Archive for December, 2008

LE CLEZIO… ET LE JR&M FUND

Je profite de cet article pour faire passer un message subliminal à l’attention de celles et ceux qui veulent bénéficier du Starter’s Pack… la deadline pour le dépôt de candidature est fixée au 31 Décembre 2008 à minuit. Hurry up if you want to apply!

J’en profite également pour t’encourager (si seulement je pouvais te forcer) à contribuer financièrement au JR&M FUND. Un simple click… et tu pourras te la raconter pour avoir favoriser l’éclosion d’un bulbe d’intelligence… quelque part à l’ombre d’une tour anthracite. Laisse tomber Greenpeace et les Restos du coeur. JR&M FUND is the real thing. Period.   

Cet article pour rendre hommage à un grand écrivain qui s’est vu décerner le Prix Nobel de Littérature 2008. Tout juste 20 ans après l’Egyptien Naguib Mahfouz. Lors de la remise de sa récompense il a lu un texte d’une troublante beauté. J’en suis ressorti tout chose…. même si beaucoup l’ont détesté… certains critiques littéraires y voyant un ramassis de lieu communs et de truismes. Moi je kiffe. Finalement, ce qui m’a le plus touché dans ce texte, c’est le cri d’alarme de son auteur, qui veut (re)faire du livre l’instrument salvateur de l’humanité. Le réhabiliter à l’heure de sa dématérialisation. Il veut inviter les pauvres au banquet de la culture qui n’est absolument pas le caviar que certains aimeraient réserver aux seules élites. 

Ton timing est parfait Jean-Marie Gustave… je te prends au mot: si tu veux faire un don c’est par ici

Morceaux choisis…

“Que la littérature soit le luxe d’une classe dominante, qu’elle se nourrisse d’idées et d’images étrangères au plus grand nombre, cela est à l’origine du malaise que chacun de nous éprouve (lecteurs, écrivains). L’on pourrait être tenté de porter cette parole à ceux qui en sont exclus, les inviter généreusement au banquet de la culture. Pourquoi est-ce si difficile ? Les peuples sans écriture sont parvenus à inventer une communication totale, au moyen des chants et des mythes. Pourquoi est-ce devenu, aujourd’hui, impossible dans notre société industrialisée ? Faut-il réinventer la culture ? Elle est notre bien commun, à toute l’humanité. Mais il faudrait que les mêmes moyens soient donnés à chacun d’accéder à la culture.

Pour cela, le livre, est, dans tout son archaïsme, l’outil idéal. Il est pratique, maniable, économique. Il ne demande aucune prouesse technologique particulière et peut se conserver sous tous les climats.

L’integralité du discours

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PRODUIT DE BANLIEUE


Medine – Besoin de Révolution
envoyé par Seartwo

L’article c’est par ici… le clip c’est une spéciale pour Salah.

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LA DECEPTION QATAR AIRWAYS

Vincent est un trentenaire épanoui: d’humeur toujours égale, l’oeil vif et brillant (surtout quand sa pupille rapace se pose sur un 12/10), le verbe haut perché et le ventre rebondi et débordant de celui qui sait faire honneur à une table. Quand certains s’épuisent à faire fondre leur ceinture abdominale en s’abandonnant à des ustensiles moyenâgeux tout droit sortis des ateliers de Torquemada, lui, arbore sa panse comme une Croix de Guerre récompensant l’héroïsme de son oesophage.

Je ne connais pas Vincent.

J’ai été son voisin il y a de cela quelques semaines pendant un match de l’OL (non… je ne suis pas un de leurs supporteurs… bien au contraire). Vincent parlait trop fort pour ne pas être entendu… je dirai même qu’il voulait qu’on l’entende… et Vincent s’épanchait à la mi-temps sur les meilleures tables lyonnaises… il parlait quenelles et caves à vin… Chefs étoilés et techniques de degustation… Il encensait une adresse… en trucidait une autre et voulait que le monde entier se range à son savant avis… “raison pour laquelle disait-il à ses potes de foot, je commente copieusement mes sorties gastronomiques sur lyonresto.com

J’aime les bons restaurants, mais je ne prendrai jamais la peine de décrire sur un site à quel point “le dessert au caramel servi à l’Ouest est une explosion de saveur qui met le palais en émoi”… par contre, s’il existait un site de notations des compagnies aériennes sur le modèle de lyonresto.com… la donne serait différente. Je voyage souvent… avec l’habitude c’est toute une logistique de préparation qui se met en place: quoi prendre, où mettre le “quoi”, contingency plan si le “quoi” vient à manquer, kit de survie pour “business suit”, kit de survie contre une médiocre programmation cinématographique dans l’avion… à chaque fois c’est la même… à chaque fois c’est la mission.

