Archive for January, 2008

JEROME KERVIEL: MON HEROS

 

Et bien oui ; il fallait bien quelqu’un pour lui rendre hommage à l’ennemi public numéro 1.
Je serai donc celui la. Tout le monde y va de son petit crachat, la presse le traite à qui mieux-mieux de voleur, le PDG de la banque le traite de terroriste, ses collègues tentent de le faire passer pour un bras cassé (ben voyons… et on s’en aperçoit seulement au bout de 8 ans) voire, pourquoi pas, pour un junior. (Ce serait bien le seul trader junior trentenaire au monde !!!). Et enfin, disgrâce suprême, « j ai vu de mes yeux vu » sa liste d’amis sur Facebook fondre plus vite que la liste des amis de Dieudonné.
Jérôme: à un moment où tu penses probablement que le monde entier t’exècre, je te fais part (et d’autres traders compte propre se joignent à moi ) de tout mon soutien mais aussi de mon profond respect.
Même ceux d’entre nous qui avons sauté quand la SG a coupé ta pose (je ne dois ma survie qu’à un coupage des pattes longues des spreads + reverse de toutes ces pattes…bref le genre de pose d’où tu ressors acclamé… ou viré) te tirent leurs chapeaux. D’ailleurs, parlons-en de cette coupe… Jérôme: les types qui ont coupé ta pose l’ont fait avec autant de subtilité et de finesse qu’un réalisateur de porno allemand : une boucherie. (cf. Mister.T dans rocky 3). Sur le premier trou, on a pensé que c’était le “downgrade” d’Ambac, mais quand ça a vraiment devissé, on était tous à re-décortiquer le Bloom et le Reuters en se demandant quelle catastrophe terroristo-nucléaire on avait bien pu rater… puis de martyriser claviers et téléphones pour savoir. On a vite su que la SG était mal, on a vite eu des estimations très précises des dégâts mais on a tous unanimement pensé “subprimes”.

Evidemment, ceux qui lisent ce papier doivent se demander ce qui pourrait bien susciter respect et félicitations dans une telle débâcle.
Tout d’abord, je constate qu’il est toujours facile d’aller féliciter John Arnold et consorts, au motif qu’ils ont battu des records et accompli quelque chose de grandiose.
Pour ce qui est des records, Jérôme, tu es venu sonner le glas de 13 années de dévotion au culte de Nick Leeson en pulvérisant haut la main son précédent record du monde (c’est un peu comme si tu avais couru le 100 m en 3.2 secondes… vraiment les gens ne se rendent pas compte !!)
4.9 milliards d’euros (7 milliards $): ça n est pas assez grandiose pour vous ? Ah! Ce sont les minuscules 2 millimètres de tiret à ajouter devant le chiffre qui vous dérangent…
2 millimètres vs 4.9 milliards (7 milliards de $): vous chipotez vraiment. Voyons les choses sous un autre angle: qu’y a-t-il de plus impressionnant qu’un gain gigantesque?…et bien, une perte gigantesque!
Et puis une perte pareille cela vous ré-étalone vite fait toutes vos unités de mesure. Avouez que quelque part, au fond de vous, les 2 milliards de John Arnold vous semblent subitement moins impressionnants qu’ils ne l’étaient avant que nous ne rencontrions Jérôme.

