Archive for July, 2008

MANAGER PAR LA PEUR (Partie 1/2)

Ice…Ice… Baby…

Au moment où j’écris cette page, j’ai comme des bourdonnements de nostalgie qui me serrent la gorge… une sensation des plus étranges, où se mêlent des images de mon enfance, des situations de tendresse… des moments de solitude et d’embarras aussi… des moments sur lesquels on abat l’aile de l’indulgence avec le recul.

Ces bagarres perdues… ces bonbons volés à la boulangère… ces boîtes aux lettres brûlées pour prouver aux autres gamins du quartier qu’on traînait une vraie salamandre dans le haut du jean… ces matchs de foot interminables… les fins de journées à l’école primaire… les mamans qui te faisaient passer ton goûter à travers le portail de l’école… les Mr Freeze… les batailles de sarbacanes en classe… ces premières filles devant qui l’on prenait des airs de bonhommes, imitant la démarche d’un grand du quartier, fronçant les sourcils et gonflant les pecs, persuadés que l’on transformait ainsi nos petits corps de vers prépubères en un appât irrésistible auquel mordraient les plus bonnes carpes de l’étang… ce que l’on pouvait être ridicule… ce que l’on pouvait être attachant. Je me souviens même de la première fille qui m’a fait kiffer. J’avais 8 ans. Elle en avait 16. Elle portait un T-shirt Benetton. C’est comme ça que je l’appelais d’ailleurs… Benetton. Handicapé par un analphabétisme fonctionnel quand il s’agissait de conter fleurette, j’avais tenté de faire comprendre à Benetton qu’elle me plaisait en la frappant et en l’insultant (c’est bon…oh… on est tous passé par là hein!) Of course, it didn’t work… je me demande où elle peut bien être aujourd’hui…

Et là tu te dis « Samir a forcé sur le Lavazza… il a fait une overdose de nounours à la fraise… »

Presque… revoir ce clip de Vanilla Ice a remué quelque chose dans mon intestin grêle. Cela a exhumé des milliers de courts-métrages de mon enfance que je pensais à jamais perdu dans le caveau de ma mémoire, déchaînant par la même occasion les muscles de mes mimines d’ordinaire si peu dociles une fois passée une certaine heure de la nuit.

Manager par la peur… Vanilla Ice… quel est le rapport ? Tu dois, une fois de plus, te dire que Samir ne parle pas du sujet… je ne fais que de parler du sujet. Je suis en plein dedans.

Suge Knight est le fondateur de Death Row, un des labels hip-hop les plus mythiques de l’histoire du genre, berceau des premiers faits d’arme de Dre (The Chronic) de Snoop Dogg (Doggystyle), 2Pac (All eyez on me) et Tha Dogg Pound. Personnage controversé, condamné à plusieurs reprises pour vol de voiture, port d’armes illégal et autres ignominies que lui ont inspirés ses années de jeunesses passées dans un gang de Compton.

Suge l’avait mauvaise.

Après avoir entendu le « smash hit » de Vanilla Ice, il s’est convaincu que le rappeur blanc avait samplé le titre d’un des artistes de Death Row pour obtenir le « beat » addictif « d’Ice… Ice » que tout le monde s’injectait sur les dance floors. MTV passait le son en boucle, les radios en avaient fait leur chouchou… une pluie d’or se déversait sur Vanilla Ice.

Mais Suge voulait récupérer son dû… tout du moins, la partie qui lui revenait de droit. Suge a alors commencé une campagne d’intimidation intensive. Vanilla Ice se rendit rapidement compte que partout où il  allait, Suge était là… accompagné de quelques potes à lui bâtis comme des poteaux électriques. Que ce soit au restaurant, dans un club huppé de Miami ou dans une station service, « Vanilla » n’avait qu’à le chercher des yeux pour trouver Suge, ostensiblement armé, en train de taper un casse dalle ou discuter une meuf avant de s’interrompre et faire un léger signe de la main du genre « t’inquiètes, je t’ai à l’œil ».

Le message était plus que limpide :
«Je sais où tu es, ou tu vas, qui tu fréquentes, où tu manges, où tu vas faire ton plein d’essence. Je peux t’atteindre n’importe où. Tu es à ma merci. Résister est inutile »
« Vanilla » montrait des signes de nervosité croissants… il était tétanisé à chaque fois qu’il se trouvait en présence du colossal président de Death Row (Suge est le diminutif de Sugar Bear… nounours en sucre… surnom hérité de son enfance qui ne correspond pas à la réalité de Mr. Knight adulte qui mesure 1m93 pour 150 kg).

