
L’orgueil.
Voila un bien vilain défaut. Le mot est irrémédiablement connote dans l’imaginaire collectif et seules de négatives pensées viennent a l’esprit quand il est entendu dans une assemblée ou lu dans un livre. Les fans de Tarantino se souviennent de cette scène de Pulp Fiction ou Marsellus Wallace (Ving Rhames), le parrain black de la pègre locale, explique a Butch Coolidge (Bruce Willis), boxeur rate et sur la fin, comment il compte truquer son prochain combat de boxe… avec sa complicité et contre monnaies sonnantes et trébuchantes, cela va sans dire.
Apres lui avoir détaillé son plan, Marsellus se fend d’un dernier conseil:
“La nuit du combat tu vas ressentir comme une petite piqure d’insecte dans la nuque. C’est l’orgueil qui viendra t’importuner. Au diable l’orgueil! L’orgueil fait plus de dégâts qu’il n’aide.”
L’orgueil est un vice. Un dysfonctionnement de la personnalité. Dire de quelqu’un qu’il est orgueilleux c’est le frapper d’une lèpre sociale. C’est lui accoler le label d’infréquentable. L’orgueilleux n’est pas miscible dans la bonne société. Il n’est pas le teamplayer avec qui l’on aime collaborer. L’orgueilleux c’est ce fat trop imbu de lui-même pour être agréable aux autres. Il est ce malade qu’on a vaccine contre l’humilité.
Il faut chercher dans les grands monothéismes pour trouver l’origine d’une telle connotation. Dans le christianisme, l’orgueil fait partie des sept pèches capitaux. Il est même le plus grave d’entre eux… certains théologiens font de lui la source nourricière des six autres. L’orgueil c’est l’amour excessif de soi qui va a l’encontre du fameux “aimez vous les uns les autres”. Dans l’Islam, c’est Ibliss qui a refuse de se prosterner devant Adam en affirmant “ana khayroun minhou”… “Je suis meilleur que lui”. L’orgueil est le premier péché.
La laïcisation des sociétés n’a pas remis en cause cette perspective. Le politiquement correct a pris la place des dogmes et il est de bon ton, aujourd’hui, de sacrifier l’individu sur l’autel de l’intérêt général. Affirmer sa différence au sein d’un groupe c’est déjà démontrer un fâcheux atavisme avec le diable en personne.
Et pourtant…
Pourtant je ne connais pas de carburant qui produise plus de Kilojoules que l’orgueil. Je ne connais pas de sentiment qui puisse t’accommoder d’innombrables heures de travail sans que tu en ressentes la moindre fatigue. Je ne connais pas de force plus puissante qui puisse te mener au bout de toi même. Je ne connais pas d’addiction plus efficace qui puisse te faire flirter avec les cimes de la surperformance.
Archimède avait coutume de dire “donnez moi un levier et un point d’appui et je vous soulèverai le Monde”. L’orgueil pourrait bien être ce levier.
Chateaubriand disait de Pascal qu’il était un génie effrayant. Ibn Sina, plus connu en Occident sous le nom d’Avicenne, était un génie effrayant. A l’âge de 10 ans il connaissait tout le Coran par Cœur. A 17 ans il avait parcouru toutes les sphères du savoir de son époque et était déjà un médecin recherché. Il avait une mémoire prodigieuse: il savait par cœur tous les épitres et écrits d’Euclide, Ptolémée et Plotin en passant par Aristote. Quand la bibliothèque de Boukhara (une des plus considérable de l’époque) prit feu, chacun se consolait en disant qu’Avicenne était encore vivant et que chaque ouvrage dévoré par les flammes était “backupé” dans l’immensité de sa cervelle. De son œuvre prolifique de 500 titres, seuls 160 nous sont parvenus… dont Le Livre de l’Arbitrage Equitable, en vingt volumes, qui répondait à pas moins de 28 000 questions.