Georges Soros avait changé la donne: après son raid sur la livre sterling on a admis dans un coin de nos consciences qu’un trader pouvait à lui seul changer les cartes de l économie mondiale…ce fut probablement l’avènement de la surpuissance attribuée au statut de trader. Nick Leeson avait changé la donne. C’est au regard de sa “performance” que les procédures de risques des établissements du monde entier ont été repensées( séparation hiérarchique des responsabilités backo-front / appréhension du risque réel des marches dérivés etc..). John Arnold a changé la donne l’année dernière en empochant 2 milliards de $ sur un trade (short gaz). Des résultats côtés en milliards, cela existait avant John (ne serait ce que le fond Amaranth qui était sa contrepartie et qui a fait faillite en perdant 6 milliards de $ sur l’opération), mais c est la 1ere fois, depuis Soros, (et Nick bien sûr) que c’est à l actif d’un seul trader et non pas d’un groupe (fonds, banque etc..) qui plus est, pour un gain double à celui du trade de Soros sur le Sterling!
(Cette liste des “changeurs de donne” n’est pas exhaustive: il y en a eu beaucoup d autres mais ceux cités me servent à illustrer mon exemple).
Jérôme aussi vient de changer la donne: 7 milliards (les exemples étant en $ je poursuis ici en $): un trader sur les “futures” d’ indices EU.
Croyez-moi ça remet en perspective beaucoup de résultats. Pour tous les traders d’indices, cela bouleverse les notions de “un peu / beaucoup / grosse perte /gros gain”).
Des résultats de trading de cette ampleur, en gain ou en perte, sur ces marchés on en avait tout simplement jamais vus. Donc, dans notre inconscient collectif, nos risques de perte et nos espérances de gains étaient forcement indéfinis (je ne parle pas de calculs théoriques ou du fameux “sky is the limit”, la il y a un chiffre bien réel qui sert maintenant de borne étalon).

Comme j’aime les exemples sportifs, je vais en utiliser un pour vous expliquer ce que ça change. En préparation sportive on appelle cela les croyances limitatives: jusqu en 1954, personne n’avait pu courir le 1500 mètres en moins de 4 minutes. C’était une barrière mythique et infranchissable (un peu comme les 10’ au 100m). Bien entendu, personne ne pouvait sérieusement envisager de descendre sous ce seuil humainement infranchissable. Jusqu’à ce jour de 1954 où Bannister a changé la donne. Bannister court le 1500 mètres en moins de 4 minutes. C’est un exploit historique sans précèdent qui va bouleverser les repères des coureurs de mile du monde entier. Moins d’un an après Bannister, 37 autres coureurs descendent sous les 4 minutes. L’année suivante, c’est l épidémie : plus de 300 autres coureurs passent sous la barre des 4 minutes. Bannister a changé la donne dans l’esprit de tous les coureurs. Il a changé les limites et fait éclore la génération des moins de 4 minutes.

De la même manière, les 4.9 milliards d’euros de Jérôme changent inéluctablement notre approche de ces marchés (et je ne te parle même pas du changement de regard de nos départments de risques!!). Donc, j’adresse mes félicitations à Jérôme parce qu’il vient de changer la donne pour tous les traders de contrats à termes sur indices (au moins pour les traders de cac dax stoxx footsie aex!!). Il y avait un avant Jérôme Kerviel et il y aura un après Jérôme Kerviel… certainement très différent.
Ca, c’était pour les félicitations, mais je vois dans vos yeux incrédules un air de “bon ok… admettons mais du respect, faut pas pousser!!”

Je te le redis: Jérôme moi-même, et beaucoup d’autres traders, t’adressons tous nos respects. 140.000 Dax , plus d’un million d’eurostoxx!!! “Balls of Steel” (surnom de Nick Leeson sur le Symex).
Parmi les problèmes les plus récurrents que l’on rencontre en formant des traders, il y a le passage à l’ acte(faire au lieu de dire. Les apprentis traders commencent par dire quand ils pensent que ça va monter ou descendre puis quand leur pourcentage de réussite est très élevé, il leur suffit de faire; acheter ou vendre d’un simple clic de souris… au lieu de dire. Là, généralement, c’est l’hécatombe). Pour les survivants vient plus tard le problème de “l’augmentation de la taille.” (Acheter ou vendre en plus grosse quantité, faire exactement la même chose mais en plus gros…hécatombe numéro 2).
Je ne compte plus le nombre de forts en gueule que j ai vu trembler, paralysés, perdre tous leurs moyens, fondre en larmes, abandonner ou s’enfuir en courant quand était venu le temps de passer aux choses sérieuses (en l’occurrence, les choses sérieuses vont du simple “faire au lieu de dire” à l augmentation de la taille, mais je vous jure qu’on ne parle pas de 140.000 Dax ou d 1 million d’eurostoxx!!!).