Ce petit manège dura quelque temps jusqu’au jour où « Sugar Bear » et ses accolytes décidèrent de kidnapper Vanilla Ice. Suge préfère utiliser le terme « convoquer ». Il s’agissait de parler business avant tout… le lieu des tractations avait été soigneusement sélectionné: une chambre d’hôtel du Centre Ville au 20ème étage. Durant la négociation, un point de discorde en apparence insolvable bloqua les discussions… Mr Ice se montrait trop gourmand. Suge décida qu’il était dans l’intérêt des deux parties de suspendre Vanilla par les pieds au balcon de la chambre d’hôtel… histoire d’aérer ses neurones . Cette stratégie s’est avérée payante pour notre nounours à la saccharose… Vanilla Ice a reconnu qu’une part significative des droits de Ice…Ice… Baby devait être reversée à Death Row…

Voici comment Vanilla Ice décrivit à la presse nationale américaine ce qu’il avait ressenti sur le moment : « j’aurai aimé porter une couche ce jour là. J’ai eu vraiment peur »

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MANAGER PAR LA PEUR (Partie 1/2)

Politiquement incorrect. Impopulaire au possible. Procédés d’une rare violence remettant au goût du jour une torture de basse intensité laissant des séquelles psychologiques irréversibles.

Idéologiquement nauséabond à en croire les gourous du management. 

Mais TERRIBLEMENT EFFICACE pour celui qui veut s’aventurer du côté obscur de la force. 

Warning: this is not for everyone guys…

P.S: Les archives fonctionnent de nouveau ma gueule. Tu peux de nouveau te faire plaisir en allant déterrer les articles des mois précédents 

COMING SOON

 

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INTRODUCING THE NEW MANIFESTO

Still working on it… it’s going to be HUGE people. Pour vous mettre l’eau à la bouche voici la couverture… encore mieux que la bande annonce de Batman the Dark Knight

 

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LES FONDAMENTAUX (Partie 2/2)

Note préliminaire: pour mieux apprécier et comprendre cet article tu auras besoin de (re)lire celui-ci.

Je venais d’arriver à New York.

J’étais encore subjugué par son opulence, ses buildings à t’en donner des torticolis, ses formidables propriétés énergisantes qui auraient fait monter Roselyne au créneau, persuadée qu’une population aussi excitée ne pouvait l’être que parce qu’on vaporisait de la taurine dans les bouches de métro. New York ne dort jamais. Au sortir des soirées aux alentours de 4h du mat’ tu trouveras des vendeurs de mechoui égyptiens qui consentent à te refiler une brochette de dinde graisseuse contre 5 dollars. C’est trop cher pour ce que c’est, mais c’est suffisant pour calmer les cris plaintifs d’un estomac astreint à un régime liquide ces 8 dernières heures.

Manhattan te met le cerveau en ébullition… comme un rail de “cc”. Elle booste tes 5 sens: la vue, l’odorat, le toucher, l’ouïe… le goût. Au point d’entendre cette fille de l’autre côté du bar, mâcher une olive qu’elle vient de faire disparaître dans sa bouche avec la moité du cure-dent sur lequel elle était empalée.    

Il était 20h. Mon pote et moi nous étions donné rendez vous à Vento.  Un restaurant italien classe au croisement entre 9th avenue et 14th street. J’étais en avance. L’ambiance était cozy quoiqu’un peu bruyante. Je m’étais assis au bar et patientais en sirotant un jus d’ananas, zyeutant la terasse du restaurant où j’avais la ferme intention de dîner: la soirée était belle et le spectacle à l’extérieur, effervescent… tout comme ce groupe de femmes débarquant au milieu de rires aux éclats et conduit par deux mâles serrés dans des costumes clairs, l’un gris, l’autre beige et dont les cols de chemises, ouvert de deux boutons, attestaient que la soirée serait décontractée et chaude. 2 mecs pour 6 femmes… ça n’intriguait pas que moi. Cette faune attirait irrepressiblement les regards des autres clients. D’autant plus que ces 2 chanceux semblaient avoir du goût. Souleymane le magnifique aurait échangé Belgrade contre ce harem ambulant. 

