Ice…Ice… Baby…
Au moment où j’écris cette page, j’ai comme des bourdonnements de nostalgie qui me serrent la gorge… une sensation des plus étranges, où se mêlent des images de mon enfance, des situations de tendresse… des moments de solitude et d’embarras aussi… des moments sur lesquels on abat l’aile de l’indulgence avec le recul.
Ces bagarres perdues… ces bonbons volés à la boulangère… ces boîtes aux lettres brûlées pour prouver aux autres gamins du quartier qu’on traînait une vraie salamandre dans le haut du jean… ces matchs de foot interminables… les fins de journées à l’école primaire… les mamans qui te faisaient passer ton goûter à travers le portail de l’école… les Mr Freeze… les batailles de sarbacanes en classe… ces premières filles devant qui l’on prenait des airs de bonhommes, imitant la démarche d’un grand du quartier, fronçant les sourcils et gonflant les pecs, persuadés que l’on transformait ainsi nos petits corps de vers prépubères en un appât irrésistible auquel mordraient les plus bonnes carpes de l’étang… ce que l’on pouvait être ridicule… ce que l’on pouvait être attachant. Je me souviens même de la première fille qui m’a fait kiffer. J’avais 8 ans. Elle en avait 16. Elle portait un T-shirt Benetton. C’est comme ça que je l’appelais d’ailleurs… Benetton. Handicapé par un analphabétisme fonctionnel quand il s’agissait de conter fleurette, j’avais tenté de faire comprendre à Benetton qu’elle me plaisait en la frappant et en l’insultant (c’est bon…oh… on est tous passé par là hein!) Of course, it didn’t work… je me demande où elle peut bien être aujourd’hui…
Et là tu te dis « Samir a forcé sur le Lavazza… il a fait une overdose de nounours à la fraise… »
Presque… revoir ce clip de Vanilla Ice a remué quelque chose dans mon intestin grêle. Cela a exhumé des milliers de courts-métrages de mon enfance que je pensais à jamais perdu dans le caveau de ma mémoire, déchaînant par la même occasion les muscles de mes mimines d’ordinaire si peu dociles une fois passée une certaine heure de la nuit.
Manager par la peur… Vanilla Ice… quel est le rapport ? Tu dois, une fois de plus, te dire que Samir ne parle pas du sujet… je ne fais que de parler du sujet. Je suis en plein dedans.
Suge Knight est le fondateur de Death Row, un des labels hip-hop les plus mythiques de l’histoire du genre, berceau des premiers faits d’arme de Dre (The Chronic) de Snoop Dogg (Doggystyle), 2Pac (All eyez on me) et Tha Dogg Pound. Personnage controversé, condamné à plusieurs reprises pour vol de voiture, port d’armes illégal et autres ignominies que lui ont inspirés ses années de jeunesses passées dans un gang de Compton.
Suge l’avait mauvaise.
Après avoir entendu le « smash hit » de Vanilla Ice, il s’est convaincu que le rappeur blanc avait samplé le titre d’un des artistes de Death Row pour obtenir le « beat » addictif « d’Ice… Ice » que tout le monde s’injectait sur les dance floors. MTV passait le son en boucle, les radios en avaient fait leur chouchou… une pluie d’or se déversait sur Vanilla Ice.
Mais Suge voulait récupérer son dû… tout du moins, la partie qui lui revenait de droit. Suge a alors commencé une campagne d’intimidation intensive. Vanilla Ice se rendit rapidement compte que partout où il allait, Suge était là… accompagné de quelques potes à lui bâtis comme des poteaux électriques. Que ce soit au restaurant, dans un club huppé de Miami ou dans une station service, « Vanilla » n’avait qu’à le chercher des yeux pour trouver Suge, ostensiblement armé, en train de taper un casse dalle ou discuter une meuf avant de s’interrompre et faire un léger signe de la main du genre « t’inquiètes, je t’ai à l’œil ».
