Archive for November, 2007
GRAND CORPS MALADE…
Cancre de la zone euro, la France risque de renouer dans l’avenir avec un déficit public supérieur à la limite de 3% du PIB, ce qui ne manquerait pas de provoquer de graves tensions avec ses partenaires européens.
La Commission européenne a publié vendredi ses prévisions économiques d’automne dans lesquelles la France fait figure d’homme malade parmi les 15 pays membres de la zone euro.
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Pour les rats qui veulent quitter le navire c’est ici
3 commentsBRISER SA CONCURRENCE EN DEUX… AT LAST

Après le teaser, voila l’article…
Avant d’entrer en matière, j’aimerai clarifier mon discours sur ce que je crois être fondamental dans la façon de manager tes concurrents. In my book, ceux qui concentrent une grande partie de leurs efforts sur ce que font leurs concurrents et négligent ce que eux devraient faire pour la mettre hors d’état de nuire, ceux-là sont damnés. Si tu penses triompher de ta concurrence en émulant ses stratégies, en imitant ses tactique ou en ne percevant ta « value proposition » qu’au travers du prisme de celle de l’autre, alors tu vas droit dans le mur. C’est aussi simple que ça.
Chez moi, la seule façon de gagner les cœurs et les esprits de ceux que tu sers est de focaliser entièrement tes énergies sur la qualité et l’excellence de ce que TU fais. Le reste n’est qu’une perte de temps.
Je vais te donner un exemple.
Tout le monde est obsédé par le « benchmarking » aujourd’hui… c’est devenu un véritable phénomène de mode et il est de bon ton, quand tu as atteint un certain niveau dans la hiérarchie, de saupoudrer ton discours de « benchmarking » par-ci, et de « benchmarks » par-là, pour convaincre l’autre (et parfois l’autre c’est toi) que tu sais de quoi tu parles. Mais c’est quoi finalement le « benchmarking » ? A y regarder de plus près, c’est un processus qui consiste à identifier qui est le leader du marché, quelles sont les meilleures pratiques (« best practices », autre expression à la mode…) qui lui ont permis de le devenir, et lancer un programme de 5 piges qui vise, par l’adoption de ces « meilleures pratiques », à atteindre, dans 5 ans, le même niveau de performance que le leader du marché possède… aujourd’hui.
Il existe un mot pour qualifier ce genre de programme: «stupide».
Est-ce à dire qu’il ne faut pas s’intéresser à ce que fait la concurrence et l’ignorer complètement? Of course not. Tes concurrents sont un élément du paysage avec lequel tu dois bien évidemment composer. Ne fais pas l’erreur de prendre mes propos et de les appliquer dans leur forme la plus extrême : je suis le premier avocat d’une bonne intelligence économique qui aide à mieux formuler une stratégie et à optimiser le positionnement d’une offre. Mais je fais clairement la différence entre le développement d’une stratégie qui se fait à la lumière de ce que fait l’autre, et d’une stratégie qui s’articule uniquement autour de ce que l’ennemi fait.
Prends l’exemple de Frank Lucas dans American Gangster :
“My company sells a product that’s better than the competition at a price that’s lower than the competition”
Si Frank avait essayé de lancer « Blue Magic » en émulant la Mafia italienne ou en s’inspirant des dealers renois qui sévissaient à Harlem à la fin des années 60, il n’aurait été qu’un autre revendeur de plus dans une rue déjà bondée. Il se serait approvisionné auprès des mêmes grossistes, au même prix, pour une came de même qualité. Exactement comme un petit épicier achète son coca chez Metro pour ensuite le mettre en vente sur ses étagères. Il n’a fondamentalement aucun avantage concurrentiel sur le reste des petits épiciers du quartier. Il achète le même coca, au même endroit, pour le même prix. Quelle différence pour le client final ? Aucune. Nada. Zéro. Qu’est ce que fait le client final ? Il s’approvisionne au plus près.
Mais Frank Lucas ne voulait pas se lancer dans l’épicerie fine. Il avait une vision plus industrielle de son empire. Il voulait devenir le Carrefour de la dope. Blue Magic sera le sucre Béghin-Say que tu t’injectes dans les veines ou ne sera pas.
Première priorité de Frank : la superiorite du produit. Comme dit Carlos Ghosn « il n’y a pas de problemes qui ne puissent être résolus par de bon produits ». Frank en avait fait sa religion. Plutôt que d’acheter a des revendeurs qui avaient la fâcheuse habitude de couper la came, Frank a pris le premier billet d’avion pour aller négocier directement avec les producteurs asiatiques.
