Archive for October, 2008
LE PREMIER LIVRE DU STARTER’S PACK
Tuco fait partie de ces privilegiés… ceux qui, en exclusivité, ont reçu un des volumes qui fera partie intégrante du futur “JR&M Starter’s Pack”:
Voici les quelques photos que Tuco a envoyé en prime:



OZWALD BOATENG

Au risque de tomber dans la caricature, je dois rendre à César ce qui lui appartient et à Jim Young de “Boiler Room”, ces propos désarmants de lucidité et de bon sens:
“I want to talk to you about appearance. Most of you dress like shit. I don’t know what your financial situation is like right now but you need to buy at least one decent suit. There is a minimum level of aesthetic professionalism that we have here. In a couple of months you’ll be able to outfit your whole closet, but for now just get something to hold you over. There’s an important phrase that we use here and I think it’s time you all learned it. “Act as if”. Do you understand what that means? Act as if you are the fucking president of this firm. Act as if you have a nine inch cock. Act as if. To do this properly you need to at least look the part. So go get dressed.”
Benoît est un lecteur assidu de JR&M qui a fait de l’art de paraître une flèche empoisonnée soigneusement rangée dans son carquois. Il bande son arc et décoche ce trait mortel pour séduire recruteurs et ces amazones chasseresses qui font la pluie et le beau temps sur les départements des Ressources Humaines. Benoît est également co-rédacteur/créateur de bonnegueule.fr, qui a rapidement captivé l’imagination des dandys sévissant dans le monde du Private equity mais pas seulement… Benoît a un faible pour Ozwald Boateng, un british à la peau cacao qui a révolutionné le style chez Givenchy avant de créer son propre label. Il a commis un article grâce auquel il espère te faire partager sa passion pour les créations de celui qu’il considère comme le parangon, pour ne pas dire le modèle, du jeune renoi millionnaire… as Mr Ali would say:
I am America. I am the part you won’t recognize, but get used to me. Black, confident, cocky — my name, not yours. My religion, not yours. My goals, my own. Get used to me.
Sans plus attendre je pose ma plume pour laisser celle de Benoît s’exprimer
Dans ta future vie de JR&M, en plus de ton téléphone Vertu ou de ton Aston Martin, ton costume sera pratiquement votre outil de travail et presque ta deuxième peau. Tu as donc intérêt de t’y connaître un peu, sous peine de passer pour le petit plaisantin qui va chez encore acheter ses costumes trop grands chez Jules.
Tu imaginez, toi, James Bond en soirée avec une coupe de champagne de Cristal Roederer sans son célèbre costard Brioni ?
Bien, tu viens de comprendre l’intérêt de ne pas arriver devant ton Big Boss avec n’importe quoi sur le dos.
Parmi les couturiers les plus en vogues, et parce que ta culture du beau est tout aussi importante que ta grille de lecture sur la globalisation, voilà un portrait de celui qui a rajeuni Savile Row, j’ai nommé Ozwald Boateng, une valeur sûre et aussi un exemple de réussite…
Son histoire est digne de celle d’un JR&M, puisque Ozwald Boateng, né en 1967, d’origine ghanéenne, se rendra compte de l’importance du style dans son enfance, quand sa mère l’obligera à bien s’habiller pour aller à la messe. Il étudiera ensuite l’informatique à Londres. Son vif intérêt pour la couture sera provoqué par hasard, par sa petite amie de l’époque, qui lui apprendra comment fabriquer ses propres vêtements. Poussé par cette même petite amie, aidé par une mère couturière, et prenant pour modèle Giorgio Armani (qui deviendra d’ailleurs un de ses amis), Boateng plaque ses ennuyeuses études de geek et se lance dans son rêve en vendant à 17 ans ses premiers vêtements (malgré un père qui voulait en faire un avocat). A force de travail (qui sera récompensé dès 1996 par la récompense du “Best Male Designer” des Trophées de la Mode), il réalise enfin son fantasme en 1997 : ouvrir sa boutique à Savile Row, véritable mecque du costume pour homme. A cette époque, les tailleurs de Savile Row sont connotés vieillots et tristes. Comme tout bon JR&M qui se respecte, Ozwald Boateng n’a pas fait preuve de frilosité en matière d’ambition : Dès mes débuts, je me suis fixé pour ambition de changer le point de vue des gens sur Savile Row et le métier de tailleur.”Il appliquera aussi un principe cher à JR&M : avoir une vision forte et différente par rapport à ce qu’on trouve dans le marché. Pour toi un costume est forcément noir et chiant comme un enterrement d’un lointain oncle ? Pas pour lui, voici ce qu’il en pense : ”Quand j’ai commencé à travailler, être élégant signifiait s’habiller triste ! Or à mes yeux, un costume doit rendre un homme aussi sexy et sûr de lui qu’une femme peut l’être lorsque qu’elle porte une robe qui la met en valeur. Et pour cela, le savoir-faire ne suffit pas : il faut un regard de créateur. “ Et il s’y tiendra à cette vision. Ses costumes si particuliers (nous verrons pourquoi plus loin) seront encensés par nombre de stars : de Brad Pitt à Keanu Reeves, en passant par Will Smith ou Lambert Wilson, tous auront été habillés au moins une fois par Boateng. Notre Samir a même été conquis, c’est dire. Il se payera aussi le luxe de voir ses costumes utilisés dans des blockbusters ricains : James Bond, Ocean’s Eleven, Irresistible Alfie, ou encore Miami Vice.
Dès lors, les succès s’enchaîneront pour lui : il va considérablement rajeunir la ligne homme de Givenchy en tant que Directeur artistique de 2003 à 2006, et s’offrira une belle collection de trophées dans son salon : Top Menswear Designer par les British Fasion Awards (2002), honoré par l’Ordre de l’Empire Britannique (rien que ça !) pour son impact dans la mode (2006), Fashion Personality of the year par les Mayfair Times Award (2008).
Tu en veux encore ? Récemment il a même été inclus dans la liste des 100 Great Black Britons. Sa médiatisation atteindra des sommets avec son documentaire dédié : House of Boateng.
Oui, Ozwald Boateng est l’exemple parfait du renoi qui a tout réussi alors qu’il faisait initialement parti de la “population moyenne”. Comme quoi, il n’y a pas qu’en faisant du business avec des produits dérivés complètement alambiqués que l’on devient jeune et millionnaire…
Sortant des traditionnels et ennuyeux costumes gris, il apparaît en public avec un style immédiatement reconnaissable : toujours impeccable, mélange de classe et d’audace :