Le message était plus que limpide :
«Je sais où tu es, ou tu vas, qui tu fréquentes, où tu manges, où tu vas faire ton plein d’essence. Je peux t’atteindre n’importe où. Tu es à ma merci. Résister est inutile »
« Vanilla » montrait des signes de nervosité croissants… il était tétanisé à chaque fois qu’il se trouvait en présence du colossal président de Death Row (Suge est le diminutif de Sugar Bear… nounours en sucre… surnom hérité de son enfance qui ne correspond pas à la réalité de Mr. Knight adulte qui mesure 1m93 pour 150 kg).

Ce petit manège dura quelque temps jusqu’au jour où « Sugar Bear » et ses accolytes décidèrent de kidnapper Vanilla Ice. Suge préfère utiliser le terme « convoquer ». Il s’agissait de parler business avant tout… le lieu des tractations avait été soigneusement sélectionné: une chambre d’hôtel du Centre Ville au 20ème étage. Durant la négociation, un point de discorde en apparence insolvable bloqua les discussions… Mr Ice se montrait trop gourmand. Suge décida qu’il était dans l’intérêt des deux parties de suspendre Vanilla par les pieds au balcon de la chambre d’hôtel… histoire d’aérer ses neurones . Cette stratégie s’est avérée payante pour notre nounours à la saccharose… Vanilla Ice a reconnu qu’une part significative des droits de Ice…Ice… Baby devait être reversée à Death Row…
Voici comment Vanilla Ice décrivit à la presse nationale américaine ce qu’il avait ressenti sur le moment : « j’aurai aimé porter une couche ce jour là. J’ai eu vraiment peur »










30 July 2008
“j’avais tenté de faire comprendre à Benetton qu’elle te plaisait en la frappant”
Qu’elle me plaisait, à moi ?
“Tu dois, une fois de plus, Samir ne parle pas du sujet…”
Samir parle certainement du sujet mais Samir oublie également certainement quelques mots…
“en train de taper un casse dalle ou discuter une meuf”
Discuter une meuf ? trop d’anglais te ferait-il oublier ton français (je crois en effet reconnaître ici une manière “anglaise” de dire les choses).
“le lieu des tractations avait été soigneusement sélectionné : une chambre d’hôtel”
Un détail sûrement mais en typographie il n’y pas d’espace avant un “:”, seulement après.
La typographie est une discipline passionante.
30 July 2008
Variocam a.k.a Bernard Pivot,
“Discuter une meuf” est une expression utilisee par ceeux qui son en train de reinventer une partie de la langue francaise. On innove beaucoup dans les banlieues.
Maitrisant un tout petit peu la langue de Shakespeare, je ne vois pas a quelle expression tu fais allusion… pas du tout meme.
Pour le reste j’ai fait les corrections ma biche. Meme la typo! Que ne ferai-je pour ne pas agresser ta sensibilite de defenseur de la litterature francaise.
Bouillon de culture nous manque tellement ma gueule! Please come back!
31 July 2008
Salut Sam,
C’est 2/2.
Et comme c’est journée Maître Capello,
Extorquer : Obtenir malhonnêtement quelque chose de quelqu’un par la violence ou par la ruse.
Manager : Faire du management, organiser, gérer quelque chose, diriger une affaire, un service, etc. (raye organiser)
Utiliser Ice Ice comme exemple c’est pas bolosse ?
Un meilleur exemple steup ! ; )
A.
31 July 2008
Hej Samir !
vraiment trop mignon le début de ce post :))
Samir, Samir , après les bonbons de chez la boulangère, c´est
” Le Cri ” d´Edvard Munch qui avait disparu d´Oslo , que l´on retrouve sur ton blog !;)
31 July 2008
Samir:
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“Discuter une meuf” est une expression utilisee par ceeux qui son en train de reinventer une partie de la langue francaise. On innove beaucoup dans les banlieues.
Maitrisant un tout petit peu la langue de Shakespeare, je ne vois pas a quelle expression tu fais allusion… pas du tout meme.
