour le consensus, mais le consensus actif… si tu n’es pas d’accord avec ce que je dis, accompagne ta critique d’une solution alternative. Ceux qui parlent pour parler prennent des claques dans mes meetings. Les obsédés du “pourquoi” ne m’interessent pas. Seuls les artisans du “comment” trouvent grâce à mes yeux. Quand Carlos Ghosn est arrivé chez Renault, il a été horrifié de l’état d’avancement de la maladie du “blabla” chez le constructeur français:

“Renault est une entreprise dans laquelle on parle beaucoup. C’est un trait de caractère très latin. J’ai assisté à des réunions interminables, dans lesquelles on discute de tout et de rien, de petits détails, sans sens des priorités, de l’action à entreprendre. Une fois que l’on a débattu d’un problème, l’exécution, pourtant la partie la plus importante, est expédiée en quelques minutes. Il y a quelque part une prime à la belle parole, à la connaissance, par rapport à l’action et à la mise en oeuvre. Or, dans notre industrie, tout est dans l’exécution. J’étais surpris de voir des gens qui avaient vécu dans le chaudron de l’industrie automobile et qui passaient à côté de choses qui me semblaient évidentes. Il y avait une culture de la parole qui progressait au fur et à mesure que l’on montait dans la hiérarchie. On semblait accorder une moindre importance à l’action qu’à l’échange d’idées et à la connaissance. On pourrait presque parler d’un snobisme de la connaissance. Savoir et faire savoir que telle matière fond à tel degré de température… une sorte de coquetterie à étaler ses connaissance et à engager des débats sans relation avec ce que l’on veut accomplir. Cela m’avait beaucoup frappé. Je venais des Etats-Unis et Michelin était une entreprise très pragmatique. Je me suis posé beaucoup de questions”

Pour faire court: le blabla est l’ennemi de l’innovation. Le blabla est l’ennemi d’une gestion de carrière efficace. Tu veux faire un MBA? Arrête d’en parler et inscris toi au GMAT… tu veux bosser dans la Finance? Arrête d’en rêver à haute voix et commence par lire ce livre, puis celui-ci. “La France: si t’aimes, tu la quittes”… je t’ai convaincu? Qu’est ce que tu fous encore ici alors ma gueule? Prends un billet d’avion pour Dublin… ou Dubai. Tu veux monter ta boite? Cesse de le crier sur tous les toits et prends RDV avec la chambre de commerce la plus proche. Les actes pèsent plus lourd dans la balance… souviens-toi de l’histoire du vizir

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BOSSER POUR UN JEUNE RENOI MILLIONNAIRE

Erick Tripoli est un jeune renoi millionnaire. Il passe ses journées à spéculer sur les marchés financiers en utilisant les fonds propres de l’entreprise qui l’emploie. Dans son monde, seuls les “vrais” peuvent se permettre ce genre d’acrobaties…dans son monde, “seuls les faibles jouent avec l’argent des clients”.

Son employeur a été assez fou pour lui donner le droit de vie et de mort sur une poignée de têtes brûlées qui ont fait de leur rejet de “l’establishment” une véritable marque de fabrique… quand l’employé moyen de Van der mollen se pointe en costar sombre, cravate à rayures et pompes Kenzo, les kamikazes de l’équipe d’Erick déambulent dans les couloirs pieds nus… en jean Diesel. On s’accommode facilement de la frivolité dans le monde du business… surtout celle qui remplit les caisses des actionnaires.

La réussite insultante d’Erick ne parvient pourtant pas à masquer un constat amer: s’il est une star de la finance européenne (couverture du Financial Times en 2005…), il reste un parfait inconnu pour les banques françaises qui semblent s’être concertées avant d’avoir collectivement décidé de l’ignorer. Pourquoi? Je ne pense pas, pour ma part, qu’un jeune renoi bourré d’ambition à en faire craquer son trois pièces Armani soit le profil type des vieilles banques françaises. On lui préférera toujours le petit mignon tout gentil et très obéissant qui a fait de la soumission au système un idéal professionnel. Erick a quitté la France. Erick est devenu millionnaire. Existe-t-il un lien de cause à effet entre ces deux phrases? Tu connais mon opinion sur le sujet…

En plus d’être professeur dans un Master Trading d’une Grande Ecole, Erick recrute et forme des traders. Et en tant que lecteur assidu de JR&M, c’est tout naturellement qu’il m’a proposé de relayer cette offre. Chez Erick, pas de discriminations à l’embauche… et si tu mentionnes dans la section “hobbies” de ton CV que JR&M est ta cocaïne, je suis persuadé qu’il s’attardera un peu plus sur ta candidature ;)

Le processus de sélection est le suivant après screening des CV:

1 - Tests numériques

2- Entretien avec Erick himself

3 - Assessment Center

Si tu gagnes, tu seras sous la responsabilité d’un authentique jeune renoi millionnaire qui prendra un malin plaisir à te tyranniser et à t’initier aux secrets des meilleurs traders de la place.