A la fin de ses défilés, il fait toujours preuve d’une décontraction et d’un détachement exemplaire :

Prends en de la graine, au lieu de tes présenter tes slides d’une manière monotone et fade…
Venons en à ses costumes, le coeur du sujet. Ozwald Boateng possède trois lignes : O-Z, Boateng, et Ozwald Boateng Bespoke. Les deux premières sont à chier, intéressons-nous uniquement à la troisième.
Le facteur principal de son succès est d’avoir transcendé les costumes anglais et de les avoir réinterprété à sa manière : des coupes parfaites, sexy, des couleurs flamboyantes là où d’autres se cantonnent à du noir ou… du noir (et parfois du gris), et un tomber du tissu magnifique (oui mon petit, un beau tissu doit bien tomber, doit bien bouger, doit bien vivre). La silhouette du type Boateng se reconnaît immédiatement : moderne, élégance, élancée et avec des proportions harmonieuses dues au cintrage haut placé.
En plus de détails caractéristiques (poches, manches, etc…), ses costumes se reconnaissent par une doublure fluo de la veste, toujours pour se différencier avec bon goût d’un costume terne. L’effet est terrible, surtout quand tu marches et que les pans de ta veste s’entreouvrent avec légereté, comme si c’étaient des plumes, laissant apercevoir un violet vif ou un bleu turquoise…

Prix d’un costume : environ 1300 € en prêt-à-porter. Quoi, tu ne pensais tout de même pas que ça valait à peine plus cher qu’un costume Zara ? Ah, je suis rassuré…
Heureusement, JR&M pense à toi et il est possible d’attendre les soldes ou d’utiliser ebay.co.uk, comme ici par exemple.
Oui mon petit, tu n’as maintenant plus aucune excuse pour te saper avec n’importe quoi…
Pour conclure, j’aimerai vous rappeler une vérité toute simple, celle du genre à ne jamais oublier (mais à toujours se rappeler), sortie de la bouche même du maître :
If you feel good, you look good; it’s simple really.
Benoît
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