
“Too much talk… too little do”…c’était le diagnostic de Tom Peters à l’époque… c’est encore son diagnostic aujourd’hui. “Trop de blabla, pas assez d’action”.
Selon lui, la première qualité de ces entreprises dont le cours d”action bat, année après année, tous les indices boursiers, est (justement) “the bias for action”: une propension à agir… pas à analyser, pas à discuter, pas à rechercher un fragile consensus pour avancer sur un point de la stratégie. Une propension à faire les choses.
“Mais Samir… l’analyse c’est important! Tu ne vas tout de même pas te lancer dans l’acquisition d’une entreprise sans avoir évaluer ses actifs, sans être préalablement convaincu que le(s) marché(s) qu’elle sert seront profitables à long terme etc…?”
Of course. Je suis pour l’analyse qui oriente… pas pour celle qui paralyse. Je suis pour des meetings courts, avec des actions claires assignées à chacun des participants quand ce même meeting arrive à son terme. Je suis pour le consensus, mais le consensus actif… si tu n’es pas d’accord avec ce que je dis, accompagne ta critique d’une solution alternative. Ceux qui parlent pour parler prennent des claques dans mes meetings. Les obsédés du “pourquoi” ne m’interessent pas. Seuls les artisans du “comment” trouvent grâce à mes yeux. Quand Carlos Ghosn est arrivé chez Renault, il a été horrifié de l’état d’avancement de la maladie du “blabla” chez le constructeur français:
“Renault est une entreprise dans laquelle on parle beaucoup. C’est un trait de caractère très latin. J’ai assisté à des réunions interminables, dans lesquelles on discute de tout et de rien, de petits détails, sans sens des priorités, de l’action à entreprendre. Une fois que l’on a débattu d’un problème, l’exécution, pourtant la partie la plus importante, est expédiée en quelques minutes. Il y a quelque part une prime à la belle parole, à la connaissance, par rapport à l’action et à la mise en oeuvre. Or, dans notre industrie, tout est dans l’exécution. J’étais surpris de voir des gens qui avaient vécu dans le chaudron de l’industrie automobile et qui passaient à côté de choses qui me semblaient évidentes. Il y avait une culture de la parole qui progressait au fur et à mesure que l’on montait dans la hiérarchie. On semblait accorder une moindre importance à l’action qu’à l’échange d’idées et à la connaissance. On pourrait presque parler d’un snobisme de la connaissance. Savoir et faire savoir que telle matière fond à tel degré de température… une sorte de coquetterie à étaler ses connaissance et à engager des débats sans relation avec ce que l’on veut accomplir. Cela m’avait beaucoup frappé. Je venais des Etats-Unis et Michelin était une entreprise très pragmatique. Je me suis posé beaucoup de questions”
Pour faire court: le blabla est l’ennemi de l’innovation. Le blabla est l’ennemi d’une gestion de carrière efficace. Tu veux faire un MBA? Arrête d’en parler et inscris toi au GMAT… tu veux bosser dans la Finance? Arrête d’en rêver à haute voix et commence par lire ce livre, puis celui-ci. “La France: si t’aimes, tu la quittes”… je t’ai convaincu? Qu’est ce que tu fous encore ici alors ma gueule? Prends un billet d’avion pour Dublin… ou Dubai. Tu veux monter ta boite? Cesse de le crier sur tous les toits et prends RDV avec la chambre de commerce la plus proche. Les actes pèsent plus lourd dans la balance… souviens-toi de l’histoire du vizir …