Tout cela pour te dire qu’avec le temps, et la multplication des voyages, je suis devenu un enfant gâté, capricieux et pointilleux sur le service offert à bord d’un Airbus. J’ai ma Blacklist (Air France, Lufthansa, SAS…) et mes chouchous ( Emirates, Swiss, Singapore Airlines et surtout Virgin Airlines Forever…). Qatar Airways a ouvert, depuis maintenant plus d’un an, une ligne directe entre Genève et Newark mettant de facto fin au monopole detestable qu’exerçait Continental Airlines entre ces deux aéroports. Certaines de mes connaissances qui ont fait l’expérience de la compagnie du “petit Emirat qui monte, qui monte…” m’en ont fait un tel éloge, que je me suis résolu à la tester lors de mon prochain voyage à NYC.

Here is my feedback:

Le positionnement de la marque est clairement “upper class” dans le monde des compagnies aériennes. La pub annonce la couleur… “taking you more personnaly”… de la porcelaine… des couverts à la Louis XVI… et de la place. Bon pont pour Qatar, le siège se rabat presque entièrement à l’horizontale pour prendre la forme d’un lit loin d’être inconfortable. Cette photo est mauvaise et ne rend pas justice à Qatar dans l’espace que la compagnie offre aux jambes, fussent elles aussi longues qu’Adriana

Pour revenir sur le personnel de bord, “Qatar Airways” joue à fonds la carte “melting pot”

“Did you know that Qatar employs a multi-national cabin crew from more than 60 coutries?” dit le petit écran incrusté dans le siège du passager de devant.

Je vais d’entrée briser le mythe: les hotesses de l’air de Qatar ne sont pas de belles libanaises dont l’accent lascif leur fait finir chacunes de leur phrases en “é”… ne t’attends donc pas à des “shou toufadil an tachrab habibé?”  L’hôtesse qui s’est occupé de moi à l’aller était une nigériane charmante… mais sans plus… elle ne prenait pas un plaisir particulier à servir. Elle faisait son job. Point. C’est dans ces moments là que l’empressement des hotesses de Singapore Airlines ainsi que leur obsession de la satisfaction du Prince qu’est censé être le voyageur vient à manquer. Ma nigériane montrait autant de chaleur qu’un frigo Whirlpool fonctionnant en mode ”givre”. Son anglais laissait à désirer: à un moment où je lui demandais un café avec une touche de lait “can I have some coffee with a dash of milk please?” la jeune femme s’execute et me ramène un espresso… avec une feuille de menthe! Au lieu de comprendre milk (que j’ai répété à trois reprises avant qu’elle ne prenne note mentalement de ma commande), elle a compris mint.

:-/

Ce qui m’amène à la carte que nous propose le Chef… rien de bien excitant pour être honnête. Les plats arabes proposés sont une insulte à la cuisine du “bilad ach Cham”… un mezzé au goût de carton pâte… un Kebbé digne de Play Doh dans le fonds et la forme. Un mauvais point pour Qatar… très mauvais même. Voici la carte:

Voici le contenu de la carte (in english please):

Ce même contenu pour les arabisants:

Voici le point fort de Qatar pour un mangeur de hallal, forcé d’être végétarien en voyage d’affaires. “All dishes are prepared according to Islamic principles”:

Comment ne pas kiffer pouvoir consulter la distance parcourue par l’avion sur une carte indéchiffrable par Champollion himself:

Enfin… le must pour les muslim: la direction de la Mecque est indiquée à tout moment ainsi que sa distance… ça peut effectivement aider si tu veux prier dans l’avion.

