Archive for September, 2007

LA BIG PILOT D’IWC

Pour être honnête avec toi, si le billet précédent défend une idée centrale du discours tenu ici, il n’est, pour moi, qu’un excellent prétexte à l’introduction d’une nouvelle catégorie dans JR&M. “The JR&M toys” mettra à l’honneur ces jouets qui sont autant de façons de dépenser ton argent avec panache.

Le plaisir, comme tu peux le voir, n’est jamais loin…

Le plaisir de posséder un objet unique. S’éprendre de sa beauté comme l’on s’éprendrait des contours d’un beau visage. S’approprier l’histoire qu’il raconte… pour raconter la sienne propre. Parce que la société dont tu fais partie est celle de l’apparence et de l’apparat, ce que tu décides de montrer, de porter ou d’acquérir te définit en tant qu’être. Cette idée te répugne peut-être. Elle n’en reste pas moins une réalité avec laquelle tu dois composer ma gueule: avant même que tu n’ouvres la bouche, l’autre s’est déjà constitué un avis précis sur ta personne. La coupe de ta veste et la façon dont tu la boutonnes, la recherche dans l’assortiment des couleurs, le parfum capiteux ou léger… selon la saison… l’absence de parfum, sont autant d’éléments de récits qui, mis bout à bout, racontent TON récit. Whether you like it or not…

Parmi ces morceaux d’histoire, il en est un auquel je suis particulièrement sensible: les montres de prestige. Je ne porte pas de bijoux. Je n’ai jamais trouvé cela très masculin. La seule joaillerie qui trouve grâce à mes yeux est celle sortant des ateliers de Panerai, Van der Bauwede ou Breitling. Je collectionne les montres avec vice (rien d’étonnant pour quelqu’un ayant passé une partie de sa carrière à Genève), et l’IWC Big Pilot est ma dernière perversion.

Avec un diamètre de 46.2 mm, la Big pilot s’inscrit dans la tendance de ces montres démesurées qui ornent, depuis quelques années, les poignets des banquiers d’affaires. Pourtant, la Big Pilot, n’a jamais été pensée comme une réponse à un effet de mode. Née en plein milieu de la Seconde Guerre Mondiale, elle fut d’abord créée pour équiper les pilotes de la Luftwaffhe et du Royaume de Sa Majesté.

Sa taille imposante et la grosseur de ses chiffres permettaient une lecture aisée de l’heure en volant au travers d’un nuage, ou dans le feu de l’action. La grosseur inhabituelle de la couronne de règlage facilitait sa manipulation alors même que les pilotes portaient d’épais gants de cuir. Son bracelet , beaucoup plus long que la moyenne, rendait possible sa fermeture autour d’un poignet grossi par le cuir râpé d’une veste d’aviateur. La Big Pilot est, sans aucun doute, chargée d’une lourde histoire. Une histoire qui justifie les 22 000 euros qu’elle te coûtera si tu décides de l’adopter.
Quand une création, dans son asservissement à une fonction, se transforme en objet d’une beauté intemporelle, ce n’est plus de design dont il faut parler… mais d’art.

Fiche technique

Référence: IW500402
Boîtier: or blanc
Diamètre: 46,20 mm
Bracelet: croco
Mécanisme: automatique
Prix: 22 000 €

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LA CLE DE TOUS LES PLAISIRS

Adam Smith, inventeur de la célèbre théorie de la “main invisible” qui est à la base de la doctrine capitaliste, a toujours été frappé par la capacité de l’homme à s’inventer de nouveaux appétits. Mais plus que l’inventivité du jouisseur, c’était cette soif inextinguible, de celles qu’on ne peut étancher, qui inquiétait l’auteur de “Richesses des Nations”… ce que Descartes appelait “la volonté infinie”.

Et c’est vrai…

Si l’appétit de nourriture est limité par la taille de ton estomac, l’appétit de richesses, de bijoux, de gros gamos et de vêtements faits sur mesure ne connaît, lui, que les limites auxquelles tu désires l’astreindre… et comme tu peux vouloir à l’infini, a quoi bon s’embarrasser de clôtures quand les pâturages s’étendent à perte de vue.

