
Résumé de l’épisode précédent… Samir présente ses « findings » concernant la valeur théorique d’une entreprise « ABC » devant la baronnie de son entreprise. Il fera suivre cette analyse par des recommandations sur le « turn around plan » visant à booster la valeur du business de « ABC » en vue d’une potentielle plus value à la revente (si acquisition il y a)…
Attention ca tourne…
Moteur…
Action…
L’angoisse des premières minutes passées, la main qui tremblait était soudain devenue ferme, autoritaire presque. Elle accompagnait les mots qui sortaient au pas de charge de mes lèvres auxquelles (j’en étais convaincu) les trois-quarts de l’audience était suspendu… C’était un sentiment proche de l’orgasme. Mes pensées s’articulaient avec une précision de métronome : mes « slides » défilaient avec la même aisance feinte qu’un mannequin de Lagerlfeld. Je me souviens encore des transitions… des mots clés que j’avais volontairement mis en gras pour qu’ils déclenchent, au moment où ils frappaient ma rétine, les idées soigneusement rangées dans les tiroirs numérotées de ma cervelle. En bref, je gérais grave… jusqu’à ce fameux tackle inattendu à la 90ème minute… j’étais en train de conclure mes recommandations sur l’optimisation du Working Capital Requirement (BFR pour les non-anglophones) par un chiffre : 5 millions Euros.
- Wait a sec Samir… l’accent Londonien de mon boss m’avait stoppé net
- Sure… avais-je répondu dans un demi-sourire qui ne parvenait pas à camoufler le début d’un malaise
- 5 million Euros of inventory reduction ? Out of what? 70 million total? What’s that? Around 7%? Are you kiddin’ me? Everybody knows those people are sloppy at managing their inventory. You have to shoot for 3 times that figure.
- You mean… 15 million euros… ? (question bête… j’étais jeune)
- Yes.
- OK.
Toute la présentation s’était déroulée sans accrocs… jusqu’à cette balayette exécutée sur la place publique. J’avais la grina… je retournais à mon bureau la mort dans l’âme… les idées sombres… je maudissais mon boss et son costar Paul Smith. Je m’imaginais en train de lui verser du bromure dans son thé twinings sa mère… « Pourquoi il m’a pas averti avant cet enculé de sa maman »… je ruminais ma rage secrètement quand mon téléphone s’est mis à sonner… c’était mon boss.
- Hey mate… you gotta a minute ? putain de british sa mère… ils ont cette grâce naturelle complètement désarmante qui te donne envie de les embrasser juste après qu’ils t’aient poignardé dans le foie. J’étais comme une midinette qui maudissait les hommes après avoir eu le cœur brisé… mais qui aurait parcouru 450 km de nuit en 205 GTI pour rejoindre son amoureux juste apres qu’il m’ait avoué se taper une autre.
- Of course.
- Come to my office.
Mon boss c’était la classe. J’ai plus appris de ce mec que de tous les bouquins que j’ai pu lire. Un leader né… charismatique, beau gosse, prodigieusement intelligent et doué d’un sixième sens : la capacité de lire dans les pensées de l’autre. Oui tu as bien lu. Ce type est capable de te cerner au bout de 5 minutes… forces, faiblesses, profil de personnalité… un vrai psychologue. Avec la différence significative que, lui, pratique cette science dans son propre intérêt. Pas le tien.
- Samir… man… you were great today
- Thanks! (je t’avais pas dit… il flingue)
- But I had to teach you this lesson mate… in front of everybody so you never forget. Never, ever sandbag the numbers because you want to be conservative and don’t want to look bad if you don’t achieve them.
- Well… I just operated under the principle “under promise and overdeliver”
- That’s fucking rubbish. That’s bullshit man. There are only two kind of people in the world: the ones who wake up in the morning and say to themselves “Be good. Be safe”. And the ones who wake up in the morning and say to themselves: “Take a risk. Be great”. There’s only one kind that I like. I don’t want you to fall into the wrong category.
- OK… thanks for the advise.
- I tell you something else… if you set yourself low objectives you’re more than likely to achieve them. And it’s BAD BUSINESS. Why? Because you never really push yourself. You know Michelangelo?
- Yeah I do
- Right… Michelangelo used to say one thing that is always on my mind… it accompanies me everywhere I go: “The greatest danger for most of us is not that our aim is too high and we miss it, but that our aim is too low and we reach it.”
“Le plus grand danger qui nous guette n’est pas de nous assigner un objectif trop ambitieux et de le manquer… mais de nous assigner un objectif trop facilement atteignable…et de l’atteindre”
Médite ces paroles ma gueule…
Je te concocte une troisième partie sur ce même sujet qui, tu t’en es douté, me tient particulièrement à cœur.