Le choix des films est interessant (mention spéciale pour le catalogue de films égyptiens mis à ta disposition) mais ne fait malheureusement pas pencher la balance dans mon évaluation finale de Qatar Airways… que je classerai dans les compagnies moyennes… et la petite serviette humidifiée à l’eau chaude et parfumée au jasmin que l’on te donne avant de prendre le repas n’y change malheureusement pas grand chose

 

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VIEUX CON… JE SUIS ET J’ASSUME

Voici un post léger… sucré comme un bisounours sans gélatine. Allez! Il n’y a pas que les “future cash flows” dans la vie! Osons la légèreté et le superflu sur JR&M. Je prends un risque en publiant ce post… celui de passer pour celui que j’ai toujours méprisé du regard étant adolescent: le ringard… le “vieux” qui te matraque la cervelle en tapissant chaque recoin de ses phrases d’un “hier c’était mieux qu’aujourd’hui”… tu vois de qui je parle? Bien sur que tu vois… le donneur de leçons qui n’a pas appris la sienne… celle d’aujourd’hui. Celui qui croit que “les meilleures soupes se font dans les vieilles marmites”“qu’il est urgent d’attendre” (proverbe vaudois… les Genevois apprécieront). Celui qui peste a table parce qu’on lui a mis du camembert Président dans son assiette… que la societe d’aujourd’hui a perdu le sens des vraies valeurs… celle du temps qui passe. Le temps qu’il faut pour affiner un bon fromage par exemple… “non, vous les jeunes, vous préférez utiliser des enzymes qui vieillissent artificiellement nos bons fromages traditionnels… elle est belle la France!” … a quoi tu lui réponds le plus sérieusement du monde: “Time is money papy”… lui ne parle plus… il mâchonne son morceau de fromage polyphosphaté l’air méchant… “couillon d’angliche”… croiras-tu entendre entre deux marmonnements caoutchouteux.

Et bien ce vieux con ce sera moi aujourd’hui. Je me trompe ou la Soul/R&B… i.e la quintessence de la “black music” est en train de partir en c….???? Mis a part quelques heureuses exceptions (Alicia Keys, Erykah Badu, Raheem DeVaughn, Musiq Soulchild… ou Vibe* en France) WHAT THE FUCK IS FUCKING WRONG GUYS? Ou sont passées ces mélodies entraînantes qui donnaient irrépressiblement envie d’enlacer quelque chose (ne serait-ce qu’un traversin)??? Le R&B serait-il en passe de subir le même sort que le Camembert de Papy? Des morceaux formatés et calibrés pour NRJ et Skyrock? Des bandes sons des laboratoires Diadermines que crachotent des autoradios pour femmes Barbara Gould? Verdict? Inodores, incolores et sans saveurs… genre Pussy Cat Dolls… qui meriterait de finir dans une conserve de Sheba… c’est quoi cette musique polyphosphaté de merde? Ou sont Total, Brandy, SVW, Brownstone, Jade, Beverly Knight… MERDE!

En me promenant sur Youtube, je suis retombé sur le premier morceau de Brandy, celui qui a fait d’elle la “baby doll” du R&B… “I wanna be down”… en écoutant, j’ai ressenti une emotion etrange: comme si mon palpitant lachait prise… je venais de monter dans la Doloreane de Marty et Doc pour me replonger dans les 90s’ du R&B…. ahhhhhh… les 90s’ de la black music… que c’etait BON… et la, jai realise a quel point le niveau avait baisse. Judge for yourself! Press Play… and WEEP!

* Qu’on entend trop peu… qu’on médiatise encore moins… such a pity

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EARNED, DESERVED NOT GIVEN (SUITE)

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BAGDAD CAFE

Un proverbe arabe dit que “les livres sont écrits en Egypte, imprimés au Liban et lus en Irak”.