Les intermédiaires ajoutent rarement de la valeur. Debarasse-t-en. Le succès du modèle « direct » de Dell est fondamentalement basé sur une suppression systématique des intermédiaires.
Deuxième priorité : l’acheminement de la came. Les italiens ont un mal fou a faire entrer la marchandise aux Etats Unis. Ils dépensent des sommes astronomiques pour déjouer les plans de la DEA. Leurs coûts de fonctionnement sont donc considérablement augmentée… et ils doivent répercuter ce surcoût sur le consommateur final. Frank, lui, fait rentrer sa marchandise par des avions cargo militaires en provenance directe du Vietnam. Coût de fonctionnements ? Pratiquement zéro… si ce n’est les quelques milliers de dollars nécessaires pour l’achat du silence des militaires. La structure de coût de Frank est réduite au minimum. Conséquence: il peut vendre sa came beaucoup moins cher que le reste de la concurrence… tout en faisant des profits aussi importants.
Frank Lucas a brisé sa concurrence parce qu’il a modifié le paradigme selon lequel tout le monde opérait. Il n’a pas révolutionné l’industrie en disant : « je vais les écraser ces putains de ritals ». La défaite du modèle économique de la mafia italienne est un des effets latéraux d’une stratégie fondamentalement basée sur la religion du produit (une came pure et sans mélange renforcée par le “label rouge” de l’héroïne qu’était la marque “Blue Magic”) et une stratégie de rupture (un approvisionnement à la source et acheminé par les transporteurs les plus sûrs et les moins coûteux: l’armée).
En parlant de stratégie de rupture… tu sais pourquoi les grandes surfaces ne vendent plus leurs déodorants dans leurs cartons ?
[Update: Video du VRAI Frank Lucas. Thanks Loubna]
4 commentsTREMBLEZ PETITS FRANCAIS…

Je te présente Chen Zhu, a.k.a Joey (en Chine, on préfère prendre un prénom occidentalisé qui fluidifie la conversation, plutôt que d’entendre son patronyme massacré par des langues, certes, pleines de bonne volonté). Au fait, Joey… est ton futur boss. Il faut commencer à te faire à cette idée ma gueule. Tu te souviens certainement de l’article que j’ai écrit il y a peu et qui se finissait par cette citation de Tom Friedman:
Quand j’étais enfant, mes parents me disaient: “finis ton diner! Des petits chinois et des petits indiens de ton âge meurent de faim et seraient ravis de manger ce qui reste dans ton assiette”.
Aujourd’hui, je dis à mes filles: “finissez vos devoirs! Des petits chinois et des petits indiens s’affairent, en ce moment même, sur les leurs et ne rêvent que d’une seule chose: vous piquer vos jobs”
Remember? Eh bien mon récent voyage à Shanghai n’a fait que confirmer ce constat. Ils ont la dalle. Pas une dalle genre “et si j’me faisais un snickers”. Non. Eux, c’est plutôt:
- Karim, tu vas le finir ce couscous ou il va falloir que je t’aide?
- Oh! J’ai meme pas tapé une cuillère poto! Laisse-moi déguster un peu…
- Pas le temps! Le dessert arrive… t’es sur que le Tiramisu c’est bon pour ce que t’as? T’as pris un peu de ventre je trouve.
Honnêtement, ça fait peur. Si tu me lis régulièrement, tu sais que je reviens tout juste de l’Empire du Milieu. Shanghai est une ville absolument fascinante… mais une fois que tu as passé le stade de l’admiration candide du touriste de base, tu commences à réaliser ce que représente réellement cette ville pour ses consoeurs Paris, New York et Londres:
le bourreau.
Il y a comme une odeur de mort qui flotte dans le dédale des rues de la Cité industrielle chinoise. Au début, je pensais que c’était la pollution (selon certains instituts, Shanghai est une des 5 villes les plus polluées de la Planète), mais après réflexion (nourrie par la dizaine de discussions que j’ai pu avoir avec des businessmen français, américains et britanniques sur place) je suis dans l’obligation de reconnaître que le CO2 n’y était pour rien.
Shanghai, c’est un peu comme l’arrière-salle d’un restaurant chinois finalement…
Au menu:
toi, moi, ta petite copine, tes enfants, tes potes, ton manager direct, Nicolas Sarkozy, le Medef… accompagnés de crabes et langoustines bouillies dans de l’eau de mer et servis dans une huile du Szechuan. A moins que tu ne préfères servir d’accompagnement à ces langues de canard en beignets, ou à ces pancréas du même animal cuits au sel. Peu importe. Le résultat reste le même: tu vas finir dans un estomac.