Cela n’a jamais été l’opinion de mon père, qui s’inquiète chaque fois que je discute avec lui de mes ambitions:

“Mon fils… heureux est celui qui se contente de peu. Fais comme ton vieux père. Je remercie Dieu chaque jour de ce que j’ai. Je lui demande de n’y rien y ajouter… mais de n’y rien retrancher non plus”

Avec tout le respect que j’ai pour le papa, c’est ce type de raisonnement qui a fait de la médiocrité le refuge du sage, et de la pauvreté l’excuse de l’ascète. Se contenter de ce que l’on a serait noble… prétendre et aspirer à ce que l’on sait mériter serait vil. Soutenir ce genre de raisonnement, c’est faire de la stagnation intellectuelle, professionnelle et économique une vertu et accepter le statut quo comme un modèle qu’il ne faudrait remettre en question pour rien au monde:

“Putain Jalil, t’es pas content? Ingenieur! Tu geres une equipe. Tu gagnes bien ta vie. Oh! Reste tranquille un peu! C’est quoi ces fantasmes de MBA qui servent a rien? Wallah je te comprends pas!”

Jalil a tout simplement compris que, dans le contexte ulra-competitif qui est le notre, c’est celui qui a le plus d’appétit qui survit. Darwin disait de la sélection des espèces qu’elle se faisait sur la capacité d’adaptation à l’environnement. Chez JR&M, on pense que c’est la faim qui t’épargnera le sort des baleines bleues.

Tu peux ne pas être d’accord. Tout comme certains esclaves qui faisaient montre d’une soumission perverse n’étaient pas d’accord avec ceux qui voulaient se soulever contre leur maître. C’est ton choix et il se respecte.

Pour les autres… let’s face it: aujourd’hui, le succès se définit par le nombre de zéros qui figure sur la ligne “NET A PAYER” de ton bulletin de salaire. La réussite, c’est se faire beaucoup plus de cash que tu en as réellement besoin. Besoin? L’époque du “besoin” est révolue. Nous sommes entrés de plein pied dans celle du désir. Je me fous de ce dont j’ai besoin… seul compte ce que je veux. Ai-je besoin d’une tasse de café à 4 euros… ou d’une coupe de cheveux à 80 euros? Ai-je besoin d’une Navitimer à 5000 euros? Une montre de luxe de ce calibre satisfait-elle mon besoin de savoir l’heure à un moment donné… ou répond-elle a quelque chose de beaucoup plus profond?

La consommation n’est plus une affaire de “besoin” au sens strict du terme, mais d’appétit. La faim est bonne. L’entretenir est capital… et comme “l’appétit vient en mangeant”, il te faut manger mon fils.

“Mais manger quoi?” demande-t-elle

“Du plaisir”… répond-il. Du plaisir sous différentes formes… comme celle-ci… ou bien celle- là… ou encore celle- là Epicure ne disait-il pas, d’ailleurs, que “le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse”? S’abandonner au plaisir, c’est ouvrir dans son corps, une bouche qui jamais ne se rassasie. Pour la nourrir, il faut faire au minimum un salaire annuel à 6 chiffres.

Elle est “a gift and a curse” comme on dit aux US… une bénédiction et une malédiction tout à la fois. Une bénédiction parce qu’elle te pousse vers le mieux. Jalil manager aujourd’hui veut devenir Directeur demain, parce qu’il veut se payer cette résidence secondaire en Croatie… son plaisir. Mais cette bouche est aussi une malédiction parce qu’elle alimente un estomac sans fonds… jamais satisfaite, elle réclamera toujours une livre de chair… comme Shylock, le juif du Marchand de Venise de Shakespeare.

Les jeunes rebeux/renois millionnaires sont fondamentalement des êtres de plaisir (j’allais écrire “esclaves”). La seule ascèse qu’ils s’autorisent est celle du dollar… pas celle du monastère. Si l’argent ne fait pas le bonheur (pour certains), il faut lui reconnaître une chose: sa formidable capacité d’ouvrir les portes du beau.

