Flashback… 3h du mat’ dans un grand Hotel New Yorkais. J’ouvre lentement les yeux, réveillé par une désagréable sensation de T-shirt mouillé. Trempé de sueur, un mal de tête d’une violence phénoménale en guise de réveil, je sens comme de minuscules aiguilles qui pénétrent mon cuir chevelu pour finir leur course à l’intérieur de ma boîte cranienne. C’est toujours difficile de mettre des mots sur la douleur, mais dans ce cas précis, je me souviens distinctement avoir imaginé une prêtresse haïtienne substituant ma cervelle à sa poupée vaudou pour accomplir ses rites macabres.
Malgré toute la bonne volonté du monde, je n’arrive pas à penser droit. Une aspirine… vite. J’ouvre le minibar, saisis les hanches généreuses d’une Evian et bois goulûment à la bouteille pour mieux faire passer les deux cachetons collés sur ma langue.
Dix minutes plus tard l’étau se desserre dans ma tête. Ma pensée se clarifie. Les synapses respirent. J’accueille cette délivrance d’un soupir de soulagement. Les idées, de même que le sang affluent de nouveau sans entraves dans ma tête.
Je repense à Kerviel et à sa formidable épopée… une tragédie Grecque digne de celle de Prométhée dans laquelle le trader vit un supplice tout aussi douloureux que le Titan enchaîné sur le mont Caucase… à la différence près que l’aigle qui dévorait chaque jour le foie du fils de Thémis a été remplacé par les médias du monde entier pour notre malheureux ami de la SG. Je repense à ce qu’ Erick en a dit. Je malaxe dans mon esprit cette idée de vouloir entrer dans l’Histoire (je suis convaincu que c’est ce qu’il voulait faire)… “by any mean necessary” pour paraphraser Malcolm. D’autres que moi qualifieront cette intention (louable à mes yeux) de vile prétention.
Les adeptes du canapé et des consultations à € 275 l’heure y verront, eux, la conséquence directe d’une enfance frustrée, d’un désir réprimé de vouloir s’accoupler avec sa propre mère, de fantasmes de grandeur visant à compenser la petitesse de l’intelligence, où de celle d’autre chose (I’ll let you guess what it is…)
Je ne suis pas de ceux-là. Comme Jérôme et ceux qui soutiennent sa folie des grandeurs, je veux apporter ma pierre à l’édifice de l’Histoire with a capital “H” (sounds silly? yeah I’d rather be silly with a million in the bank… not you?). J’avoue: j’ai fait de mon ego le nord de ma boussole… le GPS qui oriente et dirige chacune de mes décisions. Je ne me tape pas que des chocapics le matin ma gueule. Je me nourris également de cette conviction absolument mégalo (mais j’assume) que j’ai été mis sur Terre pour une raison bien précise (dont un des effets latéraux est le pilotage d’une R8 ).
To make a long story short, je suis atteint de ce que George Soros appelle le complexe messianique. Une sorte de conviction intime et personnelle que tu peux faire changer l’axe de rotation du Monde par le simple exercice de ta volonté. Dans le cas de George, ce complexe se manifeste dans l’accomplissement de ses oeuvres caritatives. Voici ce qu’il en dit dans son autobiographie:
“C’est moi qui ait choisi d’être le bienfaiteur désintéressé que je suis devenu. J’en retire une jouissance toute particulière. Je continue à nourrir une certaine représentation de moi-même: celle d’un demi-dieu évoluant dans des sphères supérieures qui défend le bien et lutte contre le mal. J’ai déjà parlé de mes fantasmes messianiques. Je n’en ai pas honte. Le monde serait un endroit bien triste sans ce type de fantasmes. S’ils ne restent que des fantasmes, ils me permettent toutefois de frôler l’Olympe et d’echapper à mon humanité. Pour moi, le plus grand bénéfice de donner au travers de ma fondation c’est celui de reprendre contact avec l’humanité”
George Soros (p.143)
Tu penses que Soros est un grand malade?