Je vous imagine souriant: c est pas moi qui perdrais mes moyens…pleurer? Moi j’aurais tout arraché à leur place! ouais ouais on connaît la chanson…des raisins secs (et je vous épargne l’épisode du “junior” qui s’est “fait dessus” au sens propre). Je ne sais pas quel est le taux de chirurgiens en internat dont on découvre au final qu’il vaut mieux qu ils n’ouvrent personne (ils peuvent généralement se réorienter vers une autre voie de la médecine qui n’exige pas le charcutage des patients), mais en trading compte propre, des types qui “s’ évanouissent quand on ouvre le patient”, c est monnaie courante.

Alors Jérôme, une pensée pour tous ceux qui tremblent quand ca secoue, 140.000 Dax et plus d’un million d’ eurostoxx. BALLS OF IRIDIUM!!! (désolé de te trahir Nick surtout que tu n’imagines pas à quel point je t’ai aimé). T’as quand même du te faire un bon trip quand ta pose était “up” de 1.5 milliard (allez… avoue que tu voulais battre John Arnold! Perso si près du but, il aurait fallu m’ abattre pour que je coupe!!!)

Et dis toi que pour les soirées de traders t’auras toujours la meilleure histoire; ah oui… les gens pensent toujours que les traders passent leur temps à se raconter leurs exploits. Excusez-moi de briser un mythe, mais on a tous un faible pour les histoires horribles. Rien de tel qu’une bonne histoire sur nos trades les plus cauchemardesques.

Mais Jérôme je te dois aussi des excuses.
On était assis la à spieler nos “futures” d’indices et on t’appelait “le malade” ou “le ouf”… on ne savait pas que c’était toi: “coupes pas coupes pas y a l’autre malade qui va encore “bider” le Dax.
Certains soirs où on tradait, on aimait bien te voir tenir le marché à bout de bras, et on se disait “je sais pas ce qu’il a à tenir comme ca l’autre malade… mais si ça cave, il va morfler” .
Certaines fois on t’a même supplié quand on était dedans jusqu’au cou…”mais merde il est où l’ autre taré qui ” bid” tout le temps…??!!! Allez… s’il te plait!!!! « Bid » un bon coup… et sors moi de là!!! Merci, Merci” .
T’inquiètes, tu nous as aussi mis dedans plus d’une fois:  ”L’ enc… j’ ai pas touché le long pour mon spread” “mais merdeuuuu il va payer jusqu ou ce c..!!!” T’as même arraché “Flipper” plus d’une fois!! (juste pour ça, ça valait le coup;-) ). J’en ai passé des heures à repenser mes ratios d arbitrage mon salaud!!!

Tu vas nous manquer. J’espère sincèrement que dans toutes les salles du monde, on collera une expression te faisant référence sur un genre de trade (comme quand on dit “balls of steel” à un trader qui prend une position pas évidente).

Maintenant à la SG, ils font semblant de croire qu’ils ne savaient pas ce que tu faisais (tu parles… ils se frottaient les mains quand la pose gagnait 1.5 milliards). Ils font semblant de ne pas savoir en quoi consiste notre boulot: un trader compte propre est un parieur professionnel. On nous donne de l’argent et on nous demande de prendre des paris gagnants…ce qu’on fait…sauf quand on perd.
Dans cette histoire ceux qui tomberont ne tomberont pas seuls et tous ceux qui sont menacés ont décidé de te charger au maximum …ca fait beaucoup de monde pour sortir de la indemne; comme chantait Biggie “Mo’ money Mo’ problems”

Bon… BOI (balls of iridium), encore une fois, félicitations, respect, et comme disaient les gladiateurs a César en rentrant dans l’arène avant de combattre: “Ceux qui vont mourir te saluent”.

Affectueusement (chipotes pas tu vas en avoir bien besoin)

Erick

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LE TRANSFERT DE L’ANNEE 2008

Non le mercato n’est pas fini. Erick, le trader renoi et millionnaire préféré de JR&M a changé d’écurie. Exit eFinancialcareer… welcome to JR&M. Il viendra de temps en temps exposer ses vues sur ton blog préféré. Erick c’est un style agressif. Très agressif: on raconte que ses métaphores maléfiques lui sont soufflées par le diable en personne durant son sommeil. Il peut, en une phrase, à la fois te mettre un retentissant soufflet et te persuader de le remercier pour t’avoir fait perdre l’ouïe d’une oreille.  Si j’osais une comparaison historique je dirai de lui qu’il est le Malcolm X de la finance de haut de bilan. A côté, Booba fait office de Martin Luther King… pire: de Stéphane Pocrain. Son premier match c’est pour demain aujourdhui!!! Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il commence fort. Puisque j’ai décidé de ne pas parler de Jérôme, lui, se propose de prendre le contrepied de tout ce qui se dit dans les médias et de crier haut et fort:

“Jérome Kerviel: MON HEROS!”

