Archive for April, 2009

PRENDRE LE TEMPS (Partie 4/4)

Voici la quatrième partie d’une série d’articles (que tu peux lire ici, ici et ici) qui illustrent l’importance du “timing” et de la patience en toute chose. « Prendre le temps » est une flèche que le carquois de tout stratège bien avisé doit contenir… que celui-ci soit un gradé militaire, un dealmaker reprenant une entreprise en difficulté ou un Don Juan voulant faire succomber un 90C aux griffes vernies par Lancôme.

C’est vrai… cette dernière partie s’est faite désirée. Mais c’est pour mieux te manger mon enfant

Allez, avoue… est-il une meilleure façon d’encapsuler la leçon générale que de retarder la publication de cette ultime partie? Non? Le plaisir différé ca ne te parle pas?

“Excuse bidon Samir!” s’écrit-elle dans un soupir expiré autant pour dire son exaspération que pour chasser cette mèche couleur nuit qui lui recouvre le front…

mmmmm… on verra, ma fille.

Je n’ai pas choisi le jeu d’Echecs et ma petite anecdote de jeunesse par accident. Le « Jeu des Rois et le Roi des Jeux » est, à mon sens, une représentation sur 64 cases de l’essence même de l’existence… une allégorie de la vie. Comme dans la vie, tu es forcé, une fois la partie commencée, à faire des choix et à en assumer les conséquences : quand c’est à toi de jouer, tu ne peux pas passer ton tour… tu dois déplacer une pièce et vivre le reste de la partie avec cette décision et son héritage. Comme dans la vie, le jeu d’Echecs exige une patience de prophète et une puissance de calcul au-dessus de la moyenne pour celui qui veut tartiner ses biscottes du miel de la victoire. Prendre le temps en négociation… maitriser le sablier… attendre quand, pour l’autre, le tic tac de l’aiguille des secondes est pire que le supplice de Tantale… faire durer le plaisir quand l’amante réclame un baiser… on peut multiplier les exemples a l’infini, mais c’est une seule histoire que je vais te raconter pour illustrer ce principe central de la négociation de haute voltige.

En Mai 1972 Bobby Fischer s’apprêtait a réaliser l’impensable : déloger le champion russe de l’époque d’une discipline que les descendants de Lénine avaient honteusement dominée pendant des décennies : le jeu d’Echecs. Il avait suffi que le père de la révolution bolchevique en fasse sa marotte pour que tout un peuple érige les Echecs en nouvelle religion d’Etat et fasse de l’échiquier l’Eglise que le Parti avait interdit a ses fidèles. La nature ayant horreur du vide, il avait bien fallu inventer une nouvelle idole pour ces esprits sevrés de nourritures spirituelles.

Mais voilà… Bobby Fischer était un client particulier : pour certains il était devenu le prince sombre de la discipline, un génie imprévisible capable de mouvements aussi déroutants sur un échiquier que les dribbles chaloupés d’un Garrincha ou Ben Arfa sur le gazon. Pour d’autres, il était un enfant gâté et capricieux, dont les coups spectaculaires n’étaient que les fruits d’une fortune heureuse qui finirait bien par le quitter. Ses détracteurs les plus féroces étaient persuadés que cette finale de Reykjavik en Islande allait être le théâtre de son exécution publique. Ils avaient fait du champion russe Boris Spassky son bourreau… et force est de constater que les précédentes rencontres entre les deux champions avaient tourne a l’avantage du stratège soviétique. Fischer s’etait casse les dents face au Sphinx Spassky : ce dernier preparait ses parties comme s’il s’agissait d’une bataille rangée. Il s’appropriait le style de son adversaire et construisait de lentes offensives qui l’usaient comme l’incessant ressac use les calanques. Spassky ne cherchait pas seulement le meilleur coup possible… il cherchait le coup qui désarçonnerait l’adversaire. Plus que la victoire sur le ring aux 64 cases, c’était le KO technique dans la tête de son sparring partner qu’il visait. En bref, Spassky était aux Echecs ce que Freud etait a la psychanalyse.