Pourquoi je dis cela? Parce que nos chers politiques, les médias traditionnels et ton vénérable prof d’histoire-géo essaient de te faire croire que la Chine c’est “l’atelier du monde”. Ils réduisent ce pays à une gigantesque usine tout juste bonne à livrer des jouets à Toys’RUS et à faire des t-shirt pour H&M. Mais voici ce qu’ils ne te disent pas: le maire de Dalian gère sa ville comme une multinationale et en assure la promotion auprès de pays comme le Japon (!) qui a fait de Dalian sa destination de prédilection pour l’externalisation de “software writing” (tu constateras que nous sommes très loin des faux sacs Fendi, n’est-ce pas?). Monsieur le maire ne lésine pas sur les moyens. Juges-en par toi-même:
“Nous avons 22 universités et lycées qui accueillent plus de 200 000 étudiants à Dalian. La Chine est rapidement devenu le pays qui produit le plus grand nombre de diplômés universitaire au monde. Si notre anglais est moins bon que ceux des indiens (Note de Samir: “je confirme”), nous avons une population beaucoup plus importante en nombre. C’est ce qui nous permet de de sélectionner les étudiants les plus brillants… ceux qui ont une parfaite maîtrise de l’anglais (Note de Samir: “c’est mathématique”). Je crois que les américains et les européens ne réalisent pas vraiment ce qui les attend. Cette génération, comparée à la mienne, est extrêmement ambitieuse. Leurs parents ont d’abord travaillé dans les usines des firmes étrangères. Mais après toutes ces années, nous avons bien appris notre leçon. Nous avons absorbé une quantité gigantesque d’informations, de connaissances, de savoirs relatifs aux “business processes” qui nous permettent, aujourd’hui, de créer nos propres firmes et de venir concurrencer les vôtres sur leurs marchés respectifs”
Ils ont un plan ces chinois… ils ont attendu leur heure… ils ont patiemment investi dans leur matière grise… et à les entendre discourir sur les mérites de leurs industries, leur heure est venue. Comme dit mon ami Bill Gates:
“They don’t want to be us. They want to dominate us.”
Imprime-moi ça et colle le sur le miroir de ta salle de bain. Lis le 10 fois chaque matin en te brossant les dents.
Un exemple tout simple de ce que j’avance: Alibaba vient de lever 1.5 milliard de dollars lors de son introduction à la bourse de Hong Kong. Petrochina, dans le même temps, vient d’établir le nouveau record mondial puisque son IPO place sa valeur à 1000 milliards de dollars (!!!!).
Et pendant ce temps là, en France, on t’explique que la Chine c’est “l’atelier du monde”. En France, oui. Pas sur JR&M.
Tremblez petits francais… tremblez.
[Update: Le cours de l'action Alibaba a augmenté de 190% lors de son premier jour de cotation]
23 commentsQUOTE OF THE DAY

“Donnez moi les objets luxueux de cette vie et je me passerai volontiers de ceux qui sont nécessaires“
4 commentsA LITTLE UPDATE FOR EVERYONE?

Je viens de refondre complètement l’article “what’s my motherfucking name”. Il ne me plaisait pas en l’état… je suis un perfectionniste, que veux tu! Je bosse maintenant sur le billet “briser sa concurrence en deux”. C’est dur de vous satisfaire guys… comme dirait Kanye West: “your pleasure is my misery”
La photo et le titre n’ont absolument rien a voir avec ce petit update… si ce n’est que je viens de remplacer mon nano gris anodisé par sa nouvelle version vert pistache qui, de surcroît, lit les vidéos. Et tout ce que je peux te dire c’est: I’m in love!
3 commentsGOOD… BUT IS IT GOOD ENOUGH?

“Christian Charpy, le directeur général de l’ANPE, a indiqué, vendredi 19 octobre, que le chômage avait connu dans les banlieues une baisse “à peu près comparable” voire “légèrement supérieure” à celle de l’ensemble du pays.
“La baisse du chômage est forte depuis deux ans, elle a également été forte dans les ZUS (Zones urbaines sensibles), c’est-à-dire supérieure à 10% au cours des dernières années”, a-t-il expliqué.”