Première partie: tomorrow. Stay tuned.    NOW!!!!!

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QUOTE OF THE DAY - BOOKS STILL TALKING ABOUT THEM… WILL NEVER STOP PRAISING THEM

 

De retour du Danemark (charmant pays) et toujours opérationnel. Je te raconterai dans un prochain post pourquoi je déteste SAS.  

Je n’en ai pas le temps aujourd’hui… ni l’énergie. Aujourd’hui il m’importe plus de te parler de ce que tu as dans la tête (i.e your brain) que de mes tracas au pays de Lego et de Bang & Olufsen.  Tu connais mon obsession des livres. J’ai récemment été témoin d’un phénomène extrêmement réjouissant: deux de mes meilleurs amis que je tentais de convertir à la lecture, mais qui faisaient de la résistance, s’y sont mis avec une ardeur que je ne leur connaissais pas. Tellement, qu’ils sont devenus, pour moi, les benchmark qui me permettent d’ajuster ma propre cadence. L’un deux a lu en deux semaines ce que j’ai lu en 1 mois et demi. Ca fait plaize. Réellement plaize.

J’ai l’impression d’avoir changé le monde.

C’est bon pour mon ego. Anyway, je me devais de faire un rappel à chacun et chacune aujourd’hui. Je suis toujours le fanatique que tu as connu aux  débuts de ce blog quand il s’agit de développer ta matière grise et d’y investir jusqu’au dernier de tes deniers. Tom Peters est un Guru du Management. Un vrai de vrai. Un redoutable communiquant, bourré d’amphétamines qui, à plus de soixante piges, est toujours capable de te scotcher sur ton fauteuil quand il te parle d’innovation ou de design. J’ai eu l’immense privilège d’assister à l’une de ses présentations aux Etats-Unis (ticket d’entrée: 1500 dollars). J’en suis ressorti avec des haut-le-coeur. J’en titubais. Un peu comme si j’avais fait un tour de grand-huit sans ceinture de sécurité. Tom est un lecteur vorace. Il truffe ses présentations de citations, de passages de livres pouvant étayer son propos. Voici ce qu’il dit des livres:

“Si je lis un livre qui m’a coûté $20 et que j’en retire ne serait-ce qu’une bonne idée, j’aurai fait une des  plus belles affaires de mon existence” (traduction approximative faite par ton serviteur)  

Quoi d’autre? Jim Rohn est ce que l’on peut appeler un philosophe du business. Un vrai penseur qui a fait de la gestion de carrière une discipline de vie… une philosophie qui soutient, sans rougir, la comparaison avec une Ethique de Nicomaque par exemple.  Né en 1930, il s’est trouvé, à 25 ans, endetté, perdu et sans objectif précis à atteindre. Il en avait presque perdu le goût de vivre. Jusqu’à ce qu’il fasse la rencontre d’un certain John Earl Shoaff, entrepreneur passioné et multimillionnaire qui décida de le prendre sous son aile. Résultat, Jim devint millionnaire à 31 ans après une carrière météorique au sein de la division commerciale de Shoaff… ce dernier l’avait défié d’atteindre cet objectif… il ne verra malheureusement pas son poulain l’atteindre puisqu’il mourra un an avant cette étape importante dans la vie de Jim. Ce dernier en gardera un goût amer sur le palais pour le restant de ses jours. Jim Rohn, après s’être rendu compte de l’intérêt que montraient les gens autour de lui pour son histoire personnelle, décida de se lancer dans une carrière de “motivational speaker”. Il rassemblait en congrégation des centaines, des milliers de personnes avides de connaître sa recette du “million dollar cake”. Or qu’est ce que dit Jim à ces milliers de personnes quand il les voit?

