PRENDRE LE TEMPS (Partie 3/4)

Kamel avait été ponctuel. Quand Florian et moi étions arrivés au RDV, l’échiquier était déjà près : les pièces soigneusement placées sur leurs cases réglementaires. Florian, garçon bien élevé, tendit une main qui resta suspendue dans l’air.

Kamel : Vas-y joue toi…

Le ton était donné. Pas de salutations, ni de discussions préliminaires : Kamel était là pour jouer… et rien d’autre. Et nique sa mère la politesse. Il avait même pris l’initiative (il contrôlait les blancs) et avait avancé son pion de deux cases. Son apparente confiance était celle de celui qui, sûr de sa force, voulait en découdre au plus vite pour réparer l’injustice de ne pas être reconnu à sa juste valeur par son monde. Il fallait mettre fin à ce déséquilibre cosmique qui avait mis sur le podium du quartier un usurpateur (moi) et rendre ses lauriers à « Jules Kamel ». En bon mathématicien qu’il était, Kamel voulait rééquilibrer une équation qui avait été faussée par un contrefacteur de l’algèbre (encore moi). Il en allait de sa paix intérieure…un peu comme ces obsessionnels compulsifs obsédés par la symétrie et l’ordre de leur Univers qui, quand ils marchent sur du carrelage prennent toutes les précautions du monde pour ne poser leurs pieds que sur les carreaux sans en toucher les joints.

Samir : Pourquoi c’est toi qui prends les blancs ? (m’adressant ensuite à Florian)… vas-y prends les blancs Florian.

Kamel : Non ! C’est moi qui prends les blancs !

Samir : Pourquoi ? Tu sais pas jouer avec les noirs ? (j’éclate de rire, m’adressant toujours à Florian)… et ça dit savoir jouer aux échecs. Vas-y Florian prends les noirs, il a peur.

Kamel : C’est bon… c’est bon… je prends les noirs

On avait fait pivoter l’échiquier : la partie pouvait maintenant commencer. Comme je te le disais ici, Florian était un petit génie des échecs… il jouait dans de grandes compétitions régionales et nationales. Il voulait même apprendre le russe pour pouvoir comprendre le langage des grands maîtres de la discipline. Il ne craignait personne une fois assis devant 64 cases. C’était son terrain de jeu, son monde… son île ! De sept à septante sept ans, ils les pliait tous, son propre père y compris. Je n’avais donc pas l’ombre d’un doute sur l’issue de la partie… et en effet, après seulement 5 minutes…

Florian : Echec et Mat.

Kamel était incrédule… j’étais parti d’un rire hystérique… un rire de hyène (comme seuls les gamins du quartier savent les faire pour faire enrager ceux dont ils se moquent).

Samir : Mais t’es un hmar !!! Oh !! Même pas je suis parti taper la bise à Benetton*que tu t’es fait défoncer ! Wallah je suis comme un dingue. Je pars… je reviens et déjà tu t’es fait retourner ta maman ?! Mais t’es un âaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaneuuuuuuuu.

Kamel (très énervé et s’adressant directement à Florian) : Vas y viens on rejoue fils de pute

Samir : Oh ! Oh ! Parle bien avec mon shab. Prends pas la mort… il t’a défoncé. Rien que pour ça tu dois l’appeler monsieur.

Kamel n’écoutait plus, il avait déjà remis les pièces à leurs positions initiales.

Kamel : Joue !

Florian : D’accord…

5 minutes plus tard

Florian : Echec et Mat.

Kamel était devenu fou. Je me moquais encore plus de sa tête… je prenais à témoin les mères du quartier qui revenaient du marché, alourdies de kilos de fruits et légumes, qui riaient de mes imitations comiques du pauvre garçon en détresse. Ce n’était certes, dans l’intention, pas le rire complice qui mettrait du sel sur les plaies, mais cela ne faisait aucune différence aux oreilles de Kamel que la colère rongeait de l’intérieur. Cette colère lui faisait perdre son calme… il commençait à faire des erreurs de débutant… au lieu de perdre en 20 coups, il s’inclinait au bout de 10… il replaçait les pièces après chaque mise à mort de son Roi… inlassablement…il marmonnait dans le fonds de sa moustache… six parties s’écoulèrent sans que Kamel ait pu mettre Florian en difficulté. Six parties qui le mirent sur les rotules.