L’Irak… terre d’al Mamoun… d’Haroun Al Rachid… des Mille et une nuits. Bagdad, qui fut porteuse de la même folie qu’une Alexandrie: vouloir réunir dans une seule bibliotèque tout le savoir du monde… Bagdad , patrie des sciences où les mou’tazilites débattaient du caractère incrée du Coran et où Abou Nouwas, avant Rimbaud, s’était vu honoré du titre d’”enfant terrible” de la poésie arabe. Bagdad ou se vendaient de belles esclaves circassiennes parfumées au Jasmin… puis Bagdad, elle-même devenue esclave de la tyrannie d’un seul.

Plus proche de nous, Bagdad, arrachée à son torsionnaire, n’en est pas pour autant devenue plus libre. Désormais aux mains d’une administration criminelle parée des oripeaux de la démocratie, Bagdad est violée dans le secret du bureau ovale. Bagdad est souillée. Bagdad est avilie.

Tous se souviennent avec effroi de l’unilatéralisme barbare dont ont fait preuve Bush et ses acolytes apprentis sorciers, en envahissant l’Irak. Tous se souviennent de la sourde oreille distraitement tendue à l’AIEA qui, par la bouche de Mohamed al Baradei, implorait le Conseil de Sécurité de l’ONU de lui laisser faire son travail d’inspection, tant il était improbable que le dicateur Irakien possedât les gaz moutardes jadis utilisés par Ali le Chimique contre les populations kurdes. Tous se souviennent d’Hans Blix, compagnon d’infortune de l’egyptien, qui s’évertuait à démontrer sur CNN, Al Jazeera ou encore la BBC, la quasi impossibilité de trouver l’ombre d’un kilogramme d’uranium enrichi sur la terre des Abassides. Mais les paroles d’un suedois et d’un arabe ne pèsent pas lourd dans la balance quand, l’autre plateau de cette dernière, se trouve alourdi de la voix d’un Colin Powell… montrant des preuves irréfutables (sur polaroid s’il vous plaît) de l’imminence de l’obtention par Mr Hussein de la bombe H qu’il s’empresserait de tester sur Tel Aviv.

The rest, as they say, is history: les armes de destruction massive? On les cherche toujours… en desespoir de cause, à Washington on a changé de rhétorique ”nous avons envahi l’Irak pour y exporter la démocratie… pas pour les armes de destruction massive”… retournement de veste XXL qui est passé comme une lettre à la poste… la Presse Maintream s’empressant de se faire l’écho de cette nouvelle stratégie salutaire et ô combien louable. Exporter la démocratie… un peu comme si exporter une Constitution, c’était comme exporter McDonald. Des idées pour hamburgers… ou comment vendre du porc là où l’on mange hallal

Bagdad deux fois millénaire, pillée par une civilisation prépubère d’à peine deux cents ans. C’est cela aussi l’invasion irakienne… la presse mainstream? Silence….

S’ensuit une actualité et des faits divers des plus glauques montrant au grand jour, la sauvagerie d’une démocratie donneuse de leçons dont les “soldats de la liberté” violent, massacrent et humilient une population irakienne déjà exsangue. Abu Ghraib revient dans la bouche comme une pilule amère qui ne passe définitivement pas… comme le suppositoire de Sabra et Chatila n’est jamais passé (enfin… cela dépend pour qui). Bush sera à cette prison maudite ce que Sharon fût* aux tristement célèbres quartiers Beyrouthins.

Et les livres alors? Le proverbe dit-il toujours la vérité? Bagdad la lectrice vit-elle toujours? Ou s’est-elle assoupie?

Non. Bagdad la lectrice se meurt à petit feu… dixit un vieil article du Monde Diplomatique

“L’Irak a constitué, depuis très longtemps, un centre de la vie culturelle arabe. Certes, la dictature instaurée depuis 1968 avait contraint, au fil des années, nombre d’intellectuels à émigrer, mais les poètes, les écrivains, les peintres (voir les oeuvres qui accompagnent notre dossier) avaient une réputation internationale. La lecture était une des activités favorites des classes moyennes. Désormais, dans les rues de Bagdad, les gens vendent leurs livres pour pouvoir survivre.”

Un jour, on créera un JR&M FUND pour Bagdad. Inchallah…

* je me permets de parler de ce torsionnaire au passé. Il n’est aujourd’hui plus qu’un légume qui attend de finir dans un couscous.

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