“La différence entre ta situation actuelle et celle que tu auras dans 5 ans s’expliquera par la qualité des livres que tu auras lus” (again… traduction faite par ton humble serviteur)    

Qui n’a pas lu de livre cette semaine?

P.S: A tous ceux qui m’ont envoyé des emails… please be patient with me. Je promets une réponse à tous et toutes. Just too busy right now. Thanks :)

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SAGESSE POETIQUE (BONUS)

Article écrit depuis Copenhague au Danemark

Les amateurs de poésie connaissent Omar Khayam pour ses quatrains inspirés qui sentent le vin (appelés “Robayates” en arabe, forme plurielle de Robay… spéciale dédicace aux arabisants).

Il est moins connu pour ses formidables contributions à l’astronomie, aux mathématiques, à la botanique, à la philosophie…

L’air glacé scandinave m’inspire. Je me suis levé tôt ce matin (comme tous les matins: souviens toi: dormir ou s’enrichir)…

un peu de café…

un peu de lecture…

et ce robay qui m’obsède:

J’avais sommeil. La Sagesse me dit:
“Les roses du Bonheur ne parfument jamais le sommeil.
Au lieu de t’abandonner à ce frère de la Mort,
Léve toi! Tu as l’éternité pour dormir.”

Omar Khayam

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ABAYAS + DOLCE & GABBANA = ? (Partie 2/2)

 

Abu Dhabi, of course.

Dubaï est détrônée, trop démentielle, trop agitée, un chantier à ciel ouvert interminable venu à bout des plus patients.

Abu Dhabi elle est très ambitieuse, mais reste une ville à taille humaine, une femme ultra chic, mais une femme qui n’incarne pas l’exubérance qui fait basculer ses consoeurs dans le mauvais goût. Une femme qui s’épanouit tout en harmonie.

En ville distinguée, elle a entreprit l’ouverture de 4 musées gigantesques : le Louvre par l’architecte Jean Nouvel, le Guggenheim par Frank Gehry, le Centre des arts vivants par Zaha Hadid et le musée de la mer de Tadao Ando.

La grande Mosquée Cheikh Zayed, en hommage au fondateur des EAU, incarne ce goût des choses raffinées avec ses allures de Taj Mahal, toute de marbre et de pierres précieuses incrustées. Elle côtoie des buildings comme l’Adia Tower, tour de verre abritant les services d’affectation des revenus du pétrole ….

Et elle les affecte bien …

Au point qu’une Commission sénatoriale a remis au Parlement français un rapport alarmiste sur les fonds d’investissement des pays du golfe qui représenteraient 3 000 milliards de dollars. L’Abu Dhabi Investment Authority, le plus important, est en train de tout rafler. La France tremble devant ce qu’elle considère comme, je cite, « une menace pour notre économie ».

Il détient des parts chez EADS, fait ses courses en pleine crise des subprimes, remplissant ses caddys à coup de rachats de parts, achète toute la rive gauche parisienne …

Abu Dhabi, c’est aussi le paradis des malls, ces shopping centers géants, où l’on trouve de nombreux espaces dédiés au luxe et à la beauté. Climatisés bien sûr car il n’y a que les touristes pour s’aventurer dans les souks par 40°…

Mes adresses à Abu Dhabi, là où tu as une chance de me croiser :

Emirates Palace (www.emiratespalace.com)
Chi Spa du Shangri-La (www.shangri-la.com)
Marina Mall (www.marinamall.ae)
Abu Dhabi Mall (www.abudhabi-mall.com)

Ou tout simplement sur la Corniche ….

Quant à toi, tu peux commencer par te procurer le rapport sénatorial sur www.senat.fr. (« Rapport fonds Moyen Orient »).

Tu peux aussi continuer à perfectionner ton arabe (quel arabe ?! vas-tu peut-être me dire …ce à quoi je te répondrai qu’il n’est jamais trop tard).

Enfin, tu peux viser une place au soleil, 85 % de la population d’Abu Dhabi n’étant pas émiratie, tout le monde peut donc tenter sa chance.