Attends de voir ce qu’ Oprah Winfrey a dit d’elle même:
“Je me vois comme l’instrument d’une Volonté supérieure… j’essaie vraiment de rester connectée à cette idée et d’en faire la pierre de touche de mon existence. Toute ma vie j’ai toujours su que j’étais né pour accomplir de grandes choses.”
Si tu penses qu’Oprah est une aliénée trop imbue d’elle-même, listen to Mohamed Ali:
“Je suis l’être le plus incroyable qui ait jamais vu le jour à la surface de cette Terre. Je suis tellement bon que je n’ai pas une seule marque sur mon visage. J’ai fait tremblé le monde à moi tout seul”
Et si tu penses que Mohamed Ali en fait trop, voici ce que Kanye West a dit lors d’un Saturday Night Live (une des émissions de grande écoute sur le paysage audiovisuel US) :
“Le plus grand Show de la Planète, c’est MOI“
Kanye est convaincu d’être le sauveur du Hip-Hop, il a la certitude d’avoir été choisi par une puissance divine pour élever le niveau d’un genre qu’il considère moribond:
“Je pourrais me complaire dans des productions de sons médiocres comme ce qu’il se fait maintenant. Ma vie n’en serait que plus facile. Mais vous ne seriez pas aussi satisfaits que vous l’êtes maintenant. Votre divertissement ne serait pas plein et entier. Votre bon plaisir est ma propre misère”
A ceux qui l’accusent de mégalomanie il répond sans ambage:
“En Amérique, on veut que tu accomplisses des choses extraordinaires, que tu fasses des tours de magie à la David Copperfield. On veut que je sois le plus fort, mais l’on n’apprécie pas que je dise que je le suis”
Quel est le point commun entre Soros, Ali, Oprah et Kanye? L’épaisseur du portefeuille. Le nombre de zéros sur le compte en banque.
Certains d’entre nous ont une Destinée. D’autres pas. Si tu penses en avoir une, c’est que tu es probablement investis d’une mission (qu’elle quelle soit). Si ce genre de croyance t’est complètement étrangère… c’est que tu es certainement condamné à vivre ta vie avec le reste de ceux et celles qui regardent le film de l’Histoire se dérouler en Technicolor… au lieu d’y prendre part.
Sorry ma gueule.
C’est difficile de fabriquer ce genre de croyance. Certains psychanalystes disent que c’est la maman qui sème les graines du complexe messianique chez l’enfant… toi-même tu sais à quoi je me réfère:
“Ti é le plus bo mon fils… ti é le plus intelligent… ti é le plus fort… ti va divinir li prisident de la Fronce”
D’autres (dont je fais partie) pensent que l’on peut se manipuler soi-même en instillant cette croyance. Il s’agit en fait de reformater son système de valeurs en créant des fichiers par un processus de répétition continue d’une affirmation…
Exemple:
- Je suis le meilleur trader que la Terre ait jamais porté. Erick n’a qu’à bien se tenir.
- Je vais réinventer le monde du Web 2.0 à moi tout seul. Je vais faire une OPA sur Google et laisser Larry Page comme un clodo dans la rue faire la manche.
- Je vais faire plier Bernard Arnault et lui racheter LVMH par la seule force de mon intelligence. Je vais lui faire mettre un genou à terre et il me suppliera de le laisser partir avec ses vêtements.
Exercice: Repeat your belief every morning when you admire yourself in the mirror…
un peu comme le receveur du film “Any Given Sunday” d’Oliver Stone qui se regarde dans le miroir du vestiaire juste avant la finale du Super Bowl et se répète inlassablement:
“Je suis le meilleur receveur que la Terre ait jamais porté…
Je suis le meilleur receveur que la Terre ait jamais porté…
Je suis le meilleur receveur que la Terre ait jamais porté…
Je suis le meilleur receveur que la Terre ait jamais porté…”
Méthodologie d’une simplicité enfantine mais redoutablement efficace… by the way elle est même recommandée par the Greatest Champion ever:
“C’est la répétition d’une affirmation qui génère la croyance. Une fois que cette croyance se transforme en conviction profonde, les choses commencent à changer autour de toi”
Mohamed Ali
And you… do you feel you have a Destiny?