Avicenne passa son existence à voyager au gré de la bonne volonté de mécènes, soucieux d’orner leurs compagnies du joyau des sciences de leur temps… ou simplement pour s’assurer des services du Prince des Médecins, le plus talentueux qu’ait connu l’Humanité. Invité dans plusieurs cours Ibn Sina avait fini par s’établir dans celle de ‘Ala Ad Dawla (La Hauteur de l’Etat) à Ispahan. Ce despote éclairé, précurseur des Medicis, était un des protecteurs des Arts et des Sciences les plus respectés de son temps. Il tirait une grande fierté des noms qui composaient sa cour et avait réussi, à force de suppliques et de lettres bien mises, à y attirer Avicenne. Le jour de son arrivée il mit un point d’honneur à le présenter aux autres savants de son entourage qui s’empressèrent d’embrasser le sol sous les pieds de l’auteur du Canon par égard pour une réputation qui n’était plus à faire. Vint alors la traditionnelle séance des questions-réponses ou le savoir encyclopédique d’Ibn Sina était mis a l’épreuve. Les réponses s’enchaînaient les unes à la suite des autres. Précises. Livresques… jusqu’à ce qu’une question de Grammaire Arabe ne fuse : Avicenne y répondit sans se départir de sa docte assurance. C’est à ce moment précis qu’une voix s’éleva de l’assistance : un grammairien du nom d’Al Jabban, versé dans la langue du Coran et ses règles labyrinthiques. Ce dernier remit le Médecin à sa place de façon cinglante :
« Fils de Sina, je t’écoute avec admiration et me délecte de tes propos. Toutefois je me permets d’observer ceci : tu es un philosophe, un brillant médecin, mais pour ce qui a trait à la grammaire et à l’usage de la langue arabe tes lacunes sont grandes et tes expressions impropres. En réalité tu ne possèdes aucun talent en ce domaine »
Al Jabban s’empressa de conclure sa tirade en appliquant un baume, qui aurait aussi bien pu être du sel, sur la blessure qu’il venait d’asséner :
” Nul n’est condamné à la perfection en toutes choses. Le cheikh n’a jamais étudié la science des belles-lettres. Par conséquent ses faiblesses sont pardonnables.”
Avicenne reconnut ses lacunes dans la discipline et loua le savoir du lettré Arabe (Avicenne était d’origine persane).
Trois ans plus tard, lors du traditionnel débat du Joumou’a (Vendredi), Avicenne manquait à l’appel. Cela avait surpris tout le monde et contrarié ‘Ala Ad Dawla. Il apparut soudain la peau et la tunique recouvertes de poussière, comme s’il avait passé la journée dans le désert. Il s’excusa promptement auprès de tout le monde et se alla directement vers Al Jabban. Il lui tendit quelques ouvrages eux aussi recouverts de sable et lui demanda s’il était capable de lui dire de qui ses livres étaient. « Je les ai trouvé alors que je chassais auprès d’une oasis… en les consultant je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’ouvrages philologiques. Cette discipline n’est pas ma spécialité et j’aurai aimé avoir ton opinion sur le sujet. » Al Jabban se saisit des livres en question et se plongea dans une lecture consciencieuse.
Le verdict tomba : « Ces livres sont des odes écrites par Al Amid, Al Sabi et As Salimi. Le contenu est très difficile d’accès. J’avoue ne pas tout comprendre mais il y est vaguement question de syntaxe. »
Ibn Sina sourit : « ces livres sont de moi » et il partit s’asseoir avec le reste de l’assistance médusée par cet exploit. Al Jabban fut bon perdant :
« Fils de Sina, tu m’as rendu la monnaie de ma pièce avec tant de talents que je suis forcé de m’incliner. Accepte donc mes excuses. J’ignore comment en trois années tu as pu acquérir de telles connaissances en philologie, mais mon admiration t’est acquise. »
Voilà ce qui se passe quand on blesse l’amour propre. Avicenne avait fait mine d’accepter sa défaite de bon cœur. En réalité, cette humiliation publique lui avait ôté le sommeil des paupières pendant de longs mois durant lesquelles il s’employa à combler ses lacunes. Il fit commander les meilleurs livres sur le sujet. Il s’employa à en absorber la substantifique moelle. Il fit sienne cette discipline au point de pouvoir produire lui-même des pages de référence en la matière.
Je pourrais également te parler de Carlos Ghosn. Après avoir étudié chez les Jésuites au Liban il se retrouva dans un des meilleurs lycées Parisiens. Ghosn avoue avoir toujours eu un faible pour les Humanités : l’Histoire, les Langues et la Géographie. Mais c’est son niveau en mathématique qui laissait à désirer, même s’il se défend d’avoir toujours eu les meilleures notes de sa classe quand il étudiait encore à Beyrouth. Le fait était que l’écart de niveaux pour cette matière entre les écoles du Levant et celles de Paris était abyssal. Le petit Carlos collectionnait les 0/20. Il aurait pu abandonner. Certains professeurs l’y encourageaient d’ailleurs. Mais tout comme Avicenne d’abord et Butch Coolridge ensuite, il allait ressentir cette petite piqure d’insecte dans la nuque.