Rym

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ABAYAS + DOLCE & GABBANA = ? (Partie 1/2)

Sais-tu quelle est la dernière capitale à la mode ?

Non ?

Je te donne quelques indices.

Elle n’est pas occidentale. Les New York, Paris, Londres ou Genève vieillissantes peuvent donc se rhabiller.

Il s’agit d’une belle orientale.

Avant 1958, elle n’était qu’un village de pêcheurs de perles constitué de cabanes dévorées par le désert ambiant.

Elle compte à présent des forêts de buildings, des palaces dont l’indécence va jusqu’à afficher 7 étoiles, 900 mosquées dont la plus gigantesque est composée d’un millier de colonnes de marbre.

Les bédouins qui peuplaient ces contrées se déplaçaient à dos de dromadaires il y a encore 50 ans. Ils sont aujourd’hui les heureux propriétaires de berlines rutilantes.

Les belles bédouines elles, s’adonnent dorénavant à leur sport préféré ; le shopping effréné, auprès des plus grandes maisons de luxe et des plus grands joailliers qui réalisent pour elles des pièces uniques au monde.

Située sur une terre infertile et envahie par des sables galopants, elle était condamnée à rester pauvre et à survivre de la pêche.

L’or noir est passé par là.

Les réserves n’étant, hélas, pas inépuisables, ses habitants ont entrepris de conquérir le monde.

Les fonds d’investissement de ses princes régnants, dont la dynastie fondée en 1690 représente la quasi-totalité des sujets et 13% de la population, sont en train de tout racheter.

De manière plus insidieuse, car moins visible que nos amis chinois, mais de manière tout aussi redoutable. Immobilier, entreprises du CAC 40, maisons de luxe, musées et patrimoine, ils sont partout.

Elle a aussi pour ambition de devenir la capitale culturelle du Moyen-Orient, avec notamment la création de 4 musées designés par les architectes les plus réputés et l’implantation de l’université de la Sorbonne.

Dernier indice, et tu l’auras compris, dans ce paradis pour millionnaires, vers qui convergent tous les regards, la langue officielle est l’arabe, cette langue mélodieuse absolument exquise.

Alors ? tu as deviné ?

Rym

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T’ES MALADE TOI AUSSI?

 

 

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TON DIPLOME NE SERT A RIEN

 

Tu te rappelles d’Erick le jeune renoi millionnaire? Il m’a envoyé un article qu’il a publié sur eFinancialcareer. Dans un monde où l’abondance est la règle et dans lequel tu n’es qu’un paquet de chocapic parmi tant d’autres, Erick donne un point de vue provocateur…mais salutaire sur l’obsession dont certains font preuve dans l’acquisition d’un diplôme, sésame et objet de fantasmes mouillés de beaucoup d’individus. A côté, les films qu’ils se font avec Angelina sont aussi ennuyeux qu’un avis d’obsèque.

Here you go… attache ta ceinture.