Il était maintenant « al dente »

Samir : Bon Florian pousse toi, ma mère m’attend pour manger. Je vais en finir avec lui.

Kamel était tellement absorbé dans sa reflexion que je crois qu’il ne se rendit même pas compte du changement d’adversaire. La partie fut facile… vraiment facile. Complètement chamboulé par la puissance de feu de Florian, Kamel avait essayé de changer radicalement sa façon de jouer, il était maintenant enfermé dans un paradigme qu’il ne maîtrisait pas. Une aubaine pour moi… un présent empapilloté d’un ruban rouge… comme celui que l’instit’ allait me passer au cou et qui soutenait la médaille d’or. J’avais plié la partie.

Samir : Bon je vais manger… t’en touches pas une aux échecs wallah.

Kamel n’a, à ma connaissance, plus touché une pièce en bois depuis cette fameuse journée.

*Benetton était la plus belle fille du quartier. Elle avait 15 ans. C’était notre Monica Bellucci. Italienne par sa maman, Algérienne par son papa, elle traînait dans son sillage une cohorte de jouvenceaux en Nike Air qui fleurissait ses pas de têtes de marguerite et de papiers de Carambar. On l’appelait Benetton parce qu’elle portait souvent des T-shirt de cette marque.

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19 commentaire to “PRENDRE LE TEMPS (Partie 3/4)”

  1. Arthur
    6 March 2009

    Tout était prémédité, ou tu as saisi l’aubaine sur le moment en voyant que Kamel commençait à se ronger les ongles ?


  2. Belle ! L’épuiser avant de le jouer, c’est une très belle tactique. Chapeau bas.


  3. Souâd
    6 March 2009

    Je confirme un vrai Chaytane :)


  4. Jamais sujet n’aura si bien porté son nom…! lol
    on t’a jamais dit que les filles étaient de grandes impatientes?? La chute, la chute, la chute, on veut la chuuute!
    en attendant, plein de bisous yobyadhtrib :-)


  5. zelrik
    7 March 2009

    Les echecs et l’impatience ne font pas bon menage. Jouer contre quelqu’un qui est stresser et enerver, c’est une partie gagner d’avance…


  6. sorry guys…. j’ai supprimé qq commentaires par maladresse. Je crois que le commentaire d’Hicham est passé à la trappe, ainsi que ma réponse.


  7. Robert le Routier de Ouarzazate
    12 March 2009

    MDR,

    A user tout le temps d’un champs lexical bledien j’ai bien cru que l’histoire se déroulait dans les rue de tlemcen, oujda ou Arnakech…
    Bilal, Kamel, Samir : ça c’est Casting prodiversité.
    heureusement “Flourion” comme dirait ma mère :) est venu nous rappeller que ça se passe ici, là, dans la France de Sarko ce je genre d’histoire. lol

    R²DO


  8. Samir,
    J’ai été patiente … même beaucoup je pense … et je ne vois toujours pas l’épisode 4 :-(
    Ben alors je l’attends moi ta conclusion lol


  9. Marc-Antoine
    20 March 2009

    Robert le Routier de Ouarzazate:
    Je ne comprend pas ton commentaire, d’ailleurs a l’époque ou ce déroule l’histoire ce devait être François Mitterrand le président de la république, un président socialiste, un parti ennemi de celui sous lequel l’extrémiste fachiste responsable de la crise internationale, du sida, de la maladie de Creutzfeldt-Jakob et du lait contaminé, j’ai nommé notre président Nicolas Sarkozy (en fouillant un peu, il doit aussi être responsable de la crise des missiles de Cuba, du jeudi noir de 1929 et de la mort de Martin Luther King, mais le démontrer serais trop long et ma connaissance en Métrique de Schwarzschild est un peu limitée)…
    De plus (revenons a nos moutons), si je prend ton raisonnement comme tu le formule:
    Florian=>France de Sarko, Florian est un élément de l’ensemble des Prénoms Français, nous pouvons donc élargir ce raisonement a :
    Prénoms Français=>France de Sarko (vraie si la première assertion est vraie). La contraposée d’une proposition vraie est vraie, ainsi, selon toi nous aurions la proposition suivante :
    France de (un autre president que Sarko)=>Aucun Prénom Francais.
    Conclusion : n’importe quoi…
    Encore une fois, je suis choqué de la francophobie de certains de nos concitoyens. Mon cousin algérien me disait il y a quelque jour que ce qui crachent sur la France pour retourner au bled ne connaissent rien du bled, être fière de ses origines est une chose normale et je dirait même nécessaire, mais être aveugle est un problème inquiétant.