Et tant pis pour ceux qui ne savent pas y goûter! A ceux qui accusent le jeune renoi millionnaire du matérialisme le plus désincarné, ce dernier repond:

“Dans mon “malheur”, je me retrouve en auguste compagnie..stupid mother fuc***”:

“Mais ne suffit il pas que tu sois l’apparence,
Pour réjouir un cœur qui fuit la vérité?
Qu’importe ta bêtise ou ton indifférence?
Masque ou décor, salut! J’adore ta beauté”

Charles Baudelaire – L’amour du mensonge (Les Fleurs du Mal)

Je récapitule, ma gueule: le dollar nourrit le plaisir qui nourrit la faim qui est un facteur clé de succès dans le contexte business qui est le notre… pas la peine d’avoir fait un cours avancé de logique pour arriver à la conclusion finale… right?

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DELOCALISATIONS INJUSTES (?)

Le commentaire qu’a laissé Djamel sur le billet précédent m’a étrangement fait penser à cet article de Sukhetu Mehta paru dans le New York Times il y a maintenant deux ans. Ce citoyen américain d’origine indienne y tient un discours sans concessions qui tranche avec les analyses alarmistes de nos politiques… j’ai encore dans l’oreille la voix mouillée de Claire Chazal qui annonçait la perte de milliers d’emplois « français » au profit des économies chinoise, indienne, malgache, turque ou sénégalaise. J’ai encore en tête les images de ce député amaigri par une grève de la faim qui lui a permis d’empêcher un groupe japonais de délocaliser une partie de ses opérations. Mais la palme revient incontestablement à notre président qui a promis de « limiter », voire « d’empêcher » ces mouvements de délocalisations “indignes”. Indignes pour certains… injustes pour d’autres (quand ce n’est pas les deux à la fois). Voici ce qu’en dit Sukhetu Mehta (traduction approximative faite par ton serviteur):

“Nous assistons, aujourd’hui, à un débat particulièrement hypocrite sur les délocalisations. Surtout en Europe. Les anciennes puissances coloniales, après avoir piller des pays comme la Chine et l’Inde et s’être assurer du caractère inoffensif de leurs industries d’un point de vue concurrentiel, n’ont, en réalité, jamais cessé de se plaindre de leurs anciennes colonies, les accusant du pire. Elles ont commencé à se plaindre quand des ressortissants, sans le sou, de leurs ex-colonies sont venus récurer leurs toilettes et bâtir leurs maisons. Elles se sont encore plaintes quand leurs enfants sont devenus docteurs ou ingénieurs et qu’ils ont commencer à prétendre à un meilleur standard de vie. Aujourd’hui, elles se plaignent parce qu’elles perdent certains de leurs emplois au profit des enfants des pays qu’elles ont dépouillé pendant des siècles… enfants qui, il faut l’avouer, travaillent beaucoup plus dur qu’eux.”

Je ne vois pas, pour ma part, où est “l’indigne” et “l’injuste” dans ce débat, si ce n’est dans la bouche de ceux qui prononcent de tels discours.

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POURQUOI LA FAIM EST BONNE

Tom Friedman est l’auteur du best seller “The World Is Flat” (“La Terre Est Plate”). Il décrit dans son excellent ouvrage le processus de globalisation qui, nous le savons, a connu une formidable accélération ces 30 dernières années grâce à (ou “à cause de”, si tu milites chez Attac) ce qu’il appelle les “flatteners”. Ces derniers sont les éléments qui, selon Friedman, “aplatissent” notre monde. Chacun de ces “flatteners” convergent de plus en plus vers la création d’un monde interconnecté qui facilite le travail collaboratif grâce aux nouvelles technologies, et le dépossède, par la même occasion, de ses frontières: les pays émergents ne font plus de la figuration sur la scène internationale et réclament, aujourd’hui, leur juste part des richesses de ce monde.