9 July 2008
Bon, est-il utile de préciser que je suis so d’accord avec toi que s’en est ridicule?
Ca me rappelle une histoire parmi plein d’autres que tu as du lire aussi. Un type qui bossait dans une boite de pub en tant que ‘runner’ et qui a démissionné du jour au lendemain en disant à son boss ‘je me casse, je vais être un grand batteur’.
Stupeur, le boss lui dit ‘ah, mais j’ignorais que tu jouais à la batterie’.
‘Non, je ne joue pas. Mais je vais’.
Rien d’exceptionnel, sauf que ce type n’était autre que celui qui allait devenir le talentueux Ginger Baker, batteur du groupe Cream fondé notamment par Eric Clapton.
Alors-alors… dans son shaker y’avait quoi?:
- de l’Aim High
- du Take a risk
- du Be great
Puis il a rajouté une grosse dose de
- Hard Work
- et de Commitment
Et surement aussi une une micro-pincée de:
- chance ou plutôt de “be there at the right place, at the right time” (mais ça c’est autre débat).
9 July 2008
Je suppose que seulles les personnes qui n’ont pas vraiment connu l’orgasme peuvent faire une comparaison aussi éloignée de la réalité.
Malheureusement rien ne peut être comparé à l’orgasme.
9 July 2008
Alors c’est que tu n’as, toi, jamais connu cette sensation de jouissance fébrile consécutive à la réalisation d’un acte qui va déboucher sur l’acquisition de plus de money money money…
Comme le dit Gekko dans Wall Street :
“ma première affaire immobilière, au bout de deux ans je l’ai revendue avec plus de 800k$ de bénéfices. C’était meilleur que la baise.”
Il te reste donc à découvrir cela cher Toto ;)
9 July 2008
n’importe quoi.
J’ai pas besoin de citation à la noix pour savoir ça.
Super, le type a fait $800K de benef. wow… et parce qu’il dit que c’est mieux que la baise on doit le croire ?
You should start to think for yourself and not let other do the thinking… à méditer “cher stephane”
Peu importe l’argent que tu fait et le succes que tu as, ça ne vaudra jamais ce plaisir naturel qui n’égal absolument rien d’autre.
Maintenant trouve moi une autre citation pour me dire le contraire… à croire que vous apprenez à vivre dans les romances des autres….
9 July 2008
J’ajouterai que des citations de ce genre on en trouve partout et pour tout; il ne faut pas forcément les prendre au pied de la lettre….
9 July 2008
Houlala… tu n’as rien compris.
Samir a rapporté quelque chose qu’il a vécu, et moi aussi, en certaines circonstances je crois qu’il est difficile de trouver meilleure sensation que le sentiment de réussite.
DONC je ME retrouve dans ce qu’écrit Samir, ou dans ce que Gekko dit, ou… etc… etc…
Pas toi visiblement, tant pis (ou tant mieux ça dépend).
9 July 2008
J’ai au contraire très bien compris.
Mais il était inutile d’être pédant et de me sortir une citation pour affirmer tout simplement que la réussite te fait kiffer.
Quoiqu’il en soit, I rest my case, peu importe la réussite que l’on a, la sensation n’égalera jamais un orgasme.
La comparaison n’a aucun sens de toute façon.
Après tu pourras croire que ça veut dire que tu as eut plus de réussite que moi. What ever suits your boat.
9 July 2008
Uh uh, faites vous des bisous les gars :-))
Joke apart, je rajoute mon grain de sel, et je dois dire que comparer la réussite d’un deal de folie à celle d’un orgasme physique, est somme toute très subjectif, donc détendons-nous. En ce qui me concerne, je crois pouvoir dire être accro au sexe (qui ne l’est pas?) mais je rejoins Samir et Stephane apparemment: tenir une audience suspendue à ses lèvres comme si l’on était le messie, ou conclure un deal qui dépasse l’entendement sur lequel t’as poussé tes limites de la réflexion et de l’intelligence, et bien oui, la sensation qui en découle est proche de l’orgasme, i.e., exaltation et euphorie.
Mais cela n’engage que celle qui le proclame, et je le dis sans agressivité aucune.
10 July 2008
Plus je réfléchis, et plus je me dis que les futurs millionnaires qui lisent ce blog (quand ils ont le temps) ne sont peut être pas ceux qui commentent le plus…
12 July 2008
Ca c’est un putain d’article de sa mère la chauve comme j’aime en lire merci Samir voila ce que j’appelle porter la bonne parole
Je croyais que je savais tout, mais fuck j’étais dans la wrong category
12 July 2008
On ne sais jamais tout :)
C’est vrai que c’est un putain d’article !