Sélectionner sur le diplôme est un leurre. Vient maintenant la douche froide… Cher jeune diplômé, la première chose qu’il est vital que tu comprennes est la suivante : l’école est finie. Symptôme classique du non-sevrage : « mon diplôme me permet de prétendre à une rémunération de… » La seule chose correcte dans cette phrase est bien le verbe « prétendre » (adjectif : prétentieux ; adverbe : prétendument…). Sois réaliste ! Toi et moi savons tous les deux que des diplômes équivalents au tien s’entassent, par paquets de cent, sur les coins des bureaux de RH débordés. Sans compter que la crème des diplômés du pays est disponible gratuitement… en stage ! Bienvenue chez les dévots du profit…Je sais, cette vérité est cynique, cruelle et tout et tout… Bon maintenant, sèche tes larmes, remballe ton offuscation. La désillusion est grande mais puisque l’école des coups durs constitue un cursus accéléré, remercie-moi plutôt de te faire gagner du temps (et le temps, c’est de l’argent).C’est bon, tu m’écoutes maintenant ? Première leçon à l’attention de tout aspirant trader : beaucoup d’appelés et peu d’élus. C’est donc une com-pé-ti-tion. Prenons une analogie sportive : la formule 1. Avant la course, il y a les tours d’essais qualificatifs pour déterminer les positions sur la grille de départ. Ton diplôme est un peu comme ce tour d’essai qualificatif : tu as fait un bon chrono (un diplômé coté), tu es en bonne place sur la grille de départ. Maintenant la course commence. Quelles que soient les positions sur la grille de départ, le vainqueur sera celui qui roulera le mieux et le plus vite. Point barre. C’est bien beau d’avoir décroché la pole position aux qualifs mais si le type placé derrière toi… décide de rouler à tombeau ouvert, sans jamais ralentir dans les virages, pendant que tu conduis gentiment en pérorant que tu as obtenu la pole position aux essais, il ne faut pas en plus espérer finir sur le podium à ruisseler sous le traditionnel magnum de champagne millésimé !Quand je parcours les forums étudiants, je suis toujours atterré d’y entendre qu’avec le diplôme X, on devient trader, alors qu’avec le Y de province, on peut au mieux viser un middle office avancé. Pas étonnant qu’à chaque recrutement, je revive invariablement ce genre de discussions : « J’ai fait le X et vous ne m’avez pas pris, vous avez préféré prendre untel qui a péniblement terminé le Y. Je ne comprends pas, je suis bien meilleur que lui ! » « Ton père a fait le X, ta mère était major de promo du X comme ton grand-père d’ailleurs. Bref, ça fait cinq générations que vous obtenez le X dans la famille, et toi tu l’as eu sans distinction aucune. Maintenant, untel est arrivé en France avec ses parents à 12 ans. Personne ne parle français à la maison, son père est ouvrier à la chaîne et sa mère fait le ménage dans les bureaux. Pour mettre en perspective vos deux performances, en pondérant avec vos points de départ respectifs, il faudrait que tu décroches un Prix Nobel d’économie ! »

J’en profite aussi pour tordre le coup au refrain des étudiants en finance : « À Londres, les diplômes ne comptent pas pour devenir trader. » C’est un tout petit peu plus subtil : à Londres, les diplômes ne suffisent pas pour devenir trader. Pour reprendre l’analogie de la formule 1, la course n’a pas lieu sur un circuit fermé mais sur une route classique. La compétition y est plus ouverte, plus dense donc, et fatalement plus relevée.

Ne perds pas de vue que l’on embauche un jeune diplômé pour ce qu’on espère qu’il réalisera, (r)apportera, non pour ce qu’il a fait. Ton diplôme est une invitation à participer à une compétition, certainement pas la médaille du vainqueur. A suivre…

Erick

* Erick Tripoli, responsable du Trading compte propre chez Van der Moolen, est également conferencier au Master Trading de l’Eslsca (Paris).

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DORMIR OU S’ENRICHIR: IL FAUT CHOISIR

Lou Gerstner était un grand malade. Après avoir fait les beaux jours de Nabisco, American Express et McKinsey, il s’était mis en tête de réimaginer la façon dont IBM faisait du business. D’une entreprise totalement concentrée sur le hardware (PC, serveurs etc…) il a pris un virage à 180° vers ce qui s’appelle, encore aujourd’hui, IBM global services. D’une firme qui vendait des composants et des laptops, il a fait d’IBM une entreprise de consultants survitaminés près à se couper les veines pour satisfaire le moindre caprice des plus profitables de leurs clients. Ce qu’a fait Gerstner, c’est du génie génétique: il a litteralement modifié l’ADN d’une des plus respectables entreprises américaines. C’était en 1993. Aujourd’hui, on estime que la partie consulting d’IBM est responsable pour plus de 80% de la hausse de ses bénéfices. Comment il a fait? Lou Gerstner était un aliéné. Un dingue. Un sadomasochiste qui n’hésitait pas à se faire mal pour atteindre ses objectifs, tout comme ces moines qui, pour faire pénitence, se lardent la peau de coups de fouet.

