LES FONDAMENTAUX (Partie 2/2)

Note préliminaire: pour mieux apprécier et comprendre cet article tu auras besoin de (re)lire celui-ci.

Je venais d’arriver à New York.

J’étais encore subjugué par son opulence, ses buildings à t’en donner des torticolis, ses formidables propriétés énergisantes qui auraient fait monter Roselyne au créneau, persuadée qu’une population aussi excitée ne pouvait l’être que parce qu’on vaporisait de la taurine dans les bouches de métro. New York ne dort jamais. Au sortir des soirées aux alentours de 4h du mat’ tu trouveras des vendeurs de mechoui égyptiens qui consentent à te refiler une brochette de dinde graisseuse contre 5 dollars. C’est trop cher pour ce que c’est, mais c’est suffisant pour calmer les cris plaintifs d’un estomac astreint à un régime liquide ces 8 dernières heures.

Manhattan te met le cerveau en ébullition… comme un rail de “cc”. Elle booste tes 5 sens: la vue, l’odorat, le toucher, l’ouïe… le goût. Au point d’entendre cette fille de l’autre côté du bar, mâcher une olive qu’elle vient de faire disparaître dans sa bouche avec la moité du cure-dent sur lequel elle était empalée.    

Il était 20h. Mon pote et moi nous étions donné rendez vous à Vento.  Un restaurant italien classe au croisement entre 9th avenue et 14th street. J’étais en avance. L’ambiance était cozy quoiqu’un peu bruyante. Je m’étais assis au bar et patientais en sirotant un jus d’ananas, zyeutant la terasse du restaurant où j’avais la ferme intention de dîner: la soirée était belle et le spectacle à l’extérieur, effervescent… tout comme ce groupe de femmes débarquant au milieu de rires aux éclats et conduit par deux mâles serrés dans des costumes clairs, l’un gris, l’autre beige et dont les cols de chemises, ouvert de deux boutons, attestaient que la soirée serait décontractée et chaude. 2 mecs pour 6 femmes… ça n’intriguait pas que moi. Cette faune attirait irrepressiblement les regards des autres clients. D’autant plus que ces 2 chanceux semblaient avoir du goût. Souleymane le magnifique aurait échangé Belgrade contre ce harem ambulant. 

20h15… mon s7ab arrive enfin.

- Wech Samir? Bien?

- Hamdou… regarde ce qui se passe à té-cô… lui glissais-je en sortant ma carte de crédit pour payer mes consommations avant de passer à table.

- Ben trankill… ça se fait plaize.

- N’est-ce pas? Et dis toi que…

- Hey je connais cette banque… c’est ma banque. Cette phrase a été prononcé avec un fort accent british. Je me retourne pour voir l’impoli qui m’a interrompu… et me rend compte que c’était un des deux accompagnateurs de ces dames. Celui en costar gris.

- Comment ça, votre banque…? Je n’avais pas encore d’American Express (je venais d’arriver… je payais donc avec une vieille CB Crédit Lyonnais qui m’avait toujours accompagné, qu’il pleuve ou qu’il vente sur mon compte en banque de petit étudiant fauché… facilité de caisse de 300 euros oblige) 

- Sorry… je me présente Simon P. je travaille pour Calyon à Honk Kong. Simon me tend une business card… Calyon est le fruit de la fusion entre les activités du Crédit Agricole et du Crédit Lyonnais dans les domaines de l’investment banking. C’est pour ça que je te disais que c’était ma banque ça… en voyant ta carte.

- OK. Qu’est ce qu’un mec comme toi fait à New York? Honk Kong c’est loin.

- Entertaining customers! (Traduction: *Je divertis mes clients*)… il avait pointé son verre vers la tribu d’amazones qu’il escortait.

- T’embauches? Je peux être ton esclave… ou le leur c’est comme tu veux. Ca c’était mon pote qui avait laissé s’exprimer ce qu’il traine dans le haut du jean avant d’avoir tourné 7 fois sa langue dans sa bouche.

- HAHAHAHAHA… no thanks. Elles te mangeraient tout cru. Believe me! I’m doing you a favor here.

- Qu’est-ce que tu fais à Honk Kong Simon? Et ça… c’était ma curiosité qui faisait des siennes

- I find great companies and I invest in them

- Cool. T’as un conseil à me donner pour investir en Asie

- Sure! Shanghai Electric. Ils vont devenir les prochains General Electric. C’est garanti. Achète maintenant et garde pour les 15 prochaines années. Buy and hold… c’est ce qu’il faut faire… pas comme ces donkeys qui vendent et achètent dans la même journée parce que tout le monde vend ou achète… ce sont des sheeps! Nothing else.