L’orgeuil.
Il se mit à travailler ses mathématiques comme un dément. Il avait mis l’hémisphère droit de son cerveau (où se loge la créativité, la capacité à apprendre des langues) en hibernation active et faisait soulever de la fonte à la fonte à son hémisphère gauche (trône du raisonnement logique et déductif).
Résultat : Ghosn finit en tête de sa promotion et put intégrer l’X.
L’orgueil est une force inépuisable. Souvent incontrôlable (c’est bien là le défi). Evidemment que l’excès en la matière peut mener au pire (regarde Sarko)… mais si tu es capable de doser cette liqueur de mort au plus juste, alors il n’y aura pas de limites à ce que tu pourras faire.
Cet esprit de compétition est une chose que l’on trouve assez rarement chez les femmes. Les femmes sont plus enclines à collaborer, à exploiter le talent des autres (fut il plus grand que le leur) qu’à s’éreinter dans une émulation qu’elles jugent souvent futile. C’est bien connu : la femme créé. L’homme détruit. Mais il y a des exceptions qui confirment la règle. J’ai rencontré des femmes très… très… très compétitrices. En général (mais ce n’est que mon analyse… simpliste au demeurant), quand tu essaies de comprendre d’où leur vient ce trait de caractère tellement XY dans ses chromosomes, tu découvres qu’elles sont les filles unique de grosses fratries chargées de testostérones. Elles en viennent a aimer le foot comme leurs frères… ou a prefererer les grosses allemandes aux petites italiennes… j’en ai connu une qui ne jurait que par l’A3 Sportsback. Quand je lui ai demande les raisons d’une telle attirance pour le modele compact de la marque aux anneaux entrelaces, elle repondit du tac au tac: c’est la meme que celle de mon grand frère (qui est pour elle etait, soit dit en passant, l’homme idéal).










16 June 2009
Thanks Mister Samir !
Moi je pense que l’orgueil qui te tire vers le haut et qui fait de toi un vainqueur s’appelle en fait l’amour propre.
Et si tu nous faisait une nouvelle equation secrète en y incluant l’orgueil ?
Keep Aiming High !
Youssef
16 June 2009
L’orgueil, sceau des très grands champions dans le sport, est indispensable pour se dépasser. La victoire seule le satisfait car la vie est une compétition mortelle.
L’orgueilleux de lui-même, de ce qu’il est, de ce qu’il a fait, est critiqué par la masse, elle, honteuse de sa condition par manque d’orgueil, mais réalise ce pour quoi il est, au contraire de celle-ci.
Samir, ton site est bien et bon. Tu as mis des mots et des concepts sur mes pensées, et fait découvrir. Je t’en remercie.
Tu m’as décidé. Singapour, Abu Dhabi et Shanghai n’ont qu’à bien se tenir!
PS: Je suis arrivé sur ce site en cherchant un costume Boateng, comme quoi…:)))
16 June 2009
Super histoire, très captivante :)
Concernant l’orgueil, il est larme la plus aiguisé que l’on puisse avoir, mais lorsqu’il est mal utilisé, on peut s’en mordre les doigts.
Je me souviens d’un film asiatique, sur les samouraïs, à une époque où ils devenaient des Ronins (samouraïs sans maitres) en perdant de vue les notions d’honneur, ce code du « bushido » qui les caractérisaient pour leur fidélités et l’attachement à leur empereur.
Durant ce film, on pouvait voir une guerre sanglante éclater entre 2 grands clans. Le « shogun » (empereur) qui perdait le combat, fit en sorte d’encourager son plus fidèle samouraï à le protéger. En un instant, le guerrier s’était élancée dans la bataille, sachant pertinemment que son camps allait se faire massacrer par l’ennemie, mais rien ne pouvais le l’arrêter, il s’élança et il fut grièvement blessé par l’attaque du premier soldat qu’il approcha (à la façon des jeunes en casquettes qui habitent tu sais où). Pendant que celui-ci était en train de descendre de la colline pour se faire démonter, son empereur qui venait de l’encourager, lançât à son bras droit : « tu vois, ce genre d’homme à tout perdu en venant à mon service, il ne lui reste plus rien, la seul valeur qu’il possède c’est son honneur. Quel sottise de mourir par orgueil ! Même ça, il va le perdre… »
Le guerrier à été pris pour mort dans l’attaque sanglante qu’il a reçut. Il finit par se relever après la fin de la bataille et il fit hara-kiri, pour ne pas avoir pu protéger son maitre.