Le Russe allait devoir se montrer patient avec Fischer : ce dernier renâclait à venir débuter le long cycle de rencontres au terme duquel le nouveau champion du monde serait désigné. Fischer n’était pas content. Il n’était pas content du montant de la récompense promise au vainqueur (ni de celle dont le vaincu devrait se contenter d’ailleurs). Il n’était pas content des conditions d’organisation sur une île anonyme. Quand Bobby se décida finalement à rejoindre l’endroit où l’attendait patiemment son adversaire, il fit mine de ne pas remarquer sa présence. Il balaya la pièce du regard dont il critiqua la taille, la disposition et l’éclairage. Il se plaignit du bruit que faisaient les équipes de tournage, il se plaignit même des chaises sur lesquelles lui et Spassky devaient s’asseoir. C’en était trop pour la délégation Russe qui menaçait de quitter la compétition séance tenante… le coup de la menace fonctionna: après maintes négociations, Fischer décida de jouer cette finale… pour le plus grand plaisir de Spassky.

Mais voilà… Bobby fit encore des siennes : le jour de la présentation officielle des deux champions, l’enfant prodige de Brooklyn eut l’extrême impolitesse d’arriver très, très tard… et lors de la toute première rencontre, Bobby arriva seulement une minute avant d’être officiellement disqualifie par la FIDE. Avant qu’il ne fasse son entrée théâtrale de dernière minute, tout le monde s’était demandé à quel jeu jouait Fischer: était-ce une stratégie… ou Bobby avait-t-il simplement peur du placide nounours Spassky ?

La partie débuta… et Fischer fit un premier mouvement catastrophique, peut être le pire de sa carrière. Spassky en profita immédiatement en mettant l’américain au pied du mur. Bobby sembla abdiquer… puis le magicien sortit un coup inimaginable qui fit retenir sa respiration au public. Spassky failli perdre sous le coup de la surprise mais finit par remporter la victoire. Que se passait-il dans la tête de Fischer ? Avait-il sciemment perdu ? Avait-il perdu le contrôle de la partie ? L’avait-il jamais eu ? Pire… était-il fou ?

Fischer recommença à se plaindre : le crépitement des appareils photo l’insupportait, la salle, selon lui, n’était pas adaptée a ce genre d’événement… Fischer ne se montra pas lors de la deuxième confrontation : il fut déclaré forfait par une fédération arrivée au bout de sa patience. Deux matchs à zéro. Personne dans l’histoire des Echecs n’était parvenu à combler un tel retard. Qu’à cela ne tienne, Fischer était là et bien là pour la troisième rencontre… le regard noir… terrifiant. Un regard qui ne plut pas à Spassky. Fischer transpirait la confiance par tous les pores de sa peau. Il fit pourtant une nouvelle erreur inhabituelle… une erreur qui mit Spassky en alerte… cela sentait le piège. Mais malgré sa prudence de grand maître expérimenté, Boris Spassky ne parvint pas à déceler les intentions du jeune Fischer… qui mit son adversaire mat. Le champion Russe fut complètement déstabilisé par le style bizarroïde de l’Américain… un style qu’il ne lui connaissait pas. Apres avoir terrasse le Goliath soviétique le petit Fischer se leva brusquement, sans un regard pour son adversaire, se précipita vers la sortie en criant vers sa délégation « je suis en train de lui défoncer sa mère* »… joignant le geste a la parole, Ficher avait écrasé son poing dans la paume de sa main.

Durant les parties suivantes, Fischer sortit des coups aussi meurtriers qu’inusuels dans le style de jeu. Spassky commençait a céder a la panique. Après avoir perdu la sixième manche, les larmes lui vinrent aux yeux. Au bout de la huitième partie sans victoire, Spassky fut persuadé que Fischer l’hypnotisait comme ces charmeurs de serpents. Il prit alors la ferme résolution de ne plus regarder son adversaire dans les yeux. Cela n’interrompit pas son cycle tragique de défaites…

Apres la quatorzième manche, Spassky convoqua les journalistes à une conférence de presse et annonça le plus sérieusement du monde : « on essaie de contrôler mon esprit »… il se demanda si le jus d’orange qu’on lui servait n’était pas drogué… si l’on ne répandait pas secrètement un gaz nocif dans l’atmosphère de la salle ou les deux grands maitres s’affrontaient. Finalement, Spassky accusa officiellement Fischer et sa délégation d’avoir mis dans sa chaise une substance qui altérait son jugement. Le KGB s’empara du dossier : le champion Russe était en train de mettre son pays dans l’embarras. Les chaises furent mises en pièces, scannées et analysées par des chimistes… rien d’anormal n’y fut décelé. Spassky commença a se plaindre d’hallucinations. Il essaya de continuer ses derniers duels avec Fischer mais son esprit flanchait. Il avait pris sa décision. Il abandonna au début du mois de septembre 1972.

