Archive for October, 2009

B2O SPEAKS

Interview de Booba… avec une subtilite toutefois: il s’exprime dans la langue de Shakespeare. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il maitrise. OK… c’est plus l’anglais du Bronx que celui d’Oxford… mais cela n’enleve rien a son merite.

“shit happens”

 

“you know, the security didn’t do shit”
 
“this is like over here
in the US… I got a few beefs…”

Versificateur mal aime et incompris, on lui a souvent colle l’etiquette de colossal idiot (au propre comme au figure). Et pourtant… sa poesie glauque faite d’astucieux neologismes et de puissantes images tout droit sorties de l’Exorciste lui ont valu un article dans la tres reputee Nouvelle Revue Francaise ou ses “punchlines” furent rebaptisees “metagores”. Un mot valise a la hauteur de la plume d’un surdoue de l’ecriture qui n’a jamais fait confiance a une Education Nationale qui lui parlait de tout, sauf de ce qui semblait interesser. 

Insoumis, j’fais des sous bêtement parce que
J’veux voir c’pays en sous-vêtements
J’voulais savoir pourquoi l’Afrique vit malement,
Du CP à la seconde y m’parlent d’la Joconde et des allemands

Une Education Nationale qu’il a tres vite quittee. En avait-il besoin? Apparemment pas… en 10 piges d’enseignement de la langue anglaise, le petit francais moyen parle aussi bien cette langue que Jean Luc Lahaie (la heiche). Booba, lui, le parle couramment. Combien de rappeurs peuvent en dire autant? Meme si la France est le deuxieme pays du Hip Hop par le nombre de disques vendus et la richesse d’une culture propre qu’elle a su developee independamment de ce qui se fait de l’autre cote de l’atlantique, comment peut-on vraiment comprendre l’Histoire d’un mouvement quand on ne parle meme pas la langue du pays ou il a vu le jour?

Booba artiste vulgaire? Et Rimbaud et Verlaine qui s’associent pour ecrire le scatologique “Sonnet du trou du cul” c’est quoi? De la guimauve?

B2O parle anglais. Et toi?

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APOLOGIE DU POUVOIR… EN SCRED

18Brumaire

Quelle est la nature de l’homme ? Est-il naturellement bon comme le dit Rousseau ? Est-il un loup pour son frère comme le pense Hobbes ? Et d’abord qu’est-ce qu’être bon et qu’est ce qu’être mauvais ? Le don que tu fais au Croissant Rouge est considéré par le plus grand nombre comme « bon ». Mais si tu donnes pour t’acheter une conscience à bon compte et pour te déculpabiliser d’un luxe dans lequel tu te vautres quand le vieillard palestinien, lui, se vautre dans la boue des restes d’une maison rasée par un bulldozer israélien… qui est celui qui donne ? Qui est celui qui reçoit? Toi ou ce vieil homme ? Ce serait donc ça la bonté : nourrir une conscience charognarde sur la carcasse de la misère humaine ?

Les frontières entre les concepts sont ténues. Et le Pouvoir alors ? Bien ? Pas bien ? Doit-on le rechercher à tout prix ? Doit-on s’en éloigner comme de la peste parce que de pieux philosophes ont dit un jour qu’il corrompt les esprits et noircit l’âme ? Toutes les écoles philosophiques et les religions ont fondé leur système sur un sens qu’elles ont donné à l’existence. Un but ultime. Chez les cyrénaïques c’est le plaisir. Chez les épicuriens et les stoïciens c’est cet état de quiétude profonde, de paix intérieure, qu’ils appellent l’ataraxie. Chez les musulmans l’adoration d’un Créateur unique à qui il ne faut rien associer… et chez Nietzche c’est la volonté de puissance. Pour le philosophe allemand, être c’est devenir plus, et l’on devient plus quand on laisse libre court à cet instinct qui fait de la puissance l’espace dans lequel on se réalise. En d’autres termes, l’homme s’épanouit dans la quête et l’exercice du pouvoir. Alors je vais vite dans l’analyse, au risque, j’en suis conscient, de caricaturer un concept qui ne se résume pas à la définition que j’en donne…. mais c’est une idée commode sur laquelle je peux m’appuyer pour lancer cet article.