20h15… mon s7ab arrive enfin.

- Wech Samir? Bien?

- Hamdou… regarde ce qui se passe à té-cô… lui glissais-je en sortant ma carte de crédit pour payer mes consommations avant de passer à table.

- Ben trankill… ça se fait plaize.

- N’est-ce pas? Et dis toi que…

- Hey je connais cette banque… c’est ma banque. Cette phrase a été prononcé avec un fort accent british. Je me retourne pour voir l’impoli qui m’a interrompu… et me rend compte que c’était un des deux accompagnateurs de ces dames. Celui en costar gris.

- Comment ça, votre banque…? Je n’avais pas encore d’American Express (je venais d’arriver… je payais donc avec une vieille CB Crédit Lyonnais qui m’avait toujours accompagné, qu’il pleuve ou qu’il vente sur mon compte en banque de petit étudiant fauché… facilité de caisse de 300 euros oblige) 

- Sorry… je me présente Simon P. je travaille pour Calyon à Honk Kong. Simon me tend une business card… Calyon est le fruit de la fusion entre les activités du Crédit Agricole et du Crédit Lyonnais dans les domaines de l’investment banking. C’est pour ça que je te disais que c’était ma banque ça… en voyant ta carte.

- OK. Qu’est ce qu’un mec comme toi fait à New York? Honk Kong c’est loin.

- Entertaining customers! (Traduction: *Je divertis mes clients*)… il avait pointé son verre vers la tribu d’amazones qu’il escortait.

- T’embauches? Je peux être ton esclave… ou le leur c’est comme tu veux. Ca c’était mon pote qui avait laissé s’exprimer ce qu’il traine dans le haut du jean avant d’avoir tourné 7 fois sa langue dans sa bouche.

- HAHAHAHAHA… no thanks. Elles te mangeraient tout cru. Believe me! I’m doing you a favor here.

- Qu’est-ce que tu fais à Honk Kong Simon? Et ça… c’était ma curiosité qui faisait des siennes

- I find great companies and I invest in them

- Cool. T’as un conseil à me donner pour investir en Asie

- Sure! Shanghai Electric. Ils vont devenir les prochains General Electric. C’est garanti. Achète maintenant et garde pour les 15 prochaines années. Buy and hold… c’est ce qu’il faut faire… pas comme ces donkeys qui vendent et achètent dans la même journée parce que tout le monde vend ou achète… ce sont des sheeps! Nothing else.

N.B: voici le cours d’évolution de Shanghai Electric 

- Buy and hold, huh? A la Warren Buffett.

- Exactly. Quand tu aimes une entreprise, pourquoi tu vas vendre? Hein? Explain it to me! En parlant de Warren Buffett et des spéculateurs écervelés, tu connais l’histoire du “Oil man” qui va au paradis?

- Nope

- OK. J’ai entendu cette histoire de Warren Buffett qui la tenait lui-même de son mentor Benjamin Graham.

- T’as été à Omaha? A l’Assemblée des actionnaires de Berkshire Hattaway?

- No. OK, j’ai lu cette histoire… je ne l’ai pas entendue de la bouche même de Warren Buffett

- OK

- C’est l’histoire d’un “oil man” qui arrive aux portes du paradis. Il y rencontre leur gardien qui s’enquit de son nom et de sa profession. Le gardien, après avoir consulté son registre lui dit, l’air désolé: “vous me voyez confus monsieur. Tout est en ordre pour que vous puissiez accéder au paradis mais nous avons un léger problème. Vous voyez cette antichambre? Elle est réservée à tous les prospecteurs de pétrole qui attendent leur tour pour entrer au paradis… et il n’y a vraiment plus de place, pas même pour une personne. Notre “oil man” réfléchit…. puis demanda au gardien: “voyez-vous un inconvénient à ce que je dise 4 mots à ces messieurs. Rien que 4 mots”. Le gardien accepta volontiers, et l’oil man s’executa: il plaça ses mains à hauteur de sa bouche comme il l’aurait fait d’un haut parleur et hurla: “PETROLE DECOUVERT EN ENFER”. A ces mots, l’antichambres des prospecteurs de pétrole se vida plus vite qu’il ne faut de temps pour épeller le mot “oil”, ses occupant en étaient sortis en se bousculant fiévreusement, en se montant les uns sur les autres… on aurait dit un lâché de taureaux à Pampelune. Le gardien des portes du Paradis regarda, incrédule, notre ami “l’oil man” et lui dit: “c’était une bonne idée! L’antichambre est maintenant vide de tout occupant. Vous pouvez vous y installer tranquillement”. Ce à quoi l’oil man répondit en se grattant la tête: “mmmm. Non. Vous savez quoi? Je crois que je vais aller avec eux. Les voir se précipiter comme ça… mmm… il doit y avoir un peu de vrai dans cette rumeur après tout”