  10. Marc-Antoine
    20 March 2009

    Desolé pour les fautes, je m’en suis rendu compte trop tard.


  11. Robert le Routier de Ouarzazate
    22 March 2009

    @ Marc-Ant

    Quand je te lis, j’ai l’impression de me retrouver en cours de français, avec Mademoiselle Lefebvre. Elle prenait du plaisir à nous expliquer que tel auteur avait voulu exprimer tel ou tel sentiment en utilisant une lithote ou en filant sa métaphore.

    Ouais, Ok, sur le coup je veux bien la croire, mais bon moi je dis “Mademoiselle Lefebvre t’y étais toi au siècle des lumières toi ? tu l’as connu Voltaire, pour venir nous dire ce qu’il voulait exprimer avec ses figures de style.”

    Et bien la réponse est non ! Quoique malgé le fait qu’on l’appellait Mademoiselle elle avait bien un demi-siècle de lumière dans la tronche :)

    Enfin, bref tout cela pour dire que ton commentaire à mon sens, c’est un peu la même chose que mes cours de français du lycée…

    Tu ne fais qu’interpreter selon ton point de vue et tu me prête des propos qui ne sont pas les miens. Par ailleurs, tu fais des raccourcis digne des politiques.

    En outre, lorsque l’on commence en écrivant comme toi “je ne comprends pas ton commentaire”, la logique voudrait que l’on demande plus d’explications ou alors que l’on admette tout simplement son ignorance.

    Marc-Ant, t’as pas à t’excuser pour les fotes d’aurtograf, tout le monde en fée. Par contre excuz toi sur le fon de ce ke tékri c’est pourritos.


  12. @ Marc-Antoine

    Robert utilise une langue vernaculaire qui de toute évidence t’échappe. Et par là, j’entends qu’elle renvoie à une communauté d’expériences avec Samir et de nombreux lecteurs de ce site qui n’ont probablement pas été les tiennes.
    Ce que j’ai compris de son commentaire est qu’il s’il n’y avait eu Florian comme élément “géolocalisateur”, la scène aurait pu se passer sous d’autres latitudes.
    Et à résultat des urnes différent, il aurait certainement dit “la France de Ségolène”.

    Mais je te rejoins sur le fait que ça ne se passe sûrement pas dans la France de Sarkozy. Avec le traitement qu’il réserve à la Culture, et à l’Education Nationale, dans une sorte de revanche du cancre, trouver des profs (qui le seraient par vocation) qui auraient envie d’enseigner les échecs à leurs élèves relèvera de la gageure.

    Et tu pourras dire à ton cousin algérien qu’il se trompe, ceux qui choisissent de retourner en Algérie, ou autre bled, ne le font pas par dogmatisme ou sous l’influence de quelque psychotrope, ils sont au courant des réalités sociales et économiques du pays d’origine de leurs parents.
    La fièreté n’a rien à voir là-dedans, c’est surtout un choix du moindre mal.

    Comme l’espace d’échange de Samir invite à promouvoir la lecture, je ne saurai que trop te conseiller de lire les écrits du politologue Sadri Khiari et de visiter le site des Indigènes de la République de temps à autres.

    @ Souad

    Je crois que la conclusion a été donnée et qu’il faut seulement une re-numérotation des parties de 1/3 à 3/3…

    @ Samir

    3ssa ma shar? Tout va bien?


  13. Robert le Routier de Ouarzazate
    23 March 2009

    @ Malak,

    Bingo !

    L’expression “communauté d’expérience” résume complètement la manière dont mon post doit être lu.
    Ni plus, ni moins.