Je ne connais rien de pire que le sentiment d’impuissance. Se sentir désemparé…désarmé face à une situation, comme voir toute sa famille se faire abattre devant soi par des GI sanguinaires ou voir ces pourceaux faire subir le pire à ses sœurs et sa mère. Pour moi, il y a toujours eu des choses dont l’excès est préférable au défaut. Je préfère la confiance en soi qui se transforme, dans l’excès en arrogance, à la timidité maladive qui te transforme en brebis au milieu des loups. Je préfère la générosité qui se transforme en prodigalités à la pingrerie qui ferme un porte-monnaie à double tour. De la même façon, j’ai toujours cherché plus de pouvoir. Jamais moins. Dans notre société, cette confession a quelque chose d’honteux… de sale même. Il est dangereux de se montrer trop ambitieux. Trop affamé. Raison pour laquelle le vrai ambitieux agit toujours en sous-marin. Quand j’ai commencé ma carrière, je criais sur tous les toits que j’étais un ambitieux… que je voulais manger le monde… que je voulais prendre la place de mon boss….

Ce que je pouvais être ridicule.

Non pas dans mes intentions, mais dans la façon pornographique que j’avais de les afficher. L’ambition c’est bien. Vouloir manger la terre entière c’est bien. Vouloir prendre la place de son boss c’est bien. Mais avoir la naïveté de le dire à tout le monde, c’est contre productif. C’est stupide même. De telles déclarations seront toujours accueillies par un froncement de sourcils suivi d’une remise du premier prix d’infréquentabilité qui, en France, te vaut, aujourd’hui, un an de prison.

Au XXIème siècle, la quête du pouvoir est devenue une guerre civilisée. Une bataille d’alcôves qui ne dit pas son nom. Un affrontement de généraux qui se sourient avant de se poignarder dans une Board Room. Et si tu cherchais la plus grande hypocrisie de notre société, elle est celle-ci : nous draper dans le souci de justice et d’équité, nous complaire dans une idée de la démocratie qui ferait du peuple le souverain et qui nous épargnerait de vieilles pratiques aristocratiques. Une démocratie ou le pouvoir serait également réparti entre chaque citoyen, puisque chacun possède le pouvoir « d’une voix » aux élections. En d’autres termes, on aurait anéanti la quête de pouvoir de l’individu en le dissolvant dans le peuple.

Belle hypocrisie.

Ce sont toujours les mêmes émotions qui nous guident… les mêmes instincts qui nous dominent. Mais puisque la société ne veut plus voir ses barbares affamés, il a simplement fallu que ces derniers revêtent un costar Smalto pour tromper leur monde. Ils ont recouvert leur main de fer du velours d’un gant. Ils ne prennent plus par la force… ils séduisent. Le vrai ambitieux, celui qui a le manche, celui à qui je délivrerai un diplôme de l’Académie de JR&M, est celui qui sait faire plier la volonté de l’autre en donnant à ce dernier l’illusion qu’il a pris sa décision librement et en conscience… comme la pierre qui roule de Spinoza. Ou comme John Milton (Al Pacino) qui souffle malicieusement à Kevin Lomax (Keannu Reeves) :

« C’est ma main qui fait sourire la Joconde ».

Je ne sais pas pour toi, mais perso, je détesterai apprendre que je n’ai été qu’un vulgaire caillou à la merci d’un(e) pro au jeu du pouvoir… encore moins qu’un mec me fasse sourire en me passant une main. « Le monde est un théâtre » disait Shakespeare… c’est exact. Il est le théâtre de luttes d’influences et de pouvoir dans lequel nous sommes tous condamnés à jouer un rôle. Tous. Même celui qui te dit : « non, la politique c’est pas pour moi… je suis pur moi… ». Ne pas jouer le jeu reviendrait à renoncer aux plaisirs qu’il procure… ou à subir les peines de celui qui en est dépourvu. Rien ne sert de pleurer. Rien ne sert de se plaindre. Rien de ne sert de résister. Ta participation à ce jeu est inévitable. Et pour celui qui sait l’esquive impossible, il vaut mieux exceller dans l’art de l’acquérir que dans une innocence de façade qui ferait de toi le jouet d’un(e) autre.