En somme, la Chine, l’Inde, le Brésil viennent concurrencer les vieilles puissances économiques occidentales et japonaise sur leur propres terrains… et dans tous les domaines: oublie les “call-centers”… ils ne sont que la partie visible de l’iceberg. Aujourd’hui, Infosys tape dans le frigo d’Accenture et d’IBM. Mahindra, constructeur automobile indien, joue sans complexes dans la cour des grands et a été à deux doigts d’acquérir la marque Jaguar (!). Lenovo, fabriquant de PC chinois a racheté la division PC d’IBM (!) il y a quelques années et figure dans le top 5 mondial de sa catégorie (il vient de perdre un duel qui l’opposait à Acer et qui a vu ce dernier avaler l’européen Packard Bell. Juste pour ton info, Acer est… Taïwanais).

La liste des exemples s’allonge et aucun grand groupe mondial un tant soit peu sérieux et respectueux de l’intérêt de ses actionnaires ne peut, aujourd’hui, faire l’économie d’une stratégie long terme dans ces pays qui sont, ne serait-ce que par leurs populations, les relais de croissance de demain. Ces populations ont longtemps été les silencieuses victimes de modèles économiques étouffants qui les avaient contraintes à une sorte de Ramadan perpétuel. Mais tout cela est bel et bien terminé.

Aujourd’hui, c’est l’Aïd pour tous ces entrepreneurs, ingénieurs, MBA, inventeurs et capitaines d’industrie. Leurs appétits ne sont plus bridés par d’anciennes législations socialistes qui avaient dresse un mur entre l’ambition de leurs citoyen et un marche qui allait vers toujours plus de dérégulation sous la férule d’une OMC toute puissante.

Alors, oui, aujourd’hui c’est l’Aïd… et devine qui est le mouton, ma gueule?

Toi.

Je m’explique: dans le précédent article, je rendais hommage à Gordon Gekko, le père spirituel du concept “greed is good”. Je terminais mon billet en affirmant que la tirade de Gekko restait d’actualité, dans la mesure où “la faim” reste, aujourd’hui, LE catalyseur qui alimente la réaction en chaîne commencée il y a 30 piges et dont le produit fini est la globalisation telle que nous la connaissons. Après qu’il eut publié son livre, Tom Friedman a été extrêmement sollicité par le monde journalistique qui voulait obtenir de l’auteur une explication plus détaillée (ou condensée) de sa nouvelle grille de lecture. J’en avais lu un certain nombre mais l’une d’entre elle, en particulier, avait retenu mon attention. Elle se concluait par la question suivante:

Mr Friedman, quels conseils donneriez-vous aux jeunes de notre époque, à la lumière de vos récentes découvertes?

Quand j’étais enfant, mes parents me disaient: “finis ton diner! Des petits chinois et des petits indiens de ton âge meurent de faim et seraient ravis de manger ce qui reste dans ton assiette”.
Aujourd’hui, je dis à mes filles: “finissez vos devoirs! Des petits chinois et des petits indiens s’affairent, en ce moment même, sur les leurs et ne rêvent que d’une seule chose: vous piquer vos jobs”

Scary isn’t it…?

Voila pourquoi la faim est bonne, ma gueule: parce que si tu ne fais pas montre d’assez d’appétit… sache que d’autres ont les crocs. Et au cas où tu te poserais encore la question: c’est bien ta jugulaire qu’ils sont en train de reluquer…

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LA FAIM EST BONNE

“Greed is good”…”La faim est bonne”…

… Je me souviens encore, de la violence avec laquelle ces mots s’étaient emparés de mon imagination. Je me souviens avoir été littéralement hypnotisé par Gordon Gekko et son maniérisme reptilien. Le discours qu’il avait tenu dans Wall Street avait le parfum de ces vérités éternelles qu’un homme pouvait adopter comme principes directeurs de son existence. “La faim est bonne”… ces mots, entendus il y a bien longtemps, résonnent toujours dans mon esprit… aujourd’hui plus qu’hier, puisque leur portée philosophique est, à mon sens, d’une troublante actualité.