    R²DO


  14. Marc-Antoine
    23 March 2009

    Robert:
    Ah je dois admettre que je me suis acharné sur Robert comme je m’acharne sur les syndicats étudiants, en outre, j’ai fait preuve de condescendance a ton égard, alors que, comme tu le fais remarquer je ne te connais pas, et pour ca je te prie de m’excuser. J’ai pris ton poste pour de l’anti-sarkosisme (apparemment une langue vernaculaire m’échappe, pourrais tu m’expliquer ce que “ce-je” signifie ?), et j’ai usé de mon esprit tres cartésien pour répondre…
    Cela dit, je ne me reconnais pas dans ton prof de français… Nous vivons en même temps, et un certain état d’esprit général auraient poussé bien d’autres gens a interpréter ton post de la même façon que moi… De plus, le point de vue que j’exprime dans mon post est un point de vue qui me semble logique, vu que la gauche prend plaisir a casser du sucre sur le dos de Mr Sarkozy alors que les derniers gouvernement ont fait du bon travail, bien sur les pauvres ont (encore) morflé, mais dans quel pays n’est-ce pas le cas ? La verité est que nos dirigeants restent des hommes et donc font des erreurs, si on fesait le bilan des mandats des hommes de gauches depuis De Gaulle, la droite serait largement favorisée, il faut savoir etre objectif et ne pas se borner a la petite bulle de son milieu, c’est contre ca que j’ai gueulé !
    De plus, je n’ai fait aucun raccourci, ou voyez vous des raccourcis ? Dans mon exagération ? Lisez la presse et voyez vous même… Dans mon raisonnement ? Il est tout a fait correct, si l’on en croit les principes de logique élémentaire.

    Malak:
    J’ai répondu a ton premier paragraphe dans mon premier paragraphe. Mais juste par curiosité, par “communauté d’expériences”, tu parles des cités ? SI c’est ça alors je fais mon mea culpa.
    En ce qui concerne le deuxième paragraphe, j’aimerais que tu m’explique (avec tes propres mots, ne me donne pas le lien d’un article s’il te plait, la presse me prend un peu la tête en ce moment, a modeler l’actualité comme ça les arrange) le “traitement qu’il réserve à la Culture, et à l’Education Nationale”. Tu parles peut être de la réduction des postes d’enseignants ? Ou de la reforme sur l’autonomie des universités (qui est une très bonne chose, qui permettra a terme d’offrir un meilleur service aux étudiants) ? Enfin moi je vois pas de quoi tu parles, quelque chose doit m’échapper (encore)…
    Enfin pour le 3eme paragraphe, je n’ai jamais rien dit sur ceux qui retournaient au bled, j’ai des potes qui sont dans ce cas, des mecs que j’adore et que je respecte, je n’ai rien a dire la dessus, non relis bien ma phrase, je parlais des mecs qui “crachaient sur la France” et glorifient le bled….
    Et pour finir, merci pour la lecture que tu me conseille, je lirais le livre que tu me conseille des que j’aurais fini ”
    The Political Economy of International Relations” de Gilpin, que je me permet de te conseiller a mon tour…


  15. @ Marc-Antoine

    Ce que j’aime bien chez toi, ami cartésien, c’est que tu n’es pas à une contradiction près:

    « De plus, je n’ai fait aucun raccourci, ou voyez vous des raccourcis ? Dans mon exagération ? Lisez la presse et voyez vous-même » « ne me donne pas le lien d’un article s’il te plait, la presse me prend un peu la tête en ce moment, a modeler l’actualité comme ça les arrange »

    Alors, on la consulte ou pas la presse ?? Bon, tu as raison, la presse française ne ressemble à rien. Ou plutôt elle ressemble à la page copaindavant.com de l’élève Sarkozy. Plus efficace que la franc-maçonnerie son réseau.

    Pour commencer à te répondre, laisse-moi te dire que j’admire ta capacité à distinguer gauche et droite dans le paysage politique français actuel. Il y a encore une opposition en France ? J’avais cru comprendre que par un subtil jeu de clientélisme, de menaces et d’inféodation à base de titres ronflants aussi creux que ceux de Christophe Colomb à l’heure de sa déchéance, les pontes socialistes avaient fait leur l’hymne de Dutronc au retournement de veste.
    Ensuite, je ne crois pas que Sarkozy soit en train de faire des erreurs. Je pense plutôt qu’il a une feuille de route qu’il respecte scrupuleusement et que jusqu’ici, ses donneurs d’ordre tant en politique intérieure qu’en politique extérieure sont plutôt ravis. Pas de chance, la crise systémique actuelle, legs en partie du suzerain décérébré auquel il est parti prêter allégeance outre-Atlantique quelques jours après son élection en 2007, démontre les limites et perversions d’un ordre dont il continue pourtant à être l’un des chantres (subalterne, faut pas déconner non plus).

