
Une fois n’est pas coutume, c’est la langue française que je vais attaquer au travers de cet article. « J’accuse » la grammaire française d’offrir des outils commodes à ceux que la paresse a rendu hypocrites. Ils mentent à leur entourage… pire, ils se mentent à eux-mêmes. J’accuse le français et sa conjugaison de permettre aux rebeux et renois de se complaire dans le conditionnel.
La banlieue vit dans le « conditionnel » absolu.
Quand tu questionnes la précarité d’une situation ou l’anorexie d’un compte en banque, certains sociétaires de ta rue commencent par maladroitement formuler une excuse qu’ils font immanquablement suivre d’un « si seulement j’avais… », d’un « si seulement je pouvais » ou d’un toxique « si j’avais su… ».
It is high time we separate the men from the boys.
Il est grand temps de distinguer les “grandes bouches” de ceux qui ne se contentent pas de l’ouvrir. Il est temps de faire la différence entre les adeptes du « conditionnel » et ceux de « l’indicatif », en mettant les premiers en quarantaine et en gardant près de toi les seconds. Crois-moi, une fois que tu as identifié un des pestiférés du « si seulement », le meilleur service que tu puisses te rendre est de couper les ponts avec lui, de changer de numéro de portable et de déménager au dixième étage d’un immeuble à ascenseur privé. La contagion guette ma gueule. Tu devrais faire tienne cette maxime de Tom Kelley : « devoir toujours s’entourer d’individus à qui l’on aspire ressembler ».
Certains individus très intelligents se dispersent parce que le groupe d’amis dont ils font partie les tire irrémédiablement vers le bas.
Tu veux un exemple ?
Il y a quelque temps de cela, une vieille connaissance du quartier que je n’avais plus vu depuis des années m’avait capté au mariage d’un shab commun. Entre deux bouteilles de gazouz, il avait profité de l’absence de mon voisin de table pour prendre place mes côtés tout en glissant un bras « amical » autour de mon cou
Shab en plastique : Wech Samir… ça fait longtemps zebi !!!!
Samir : Ca fait longtemps ouais. Qu’est-ce t’en dis ?
Shab en plastique : Hamdoullah et toi ? Apparemment machallah… à ce qu’on dit
Samir : Hamdou ouais… et toi ? Raconte un peu
Après avoir avalé goulument un morceau d’agneau arrosé d’une gorgée de Selecto, monsieur polyuréthane poursuit…
Shab en plastique : Ecoute, justement j’voulais t’en parler poto… wallah j’ai un projet de ouf. J’ai pas trop envie d’en parler aux gens… t’as vu, ici c’est que des victimes wallah… en fait, j’ai envie de monter ma boîte d’import export avec la Chine… mais si seulement je parlais anglais… j’aurai pu démarrer le truc direct… t’as vu. Mais bon t’as vu les formations d’anglais ça coûte trop cher. Je me demandais si tu pouvais me prendre à un poste dans lequel je pourrais apprendre l’anglais khouya.
Samir : En fait, tu me demandes de te donner un job et de te payer pour que tu puisses te former, c’est bien ça ?
Shab en plastique : Nan mais tu me prends comme stagiaire… chais pas moi… t’as vu
Samir : Pourquoi devrais-je investir dans ta personne quand tu es toi-même incapable d’investir dans ta propre personne ?
Shab en plastique : OK ma’lich… bonne soirée
Comment peux tu demander à un individu de mettre de l’argent sur toi, d’investir son temps, sa crédibilité pour ta pomme quand tu fais si peu de cas de ton propre développement personnel ?
Ma gueule, si tu te reconnais dans cet individu peu recommandable, laisse moi te donner un conseil : quand tu lis le Bescherelle ne t’arrête pas en plein milieu… après le conditionnel, essaie-toi un tout petit peu à l’indicatif pour changer.










16 February 2009
Hello,
Cela me rappelle une histoire similaire.
Un de mes cousins a été licencié, il ya 5 ans alors qu’il travaillait dans du developpement dans une boite d’info.
De fil en aiguille, il s’est retrouve en chomedu prolongé et a demandé a gauche et a droite, si on connaissait du monde qui souhaitait l’engager.
Problèmes est que pendant ces 5 années sans labeur, le seul retour qu’on avait de lui par le biais de sa copine était qu’il dormait trop, s’amusait trop au joujou online et perdait les postes qui ne lui plaisaient pas, car inférieur a ses attentes et car il volait dans les réserves des compagnies pour lequel il travaillait (genres sac poubelles etc je sais c’est pitoyable …).