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Je croyais qu’on disait “to discuss somebody” ce qui ne semble pas être correct en anglais.
Mea culpa.
31 July 2008
un post comme on les aime ou se melent nostalgie , management des caves de cités , et business attitude.
manager par la peur => payant mais pas destiné à tout le monde … car faut les avoir les coroles surtout quand tu vois le nombre d’associations qui pullulent , je veux pas me retrouver pisté par un journaliste de “Quai sud”
31 July 2008
Ca me rappelle l’histoire (en France) d’une copine qui avait une prime, si elle bossait la lumière éteinte mais si elle l’allumait elle risquait la porte. C’est aussi ça, manager par la peur.
Je crois qu’une grande partie de mecs de cité avant 13-14 ans, s’expriment de cette façon pour “faire la cour” à une fille, j’en ai gardé des sequelles grrrr.
C’est à cause des mecs comme toi que des associations pourries comme “ni putes (hechek !!) ni soumises” sont nées !!
Ah tu les regrettes tes CP (coups de pression) maintenant !! : D
31 July 2008
ça y est, plus aucun doute : vu ta culture musicale, toi t’es bien de ma génération! :-)
Btw : intéressante histoire, hâte de lire le reste.
31 July 2008
So,
Je kiffe tes commentaires. Même quant tu me taquines. Mais ne parle plus jamais de cette vraie putain soumise d’Amara sur ce blog. Et si tu penses vraiment ce que tu dis: à savoir que cette association est née à cause des bonhommes du quartiers, plutôt que pour instrumentaliser politiquement les meufs de cités.. (la putain de sa maman au PS et Julien Dray, et Ségolèbe Royale et tous ceux et celles qui approuvent cette initiative) et, par la même occasion, monter ces populations les unes contre les autres… alors tu descends grave dans mon estime… genre: médaillée d’or de plongeon olympique option spéléologie.
31 July 2008
Andy : Tout à fait d’accord.
Rien à rajouter.
31 July 2008
Samir, mon petit hayawène,
je t’ai dis que je n’étais pas fan des “lol mdr ah ih oh et autres onomatopées” et là j’ai fais l’effort de mettre un “:D” à la fin et j’ai aussi utilisé un bout de l’expression à ma maman quand cette assoc’ passe à la télé, qui est : “hachak, tfou a3la wijhek bip bip bip” et je pense que ma maman résume plutôt bien les choses.
Je sais quel est le rôle de cette assoc’ dans notre société, à accroître une islamophobie déjà bien installée entre autres, les mecs de mon quartier étaient (et sont) protecteurs et respectueux. Ma vie au quartier je la regrette pas du tout, ahh (nostalgie quand tu nous tiens).
2 August 2008
Il m’a toujours intrigué cet Edvard Munch…
2 August 2008
“to chat a woman up” pourrait tres bien se traduire (mal) par “discuter une meuf” , non ?
Concernant l’association ni putes ni soumises : d’abord les gros mots c’est pas bien. J’ai vu beaucoup de p… de FA et p….. de sa maman…euh ca fait un peu vulgaire quand meme.
Ensuite l’analyse de la raison de l’existence de cette association est bien interressante.
Je ne savais meme pas qu’il y avait des voies contre ou critiques de ni putes ni soumises…
Pour l’article de Samir sur la peur : j’attend la suite / la chute because I’m quite confused….
D.
4 August 2008
Concernant NPNS, il y a non seulement des gens contre…notamment toutes les populations qui se font caricaturees et denigrees.
Mais aussi des associations, comme Ni Macho Ni Macro
4 August 2008
erratum…Ni proxo Ni macho
24 September 2008
Bon, je participe super tard, mais c’est surtout un gros sample d’Under Pressure, chanté par Queen et David Bowie.
Il faut quand même être clair, les rappeurs à de rares exceptions près (the Roots) ne sont pas des musiciens. Je ne vois pas comment Suge aurait pu inventer cette ligne de basse.
Alors, Freddie Mercury a-t-il pendu Suge par les pieds ?