N.B: voici le cours d’évolution de Shanghai Electric 

- Buy and hold, huh? A la Warren Buffett.

- Exactly. Quand tu aimes une entreprise, pourquoi tu vas vendre? Hein? Explain it to me! En parlant de Warren Buffett et des spéculateurs écervelés, tu connais l’histoire du “Oil man” qui va au paradis?

- Nope

- OK. J’ai entendu cette histoire de Warren Buffett qui la tenait lui-même de son mentor Benjamin Graham.

- T’as été à Omaha? A l’Assemblée des actionnaires de Berkshire Hattaway?

- No. OK, j’ai lu cette histoire… je ne l’ai pas entendue de la bouche même de Warren Buffett

- OK

- C’est l’histoire d’un “oil man” qui arrive aux portes du paradis. Il y rencontre leur gardien qui s’enquit de son nom et de sa profession. Le gardien, après avoir consulté son registre lui dit, l’air désolé: “vous me voyez confus monsieur. Tout est en ordre pour que vous puissiez accéder au paradis mais nous avons un léger problème. Vous voyez cette antichambre? Elle est réservée à tous les prospecteurs de pétrole qui attendent leur tour pour entrer au paradis… et il n’y a vraiment plus de place, pas même pour une personne. Notre “oil man” réfléchit…. puis demanda au gardien: “voyez-vous un inconvénient à ce que je dise 4 mots à ces messieurs. Rien que 4 mots”. Le gardien accepta volontiers, et l’oil man s’executa: il plaça ses mains à hauteur de sa bouche comme il l’aurait fait d’un haut parleur et hurla: “PETROLE DECOUVERT EN ENFER”. A ces mots, l’antichambres des prospecteurs de pétrole se vida plus vite qu’il ne faut de temps pour épeller le mot “oil”, ses occupant en étaient sortis en se bousculant fiévreusement, en se montant les uns sur les autres… on aurait dit un lâché de taureaux à Pampelune. Le gardien des portes du Paradis regarda, incrédule, notre ami “l’oil man” et lui dit: “c’était une bonne idée! L’antichambre est maintenant vide de tout occupant. Vous pouvez vous y installer tranquillement”. Ce à quoi l’oil man répondit en se grattant la tête: “mmmm. Non. Vous savez quoi? Je crois que je vais aller avec eux. Les voir se précipiter comme ça… mmm… il doit y avoir un peu de vrai dans cette rumeur après tout”

  

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YOUR PLEASURE IS MY MISERY

J’ai reçu une volée de plaintes au sujet des archives de JR&M qui ne fonctionnent plus. Après vérificaton: it’s true.

Apologies…

Je vais mettre un coup de pied dans la fourmillière des programmeurs aux US pour que tu puisses de nouveau jouer les archéologues et fouiller les vestiges du blog :)

Pour les plus impatient(e)s, la fonction “Search” fonctionne toujours. Tu peux utiliser cet outil de manière temporaire… si tu sais quel article tu recherches… ou quel terme. Tu peux faire une recherche sur Erick par exemple.

On another (completetely unuseful) note… petit échange dans le couloir qui menait à mon bureau ce matin:

Elle: Salut Samir

Lui: Salut

Elle: On mange ensemble tout à l’heure, je t’invite! Je connais une super terrasse aux Eaux-Vives…

Lui: Très tentant… malheureusement j’ai des choses de prévues pour midi

Elle: Et demain?

Lui: Non plus…

Elle: La semaine prochaine alors?

Lui: Tu sais quoi… mes lunchs sont plutôt pris jusqu’à…. mmmm… *checking my agenda on this beauty* …. mmm… mi-août. OK for you?

Elle: OK… T’es le president de la république, ou bien? *et ouais ma gueule… en Suisse ils mettent des “ou bien” n’importe où dans leurs phrases* … WOW!!! J’avais pas vu les pompes.

*Ah oui… je me suis payé une paire de “loafers” Louis Vuitton qui oriente irresistiblement les regards des passant(e)s vers ma voute plantaire… here is why

By the way, messieurs, cet été les chaussures se portent sans chaussettes… especially in Milano.*

Elle (continued): C’est vraiment dommage qu’on puisse pas manger ensemble

Lui: Lunch is for wimps

Elle: Pardon?

Lui: Never mind. Je t’appelle.. OK?

Elle: OK… pas en 2009 stp quand même… plaisanta-t-elle dans un sourire polaire… tellement que c’en était ostentatoire.