Alleluja alors? Pas si vite apparemment…
“Un constat à nuancer
Des données fournies par la Direction générale du Travail d’Île-de-France amènent à relativiser ce constat: ainsi, fin août, le nombre de demandeurs d’emploi dans les ZUS d’Île-de-France affichait une stagnation par rapport à août 2006 (+0,05%) et même une petite hausse pour les jeunes peu ou pas qualifiés (+0,27%) alors que le nombre d’inscrits global était, lui, en baisse de 10,2% sur la même période.
Même si des efforts ont été accomplis depuis les émeutes de l’automne 2005, le chômage reste deux fois plus élevé dans les ZUS.”
BRISER SA CONCURRENCE EN DEUX
“My company sells a product that’s better than the competition at a price that’s lower than the competition”
Frank Lucas
coming soon…

WHAT’S MY MOTHERFU**ING NAME?
Question existentielle aujourd’hui. Particulièrement si tu es entrepreneur, marketer ou chef de produit. Question qui donne lieu à de sportives séances de brainstorming, où à des factures particulièrement salées si tu décides d’impliquer des consultants… qui ne te diront que ce que tu as envie d’entendre by the way. Tu n’y échapperas pas: que tu veuilles créer ta marque où que tu sois responsable du “brand management” chez Barilla, tu seras immanquablement confronté à une des problématiques business les plus difficiles: comment vais-je appeler ce putain de produit… quel nom vais-je donner à cette putain d’entreprise? Pourquoi je dis de cette problématique qu’elle est une des plus difficile aujourd’hui? Parce que nous ne sommes pas tous égaux face à cet exercice. Il faut avoir une compréhension intime du marché et du client pour accoucher d’un nom qui fera mouche. Ajoute à cela une créativité, de plus en plus sollicitée par la Nouvelle Economie mais en rupture de stock, et tu obtiens la première cause des migraines qui frappent les département Marketing.
Le nom que tu décideras de donner à ta marque est d’autant plus important que le contexte économique actuel est tendu. Pour faire court: tu es un paquet de chocapic (remember?). Une grande surface moyenne gère 50 000 références différentes à partir de ses systèmes. 16 000 y sont ajoutées chaque année. You get the picture? Vas faire un tour dans le rayon dentifrice de Carrefour et mets-toi à la place d’un entrepreneur qui voudrait lancer sa propre marque en défiant Colgate Palmolive et P&G sur leurs terrains. Ca calme tout de suite… pas vrai?
Des millions d’entreprises voient le jour chaque année. Ces dernières lacent dans le même temps des centaines de milliers de produits sur autant de marchés. 200 7 n’est pas complètement mort, et la saison des fêtes promet d’être intense. Fait numéro 1: nous sommes en plein milieu de l’âge de l’abondance. Nous nageons dans surplus. Le client n’est plus seulement un petit roitelet sympathique à qui te donnerais une amicale tape dans le dos. Things change my man. Il est devenu un monarque absolu, presque de droit divin (celui de son bon plaisir). Il est le tyran que servent les Fortune 500. Il est le despote qui demande l’impossible et si t’es pas content c’est pareil. Le Web 2.0 lui donne non seulement la possibilité d’engager une conversation avec le reste de tes concurrents en 1 click, mais il lui donne aussi le pouvoir de détruire la réputation de ton produit dans des forums, des blogs what have you…
S’il est vrai qu’il n’a jamais été aussi simple de mettre sur pied une structure et de créer un prototype qui te permett de prendre le poul du marché, il n’a jamais été aussi malaisé d’attirer l’attention sur soi… ou sur son produit. C’est selon.
Comment faire?
La réponse, si elle est simple, se heurte à une mise en pratique beaucoup plus épineuse. Je me lance: il faut te différencier. et là tu dois te dire: “wow… le scoop!… merci Samir… ca valait le coup d’attendre!”. Je sais, je sais. Il n’en reste pas moins que que la différenciation est la pierre de touche d’une stratégie gagnante sur une place de marché aussi turbulente. Il y a différenciation et différenciation, cependant. Tu te rendrais un bien mauvais service en pensant faire un carton sur le marché en vendant de la cravate à pois, parce que ton voisin ne fait que de la rayée. La différenciation que j’appelle de les voeux, en tant que marketer (et nous le sommes tous), c’est une transformation beaucoup plus profonde de l’ensemble de l’expérience que tu livres à ton audience. Nike ne vends pas des chaussures en caoutchouc, Nike vends de l’émotion. Nike te vend Michael Jordan en train de d’executer un slam dunk en tirant une langue gigantesque. Question: est-ce que tu achètes encore une montre pour simplement avoir l’heure à ton poignet? Non. Commence donc par réaliser que tu ne vends pas un “produit”, mais une “experience”… où une “histoire” comme dit Nabil dans un de ses commentaires. Pour te différencier tu dois travailler sur l’ensemble des composantes de cette expérience/histoire: de la passation de commande, au sourire de ta vendeuse… de la réactivité de ton SAV à la petite note de remerciement écrite de ta main. Chaque moment de la transaction doit tendre vers la perfection. Et cette perfection commence par le nom que tu vas donner à ta marque.