“Certains m’accusent de voracité. Et bien, la voracité mais je dirai plutôt la faim, est utile. La faim est bonne. La faim est un moteur. La faim clarifie les problèmes. Elle décèle et s’imprègne de l’essence même de l’évolution de l’esprit. La faim, sous toutes ses formes, oui, la faim de la vie, de l’amour, de l’argent et de la connaissance a marqué chaque pas en avant de l’humanité”

La faim n’est rien d’autre que l’ambition… qui est un mot tellement connoté en France, qu’on l’associe presque immédiatement à l’opportunisme et à l’arrivisme. Deux maladies honteuses dont les porteurs sont mis au ban de la société française. Leur appétit est une malédiction plus virulente qu’une souche d’Ebola. La faim… l’appétit… l’ambition font partie de ces choses dont l’excès est toujours préférable au défaut. Selon les mots memes de R.O.H 2F:

“J’baiserai la réussite avec un chlass sous la gorge”

Demain tu comprendras pourquoi

To be continued

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L’EXCUSE

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PRENDRE LE TRAIN DU CAPHIPHOPITALISME

Bien qu’il ne soit plus de toute première fraîcheur, le livre “Rules for Revolutionaries” de Guy Kawasaki reste, pour moi, une source d’inspiration et un réservoir d’idées où je continue de puiser les miennes.

Une des nombreuses “rules” (règles) que le fondateur de Garage Technology Ventures a érigé en édit royal est celle qui consiste à “glom on to a bandwagon”. En d’autres termes: “sauter dans le train”. Guy décrit ce “train” comme étant une force irrésistible. Une tendance économique aussi dévastatrice et inévitable qu’un Tsunami. Katrina exposant 4. C’est l’embryon d’un business model qui, parce qu’il rencontre une adhésion massive et populaire, devient “mainstrean” en moins de temps qu’il ne te faut pour épeler ce terme… Think the Internet… Think Web 2.0… Think Facebook. Internet a changé le monde pour toujours. La première vague a crée des mutlinationales qui nous sont devenues aussi indispensables que l’oxygène que nous respirons: Google, Amazon, eBay, Yahoo… puis il y a eu l’éclatement de la bulle… et la renaissance du Phoénix de ses propres cendres: le Web 2.0 avec ses blogs, ses “social networking websites” (type Myspace, Linkedin, Facebook), ses digg-like, YouTube et autres sites collaboratifs…

What else? L’iPod est aussi un “train” qui a généré une extraordinaire manne financière pour ceux qui ont décidé de le prendre… parmi ses passagers, on compte certaines grandes maisons du luxe.

Permets-moi de m’attarder un tout petit peu sur un phénomène qui a pris des proportions extraordinaires ici: il faut être sourd, aveugle et avoir pris la place de Tom Hanks dans Cast Away pour ne pas avoir entendu parler de la Facebook Economy. A la différence de MySpace, Facebook a ouvert son code aux développeurs pour qu’ils puissent créer leurs propres applications. Certains de ceux qui ont choisi de prendre le “train” du Social Networking Website le plus “hot”, après l’accent de Monica Belluci, ont pris leur retraite à 28 piges.

Je ne te donnerai qu’un exemple: Shen et Tokuda ont crée 14 applications dédiées à la plateforme de Marc Zuckerberg, son fondateur. Résultat: 200 000 dollars de revenus publicitaires…. en à peine 2 mois!

Here is the bottom line…

Jeff Bezos a pris le “train” et possède maintenant un ranch de 101 km2 dans le Texas…

Les enfants terribles de Google ont pris le “train” et viennent de se payer le privilège de faire atterrir leur avion privé sur une piste de la Nasa… pour la modique somme d’un million d’euro par an

Shen et Tokuda ont pris le “train” et pourront se payer l’alfa C8 durant leur prochaine escapade en Toscane…

… Kanye West (qui a vendu près d’un million de son nouvel opus “Graduation” la semaine dernière) et P. Diddy ont pris le “train” du caphiphopitalisme et ont engrangé plus de profits que n’importe quel nabab de l’entertainment business.

Rien à voir? I wouldn’t be so sure if I were you…

Warda a laissé un lien intéressant en commentaire d’un précédent article qui démontre que ce nouveau “train” de l’économie est devenu un TGV qui emporte tout sur son passage.