Une telle histoire a-t-elle besoin d’une morale ?

* mauvaise traduction faite par un individu ayant vécu trop longtemps tu sais où.

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PASSION!

Un lecteur de JR&M, perplexe quant à la suite à donner à sa carrière, a récemment laissé un commentaire sous forme de question sur mon blog : « as-tu un conseil d’orientation à donner pour un profil ingénieur + Science Po ». Ma réponse, bien que sincère, fut lapidaire : « fais ce que tu aimes… mais surtout ne le fais pas en France ». La première partie de ma réponse est une lapalissade. La seconde est une idée force que je développe maintenant depuis deux ans.

En me relisant, je me suis mis dans la peau de ce lecteur qui cherchait peut-être un peu plus que les platitudes que je lui avais assénées. Il m’attendait surement dans la profondeur d’une démonstration et j’en étais resté à sa surface…

Clique ici pour la suite… Enjoy!

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CONQUISTADOR

Mr D.* est un lecteur de la première heure de ce blog. Je n’avais plus eu de ses nouvelles depuis un certain temps quand il s’est rappelé à mes bons souvenirs sur Gmail Chat . Après avoir sacrifié aux salamalecs de circonstances, vint inévitablement la question « what’s up in business ? » à laquelle Mr D. répondit sans concessions : il avait démissionné !

Quand je lui demandais pourquoi il avait décidé de recourir à cette solution extrême, voici la réponse qu’il me fit :

« Je perdais mon temps ici à me battre pour des primes de 3000 euros à voir des gens se complaire dans le microcosme de l’entreprise avec ses castes »

Le système stratifié et sur-hiérarchisé « des castes » que Mr D. décrit, j’en ai récemment parlé ici et ici. Et plutôt que de laisser ses synapses se cristalliser dans les immenses chambres froides de ces grands groupes anonymes**, Mr D. avait décidé qu’il valait bien mieux que cela… et puisqu’ il n’avait pu étancher sa soif de pouvoir aux bords de cette maigre flaque où se pressait le reste d’un troupeau terrorisé par la perspective d’une savane peuplée de fauves, Mr D. décida de partir en quête d’un nouveau point d’eau : le sien… celui qu’il ne partagera avec personne… sauf à leur faire payer un droit de cuissage.

Je comprenais la démarche de Mr D.

Je la validais intérieurement… mais comme je suis toujours curieux de connaître les ressorts secrets qui meuvent la volonté et l’amènent à faire ces choix parfois radicaux, je ne pu m’empêcher de lui poser la question :

Samir : Pourquoi t’as posé ta dem’ ?

Mr D. : Il le fallait Samir… sinon je n’allais rien faire !

Samir : Fernando Cortes

Mr D. : De quoi ?

Samir : Tu me fais penser à Fernando Cortes… ce conquistador à la solde d’Isabelle de Castille qui a asservi le peuple Aztèque. Après avoir fondé Vera Cruz, Cortes du faire face à une mutinerie : son équipage, mécontent du butin amassé, voulait rentrer à Cuba puis en Espagne. Cortes voulait, lui, pousser plus loin la conquête terrestre de cette terre inconnue, qu’il savait regorger d’or et de peuplades sauvages que l’on pouvait facilement réduire en esclavage et convertir à la vraie Foi. Mais il savait que s’il s’y aventurait seul, les mutins saisiraient la première occasion pour s’emparer des Galions, propriétés de la Très Catholique Isabelle, pour mettre les voiles (no pun intended) vers des cieux plus cléments. Pour amener tout le monde à se jeter corps et âme dans cette conquête des terres, il décida de recourir à une solution extrême : il brûla tous ses navires. Tous. Caravelles et galions… jusqu’à la plus petite barque de sauvetage. Le message était clair : plus de retour en arrière possible.

La mutinerie disparut plus vite qu’elle eut apparu.

L’équipage savait qu’il n’avait d’autre choix que de s’en remettre au leadership de Cortes… and the rest is history.