Beaucoup de personnes que je connaissais, ont recrutés pendant ces 5 années, pour certains a des postes qui lui correspondaient parfaitement.
Vous vous en doutez, je ne lui ai jamais parlé d’aucun de ces postes.
J’ai lu dans un livre, lequel est ce encore?, “Aides Toi et Dieu t’aidera”.
A.
16 February 2009
Ben alors Samir t’aurais pu lui offrir un livre à ton “shab en plastique”. Un de ceux qui lui fera comprendre qu’il doit se bouger un peu plus par ses propres moyens. Ou encore un livre d’initiation à l’Anglais.
Bon sans rire, tu en rencontreras toujours des “shab en plastique” maintenant comme tu dis faut être conscient que ce ne sont pas ceux là qui tirent qui que ce soit vers le haut :)
16 February 2009
Bien marrant cet article mais plein de réalité aussi.
Sauf que bon, que fais-tu de celles qui te disent “si seulement j’étais à Gva”?
:-)
16 February 2009
Expériences un peu similaires de mon côté, où j’entends souvent:
“Convaincs les d’investir dans mon projet!”
“Ok, et ensuite?”
“Ben avec leurs réseaux ils innondent le marché!”
“Donc ils doivent fournir le capital et se débrouiller pour que la marchandise soit vendue?”
“Oui”
“Et toi, tu fais quoi là-dedans?”
“Ben moi j’ai l’idée et je gère tout de France…”
Comme diraient les Egyptiens: IBM
Inshallah Boukra Moumkin.
Btw, s’il s’arrête au milieu du Bescherelle c’est surtout les verbes du 3ème groupe qu’il n’aura jamais la félicité de connaître…
17 February 2009
That’s right!
“Qui veut faire quelque chose trouve un moyen, qui ne veut rien faire trouve une excuse”.
…Ou commennt trier le bon et le mauvais grain…
18 February 2009
Les “Wannabe”, c’est frustrant. Ils ont pleins d’énergie, ils parlent de leurs projets à qui veut bien les écouter, ils étudient même parfois très sérieusement la question mais jamais ne passent à l’action. Et comme on le sait tous, une idée n’a aucune valeur si elle n’aboutit pas.
Le moindre obstacle, le moindre échec, la moindre excuse …. et c’est du temps qui passe sans jamais voir naître aucun projet sérieux.
Il y a longtemps, un excellent ami m’a dit “Entreprends seul dans ton coin, prouves toi réellement que tu es capable de le faire, et quand tu auras entrepris quelque chose de viable par toi même sans l’aide de personne. Tu pourras passer aux choses sérieuses, de bons éléments voudront se joindre à toi car tu ne seras plus un wannabe, tu seras dans les tranchées, près pour la bataille, tu auras prouvé ta valeur”.
Chaque fois que j’ai une idée en tête qui ne demande qu’à être réalisée. Je repense à ce qu’il m’a dit ce jour là. Il agit toujours avant d’en parler. Il se prépare si sérieusement avant d’agir.
Quand on entend ce “conditionnel” tout autour de soi. Ce sont des cargos entiers de “si seulement” qui sont prononcés chaque jour autour de soi.
Ces mêmes wannabe te haïssent quelques mois plus tard quand tu atteins les objectifs dont ils te parlent depuis tant d’années sans jamais avoir réellement essayé.
Comme tu le fais entendre, il est essentiel de prendre ses distances avec ceux qui tirent ou maintiennent leur monde vers le bas, pour se joindre à ceux qui persistent à s’élever perpétuellement pour faire de leur monde, un coin plus chaleureux et excitant où vivre bien entouré.
18 February 2009
Avec des si on coupe du bois….
18 February 2009
Ahh, si seulement j’etai au Canada, oh mais attend, j’y suis :D
Ahh, si seulement j’etai resident permanent au Canada…d’ailleur j’attend la reponse…ils sont long a traiter le dossier ces flemmards :D.
19 February 2009
‘Tain j’sais pas quoi dire. Je m’en roule un autre et je recommence hein!
24 February 2009
Ce shab en plastique me fait penser à un job applicant qui vous fait la liste de toutes ses aspirations personnelles lorsque vous lui demandez pourquoi il postule pour le job.