Bien choisir le nom de ta marque/entreprise, c’est le premier pas vers une différenciation réussie. D’abord parce qu’il permet de renforcer (voire clarifier) ton positionnement. Qui es-tu? Que veux tu accomplir? Que vas tu faire des règles inhérentes au nouveau terrain de jeu (lire “marché”) que tu as choisi? Tu te vois plutôt comme le rebelle qui va révolutionner le monde où la discrète machine, d’une efficacité redoutable qui va émuler les pratiques du leader pour mieux le détruire (a.k.a Toyota)? C’est quoi ta came? Qu’est-ce qu’elle a de plus que les autres? Quelle est ta vision?
Ce n’est pas un hasard si certaines de ces questions te semblent philosophiques. Elle le sont. Mais philosophique ou pas, il n’en demeure pas moins qu’elles demandent des réponses précises. Une chose est sûre: tu ne feras pas l’économie de ce genre de débat avec toi même… ou avec tes équipes.
Maintenant que tu as résolu la question du positionnement, tu peux soliciter toute ta force créatrice pour l’encapsuler dans un nom. La liste qui suit constitue la vision que je me fais des attributs d’un nom de marque percutant:
1. Il doit refléter/capturer l’essence même de ton positionnement, suffisamment explicite pour que je n’ai pas à me demander, s’il s’agit d’une marque de spaghetti ou d’une crème hydratante aux extraits essentiels de jojoba.
2. Provoquant. N’hésite pas à bousculer les codes. N’hésite pas à flirter avec les limites du bon goût. Prends un maximum de risques. Le jeu en vaut la chandelle… dis-toi qu’au plus profond d’eux-mêmes, les consommateurs kiffent la provocation. Ils en bouffent au petit déj’ quand ils regardent la matinale d’une émission de télé réalité… ils la recherchent désespérément dans les journaux à scandales pour en parler au taff parce qu’ils ne peuvent la vivre. La provocation est la bouffée d’oxygène qui joue le rôle de kit de survie au milieu de cette îlot de conformisme sur lequel ils vivent. C’est, à mon sens, l’élément le plus important d’un nom de marque qui accroche.
3. Il doit encapsuler une promesse. C’est là où le talent de Frank Lucas, interprété par Denzel, prend toute sa dimension. Frank Lucas vend sa dope dans des petits sachets estampillés “Blue Magic”. Avant ça, Franck s’etait rendu compte de la qualité plus que médiocre de la poudre qui se vendait dans les rues d’Harlem. Vendue par les généraux birmans aux triades chinoises qui eux-mêmes la refilent à la Mafia italienne, qui la dispatchent à ses grossistes attitrés, qui la revendent à d’autres distributeurs en contact avec des indépendants qui la refourguent aux femmes enceintes et aux gosses de la rue. Dans le même temps, la came a été coupée autant de fois qu’elle a rencontré un intermédiaire. Résultat: la qualité finale du produit était abominable. Dangereuse même. Un chimiste avait montré à Frank comment faire la différence entre de l’héroïne pure et de l’héroïne souillée par des impuretés parfois inoffensives… souvent toxiques: quelques gouttes d’un réactif chimique suffisent à identifier la bonne dope du mauvais trip. Si la couleur vire au caramel, il y a fort à parier que le pire est passé par là. Si la poudre prend une teinte bleue violacée: bingo! 100% puro. Frank ambitionne de distribuer de l’héroïne pure numéro 4 frappé du sceau “uoglobe”, qui est à la came ce que Coca est au soft drink, dans les rues d’Harlem. Le genre d’héroïne qui prend une teinte bleutée quelques gouttes de réactif plus tard… d’où le nom de “Blue Magic”. Ce “move” fut à l’origine du succès phénoménal de la nouvelle entreprise de Frank Lucas. On faisait des kilomètres pour se procurer de la “Blue Magic”. Frank était devenu le CEO d’un des business les plus lucratifs des Etats-Unis d’Amérique… et il le sait très bien:
“Blue Magic: thats a brand name. Like Pepsi: that’s a brand name. I stand behind it. I guarantee it. They (the consumers) know that. Even if they dont know me more than they know the chairman of General Mills.”
