
C’est l’histoire de deux hommes que tout sépare. C’est l’histoire d’un monde qui, depuis Sergio Leone et Tuco, n’a jamais cessé de se diviser en deux catégories…
Mohamed a obtenu son BTS technico-commercial en 2000. Il avait sué par tous les pores de sa peau pour obtenir ce premier emploi… payé une misère, mais qu’importe! Mohamed était content de ne plus hanter les couloirs de l’ANPE comme une âme en peine. Si, dans son orgueil, il a toujours détesté lire la pitié dans les yeux des autres, il supportait encore moins le mépris dont certains l’enveloppaient du regard quand il cherchait désespérément à sortir de son trou: il y décelait une sorte d’accusation subtile de “ne pas vraiment se donner la peine pour trouver quelque chose”. Dans ces moments là, sa “street credibility” (ou son “côté racaille” comme l’on dit chez moi) refaisait surface bien malgré lui, et il devait employer toute son énergie à ne pas faire partir son crochet du droit qui avait fait sa réputation dans les cours d’école. Mais tout cela c’était du passé! Sa rancoeur avait disparu en même temps que l’encre de son nouveau contrat en CDI avait séché. Il bossait maintenant pour un grand groupe du CAC 40… de brillantes perspectives s’offraient a lui. Il faisait beau en plein mois de décembre…
8 mars 2006
Mohamed avait ouvert la lettre recommandée que lui avait tendue le facteur avant même d’avoir signé l’accusé de réception. Il avait entendu les pires rumeurs au bureau. On parlait de lettres postées par centaines… on parlait de larmes qui avaient été versées par certains de leurs destinataires… on parlait de la colère gauche que certains autres avaient laissé éclater.
Mohamed venait d’être licencié. Il ne comprenait pas. Il n’avait jamais autant performé que ces derniers mois. Il avait reçu d’excellentes évaluations de ses supérieurs hiérarchiques. Il ne lisait pas la presse économique autant qu’il le devrait mais connaissait la solidité financière de son groupe. Il était abbatu. Il pensait a son compte en banque presque vide… la cigale en CDI avait fait taire la fourmi du temps de l’ANPE: écran plasma, MacBook, meubles design, Peugeot 307 jantée et une récente escapade en Croatie avaient fini d’assécher ses maigres économies. Il sentait des fourmis dans son bras droit… c’etait son crochet droit qui s’était endormi dans l’opulence et que cette lettre, dans tout ce qu’elle avait d’injuste, venait de réveiller. Il finit par signer l’accusé de réception.
Le monde se divise en deux catégories et Mohamed fait partie de la première…
…Kamel, lui, fait partie de la seconde.











9 September 2007
Kamel…! Kamel…! Kamel !!!
:)
10 September 2007
Je pense que Kamel a ete suffisamment perspicace pour sentir le vent tourner, six mois avant les premiers licenciement economique Mr Kamel a deja eu 4 entretients d’embauche dont 2 a l’etranger et hesite entre le poste chez Google a $230.000/an et IBM a Londres qui lui offre un peu moins mais avec stock options et tout le tralala… me trompe-je ?
ps: desole pour l’absence d’accent…ces claviers qwerty…pfff
10 September 2007
(Vu la photo, je pense que Momo a besoin d’aspirine aussi…)
Ta remarque est intéressante Loubna, mais pour ma part, je pense que Momo a accumulé plusieurs bourdes.
Et son sort final, n’est pas uniquement lié à sa faculté (ou plutot son manque de faculté) d’avoir “senti le vent tourner”.
Je m’explique :
D’une, il a eu son BTS en 2000 et c’est son premier emploi. La lettre de licenciement arrive en 2006. Au lieu de claquer son oseil dans “écran plasma, MacBook, meubles design, Peugeot 307 jantée” et voyage autre Kurdistan
10 September 2007
(suite, je fais comme Samir :)
Donc je disais, au lieu de claquer son oseil dans “écran plasma, MacBook, meubles design, Peugeot 307 jantée” et autre voyage au Kurdistan (spéciale dédicace à tous mes potes Kurdes de Sangate, le prochain camion est le bon), il aurait dû investir dans sa matière grise et 6 années lui auraient suffi pour obtenir au moins un Master ou quelque chose de plus “revendable” qu’un Bts.
De deux, je ne sais pas quel poste il occupait, mais 6 ans dans la même boite c’est long : il aurait dû chercher à “croitre” (en interne pour devenir plus “irremplaçable” et être mieux payé, ou en externe pour éviter la chute) tout en se formant.
De trois, il aurait dû se fier à autre chose qu’à la simple “bonne santé financière” de son groupe. Les nombreux exemples, comme celui de Pfizer qui a licencié 10000 personnes alors qu’ils venaient de DOUBLER leurs profits (avec 19.3 milliards), montrent bien que la bonne santé d’un groupe n’est de bonne augure que pour ses actionnaires.
Quant à Kamel, je parie que c’est un bon élève de JR&M :)
a+