  

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YOUR PLEASURE IS MY MISERY

J’ai reçu une volée de plaintes au sujet des archives de JR&M qui ne fonctionnent plus. Après vérificaton: it’s true.

Apologies…

Je vais mettre un coup de pied dans la fourmillière des programmeurs aux US pour que tu puisses de nouveau jouer les archéologues et fouiller les vestiges du blog :)

Pour les plus impatient(e)s, la fonction “Search” fonctionne toujours. Tu peux utiliser cet outil de manière temporaire… si tu sais quel article tu recherches… ou quel terme. Tu peux faire une recherche sur Erick par exemple.

On another (completetely unuseful) note… petit échange dans le couloir qui menait à mon bureau ce matin:

Elle: Salut Samir

Lui: Salut

Elle: On mange ensemble tout à l’heure, je t’invite! Je connais une super terrasse aux Eaux-Vives…

Lui: Très tentant… malheureusement j’ai des choses de prévues pour midi

Elle: Et demain?

Lui: Non plus…

Elle: La semaine prochaine alors?

Lui: Tu sais quoi… mes lunchs sont plutôt pris jusqu’à…. mmmm… *checking my agenda on this beauty* …. mmm… mi-août. OK for you?

Elle: OK… T’es le president de la république, ou bien? *et ouais ma gueule… en Suisse ils mettent des “ou bien” n’importe où dans leurs phrases* … WOW!!! J’avais pas vu les pompes.

*Ah oui… je me suis payé une paire de “loafers” Louis Vuitton qui oriente irresistiblement les regards des passant(e)s vers ma voute plantaire… here is why

By the way, messieurs, cet été les chaussures se portent sans chaussettes… especially in Milano.*

Elle (continued): C’est vraiment dommage qu’on puisse pas manger ensemble

Lui: Lunch is for wimps

Elle: Pardon?

Lui: Never mind. Je t’appelle.. OK?

Elle: OK… pas en 2009 stp quand même… plaisanta-t-elle dans un sourire polaire… tellement que c’en était ostentatoire.

A couple of hours later in my office…

Il est maintenant 12:15. Et voilà ce que je me tape en guise de lunch…

Je sais ce que t’es en train de te dire: “that’s it??!!!”… et ouais. That’s it! Et c’est de ta faute! Si je me vois contraint de refuser “the irrefusable”, à savoir un lunch avec une héritière suissesse à moitié iranienne, c’est parce que je travaille activement pour ton bon plaisir ma gueule. Je galère pour terminer ce putain de nouveau Manifeste… et j’y consacre tous mes lunchs ces derniers temps.

Anyway… là je prends une pause dans l’écriture de mon nouvel opus. J’ai voulu que tu saches ce qu’il m’en coûte de te satisfaire. J’ai voulu partager avec toi cette délicieuse frustration dont tu es entièrement et exclusivement responsable. Mais je te kiffe quand même…

Cette petite pause m’a donné l’occasion de parcourir les pages d’un vieux numéro de “How to spend it”:

…et je suis tombé sur une page qui m’a donné des frissons de plaisir… une pub qui est un hommage à ceux et celles qui ont subi les sarcasmes de la conseillère de désorientation et du professeur principal et qui, aujourd’hui, changent le monde et profitent à l’excès des plaisirs qu’il offre… (NB: spéciale dédicace à ceux et celles qui “vont passer l’été en Bretagne” et essaient de te faire croire qu’ils kiffent)

Une pub qui semble taillée pour les Jeunes Renois Millionnaires à qui l’on prédisait un avenir radieux comme agent de sécurité à Monoprix… see for yourself

“Proving my teachers wrong”… that’s a SICK ad… luv it. La vengeance est un plat qui se mange froid. La Vendetta a commencé… tu kifferais pas croiser ce prof (tu sais duquel je parle) au volant de ta Bentley quand lui affiche 210 000 km au compteur de sa vieille Clio? Un truc de malade. La vengeance aux deux visage II.