25 February 2008
que du bonheur de te lire… thanks
25 February 2008
on l’a attendu ce post et ca valait le coup !
les principe de la méthode Coué sont mêmes repris dans les travaux de recherche de la Programation Neuro Linguistique
Un autre bon exemple, de cet état d’esprit est l’actuel star française du foot : Karim Benzema, ses premiéres phrases dans les vestiaires de son club ont marqués les esprits, et tout le monde connait la suite :
“Ne rigolez pas, je suis là pour prendre votre place !”
Mais dans “Ego trip”, il y a Trip aussi, autrement ca peut rapidement viré à l’excés de confiance, clin d’oeil à nos amis Trader
Selon moi, l’égo est la marque des grands, qui alimente motivation et ambition, basta. Une fois sur le ring, c’est surtout remise en cause de soi et humilité….Un peu contradictoire, pas plus que faire sauter la Banque d’Angleterre, puis s’investire dans l’humanitaire …
25 February 2008
Speechless…As usual.
25 February 2008
trop bon ce post. bravo Sam!!
25 February 2008
Pas mal l’article…Ca valait le coup d’attendre…
25 February 2008
Like attracts Like en fait. Tu dis et penses ce que tu veux dans ta vie et hop, c’est réglé, tu l’as. On est des aimants, le tout c’est de vouloir les grandes choses. Ma destiny à moi c’est tout ça: big, wide, more.
25 February 2008
Thank you people.
En bonus, cette histoire (vraie) arrivée à Mohamed Ali (pour qui j’ai une immense admiration).
Mohamed Ali avait pris place dans un avion pour une destination lointaine. L’avion étant sur le point de décoller l’hôtesse de l’air passe dans les rangs pour vérifier que tous les passagers ont bien attaché leurs ceintures.
Arrivant au niveau de Mohamed Ali est lui dit:
- Attachez votre ceinture Mr Ali
- Pourquoi? lui répond il, Superman n’a pas besoin de ceinture.
- Il n’a pas besoin de prendre l’avion non plus Mr Ali.
;-)
s.
25 February 2008
EH Samir!!! t’es le plus grand salopard que la terre n’est jamais porté!!!
Teint toi les cheveux blondin!!
26 February 2008
Salut Samir,
Ton post m’a fait penser a une phrase que j’avais lu:
http://www.brainyquote.com/quotes/quotes/j/johndrock147462.html
Phrase qui semble de circonstance.
Cheers,
A.
26 February 2008
Moha ;-)
AK47: love this quote
s.
28 February 2008
Aïe! Chez moi, la sauce ne prend vraiment pas…je suis toujours aussi Ikéa, H&M, Swatch en plastique, toujours pas de voiture (ni de permis d’ailleurs, problème de strabisme oblige),…toujours étudiante, toujours persuadée de l’utilité de la recherche, surtout en Sciences sociales et humaines….
Désolée, mais je n’ai même pas remarqué le problème du site (cf. le email reçu il y a 10 minutes)….j’étais recluse dans ma cellule de doctorante, avec pour seuls compagnons, mes milliers de pages à lire et mon fidèle ordinateur.
Dites, docteur, c’est sérieux?
Mais, je compatis de tout coeur avec Jérôme Kerviel….et Marcel Ospel, qui vient de se prendre une magnifique volée de bois verts pendant plus de 4 heures hier matin…Je ne suis donc peut-être pas encore un cas complètement désespéré….;-)))
28 February 2008
On t’aime quand même parasitounet.