    Pour ce qui est de la réforme des universités et de leur autonomie, la France n’est ni l’Allemagne ni les Etats-Unis, ce n’est pas état fédéral avec des régions/ états forts disposant de multiples pôles économiques. Jacobinisme centralisateur permanent, c’est Paris sinon rien. Je vais nuancer un peu mon propos, l’Ile-de-France, sinon rien. Une fois que les universités se seront vues retirer les crédits étatiques et qu’il leur faudra aller à la chasse à l’entreprise pour se financer et assurer l’accueil et les cours de leurs étudiants, la fac de Pau, elle ira les chercher où les sous ? Dans la grotte de Lourdes ? En région parisienne, qui penses-tu sera la bénéficiaire des dotations privées : Dauphine ou Saint-Denis ?
    Les universités, qui auront réussi à survivre à ce darwinisme éducatif, deviendront des Ecoles de Droit, Médecine, Psychologie, etc., avec des droits d’entrée faramineux. Il est certain qu’elles offriront un meilleur service aux étudiants, mais quel pourcentage de leurs effectifs auront-elles perdu ? 50%, 70% ? Et très probablement au détriment des Humanités : si tu payes ne serait-ce que 10 000 eur par an de frais de scolarité, m’est avis que ce n’est pas pour aller faire le gogo dans une branche sans aucun ROI, comme disons…l’Histoire. Et comme tu l’as dit, alors que nous sommes entrés dans l’ère de l’économie du savoir, il ne manquerait plus que les pauvres soient des compétiteurs. Ils vont encore morfler.

    C’est ce qui s’appelle traiter le mal à la racine.

    Pour terminer, quelques points :
    - tu me pardonneras si je ne donne pas du Mr à Sarkozy…comme j’aime à ergoter et qu’il s’agit de la contraction de Mon Seigneur, ça me ferait mal tiens !
    - Le bon travail de ses ministres est en partie la résultante de bidouillages des critères de mesures servant à le juger. A précipiter dans une sorte de trou noir statistique les recensés qui font tâche au tableau, forcément on fait mieux que ses prédécesseurs.
    - Je te rejoins sur le fait que les gouvernements et présidents de gauche sont tout aussi pourris que ceux de droite en France. Cela participe du grand mensonge républicain.
    - Dans le post de Robert « ce-je » est une faute de frappe, il faut lire « ce genre ».
    - Merci pour le titre de Robert, l’autre, Gilpin, mais je l’ai lu il y a quelques années déjà, quand il faisait partie de mes lectures imposées. Pour ouvrir, je te propose de le faire suivre par « Après l’Empire, essai sur la décomposition du système américain », d’Emmanuel Todd.