A couple of hours later in my office…

Il est maintenant 12:15. Et voilà ce que je me tape en guise de lunch…

Je sais ce que t’es en train de te dire: “that’s it??!!!”… et ouais. That’s it! Et c’est de ta faute! Si je me vois contraint de refuser “the irrefusable”, à savoir un lunch avec une héritière suissesse à moitié iranienne, c’est parce que je travaille activement pour ton bon plaisir ma gueule. Je galère pour terminer ce putain de nouveau Manifeste… et j’y consacre tous mes lunchs ces derniers temps.

Anyway… là je prends une pause dans l’écriture de mon nouvel opus. J’ai voulu que tu saches ce qu’il m’en coûte de te satisfaire. J’ai voulu partager avec toi cette délicieuse frustration dont tu es entièrement et exclusivement responsable. Mais je te kiffe quand même…

Cette petite pause m’a donné l’occasion de parcourir les pages d’un vieux numéro de “How to spend it”:

…et je suis tombé sur une page qui m’a donné des frissons de plaisir… une pub qui est un hommage à ceux et celles qui ont subi les sarcasmes de la conseillère de désorientation et du professeur principal et qui, aujourd’hui, changent le monde et profitent à l’excès des plaisirs qu’il offre… (NB: spéciale dédicace à ceux et celles qui “vont passer l’été en Bretagne” et essaient de te faire croire qu’ils kiffent)

Une pub qui semble taillée pour les Jeunes Renois Millionnaires à qui l’on prédisait un avenir radieux comme agent de sécurité à Monoprix… see for yourself

“Proving my teachers wrong”… that’s a SICK ad… luv it. La vengeance est un plat qui se mange froid. La Vendetta a commencé… tu kifferais pas croiser ce prof (tu sais duquel je parle) au volant de ta Bentley quand lui affiche 210 000 km au compteur de sa vieille Clio? Un truc de malade. La vengeance aux deux visage II.

Je me détends aussi en lisant quelques emails…

Je viens d’ailleurs de recevoir une missive de Julie qui, connaissant mes penchants, m’a fait parvenir ce lien. La “Mendes” est en couverture du dernier numéro de Jack… dans lequel elle a fait offrande de son corps à l’objectif d’un chanceux. My favourite pic? Celle où elle ne porte, pour tout vêtement, qu’une bague sertie d’une pierre démesurée. Une femme nue, simplement vêtue de bijoux… ça me rappelle un passage des “fleurs maladives” de Charles:

“La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.”

Si tu veux lire la suite c’est par ici

Gotta go… pour tu sais quoi (grrrrrrrr…)

Mais comme le dit si bien Kanye: your pleasure is my misery.

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AIM HIGH (Partie 4/4)

Enregistrement fait dans le rush (I got a meeting right now)… hope you'll like it

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FIRST JR&M PODCAST

Prends un thé à la menthe… press play.

Enjoy!

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AIM HIGH (Partie 3/4)

Cette dernière troisième partie est beaucoup moins personnelle que les deux premières. Elle n’en contient pas moins de perles de sagesse qui, j’en suis sûr, t’amèneront à changer ton comportement et la façon dont tu te fixes des objectifs… qu’ils soient personnels ou business (ne me demande pas quelle est la différence entre les deux… je n’en fais pas pour ma part).

Certaines personalités reviennent plus souvent que d’autres sur JR&M. Warren Buffet, Dee Hock, Peter Drucker, Carlos Ghosn, Machiavel… tous ont contribué à structurer mon intelligence d’une certaine façon. Le conseil que m’a prodigué mon mentor en début de carrière s’est vu confirmé par la pensée de ces hommes remarquables.

Commençons par Carlos Ghosn. J’ai conseillé à plusieurs de mes lecteurs/lectrices le livre qu’il a coécrit avec Philippe Riès. Tous ceux et celles qui ont englouti les 438 pages de “Citoyen du Monde” m’ont avoué ne plus être les mêmes personnes. That’s the magic of books.

Le passage du livre qui nous intéresse aujourd’hui relate les premiers pas de Ghosn chez Renault:

“Quand il recrute Carlos Ghosn, Renault s’est déjà fixé pour objectif de réduire de 3000 francs (environ 460 euros) en moyenne le prix de “sortie” de chaque véhicule fabriqué.

Quand je suis arrivé le plan 3000 francs était en préparation. Je l’ai adopté complètement mais j’ai proposé à Louis Schweitzer d’aller plus loin, sans pour autant compromettre les investissements dans la technologie ou la qualité. Le plan 20 milliards que nous avons annoncé trois mois plus tard, en mars 97, est né d’une amplification de ce projet initial. Ce plan de Renault avait un certain nombre de composants mais la principale était la réduction des coûts qui m’était confiée. J’ai apporté ma contribution très vite avec un rythme, avec des actions, des responsabilités, des échéances. Les gens se sont dits “le nouveau veut faire bouger les choses.”

