Archive for December, 2009

FAUX AMIS

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Ce texte n’a rien à voir avec les problèmes de traduction auxquels certains linguistes font face mais tout à voir avec le comportement détestable de ceux et celles qui, dans ton entourage, prétendent au titre honorifique d’ami(e)s.

Ha ! Les ami(e)s…

Vaste sujet. Parmi eux il y a les vrais : ils se comptent sur les doigts d’une main… et puisque ce qui est rare est cher, chéris-les comme un lépreux le ferait de ces derniers doigts. Et puis il y a les usurpateurs… trop nombreux ceux là… de la pute qui écarte les cuisses pour dormir sur ton lit, au psychotique traumatisé par une enfance durant laquelle il n’était rien, et qui vient gâcher le cuir ton divan en y déversant une bile amère en même temps que ses problèmes de frustré (le psychotique est également une « serrure »… se vautrer sur ton divan, c’est gratuit… faire la même chose sur celui d’un spécialiste heurterait son portefeuille). Ces usurpateurs sont des nuisibles. Une fois repérés, élimine-les.

Le problème, c’est que parmi ces félons se cache une race particulièrement venimeuse. La pétasse et le névrosé cités plus haut ne sont pas les plus dangereux. Ils ont même, dans leurs fragilités respectives, quelque chose d’attendrissant… on les garde près de soi comme on ferait l’aumône. Et puis, une fois lassé, on les jette avec la même compassion qui nous à d’abord empêché d’effacer leurs numéros. Au milieu de ces fleurs inoffensives s’épanouissent des ronces plus difficilement détectables.

Cette flore puante ne révèle sa vraie nature qu’à des moments précis : quand la stabilité de leur microcosme parfaitement ordonnancé se trouve menacée par le moindre petit changement, alors la ronce se transforme en une plante carnivore obsédée par la destruction de ce qui a perturbé l’équilibre de son écosystème.
En clair, et pour arrêter ici la métaphore botanique, au moment même où tu décides d’abandonner la médiocrité et de cheminer vers le mieux, ton « ami(e) » deviendra anormalement agressif. Il se montrera sceptique. Il questionnera tes motivations. Il médira. Il essaiera de te décourager par tous les moyens. Il sabotera chacune de tes manœuvres. Il te discréditera en public et en privé.

« Tu as vu Karim comme il a changé ? Il se la raconte je vais à la bibliothèque maintenant ! Jamais il a eu un livre de sa vie, il nous la joue shab BHL »

« Tu as vu Nawal cette pute ? Elle monte sa boîte… zarma… elle a jamais travaillé de sa vie et maintenant elle veut créer sa boîte ! Je lui ai dis reste tranquille, reste avec nous, on se soutient l’une l’autre… on fait nos recherches… mais elle, elle l’a joue perso cette pute… t’inquiètes, wallah je la retiens cette petite pute »

« Tu connais pas la meilleure ? Najib est parti s’installer au Canada. Je lui ai dit « arrête de jouer ton f7al, reste ici, trouve un taffe comme tout le monde, marie toi, gagne ta vie, paie tes impôts et prends un crédit pour acheter ta baraque… il s’est pris pour Christophe Rocancourt le mec »

« Wallah je suis morrrrrrrrrrrrrrrrrrt de rire… Hakim il vient d’ouvrir un Grec à Auber’. C’est quoi cette idée de mes couilles ? Comme si on n’avait pas assez de Grecs dans le coin. Les gens ils savent plus quoi faire de leurs vies wallah. Le gars il a bac+5 et il ouvre un Grec. »

Quel est le point commun entre Karim, Nawal, Najib et Hakim ? Ils ont décidé de changer. Ce changement a été plus ou moins radical, mais il n’en demeure pas moins qu’il constitue un point d’inflexion majeur de leurs existences respectives. Ce qu’on attend d’un(e) vrai(e) ami(e) dans ce moment délicat c’est un soutien… même tiède. On n’attend pas de lui qu’il sabote méthodiquement cet effort de transformation personnelle. Changer, c’est difficile… mais si certains s’amusent à lester de sacs de sable une barque qui tangue déjà…

Quand tu essaies de comprendre les raisons d’un tel comportement, la plupart de ces « ami(e)s » t’expliqueront que « c’est pour ton bien »… que « tu vas droit à ta perte, et que c’est leur devoir d’ami(e)s de t’empêcher de te fourvoyer »

Mes couilles ouais…

La réalité est beaucoup plus sombre qu’il n’y parait. Commençons par le processus de changement en lui-même : ta personnalité, au-delà du déterminisme génétique, se forge année après année au contact de ta famille, de tes ami(e)s et autres collègues. Inconsciemment, ton être est façonné par l’action simultanée de ceux et celles qui t’entourent. Changer c’est prendre conscience à un moment donné de qui l’on est à un instant « t »… de porter sur sa personne un regard critique (dans le sens philosophique du terme)… et de se lancer dans la tâche prométhéenne de se redéfinir tout en refusant d’être ce qu’autrui veut que l’on soit.

« Le Monde est un théâtre » disait Shakespeare et on se réinvente d’abord en refusant d’accepter le rôle que la société nous attribue.

Mais voilà, il y a des gens à qui ça ne plaît pas. A commencer par ces « ami(e)s » qui aimaient « le Karim d’avant »… « la Nawal avec ses petites couettes »… si tu changes, leur monde change. Si ta dynamique est modifiée, la leur s’emballe. Si tu renverses la table, c’est la médiocrité de leur routine que tu bouleverses. Pire, ta tentative d’aller vers le mieux met en évidence leur immobilisme. Nawal qui monte sa boîte va forcément susciter les questions inconfortables dans l’esprit de sa « copine » Nadia… « Elle, elle monte sa boîte… et moi je fais quoi ? »

Quand au chantage affectif du « mais c’est parce que je tiens à toi que je te dis ça », il n’est qu’une tentative désespérée de te retenir dans la médiocrité. Ce que cet(te) ami(e) « aime », c’est ce que tu étais… pas ce que tu vas devenir.

Tu veux savoir si tu es entouré(e) de potes ou de putes ? Rien de plus facile…

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