Finalement, l’orgueil peut aussi conduire à réduire sa propre vision, voir à s’aveugler. Il faut diriger son orgueil vers sa motivation (et non pas l’inverse), mais surtout il faut tacher de dépasser la douleur de la piqure quand à échoué. Trop en vouloir, c’est aussi tomber de haut. Et malheureusement pour nous, c’est les deux hémisphères du cortex qui sont touché à ce moment là.
Bonne soirée
16 June 2009
Salut Sam,
Bravo.
A.
16 June 2009
Slm,
Tu as bien fait de préciser l’épisode ou ibliss refuse de se prosterner devant Adam. Pk un tel refus alors que c’est Dieu qui donne un ordre?
Car il n’accepte pas la vérité, à savoir que Adam est supérieur à lui.
Le Prophète (sas) définit l’orgueil en ces termes :”c’est le rejet de la vérité et le mépris des gens”.
Avicenne ou encore Carlos Ghosn ne correspondent pas à ces caractéristiques, car ils acceptent les critiques qui leurs sont adressées. Et cela leur permet d’en tirer une force inépuisable afin de rectifier le tir. Au fond, ils sont poussés par leur ego afin d’apprendre encore plus de science.
C’est cette esprit de compétition qui pousse vers l’excellence.
17 June 2009
“Archimède avait coutume de dire “donnez moi un levier et un point d’appui et je vous soulèverai le Monde”. L’orgueil pourrait bien être ce levier.”
Oui, une fois traduit en Français, l’orgueil est ce support qui permet de soulever le monde… :)
Article inspiré Samir, qui sur un plan mystique situe l’orgueil au même niveau que l’Arbre de la Connaissance: attribut et propriété du Seigneur des Mondes.
Dommage que la fille au jugement futile que je suis ne sache pas apprécier la conclusion…
17 June 2009
Petite présentation: jeune rebeu, futur millionaire ou pas je m’en fous, en fin d’études, en stage dans une agence de com’ en planning stratégique rémunéré a 377€ par mois (on est loin du premier million).
Merci pour ce post. Premier commentaire sur ce blog découvert il y’a mois d’un mois. En accord avec l’idée générale du potentiel gardé en veille au rez-de-chaussé des tours de nos banlieues, un peu moins avec la conquete aveugle matérialiste, l’idée de devenir blindé à tout prix et de finir par ressembler à ceux qui sont au dessus de la masse. On aura réussi quand économiquement parlant on aura du poids mais qu’on aura garder notre mentalité de bicot de quartier. “Remplacer ma twingo par un Q7 sans pour autant enlever le chaplet du rétro”…
Bref..l’orgueil! Qualité ou défaut? Mohamed Ali s’écriant “Je suis le plus fort, je suis le plus beau!”.
Orgueil et légitimité…Celui qui dit “je suis un génie” est-il plus orgueilleux que celui qui, l’admettant au fond de lui, cherche des arguments pour le rabaisser?
Mon supérieur est une bombe en communication, je l’admet, et il le dit lui même, orgueilleux à souhait, imbu de sa personne, “j’suis un génie,si j’étais pas là cette boite serait morte depuis longtemps” et le plus gros problème des autres salariés c’est qu’il a raison et ils le savent…mais trop orgueilleux pour l’admettre…
Au fond l’orgueil c’est comme la fierté, faut en avoir mais savoir la placer…
17 June 2009
Bonjour
Merci de me replonger dans l un des meilleurs livres que j ai eu a lire: `Avicenne ou la route d hispahan` de Gilbert Sinoue.
C`est vrai que c`est un roman historique mais en le lisant il m est arrive un phenomene que je n oublierai jamais de ma vie; a un moment le recit a ete tellement captivant que j ai cru entendre des bruits de sabot de cheval galoppant… c`est vous dire l`extase.