Je me détends aussi en lisant quelques emails…

Je viens d’ailleurs de recevoir une missive de Julie qui, connaissant mes penchants, m’a fait parvenir ce lien. La “Mendes” est en couverture du dernier numéro de Jack… dans lequel elle a fait offrande de son corps à l’objectif d’un chanceux. My favourite pic? Celle où elle ne porte, pour tout vêtement, qu’une bague sertie d’une pierre démesurée. Une femme nue, simplement vêtue de bijoux… ça me rappelle un passage des “fleurs maladives” de Charles:

“La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.”

Si tu veux lire la suite c’est par ici

Gotta go… pour tu sais quoi (grrrrrrrr…)

Mais comme le dit si bien Kanye: your pleasure is my misery.

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AIM HIGH (Partie 4/4)

Enregistrement fait dans le rush (I got a meeting right now)… hope you'll like it

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FIRST JR&M PODCAST

Prends un thé à la menthe… press play.

Enjoy!

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AIM HIGH (Partie 3/4)

Cette dernière troisième partie est beaucoup moins personnelle que les deux premières. Elle n’en contient pas moins de perles de sagesse qui, j’en suis sûr, t’amèneront à changer ton comportement et la façon dont tu te fixes des objectifs… qu’ils soient personnels ou business (ne me demande pas quelle est la différence entre les deux… je n’en fais pas pour ma part).

Certaines personalités reviennent plus souvent que d’autres sur JR&M. Warren Buffet, Dee Hock, Peter Drucker, Carlos Ghosn, Machiavel… tous ont contribué à structurer mon intelligence d’une certaine façon. Le conseil que m’a prodigué mon mentor en début de carrière s’est vu confirmé par la pensée de ces hommes remarquables.

Commençons par Carlos Ghosn. J’ai conseillé à plusieurs de mes lecteurs/lectrices le livre qu’il a coécrit avec Philippe Riès. Tous ceux et celles qui ont englouti les 438 pages de “Citoyen du Monde” m’ont avoué ne plus être les mêmes personnes. That’s the magic of books.

Le passage du livre qui nous intéresse aujourd’hui relate les premiers pas de Ghosn chez Renault:

“Quand il recrute Carlos Ghosn, Renault s’est déjà fixé pour objectif de réduire de 3000 francs (environ 460 euros) en moyenne le prix de “sortie” de chaque véhicule fabriqué.

Quand je suis arrivé le plan 3000 francs était en préparation. Je l’ai adopté complètement mais j’ai proposé à Louis Schweitzer d’aller plus loin, sans pour autant compromettre les investissements dans la technologie ou la qualité. Le plan 20 milliards que nous avons annoncé trois mois plus tard, en mars 97, est né d’une amplification de ce projet initial. Ce plan de Renault avait un certain nombre de composants mais la principale était la réduction des coûts qui m’était confiée. J’ai apporté ma contribution très vite avec un rythme, avec des actions, des responsabilités, des échéances. Les gens se sont dits “le nouveau veut faire bouger les choses.”

On passe du plan 3000 francs… au plan 20 milliards. Quite a difference, right? Mais voici que les corbeaux de malheur se mettent à coasser… à rechigner… à transpirer… extrait:

 

Au cours d’une réunion, j’avais estimé le potentiel du plan à 20 milliards de francs et je me souviens très bien que quelqu’un a dit “vous devez vous tromper de zéro, il doit s’agir de deux milliards pas de vingt”. Le chiffre leur paraissait extravagant. Renault vendait alors 2.1 ou 2.2 millions de voitures. 20 milliards cela signifiait une réduction des coûts de 9000 à 10 000 francs par voiture en trois an. Certains se sont dit: “Il va se planter, il déraille, il ne sait pas qu’ici il faut présenter l’objectif le plus conservateur possible pour être certain de le réaliser”. Je leur répondais: “vous aurez ce que vous demandez et si vous placez la barre très bas, vous obtiendrez une très basse performance. A condition de bien réfléchir, vous avez une chance d’obtenir de meilleurs résultats en plaçant la barre plus haut.” Ils pensaient que je débarquais et que si j’échouais je serai “carbonisé”. A tous les niveaux, il y avait pas mal de scepticisme. Même les gens très proches de moi se demandaient si c’était bien prudent

La suite tu la connais… le plan 20 milliards même s’il a répandu le sang (fermeture de l’usine de Vilvorde en Belgique) a été un succès induscutable. A fucking “slam dunk” pour le libano-brésilien.