Et Marcel mérite bien sa “volée de bois vert”… cet abruti m’a fait perdre de l’argent.
s.
28 February 2008
Alors, t’aurais dû être présent à Bâles hier matin! C’était en direct sur la TSR. Plusieurs actionnaires s’en sont pris assez violemment à lui et l’un d’entre eux a même voulu lui remettre un code des obligations en mains propres, mais les sécuritas l’ont empêché d’approcher la tribune. Dans la foulée, tu aurais pu lui proposer quelques-unes de tes bonnes lectures, histoire de le faire revenir sur terre!
Ce n’était peut-être pas évident, mais mon commentaire était ironique. Honnêtement, beaucoup considèrent Ospel comme un simple parvenu. Apparemment, les quelques bons “coups” de sa carrière étaient essentiellement dûs à la chance. En même temps, même dans ces cas-là, il faut savoir la saisir, ce qui prouvent qu’il n’est pas complètement idiot. Mais, il serait loin d’avoir le génie des affaires qui pourrait justifier les salaires faramineux qu’il s’est octroyés ces dernières années et l’arrogance toute zürichoise dont il gratifie tout le monde.
28 February 2008
Finally !!!
It was about time…toujours aussi bon d’avoir sa dose de JRM.
Excellent l’article sur l’ego trip et puis si comme Ali tu penses que tu es le greatest of all time, bienvenue au club.
It’s our time to shine…
One
29 February 2008
@Parasite universitaire helvétique
Dis moi pourrais tu m’expliquer l’utilité de la recherche en Sciences sociales et humaines ? L’intérêt je le vois clairement. Mais l’utilité, en tout cas directe je ne la vois pas clairement.
Quelle valeur ajoutée à qui - personne privée ou entreprise, tu peux apporter par rapport à une personne qui ne fais pas de la recherche à proprement parlé mais qui se contente d’être bon observateur ?
Je tiens à préciser que si je pose cette question c’est par intérêt sincère pour ta réponse et non pas pour simplement dénigrer ton domaine :).
29 February 2008
“Je me vois comme l’instrument d’une Volonté supérieure… j’essaie vraiment de rester connecter [...].”
connectée ?
29 February 2008
Variocam: 20/20 en Dictée ;-)
J’ai fait la modif.
Txs
s.
29 February 2008
Salut Samir,
a quand le prochain article, on en demande encore plus pour le prochain post … :)
29 February 2008
@Toto,
Je ne prends pas mal du tout ta question et pour dire la vérité, j’ai l’habitude d’entendre dire que les sciences sociales et humaines ne servent à rien, d’où mon commentaire un peu ironique et même mon pseudo auto-dérisoire.
En fait, tu me poses une très vaste question qui demanderait une réponse plus détaillée que je ne peux le faire juste maintenant (il est vraiment tard et je viens de passer toute une journée à écouter des présentations de professeurs à une série de séminaires). De manière générale, je dirais que les chercheurs en sciences sociales et humaines ont deux avantages sur le bon observateur actif dans l’industrie en tant que professionnel dans son domaine. Ce qui ne veut pas dire que l’on repousse du revers de la main les apports théoriques et pratiques de ces acteurs. Au contraire, ils sont de plus en plus souvent associés à ces recherches, souvent commanditées par les entreprises-mêmes.
Le premier, c’est le temps dont disposent les universitaires. Ils ont en général plusieurs mois, voir années, pour concevoir et mener des recherches de terrain souvent très pointues.
Le deuxième, c’est la hauteur de vue. Leur perspective ne se restreint pas à la pratique quotidienne d’un métier, mais l’englobe, en général, dans une réflexion plus large qui prend en compte d’autres domaines et pratiques parallèles, ce qui permet aussi de faire ressortir des aspects à la fois micro (au niveau individuel) et macro (au niveau sociétal ou systémique) d’un phénomène ou de tendances.