  16. Marc-Antoine
    26 March 2009

    Malak:
    Mouhahaha alors on se donne du cher maintenant ? Qu’a cela ne tienne !
    Ce que j’aime chez toi, cher Malak, c’est que ta volonté de me dominer dans notre “debat” (en est-ce un ?) te fait parfois dire n’importe quoi :
    -”tu n’es pas à une contradiction près” : tu ne m’en cite qu’une…
    -”Alors, on la consulte ou pas la presse ?” : je ne vois aucune contradiction ici, si toi même ne vois pas (en ayant réfléchi un peu), demandes moi, je me ferais un plaisir de t’aider a comprendre…
    -”la presse française ne ressemble à rien” : tu lis des journaux étrangers parfois ? Dans tous les pays il y a des torchons, l’Italie, l’Allemagne, l’Angleterre, les USA… Je t’en prie, ouvre toi !
    -”j’admire ta capacité à distinguer gauche et droite dans le paysage politique français actuel”. Y’a qu’a demander, je vais t’expliquer ! La droite avance des idées, qu’ils mettent (ou pas, je dois l’admettre) en application, alors que la gauche (centre inclus, n’oublions pas qu’aux yeux du monde, ou meme de l’Europe, la France est un pays socialiste), se borne a critiquer le parti au pouvoir, montrent du doigt les problèmes (ah ca ils sont tres forts !) mais, malheureusement, ne cherchent jamais les solutions, ou bien, excuse moi, quand ils les trouvent, ce sont malheureusement des des solutions a de mauvais problèmes…. Je ne sais pas si çà t’arrive de regarder l’assemblée nationale (sur france3, çà passe en milieu d’après midi), écoute, observe, crois moi tu fera la différence.
    Ensuite ne me fait pas dire ce que je n’ai pas dit, si un jour le PS me présente un programme que je juge bien, alors je supporterais le PS, seulement ce n’est pas encore arrivé, et je pense que çà n’arrivera quand tu parles du “suzerain décérébré”, tu fait allusion a notre amis Georges n’est ce pas ? Et quand tu dis qu’il est en parti responsable de la crise actuelle, tu veux parler de son incitation a la consommation a crédit, au lendemain des attentas du 11 septembre ? Oui tu a tout a fait raison,je pense aussi que Dabeliou y est pour quelque chose dans cette crise mondiale, mais ne reproche pas a Sarkozy d’avoir cautionné parce qu’il est parti “prêter allégeance”, personne n’a prévu ça, pas même les banques, pourtant c’est leur métier, aux financiers, de “fiancer l’économie d’un pays”… Ils ne l’ont pas prévu, parce que si c’était le cas, croit moi, la peur de mettre leur banque sur la paille (moi qui voulait bosser chez Lehman, pffff :( ) aurait eu vite fait de les dissuader de jouer les petits chimistes avec leurs produits dérivés ! Si toi tu a prévu ça, alors va rejoindre le désormais messie (moi aussi je l’admire) Nouriel Roubini ! Dont tous les économistes (croient moi aujourd’hui ils le regrettent) du monde ce sont foutu de lui…
    Quand tu dis qu’il suit la feuille de route que ses donneurs d’ordres lui ont dessiné, et bien regarde donc ses reformes, il a fait presque tout ce qu’il y avait écrit sur son programme, ensuite, est ce que il y a quelqu’un au dessus de lui ou pas, ça c’est la grande et interminable histoire des Illuminati, des Bilderberg et de leur Nouvel Ordre Mondial xD…
    Concernant ton paragraphe sur les universités, je suis entierement (apres coup) d’accord avec toi, je n’avais pas envisagé le problème dans ce sens… Cela dit, nous sommes devenu tellement nombreux, les études presque gratuites doivent couter des cher a notre état (ne m’en veut pas de penser a çà, mes parents payent beaucoup d’impôts, et moi aussi, je suis étudiant mais je bosse, mes grands parents payent l’ISF, alors permet moi d’avoir les boules quand je vois des gens qui profitent du système, j’espère que tu ne m’en voudra pas), sans parler des multiples abus de mecs “inscrits” que l’on ne vois jamais en cours, tu me dira c’est pas une raison, et c’est vrai, mais il faudrait plus de discipline de ce cote la, ce qui manque cruellement a notre génération (oui, moi aussi j’ai fait les 400 coups, les “bourges” aussi savent déconner).
    Rien a redire sur le reste, ce fut un plaisir d’avoir cette discussion avec toi !


  17. Marc-Antoine
    26 March 2009

    Desolé pour l’orothographe et parfois de grosses erreurs de syntaxes, j’ai la mauvaise habitude de ne pas me relire :s .