P.S: Pendant l’entretien, dis lui que tu kiffes le Ministere Amer. Il te prendra direct ;)

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L’ARGENT ET LA GRANDE HYPOCRISIE DU “POLITIQUEMENT CORRECT”

George Soros, multimilliardaire par son compte en banque, américain par sa nationalité, juif-hongrois par sa naissance, est, pour moi (et beaucoup d’autres…), l’un des esprits les plus brillants que le monde de la Finance ait jamais enfanté. Un Mozart des “currency markets” qui faisait bouger les marchés aussi sûrement que Robert de Niro faisait bouger les cotes dans le Casino de Scorsese. Soros c’était la météo: s’il prévoyait de la pluie pour le lendemain, le monde entier se dépêchait d’aller acheter des parapluies… à peine annonçait-il un soleil radieux pour ce week-end que les boutiques de parasols étaient prises d’assaut dans l’heure qui suivait. Il était bon George… il faisait passer la Pythie de Delphes pour une vulgaire diseuse de bonne aventure et Sébastien Folin pour un “kadhab“. Mais George est mieux connu du grand public pour un autre fait d’arme: le mercredi 16 septembre 1992 (dit “mercredi noir”) George Soros a fait plier la Banque d’Angleterre en spéculant lourdement sur la Livre Sterling… Soros avait non seulement contraint le Royaume-Uni à retirer sa monnaie du SME (Système Monétaire Européen), mais avait engrangé au passage plus d’1.1 milliards de dollars de plus-value. Que tu l’aimes ou le détestes pour avoir fait cela n’est pas la question. Ce que j’aimerai te faire admettre c’est que la majorité d’entre nous ne le connaît que pour cela… ce que je voudrai que tu réalises, c’est qu’un (trop) grand nombre de personnes le “réduisent” à cet épisode de sa vie. Et pourtant…

…combien savent qu’il est un des plus grands philanthropes de notre temps? Combien savent qu’il a, par exemple, aider financièrement des étudiants renois d’Afrique du Sud, pendant la période la plus dure de l’Apartheid, afin que ceux-ci puissent aller à l’Université du Cap? Combien savent qu’il contribue, au travers de son Open Society, à la reconstruction des pays en voie de developpement en Asie, en Afrique et en Europe de l’Est? Combien savent qu’il a fait une promesse de don de 250 millions de dollars à l’Université d’Europe Centrale? Combien savent qu’il a été (et est toujours) l’un des critiques les plus virulents de l’administration Bush qui, en retour, l’a accusé de manque de patriotisme et de flirter avec l’extrême gauche? Combien savent, enfin, qu’avant d’être le financier à succès que l’on connaît, George Soros est un philosophe (”raté” selon lui) disciple de Karl Popper?

Bien peu… trop peu… Ce qui fait dire au principal intéressé:

“Ni mon action philanthropique ni mes idées philosophiques ne m’ont gagné une notoriété. J’ai acquis de l’importance en provoquant la dévaluation de la livre sterling, et ce fait illustre parfaitement les valeurs qui dominent aujourd’hui dans notre société.”

Sans commentaires… simplement une suggestion: la prochaine fois que tu entendras quelqu’un de ton entourage se plaindre de la toute puissance de l’argent… raconte lui cette petite histoire. Il y a de fortes chances pour qu’il ou elle réagisse avec violence à tes propos. Un peu comme ces individus qui, critiquant la presse à scandale, font un choix des plus étranges, une fois installés dans la salle d’attente de leurs dentistes: entre “Les vacances secrètes de Jamel et Melissa” de Gala et “Les trésors cachés de Petra” de Géo… tu ne sais pas pourquoi mais leur choix se porte presque toujours sur premier sujet au détriment du second… va comprendre.

P.S: Je me demande toujours comment il a fait Jamel… c’est pas possible… il a dû lui faire du shour… c’est obligé!

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