Pour donner un exemple un peu plus concret, il existe en ce moment, un programme à MIT (Boston, USA), dirigé par le professeur Henry Jenkins, sur la problématique de ce qu’on appelle la culture de convergence dans l’industrie des médias et du divertissement. Il s’agit d’étudier la manière dont les contenus circulent d’une plateforme médias à une autre et de rendre compte des mouvements des consommateurs, qui, eux aussi, ont tendance à jongler avec ces technologies et à se balader d’un service à l’autre, sans que l’on puisse, pour l’instant, dire avec certitude quels seront les tendances à court ou à long terme. Pour l’instant, la plupart des “experts” se perdent en conjectures contradictoires diverses et l’industrie dépensent des milliards pour essayer de bétonner ses arrières (ex: la bataille Sony-Toshiba autour du format HD pour les futurs DVD) Sans compter que les utilisateurs ont la plus ou moins fâcheuse tendance de produire et de faire circuler à moindres frais leurs propres contenus, souvent de manière communautaires, faisant parfois directement concurrence aux “professionnels”. Plusieurs gros acteurs, tels que Microsoft, Sony, EA,… sont parties prenantes de ce programme Culture Convergence Consortium (3C), car ils y voient justement un intérêt. En ce moment, les majors de l’industrie des médias et du divertissement font face à un défi important, celui de la direction que prendront les usages des nouvelles technologies et donc de savoir comment adapter leurs modèles de commercialisation des univers fictionnels (ou franchise pour dire les choses plus crûment). Or, pour aborder une problématique qui combine les questions des usages des technologies et de la réception des contenus, il faut des approches beaucoup plus fines que n’en proposent les seules études de marchés ou de marketing (sans pour autant les dénigrer d’aucune manière). Les études des publics et la sociologie des usages, entre autres. Et aussi beaucoup plus de temps que n’en ont les gens qui travaillent au sein de ces grandes entreprises.
Finalement, d’une autre manière, un grand nombre de recherches sont utilisées régulièrement dans le domaine économique. Je pense notamment à la publicité et au marketing, deux domaines qui doivent beaucoup aux recherches en psychologie et sociologie ainsi qu’en info-com de ces 40 dernières années. Je pense aussi à la très sérieuse question, dans une société orientée informations, du “knowledge management” ou gestion de la connaissance au sein d’une entreprise. Là, aussi, les théories développées en sociologie, anthropologie, psychologie et philosophie sont mises à contribution afin d’éviter que des “bibliothèques” entières ne brûlent à chaque fois qu’un employé, quelle que soit sa position dans la hiérarchie, ne quitte une compagnie, grande ou petite. Ici, le concept de “connaissances” ne renvoient pas seulement aux compétences intellectuelles, mais aussi à la familiarité de la personne avec les mécanismes internes du fonctionnement et de la culture de l’entreprise. Même si les théories développées par les universitaires en sciences humaines et sociales ne trouvent pas toujours directement une application dans le domaine économique juste au moment où elles sont conçues, cela ne veut pas non plus dire qu’elles restent au fond des bibliothèques à prendre la poussière. Très souvent, elles finissent par s’infiltrer dans les pratiques professionnelles, souvent par des chemins détournés, mais aussi parfois tout simplement du fait de l’évolution de la discipline académique-même.
Bon, j’espère que j’ai répondu quelque peu à ta question. Si c’est un peu trop brouillon, n’hésite pas à le dire. Je suis complètement crevée et saturée, alors il se peut que je perde un peu de cohérence en route. Mais, comme demain, je n’aurai pas l’occasion de te répondre, je tenais quand même à le faire encore maintenant. Désolée aussi de la longueur du propos, mais j’ai beaucoup de mal à être brève sur ce genre de question, d’autant plus lorsqu’il est presque minuit….Bonne soirée!
18 August 2008
Puissant.