  18. @ Marc-Antoine

    “Ce que j’aime chez toi, cher Malak, c’est que ta volonté de me dominer dans notre “debat” (en est-ce un ?) te fait parfois dire n’importe quoi :”

    t.t..t.t.t.t.t… loin de moi l’idée ou la volonté de dominer qui que ce soit.
    Et oui, il m’arrive de dire n’importe quoi. Mais pas dans ce que tu relèves :

    -”tu n’es pas à une contradiction près” : tu ne m’en cite qu’une…
    -”Alors, on la consulte ou pas la presse ?” : je ne vois aucune contradiction ici, si toi même ne vois pas (en ayant réfléchi un peu), demandes moi, je me ferais un plaisir de t’aider a comprendre…

    Il n’y a aucune contradiction dans le fait que pour étayer tes arguments tu renvoies à la presse, et que tu demandes aux autres de ne pas y recourir pour étayer les leurs car ça te « prend la tête en ce moment » ? Tu aurais préféré que je parle de malhonnêteté ? Ou bien est-ce que tu ne réalises pas que la cohérence de ta pensée ne se traduit pas dans ton discours ?
    Quant à « pas à une contradiction près », j’avais en mémoire :
    « être fière de ses origines est une chose normale et je dirait même nécessaire, mais être aveugle est un problème inquiétant. »
    à quoi j’ai répondu
    « Et tu pourras dire à ton cousin algérien qu’il se trompe (…) La fierté n’a rien à voir là-dedans, c’est surtout un choix du moindre mal. »
    toi
    « je n’ai jamais rien dit sur ceux qui retournaient au bled »

    “-”la presse française ne ressemble à rien” : tu lis des journaux étrangers parfois ? Dans tous les pays il y a des torchons, l’Italie, l’Allemagne, l’Angleterre, les USA… Je t’en prie, ouvre toi !”

    Quand quelque chose ne va pas chez soi on doit niveler par le bas en voyant en quoi c’est pire ailleurs ?
    Je vais m’atteler à lire la presse étrangère Marc-Antoine. Promis.

    Je zappe le passage sur la prétendue supériorité idéologique, ou la meilleure percussion, de la droite sur la gauche en France car nos vues politiques n’intéressent que nous.

    « personne n’a prévu ça, pas même les banques, pourtant c’est leur métier, aux financiers, de “fiancer l’économie d’un pays”… Ils ne l’ont pas prévu, parce que si c’était le cas, croit moi, la peur de mettre leur banque sur la paille (moi qui voulait bosser chez Lehman, pffff :( ) aurait eu vite fait de les dissuader de jouer les petits chimistes avec leurs produits dérivés! »
    « croit moi » ==> exactement, cela relève de ta croyance personnelle et pas du fait avéré et encore moins historique.
    Et tu peux toujours postuler chez Barclays, tu y retrouverais des ex-Lehman.

    « Si toi tu a prévu ça, alors va rejoindre le désormais messie (moi aussi je l’admire) Nouriel Roubini ! Dont tous les économistes (croient moi aujourd’hui ils le regrettent) du monde ce sont foutu de lui… »

    Mais non Roubini n’avait rien d’un messie. Ce n’est que pour mieux faire accepter le côté inéluctable et choc astéroïdal de ce que l’on vit actuellement que Roubini est le seul à être mis en lumière. Ses prédictions étaient loin d’être isolées. Des gens comme Peter Schiff, intervenant sur les chaînes TV US, répétaient régulièrement leurs avertissements.
    Il y a eu les écrits de Jacques Sapir, René Passet, André Gorz, George Soros , Lester Thurow, Jérémy Rifkin, Robert Reich, Joseph Stliglit, etc, etc.
    Mais personne n’aime les Cassandre.

    « Quand tu dis qu’il suit la feuille de route que ses donneurs d’ordres lui ont dessiné (…) interminable histoire des Illuminati, des Bilderberg et de leur Nouvel Ordre Mondial xD… »

    Ce n’est pas tant à ce genre de sociétés que je faisais allusions qu’aux lobbies. Le lobbying est institutionnalisé et visible ailleurs quand il se pratique dans les dorures des salons discrets et calfeutrés des palais de la République en France. Et on est d’autant plus amené à satisfaire ses créanciers de tout ordre que ces derniers restent maîtres de votre future réélection (ou non).

    « Concernant ton paragraphe sur les universités, je suis entierement (apres coup) d’accord avec toi, je n’avais pas envisagé le problème dans ce sens… »

    Al7amdulillah Rab el 3lameen…Grâce (soit rendue) à Dieu, Maître des Mondes.

    The pleasure was mine, on fait deux beaux relous…


  19. Marc-Antoine
    27 March 2009

    Surtout moi (relou) !
    Au moins cette article aura fait couler de l’encre…
    A plus !


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