Un certain nombre d’individus (dont je fais partie) ont fait du Hip-Hop la bande son officielle de leur quotidien. Après avoir conquis leur iPod, cette culture s’est invitée dans leurs dressing-rooms, leurs dvdthèques, leurs blagues, leurs portables, leurs frigos. Et ce n’est que le début ma gueule…

Si Dia en a été capable, crois-moi, tu peux, toi aussi, prendre ta part du gâteau. Le caphiphopitalisme français n’a pas parcouru le dixième du chemin qu’a arpenté son homologue US. Certains t’expliqueront que la greffe n’a pas pris dans l’hexagone. Je ne suis pas d’accord.

J’y vois, pour ma part, un océan d’opportunités qui ne demande qu’à être exploité… Jamel a déjà commencé à émuler Russel Simmons. Who’s next?

Le TGV du French Caphiphopitalism 2.0 est encore en gare… what are you waiting for? Get a ticket here

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RAPPEL… A ACHETER D’URGENCE

“Qui fait la France” est un commando d’écrivain(e)s qui se propose d’infiltrer les lignes hostiles de l’imaginaire collectif français. Leur mission (et ils l’ont acceptée) est de désintoxiquer les esprits, les débarrasser de leurs infâmes préjugés et désamorcer les bombes de demain. Mohamed Razane et ses acolytes ont parfaitement compris que la pire menace pour notre France ne se trouve pas en Iran (Bernard…Bernard… tu devrais surveiller ta langue!) mais dans les idées reçues que peuvent avoir certains de nos concitoyens sur nos banlieues. Pour faire le siège des consciences, notre petite escouade s’est dotée d’un équipement léger: plumes, encriers et feuilles blanches. Leur premier fait d’arme? Pour ceux qui me lisent depuis le debut, j’en ai déjà fait mention ici

…il s’agit d’un livre: “Chroniques d’une société annoncée”… enfin dans les bacs! Un recueil de nouvelles qui se lisent… trop vite. Comme un carré de chocolat qui fondrait trop rapidement sur le palais… on s’empresse d’en remettre un autre en bouche pour prolonger le plaisir. Ce livre, tu le reliras juste apres l’avoir terminé. Guaranteed.

Le Nouvel Obs en a fait une critique (qui n’en est pas une) détestable que tu peux lire ici.

Le collectif y a répondu ici… j’aime particulièrement la chute ;)

Bonne lecture!

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I GOTTA A LOT OF DOLLARS… AND I’M DAMN FUCKING PROUD OF IT (Partie 2/2)

“On sait ce que tu es quand on voit ce que tu possèdes
Petit frère le sait et garde ce fait en tête
L’argent lui ouvrirait les portes sur un ciel azur
Aussi facilement que ses tournevis ouvrirait celles des voitures
Le grand standing est tout ce dont il a envie
Ça passe mieux quand tu portes Giorgio Armani”

IAM - Petit Frère

Oprah est une institution aux Etats-Unis.

Une prêtresse qui a fait de son show éponyme le Temple dans lequel se rassemblent, chaque jour, des millions de fidèles. Son influence sur la population américaine est devenue telle, que tout aspirant écrivain lui baiserait les pieds pour voir son dernier opus faire partie de ses recommandations de la semaine. Dans le monde de l’édition, chacun sait que bénéficier d’une excellente critique d’Oprah est la garantie de voir son livre entrer dans le cercle très fermé des NY Times Bestsellers.

Dans un autre registre, Pontiac, une des 27 marques du groupe GM, a décidé d’offrir à l’ensemble du public du Oprah Show (276 personnes!) son modèle G6 toutes options dans l’espoir de créer un buzz sans précèdent autour de sa dernière née. Voila ce que ca donne…

Mais l’ambition de Mrs. Winfrey dépasse largement le petit écran. Elle possède sa propre maison de production, son propre magazine et s’amuse même à donner la réplique à Danny Glover (La Couleur Pourpre, Beloved)

What else? Elle a été élue l’afro-américaine la plus riche du XXème siècle (sa fortune est estimée a plus d’un milliard de dollars), “la plus philanthrope de tous les temps” (elle a ouvert une école pour jeunes filles en Afrique), et figure régulièrement en tête du classement des “femmes les plus influentes du monde” établi par le Fortune Magazine.