Mr D. a, lui aussi, brûlé ses navires. Il savait que rester dans les draps de soie de son entreprise, pointer à 9h le matin et 17h le soir, encaisser le chèque à la fin du mois était son vrai problème. Le confort du salariat quand on a un rêve de conquête, c’est avoir la tentation de ne jamais réaliser ses secrets desseins d’expansion parce qu’on a à disposition des bateaux déjà appareillés pour retourner dans son Espagne natale.

Mr D. se sachant trop faible pour résister au confort d’une cabine de Galion 4 étoiles en open space, mais assez fort pour la détruire et ne plus en être l’esclave, décida d’employer cette solution extrême.

L’Histoire est truffée de Fernando Cortes.
J’aurai pu te parler de Tariq Ibn Zyad qui usa du même procédé pendant la Conquista musulmane : une fois ses troupes débarquées en terre ibérique, il détruisit tous les moyens de revenir en arrière pour ne laisser à personne l’occasion d’avoir l’ombre d’une pensée de retour vers son village et son jardin potager… le seul espoir de salut, c’était la guerre sainte contre les infidèles et l’expansion de la sphère d’influence de l’Islam… and, again, the rest is History.

Bravo Mr D.

*même s’il ne me l’a pas expressément demandé je préfère conserver l’anonymat de ce lecteur.

** Pas seulement dans leurs structures juridiques

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PAPA… PAPA… C’EST QUOI LE BONHEUR?

L’Ange (Malak) du Royaume d’Arabie Saoudite m’a demandé de définir le bonheur. Encore une fois, je n’affectionne pas vraiment ce genre d’exercice… mais je ne sais pas dire non aux femmes.

Alors allons-y… le bonheur c’est simplement:

1. Avoir ses parents aurpès de soi.

2. S’étendre la nuit auprès d’une belle femme.

3. Posséder un jardin ombragé qui sent le jasmin la nuit.

4. Lire un bon livre et s’y perdre.

5. Jouir du pouvoir de dire non… jouir du pouvoir tout court.

Je transmets le flambeau à mes lecteurs et lectrices. Si ça te tente, tu peux t’épancher dans la section “commentaires” et faire savoir au monde entier ce qu’est le bonheur à tes yeux.

  

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POLICE AU DESSUS DES LOIS


Témoignage ancien crs
envoyé par toufik798

Que c’est bon d’avoir raison.
J’ai toujours détesté cette police de république bananière… celle de Nicolas Sarkozy. Celle qui fait toujours bien son travail. J’ai toujours dit que la Police Française c’était, par définition, mettre trop de pouvoir dans les mains d’individus qui ont à peine le niveau mental d’un lycéen bachelier tout juste pubère (je suis gentil là… j’ai dit bachelier).  

Amnesty International vient d’épingler la police française:

Le rapport d’Amnesty dénonce des attitudes discriminatoires à l’égard des minorités “visibles” et des personnes dites “vulnérables” (migrants en situation irrégulière, réfugiés, sans domicile fixe, femmes).

L’organisation fournit plusieurs exemples de violences policières présumées et notamment de décès jugés suspects auxquels la justice n’a pas donné de suite.

Tel celui d’Abdelhakim Ajimi, mort le 9 mai 2008 après avoir été maîtrisé par des policiers lors de son arrestation à Grasse (Alpes-Maritimes). Deux policiers soupçonnés d’être impliqués dans cette affaire n’ont pas été mis en examen et continuent de travailler dans la ville, tandis que l’enquête se poursuit.

Est également cité le cas d’Abou Bakari Tandia, Malien en situation irrégulière mort en garde à vue au commissariat de Courbevoie après être tombé dans le coma en décembre 2004. Les policiers affirment qu’il s’est jeté contre un mur, ce que la famille juge impossible au regard des rapports médicaux.

Lors de la conférence de presse, qui s’est tenue au siège parisien d’Amnesty, plusieurs personnes ont témoigné. Parmi elles, Albertine Sow a raconté la violente altercation entre la police, son frère et son cousin à laquelle elle s’est retrouvée mêlée en 2006 en bas de chez elle à Paris, alors qu’elle était enceinte de six mois.

Voici l’article dans son intégralité.

 

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LE PRIX DE LA VERITE


keryjames feat medine le prix de la verité
envoyé par maklouf94

Merci à mon fournisseur officiel de rap français qui se reconnaîtra

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