Une légende raconte que durant un barbecue qu’il avait organisé dans sa propriété, il s’était profondément entaillé la main en découpant les steaks qu’il s’apprétait à faire griller pour ses invités. Mais il ne sembla pas y prêter attention… il continua sa besogne, comme si de rien n’était… jusqu’à ce que son épouse, venue lui apporter un peu de poivre pour assaisonner ses grillades, se rende compte de la gravité de sa blessure. Effrayée, elle entoura la main de son mari d’un chiffon humide et l’entraîna dans la salle de bain plus vite que Dr House (OK… mauvais exemple. Je sais qu’il est estropié). En bonne secouriste versée dans la science des premiers gestes qui sauvent, elle lui désinfecta la plaie avec de l’alcool. Elle s’attendait à un cri de douleur… elle dut se contenter d’un léger frisson. Le détachement dont Lou faisait preuve l’avait alarmé:  il s’était presque sectionné le pouce et pourtant il souriait:
- Ca va chéri? s’enquit elle
- Ca va. Je suis juste impatient d’être à demain.
Voilà pourquoi il n’avait pas ressenti la lame froide du couteau lui déchirer la chair: il pensait à son job. Il était obsédé par son job. Il ne vivait que pour son job. Il était l’esclave d’un maître qui, toute sa vie, l’avait grassement rétribué: il fallait voir sa putain de baraque.

Lou Gerstner dormait 4 heures par nuit.

Et toi?

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GIRLS IN THE CORPORATE WORLD

Ton objectif atteint (entrer chez Machin Truc & Co, ou mieux, être à la tête de TON Machin Truc & Co), jamais tu ne perdras de vue ce pour quoi tu es là :

Exceller, et être la reine de la basse cour.

Car des poules, je n’aime pas cette expression, mais c’est en gros la manière dont nous sommes perçues en bas de l’échelle, il y en a à foison.

On nous a longtemps abreuvé de la soi-disant meilleure intégration des femmes dans le monde du travail. En particulier de la plus grande facilité des filles rebeues/renoies à accéder aux études supérieures.

C’est qu’elles véhiculent une meilleure image tu comprends. Elles font moins peur, se fondent mieux dans la masse et, même si elles sont parfois typées, du moment qu’elles sont jolies, elles peuvent coller aux fantasmes de ceux qui les voient bien … à l’accueil …

Pure hypocrisie.

Il y a là un problème de fonds, très présent dans le monde des affaires ; la misogynie culturelle.

Lors d’une réunion à laquelle j’assistais, animée par une avocate réputée, affublée d’un pseudo ténor du barreau, ce dernier s’est permis une blague au goût salace. Alors qu’une intervenante qualifiait son équipe féminine de « bonne », celui-ci a rétorqué « je vous laisse le choix du qualificatif car nous n’avons pas testé, ah, ah, ah …». Autant dire qu’il a pris soin de chercher du regard le seul ricanement approbateur d’un des rares mâles présents (un pur sosie de La Fouine soit dit en passant).

Sache que tu entendras ce genre de propos dans tous les milieux, qu’ils soient glissés de manière plus subtile dans des milieux dits « distingués » plutôt que chez les camionneurs ne change rien.

Donc si je récapitule, tu devras apprendre à lutter contre ;

* une certaine discrimination
* une misogynie ambiante
* une concurrence féroce,

et déjouer les pièges de ce véritable parcours d’obstacles, sans te perdre en route ni y laisser tes plumes.

Tout cela dans un seul but : monter au sommet, comme une poignée d’individus cherchent à atteindre le pic de l’Everest. Mais nombreux sont les alpinistes qui n’y parviennent pas …

La clé ? une excellente préparation mentale et une persévérance à tout craint.

Mais tu vas me dire, comment éliminer les parasites qui se dressent sur ton parcours, te distinguer de tes collègues poules de base pour devenir une poule de luxe (businessement parlant j’entends), tout en sachant que l’on part avec quelques préjugés à la vie dure et avec lesquels il faut composer ?

Et tu as raison, il ne suffit pas de dresser un état des lieux.

“Que celui-là seul parle véritablement à nous,
Lequel nous enseigne ;
Et que quant à celui qui nous parle sans nous enseigner,
C’est tout de même que s’il ne nous parlait point”

Saint Augustin

Je t’indiquerai donc comment mettre toutes les chances de ton côté.

To be continued …

Rym

Independent women… remember? Juste pour le plaisir…

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