Je recommende vivement d`ajouter ce livre a ton starter pack>
Cordialement
Makhtar du Senegal
17 June 2009
[...]Ala Ad Dawla (La Hauteur de l’Etat) à Ispahan [...], précurseur des Medicis [...]
haha
17 June 2009
salut,
@:makhtar :
Oui G.Sinoué est un super auteur!(mais aussi un gros chieur pendant les interviews) son ouvrage est à lire abso-lu-ment! D’ailleurs je pense que l’oeuvre d’Amin Maalouf : “Samarcande” devrait également t’intéresser, elle raconte l’histoire d’Omar Khayyam (qui à vécut à la même époque qu’Avicenne) ;)
@ShiLL: l’orgueil utilisé pour dominer les autres, relève pour moi surtout d’une incapacité à être satisfait/satisfaire de son image, de son égo.
17 June 2009
@ Raymond
Eh oui, l’Histoire impose parfois des vérités qui sont comme des pilules amères.
C’est bêtement chronologique pourtant, les uns ayant précédé les autres on peut parler de “précurseurs”.
Sans ajouter que l’Italie et l’Espagne étaient sous influence arabe au début de l’avènement des Medicis.
Le goût du mécénat et de la collection (notamment d’ouvrages arabes en arabe), ne leur est pas venu de l’herboristerie de leur aïeul ou des autres cours Europe mais bien de leur nombreux contacts et échanges avec les pays du pourtour méditarranéen.
Et en déroulant le fil d’Ariane, on peut tout aussi facilement dire “Baghdad, Ispahan, Damas, Cordoue à l’origine de la Renaissance en France”…
17 June 2009
Voici d’ailleurs un site qui illustre les propos de Malak :
http://www.imarabe.org/temp/expo/sciences-arabes.html
cliquez sur “exposition en ligne”
ahah :)
17 June 2009
Uuuuuhh ça mouline sec ici!
Mais t’as raison Samir, les femmes sont bien moins compétitrices que les hommes.
Par contre vaniteuses, oui, nous le sommes avec ce besoin fulgurant de plaire aux autres qui ne génère pas les mêmes capacités qu’un orgueil bien aiguisé pourra produire. La différence réside dans la target de celui, celles ou ceux que l’on veut impressionner, et je ne connais pas de détonateur plus puissant que la volonté de se dépasser, POUR SOI, même si bien souvent on s’aperçoit que cette volonté est motivée par le réveil d’une blessure bien planquée.
Enfin bref, petite cassedédi aux “très très très compétitrices” pour terminer: http://bit.ly/14DTEn + big up à Malak dont je lis les comments avec autant de plaisir que les posts de Samir!
18 June 2009
L’orgueil ?
Si ce que l’on appelle l’orgueil, ce que montre en exemple ShiLL, alors l’orgueil ne sert à rien, si ce n’est pour s’auto-félicité d’être le meilleure au monde.
Ouais non, ça sert vraiment à rien.
Vaut mieux dans ce cas avoir l’orgueil modeste : admettre qu’il y a meilleure que soi, mais ne pas en faire une fatalité, ni même une situation acquise en gardant toujours à l’esprit que rien n’est figé, que tout est possible même pour toi … c’est-à-dire que tu puisses progresser toi aussi si tu t’en donnes les moyens.
En fait cet article reprend un peu le thème d’un autre article antérieur : gagne-t-on jamais assez ?
La gagne pour la gagne, le fric pour le fric, l’orgueil pour son amour propre. Toutes ces « valeurs » sont illusoires, et finalement très très pauvres.
Je déteste ce type de personne qui ne veulent que se rassurer de leur supériorité sans cesse. De toute façon, il y aura toujours quelqu’un pour te dépasser un jour, soit en sûr.
La véritable richesse n’est pas d’être le meilleur dans le seul but d’obtenir ce titre, mais de CRÉER le meilleur que l’on puisse retirer de soi-même, en ce surpassant là aussi.
Créer pour soi, pour son entourage, pour le monde … Peu importe, au moins c’est constructif.
Vouloir être le meilleur, parfois en détruisant l’autre (donc en trichant d’une certaine façon), c’est anti-constructif.
18 June 2009
D’apres wikipedia : “L’orgueil est, dans la religion catholique, un péché capital. Il s’agit d’une opinion très avantageuse, le plus souvent exagérée, qu’on a de sa valeur personnelle aux dépens de la considération due à autrui, à la différence de la fierté qui n’a nul besoin de se mesurer à l’autre ni de le rabaisser. Manque ou absence d’humilité.”