4. Ne choisis pas le nom d’une marque dont la prononciation serait trop proche de celle d’une autre. Différencie toi jusque dans la phonétique du nom. Shoot for something unique. Voici un exemple de ce qu’il ne faut pas faire: Claris, Clarins, Claritin et Claria. Laquelle de ces marques fabrique des produits cosmétiques? Laquelle d’entre-elles vend des médicaments pour lutter contre les allergies? Laquelle crée des softwares?
5 (bonus). Guy Kawasaki recommande de choisir un nom de marque commençant par une des premières lettres de l’alphabet. Son pari est le suivant: ton entreprise participera très certainement à des salons ou à des séminaires: figurer parmi les premiers sur la liste d’invités est toujours bon à prendre selon Guy (note que je ne suis pas forcément d’accord avec lui sur ce point particulier…)
That’s all folks… je ferai un follow up de ce billet en expliquant comment Nelly, le rappeur du South, a su inclure certains de ces ingrédients quand il a créee apple bottom… to be continued
7 commentsAMERICAN GANGSTER J-1
coming soon…
1. “Magic Blue”…
c’est le nom de la dope de Frank Lucas. His brand. What a name! Le premier billet se focalisera sur le choix du nom de sa marque/produit/entreprise. Pourquoi est-ce important de bien choisir son nom? Je te donnerai quelques échantillons de ce qui se fait (s’est fait) de mieux en la matière.
2. “My company sells a product that’s better than the competition at a price that’s lower than the competition”.
Le second billet abordera le sujet de la concurrence. Je t’expliquerai comment Wal Mart a explosé le marché du saumon aux Etats Unis en créant une distorsion du marché sans précédent. Je te raconterai également quelques techniques de guérillas qu’ont utilisées des entrepreneurs pour endormir la concurrence.
3. “Frank Lucas buys directly from a source in South East Asia… cuts out the middle men… uses the military airplanes to transport pure number 4 heroin in the Unites States”
Le troisieme billet t’expliquera pourquoi il est indispensable de maîtriser/comprendre tous les aspects de la Supply Chain (chaîne d’approvisionnement) de ton produit. Certaines entreprises, comme Zara, en ont même fait un avantage concurrentiel destructeur.
En attendant, amuse toi avec ce petit widget. La bande son d’American Gangster y est en écoute. That’s pure seventies…
… you’re welcome.
5 commentsAMERICAN GANGSTER J-2
… pour les US. Pour la France tu devras attendre jusqu’au 14 Novembre.
Elle est pas mortelle cette bande annonce?
Franchement?
Annoncé comme le nouveau Scarface, “American Gangster” est attendu avec impatience par les amoureux des salles obscures. S’il tient ses promesses, il aura le privilège de rejoindre “Les Affranchis”, “Le Parrain”, “Casino”, “L’Impasse”, “Scarface”, “La Haine” ou encore “Menace 2 Society” dans la DVDthèque officielle des banlieues.
Le film raconte l’histoire de Frank Lucas, le premier parrain renoi qui, en son temps, a réussi à damer le pion à la Cosa Nostra, aux Triades et au FBI avant même que tout ce petit monde ne s’aperçoive de son existence. Pourtant, Frank vendait beaucoup plus de dope que Little Italy et Chinatown réunis!
La bande annonce que j’ai sélectionnée, pour ton bon plaisir, n’est pas la plus populaire aux Etats-Unis… mais c’est la meilleure.
Pourquoi?
Parce qu’en l’espace de deux minutes, Frank Lucas te rappelle les bases du business. Et c’est parce qu’il s’est solidement tenu à ces fondamentaux qu’il a mis la concurrence italienne et chinoise hors d’état de nuire.
Amène ton cahier d’essais et ton crayon à papier demain. Dans “American Gangster J-1″ on fera un petit tour rapide de ces piliers du marketing/business qui ont fait de Frank Lucas, le Prince de Harlem… piliers que tout entrepreneur, toute marque, tout produit (JR&M y compris) ne peuvent faire l’économie.
En attendant le “cours” de demain, en voici un qui vaut vraiment le détour: celui d’Eric de Darkplanneur. That’s what I call kick-ass marketing. Fais-toi plaisir mon fils.
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