Je te fais grâce du sordide récit de son enfance défavorisée dans le Sud des Etats-Unis, patrie du KKK et du racisme le plus abject. Non. Ce qui m’intéresse, ce sont les récentes déclarations qu’elle a faites concernant sa conception de la richesse et de son statut de “black billionnaire”. A Baltimore, lors d’une levée de fonds pour une école locale, la reine Oprah s’est exprimée en ces termes:

“Je possède beaucoup de choses comme ces Manolo Blahniks. Je collectionne tout ce genre de babioles et je peux vous dire que c’est une bonne chose. Je ne suis pas de celles qui pensent que l’on devrait renoncer à ces superficialités au nom de je ne sais quelle pudeur. Non. J’ai un placard bourré de chaussures, et c’est le pied. Je ne ressens, pour ma part, aucune espèce de culpabilité qui pourrait naître de la grosseur de mon compte en banque. Récemment, je suis revenu d’un de mes voyages humanitaires en Afrique. Une de mes riches amies m’accompagnait. Elle me demanda:
- Tu ne te sens pas coupable franchement? Tu ne te sens pas mal en voyant dans quelle misère certains se trouvent, quand nous nous vautrons dans le luxe?
- Non… lui répondis-je. Et je ne vois pas en quoi me destituer de ma fortune va les aider. Je vais rentrer a la maison et m’étendre dans mes draps Pratesi et ce sera divinement bon.”

Certains seront choqués par de tels propos. Chez JR&M on kiffe. Nous avons fait de l’amour décomplexé du cash un commandement gravé sur nos Tables.

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I GOTTA A LOT OF DOLLARS… AND I’M DAMN FUCKING PROUD OF IT! (Partie 1/2)

L’argent est tabou en France. Ce n’est un secret pour personne. Beaucoup préfèreraient t’avouer leurs plus basses perversités que de te révéler leurs remunérations brutes annuelles.

Tu te reconnais ma gueule?

Allez avoue… avoue que tu t’es laissé séduire par le discours moralisateur ambiant qui fait du cash et ceux qui le possédent les nouvelles cibles du Torquemada qu’est devenu le français moyen. Ce dernier, frustré dans son pouvoir d’achat, les épaules alourdies de dettes, l’esprit embrouillé par les fausses promesses de politiques, a vu les milliardaires de Capital s’inviter dans son salon à la faveur d’une télé restée allumée. Les pâtes “à 1.5 euros les deux paquets + le troisième offert” de Lidl ne passent plus quand l’on sait que certains tartinent leurs krisprolls de caviar.

Les politiques savent parfaitement tirer avantages de ces tensions. Certains d’entre-eux vont même jusqu’à promouvoir les pires stupidités économiques comme le rétablissement des frontières, la lutte contre les délocalisations ou encore un protectionnisme à l’européenne.

Victimes d’une cabale politique et sociale et (surtout!) économique, de nombreuses fortunes ont choisi l’exil quand d’autres ont décidé de rester. Certaines, parmi elles, sont allées jusqu’à épouser les vues d’un système qui a fait de la richesse une sorte de lèpre. On en est venu à porter son American Express Gold comme une croix. Une malédiction. Un péché originel dont il faudrait s’absoudre durant le reste de son existence… comme cet homme, héritier de la vieille noblesse française, qui quand ont lui avait demandé la raison de ses largesses envers un grand nombres d’oeuvres charitaires avait répondu:

“Je donne, parce que mon père m’a toujours dit qu’il fallait se faire pardonner d’être plus riche que les autres”

Que les vipères retiennent leur langues: je n’ai absolument rien contre la philanthropie (bien au contraire!), mais “donner pour se faire pardonner d’être riche” est malsain et participe de cette gigantesque hypocrisie dont nous avons été gavée depuis l’enfance… la fameuse Matrice dont je parle dans mon Manifeste.

S’il en est une qui ne souscrit absolument pas à ce genre de discours, c’est Oprah Winfrey. Une renoi… milliardaire.

To be continued

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