La dernière partie (for real… ce sera la dernière partie :) ) sera consacrée à une petite histoire de Peter Drucker… et à un passage du Prince de Machiavel.

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AIM HIGH (Partie 2/4)

Résumé de l’épisode précédent… Samir présente ses « findings » concernant la valeur théorique d’une entreprise « ABC » devant la baronnie de son entreprise. Il fera suivre cette analyse par des recommandations sur le « turn around plan » visant à booster la valeur du business de « ABC » en vue d’une potentielle plus value à la revente (si acquisition il y a)…

Attention ca tourne…

Moteur…

Action…

L’angoisse des premières minutes passées, la main qui tremblait était soudain devenue ferme, autoritaire presque. Elle accompagnait les mots qui sortaient au pas de charge de mes lèvres auxquelles (j’en étais convaincu) les trois-quarts de l’audience était suspendu… C’était un sentiment proche de l’orgasme. Mes pensées s’articulaient avec une précision de métronome : mes « slides » défilaient avec la même aisance feinte qu’un mannequin de Lagerlfeld. Je me souviens encore des transitions… des mots clés que j’avais volontairement mis en gras pour qu’ils déclenchent, au moment où ils frappaient ma rétine, les idées soigneusement rangées dans les tiroirs numérotées de ma cervelle. En bref, je gérais grave… jusqu’à ce fameux tackle inattendu à la 90ème minute… j’étais en train de conclure mes recommandations sur l’optimisation du Working Capital Requirement (BFR pour les non-anglophones) par un chiffre : 5 millions Euros.

- Wait a sec Samir… l’accent Londonien de mon boss m’avait stoppé net

- Sure… avais-je répondu dans un demi-sourire qui ne parvenait pas à camoufler le début d’un malaise

- 5 million Euros of inventory reduction ? Out of what? 70 million total? What’s that? Around 7%? Are you kiddin’ me? Everybody knows those people are sloppy at managing their inventory. You have to shoot for 3 times that figure.

- You mean… 15 million euros… ? (question bête… j’étais jeune)

- Yes.

- OK.

Toute la présentation s’était déroulée sans accrocs… jusqu’à cette balayette exécutée sur la place publique. J’avais la grina… je retournais à mon bureau la mort dans l’âme… les idées sombres… je maudissais mon boss et son costar Paul Smith. Je m’imaginais en train de lui verser du bromure dans son thé twinings sa mère… « Pourquoi il m’a pas averti avant cet enculé de sa maman »… je ruminais ma rage secrètement quand mon téléphone s’est mis à sonner… c’était mon boss.

- Hey mate… you gotta a minute ? putain de british sa mère… ils ont cette grâce naturelle complètement désarmante qui te donne envie de les embrasser juste après qu’ils t’aient poignardé dans le foie. J’étais comme une midinette qui maudissait les hommes après avoir eu le cœur brisé… mais qui aurait parcouru 450 km de nuit en 205 GTI pour rejoindre son amoureux juste apres qu’il m’ait avoué se taper une autre.

- Of course.

- Come to my office.

Mon boss c’était la classe. J’ai plus appris de ce mec que de tous les bouquins que j’ai pu lire. Un leader né… charismatique, beau gosse, prodigieusement intelligent et doué d’un sixième sens : la capacité de lire dans les pensées de l’autre. Oui tu as bien lu. Ce type est capable de te cerner au bout de 5 minutes… forces, faiblesses, profil de personnalité… un vrai psychologue. Avec la différence significative que, lui, pratique cette science dans son propre intérêt. Pas le tien.

- Samir… man… you were great today

- Thanks! (je t’avais pas dit… il flingue)

- But I had to teach you this lesson mate… in front of everybody so you never forget. Never, ever sandbag the numbers because you want to be conservative and don’t want to look bad if you don’t achieve them.