J’ai un peu de mal a saisir le concept mais je pense que dans mon cas, ca serai plutot l’inverse :
Mon boss : “Good work Alex (moi), your talk was great”
Moi : “No it was crap. I hate it”
Mon boss : “What the…??”
Peux etre que j’ai mal compris cet article mais ma principale motivation…ce que je me dis tout les jours dans le mirroir en me levant le matin : “No matter how well I did yesterday, I suck! I should fix it!”
Je ne vois pas trop l’interet de l’orgueil, c’est meme dangereux. Quand on est tout en haut sur son petit nuage pensant etre le meilleur, on ne fais pas grand chose pour monter plus haut, souvent d’ailleur on descend.
19 June 2009
+ 1 avec toi Zelrik, c’est aussi un peu ma façon de voir les choses. ;)
21 June 2009
@zelrick et renesis:
soit vois vous n’avez pas du tout compris.
soit vous n’êtes pas composé, mais alors meme pas d’un atome, de cette substance rare que décrit Samir…
donc relisez ou passez à l’article suivant au lieu dire n’importe quoi
22 June 2009
Nous sommes tous des orgueilleux plus ou moins déclarés. Certains le paraissent plus que d’autres, mais méfiez-vous ce ne sont pas les plus atteints. “Les larmes qui coulent sont amères mais plus amères encore sont celles qui ne coulent pas”.
L’orgueil n’est pas “nocif”, c’est son hypertrophie qui en fait un lieu de perdition. Quand je serai riche incha Allah (auto persuasion lol) je n’investirai pas 2 cents sur les indigents de toute forme d’orgueil qu’il soit spirituel, social, ou matériel. Ton seul Joker c’est toi, alors mets l’orgueil à ton service, même irraisonnablement. Va dire à tout le monde que tu t’estimes, et n’oublie pas de t’en toucher un mot au passage.
Personne n’est dupe mais au boulot on est dans l’illusion, le paraitre. Et derrière les apparences il y a une réalité cachée. Soigne, maitrise ton image professionnelle, définis ton style. Donne-toi le rôle que tu mérites. Et les gens qui manquent de confiance ou pire ceux qui ont peur de faire bobo à leur collègue je n’ai rien à dire pour les réconforter. Sorry :-)
Salam
23 June 2009
@ despee
Je voudrai pas me repeter mais :
“J’ai un peu de mal a saisir le concept..”
Ta reponse ne clarifie en rien l’article, pour le moment la seule chose que je comprends de ton message ce sont des insultes. J’espere que ta prochaine reponse sera plus productive.
PS : Un pseudo, ca se respecte aussi
–Zelrik
24 June 2009
despee :
Dommage que tu n’apportes pas d’explications et d’arguments (voire mieux, de contre arguments).
Je veux bien admettre que l’orgueil soit un facteur de motivation. Il n’empêche que ça n’en reste pas moins une motivation malsaine. Et que ça reflète le manque de modestie (à ne pas confondre avec le manque d’ambitions), et l’excès d’égo.
Je suis pas contre l’orgueil que j’appelais “positif”. Celui où après un refus ou un raté, tu persévères pour prouver ta valeur. Par contre je dénigre l’orgueilleux qui se croit meilleure que tous le monde.
Personne pour moi n’est meilleur qu’un autre. Ma conviction est que le talent n’existe pas, il n’y a que le travail et les acquis qui en découlent qui différence quelqu’un d’un autre. Parfois ce “travail” n’en est pas un pour l’individu car il est passionné par ça, il n’empêche qu’au final il acquière des acquis.
Je pense par exemple à Zidane, qui dès son enfance, faisait des concours de geste, à celui qui le ferait le mieux, et évidemment, c’était le plus persévérant et passionné, donc au final le plus doué.
De même avec Michael Jordan : premier arrivé à l’entrainement, dernier parti.
8 December 2009
Je n’appellerais pas cela de l’orgueil. Plutôt de l’amour propre. Quelle définition donner à l’orgueil ? “Mépriser les autres et refuser la Vérité”. Or Ibn Sina a accepté la vérité. Et il n’a pas méprisé l’Autre…
Bref, ce sentiment est trèèès dangereux, et beaucoup s’y sont brûlé les ailes !