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RENAISSANCE

renaissance

Je sais ce que tu es en train de te dire: “c’est pas trop tôt!”.

Tu as été lourdement sevré et je m’en excuse. Je pourrai invoquer les meilleures raisons du monde pour expliquer cet éloignement aussi soudain que temporaire. Je pourrai te parler de mon agenda professionel dont je ne suis plus maître. Je pourrai te faire entrer dans la confidence d’un Projet Secret que je m’apprête à lancer et qui m’obsède depuis plus de deux mois. Je pourrai te dire que l’inspiration,  cette connasse, a décidé de me faire la tête. Je pourrai t’expliquer comment je l’ai retrouvée en m’isolant dans un monastère bénédictin à manger du pain sec et les légumes verts que font poussé des moines ayant fait voeu de silence.

Mais rien de tout cela ne serait vrai. Parce que ma vraie occupation ces dernières semaines a été la renaissance du JR&M FUND. D’abord dans ses équipes et son fonctionnement… ensuite dans son fondement théorique:  ma plume ne s’est pas reposée ces deux dernières semaines. Elle s’est appliquée à revisiter profondémment le Manifeste de l’Equation Secrète…. maintenant disponible dans sa version 2.0 

Mieux… avec la patience d’une fourmi ouvrière, elle a ajouté des chapitres inédits à ce recueil devenu (allez je me fais un bisou) un classique de l’univers de JR&M. Chapitres que tu pourras, au propre comme au figuré, caresser des doigts puisque Le Manifeste (et c’est nouveau!) est maintenant édité dans une version papier que tu peux te procurer ici 

Mais la vraie bonne nouvelle de ces dernières semaines c’est la réouverture du FUND aux candidatures… avec une subtilité toutefois :)

Looking forward to reading your application

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3 – 1

Ils sont vraiment de partout ces arabes…

P.S: next article coming soon…

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LA TRISTE VIE D’UNE BELLE GOSSE

depressed beauty

Les derniers débats furent âpres.

Il suffit de parcourir les commentaires des derniers articles pour s’en convaincre. J’institue une trêve olympique le temps d’un article et vous invite à découvrir un webzine qui m’a fait fondre: hijabandthecity.com  (HATC pour les intimes). Les jeunes femmes qui tiennent cette maison en ont fait un endroit où l’on s’oublie pendant des heures à lire et relire des articles dont la pertinence est sublimée par une plume acidulée et fraîche. Un bonbon inattendu dans une blogosphère fadasse qui n’a plus rien à dire.

J’ai été invité à y prendre la parole, un peu comme au temps de nos aïeux où l’hôte pressait ses convives d’improviser quelques vers pour rassasier les imaginations plus avides que les ventres qui venaient de se remplir. Ca commence comme ça…

Les filles les plus malheureuses ne sont pas celles que l’on croit.

Le diktat du 90-60-90 relayé par Elle, Bazaar et Vogue est censé avoir fait de ta vie un enfer. D’autant plus que les formes généreuses que suppose la combinaison magique de ces trois nombres ont progressivement été gommées par Photoshop et cette lubie morbide qui a fait de l’anorexie le nouveau canon de la beauté.

Te voilà donc réduite à suivre ce régime commando qui te permettra « d’arborer un ventre plat sur la plage en seulement 3 semaines ». 3 semaines à te nourrir exclusivement de pommes et d’eau minérale. 3 semaines à priver ton palais des viennoiseries du matin et des barres chocolatées de l’après midi. A côté de ton régime spartiate, le Ramadan fait figure d’orgie alimentaire.

Et tu souffres…

La suite c’est par ici

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