- Well… I just operated under the principle “under promise and overdeliver”

- That’s fucking rubbish. That’s bullshit man. There are only two kind of people in the world: the ones who wake up in the morning and say to themselves “Be good. Be safe”. And the ones who wake up in the morning and say to themselves: “Take a risk. Be great”. There’s only one kind that I like. I don’t want you to fall into the wrong category.

- OK… thanks for the advise.

- I tell you something else… if you set yourself low objectives you’re more than likely to achieve them. And it’s BAD BUSINESS. Why? Because you never really push yourself. You know Michelangelo?

- Yeah I do

- Right… Michelangelo used to say one thing that is always on my mind… it accompanies me everywhere I go: “The greatest danger for most of us is not that our aim is too high and we miss it, but that our aim is too low and we reach it.”

“Le plus grand danger qui nous guette n’est pas de nous assigner un objectif trop ambitieux et de le manquer… mais de nous assigner un objectif trop facilement atteignable…et de l’atteindre”

Médite ces paroles ma gueule…

Je te concocte une troisième partie sur ce même sujet qui, tu t’en es douté, me tient particulièrement à cœur.

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AIM HIGH (Partie 1/4)

Je m’en souviens comme si c’était hier.

Mon premier boss (qui est, depuis, resté mon mentor) m’avait donné la lourde tâche de réaliser l’évaluation d’une entreprise en couplant celle-ci à un turn-around plan. Le plan était censé mettre en évidence ces gemmes enfouies dans le sable de l’inefficience bureaucratique créée par un Management en place qui favorisera toujours le statut quo.

La tâche était délicate parce qu’elle me mettait d’emblée sous les feux des projecteurs à un âge où tu manges encore des petits suisses et où ta mamam repasse toujours tes chemises… (OK, j’avoue… j’ai jamais vraiment dépassé cet âge…)

Je n’avais à ma disposition que des informations publiques genre rapport annuel, infos glanées sur Google et le corporate website. J’étais motivé. Je voulais faire les choses bien. J’avais donc réservé ma soirée, éteint mon portable pour éviter les coups de fil intempestif d’affolantes tentatrices. Je me suis alors plongé dans la balance sheet et les cash flow statements avec délice. La complexité de la tâche me ravissait. L’eau était tiède… Je m’étais versé du coca dans un verre à vin tout en écoutant du Bach… je venais de faire l’acquisition d’un canapé trois places en cuir noir directement importé d’Italie et m’enfonçais dans ses plis satinés… pour me relever 5 minutes après et entammer une petite marche circulaire autour de la table basse de mon salon… je pense mieux en marchant. Il est d’ailleurs prouvé que la marche favorise le reflux sanguin dans les neurones… et donc l’inspiration.

Quand une idée me venait, je me rasseyais pour éplucher la pile de documents que j’avais ramenées du bureau. Je prenais des notes… je déduisais les revenus exceptionnels liés à des ventes d’actifs et qui ne se matérialiseraient pas les années suivantes, je surlignais les niveaux de stocks qui me paraissaient anormaux… je rentrais mes projections dans ma “spreadsheet”… je jonglais avec les WACC, TRI et autres acronymes du métier.

J’étais dans mon élément.

Deux jours plus tard… présentation de mes “findings” au sommet. Mon boss (un britannique) est présent, accompagné d’autres Vice Presidents. Les plateaux de petits fours sont passés de la main à la main, les cafés sont servis… à l’exception des cains-ri qui préferent toujours un Diet Coke “on the rocks”, aux arômes puissants d’un ristretto. Chose étonnante à mes yeux, personne ne parle. Ils semblent tous se soucier davantage de leurs besoins organiques que de l’usage du “small talk” et du serrage de pinces. Pas de “how is it going”, ni de “long time no see”… tout ce petit monde s’affaire dans un silence qui n’est pas sans rappeler les repas funèbres. Wait a minute… et si c’était moi qu’on enterrait? J’en avais des sueurs dans le dos. Ma main droite tremblait irrepressiblement… on aurait dit une vache folle. Les bourreaux avaient tous pris place autour d’une table gigantesque et rectangulaire ou je me voyais déjà étendu pour être écartelé et cuisiner à la “moyen-ageuse”. “Lance toi putain…” je me disais… histoire de me remonter à bloc.

Je repensais à ce putain de grand plongeoir et tous les gamins de la classe qui me regardaient…

- Hello gentlemen. Thanks for coming. My intention today is to present you…

La suite tomorrow….

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