
Je m’en souviens comme si c’était hier.
Mon premier boss (qui est, depuis, resté mon mentor) m’avait donné la lourde tâche de réaliser l’évaluation d’une entreprise en couplant celle-ci à un turn-around plan. Le plan était censé mettre en évidence ces gemmes enfouies dans le sable de l’inefficience bureaucratique créée par un Management en place qui favorisera toujours le statut quo.
La tâche était délicate parce qu’elle me mettait d’emblée sous les feux des projecteurs à un âge où tu manges encore des petits suisses et où ta mamam repasse toujours tes chemises… (OK, j’avoue… j’ai jamais vraiment dépassé cet âge…)
Je n’avais à ma disposition que des informations publiques genre rapport annuel, infos glanées sur Google et le corporate website. J’étais motivé. Je voulais faire les choses bien. J’avais donc réservé ma soirée, éteint mon portable pour éviter les coups de fil intempestif d’affolantes tentatrices. Je me suis alors plongé dans la balance sheet et les cash flow statements avec délice. La complexité de la tâche me ravissait. L’eau était tiède… Je m’étais versé du coca dans un verre à vin tout en écoutant du Bach… je venais de faire l’acquisition d’un canapé trois places en cuir noir directement importé d’Italie et m’enfonçais dans ses plis satinés… pour me relever 5 minutes après et entammer une petite marche circulaire autour de la table basse de mon salon… je pense mieux en marchant. Il est d’ailleurs prouvé que la marche favorise le reflux sanguin dans les neurones… et donc l’inspiration.
Quand une idée me venait, je me rasseyais pour éplucher la pile de documents que j’avais ramenées du bureau. Je prenais des notes… je déduisais les revenus exceptionnels liés à des ventes d’actifs et qui ne se matérialiseraient pas les années suivantes, je surlignais les niveaux de stocks qui me paraissaient anormaux… je rentrais mes projections dans ma “spreadsheet”… je jonglais avec les WACC, TRI et autres acronymes du métier.
J’étais dans mon élément.
Deux jours plus tard… présentation de mes “findings” au sommet. Mon boss (un britannique) est présent, accompagné d’autres Vice Presidents. Les plateaux de petits fours sont passés de la main à la main, les cafés sont servis… à l’exception des cains-ri qui préferent toujours un Diet Coke “on the rocks”, aux arômes puissants d’un ristretto. Chose étonnante à mes yeux, personne ne parle. Ils semblent tous se soucier davantage de leurs besoins organiques que de l’usage du “small talk” et du serrage de pinces. Pas de “how is it going”, ni de “long time no see”… tout ce petit monde s’affaire dans un silence qui n’est pas sans rappeler les repas funèbres. Wait a minute… et si c’était moi qu’on enterrait? J’en avais des sueurs dans le dos. Ma main droite tremblait irrepressiblement… on aurait dit une vache folle. Les bourreaux avaient tous pris place autour d’une table gigantesque et rectangulaire ou je me voyais déjà étendu pour être écartelé et cuisiner à la “moyen-ageuse”. “Lance toi putain…” je me disais… histoire de me remonter à bloc.
Je repensais à ce putain de grand plongeoir et tous les gamins de la classe qui me regardaient…
- Hello gentlemen. Thanks for coming. My intention today is to present you…
La suite tomorrow….










4 July 2008
Cette attente est insoutenable
5 July 2008
moi je pari qu’il va parler d’un sujet à propos du fait d’atteindre des sommets.
6 July 2008
Ain’t No Mountain High Enough…
6 July 2008
Voilà, j’ai relu le blog en entier, histoire de bien commencer les “vacances”… très utile.
Çà flingue sa maman !! mdrr XD
7 July 2008
T’as fini de nous faire poireauter comme ca oui!!!!!
8 July 2008
Wouaaaa tout se casse la geul c’est la fin du monde ! Avec les cours d’aujourd’hui je comprend que t’ai d’autre souci que mettre en ligne la suite de l’article :-P
Bon je vois l’ubs très très bas j’ai acheté 50 actions à moins de 20 CHF (Bah oui je suis un petit porteur) et je prie pour que les russes leur confie leurs fonds souverain… ça devrai stimuler un peu le cour de leurs actions lol Enfin… mais comme on dit “tant que ta pas vendu t’as rien perdu” :-D
au fait à quand un nouvel Article d’Erik ?
8 July 2008
C moi ou c’est quand même un article très personnel çà ?..
Après tout, c’est avec les tripes que l’on peint ou que l’on écrit le mieux :)
8 July 2008
Olivier,
qu’ils aillent se faire enc*** l’UBS. Ils m’ont fait perdre une fortune ces empaffes. Believe me, a moins de 20 CH, t’as fait une affaire. L’entreprise est sous evaluee… ils ont essaye de sauver les meubles en obtenant un credit d’impot de 3 milliars qui leur a permis d’eviter de publier des resultats dans le rouge (consensus des analystes)… mais a 20 CHF en theorie tu viens d’acquerir la division Wealth Management (qui vaut 20 CHF a elle toute seule) ce qui veut dire que tu as mis dans ta poche, et ceci gratuitement, les divisions investment banking (dont certains veulent se separer) et la banque details. Un conseil HOLD ON TO THEM. Ne fais pas la betise de vendre trop vite
10 July 2008
Pas pour tout de suite l’article Olivier;)
Mais bientot mieux (talk is cheap)
Mes condoleances pour UBS. Samir salutations a Otto de ma part (allez c est pas grave ;))
22 August 2008
Je viens de lire ton manifeste, et je me pose une question en lisant ce post : tu réfutes dans ton manifeste l’idée même de mentor et pourtant tu viens de prouver qu’il peut-être un élément très structurant …
ou peut-être ai-je mal compris.
22 August 2008
Ivan,
Merci pour ton commentaire.
Je ne réfute pas l’idée du mentor dans mon Manifeste. J’ai le privilège d’en avoir qquns dans différents domaines et je pense que c’est la meilleure façon de grandir professionnellement et personnellement. Ce que je dis dans mon Manifeste, c’est que le modèle du mentor est sérieusement remis en cause par le contexte business actuel. Je ne dis pas qu’il ne fonctionne pas… je dis simplement que trouver un individu qui veuille prendre la peine de te guider devient de plus en plus difficile, ces mentors étant, eux mêmes très occupés