On passe du plan 3000 francs… au plan 20 milliards. Quite a difference, right? Mais voici que les corbeaux de malheur se mettent à coasser… à rechigner… à transpirer… extrait:

 

Au cours d’une réunion, j’avais estimé le potentiel du plan à 20 milliards de francs et je me souviens très bien que quelqu’un a dit “vous devez vous tromper de zéro, il doit s’agir de deux milliards pas de vingt”. Le chiffre leur paraissait extravagant. Renault vendait alors 2.1 ou 2.2 millions de voitures. 20 milliards cela signifiait une réduction des coûts de 9000 à 10 000 francs par voiture en trois an. Certains se sont dit: “Il va se planter, il déraille, il ne sait pas qu’ici il faut présenter l’objectif le plus conservateur possible pour être certain de le réaliser”. Je leur répondais: “vous aurez ce que vous demandez et si vous placez la barre très bas, vous obtiendrez une très basse performance. A condition de bien réfléchir, vous avez une chance d’obtenir de meilleurs résultats en plaçant la barre plus haut.” Ils pensaient que je débarquais et que si j’échouais je serai “carbonisé”. A tous les niveaux, il y avait pas mal de scepticisme. Même les gens très proches de moi se demandaient si c’était bien prudent

La suite tu la connais… le plan 20 milliards même s’il a répandu le sang (fermeture de l’usine de Vilvorde en Belgique) a été un succès induscutable. A fucking “slam dunk” pour le libano-brésilien.

La dernière partie (for real… ce sera la dernière partie :) ) sera consacrée à une petite histoire de Peter Drucker… et à un passage du Prince de Machiavel.

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AIM HIGH (Partie 2/4)

Résumé de l’épisode précédent… Samir présente ses « findings » concernant la valeur théorique d’une entreprise « ABC » devant la baronnie de son entreprise. Il fera suivre cette analyse par des recommandations sur le « turn around plan » visant à booster la valeur du business de « ABC » en vue d’une potentielle plus value à la revente (si acquisition il y a)…

Attention ca tourne…

Moteur…

Action…

L’angoisse des premières minutes passées, la main qui tremblait était soudain devenue ferme, autoritaire presque. Elle accompagnait les mots qui sortaient au pas de charge de mes lèvres auxquelles (j’en étais convaincu) les trois-quarts de l’audience était suspendu… C’était un sentiment proche de l’orgasme. Mes pensées s’articulaient avec une précision de métronome : mes « slides » défilaient avec la même aisance feinte qu’un mannequin de Lagerlfeld. Je me souviens encore des transitions… des mots clés que j’avais volontairement mis en gras pour qu’ils déclenchent, au moment où ils frappaient ma rétine, les idées soigneusement rangées dans les tiroirs numérotées de ma cervelle. En bref, je gérais grave… jusqu’à ce fameux tackle inattendu à la 90ème minute… j’étais en train de conclure mes recommandations sur l’optimisation du Working Capital Requirement (BFR pour les non-anglophones) par un chiffre : 5 millions Euros.

- Wait a sec Samir… l’accent Londonien de mon boss m’avait stoppé net

- Sure… avais-je répondu dans un demi-sourire qui ne parvenait pas à camoufler le début d’un malaise

- 5 million Euros of inventory reduction ? Out of what? 70 million total? What’s that? Around 7%? Are you kiddin’ me? Everybody knows those people are sloppy at managing their inventory. You have to shoot for 3 times that figure.

- You mean… 15 million euros… ? (question bête… j’étais jeune)

- Yes.

- OK.

Toute la présentation s’était déroulée sans accrocs… jusqu’à cette balayette exécutée sur la place publique. J’avais la grina… je retournais à mon bureau la mort dans l’âme… les idées sombres… je maudissais mon boss et son costar Paul Smith. Je m’imaginais en train de lui verser du bromure dans son thé twinings sa mère… « Pourquoi il m’a pas averti avant cet enculé de sa maman »… je ruminais ma rage secrètement quand mon téléphone s’est mis à sonner… c’était mon boss.

- Hey mate… you gotta a minute ? putain de british sa mère… ils ont cette grâce naturelle complètement désarmante qui te donne envie de les embrasser juste après qu’ils t’aient poignardé dans le foie. J’étais comme une midinette qui maudissait les hommes après avoir eu le cœur brisé… mais qui aurait parcouru 450 km de nuit en 205 GTI pour rejoindre son amoureux juste apres qu’il m’ait avoué se taper une autre.

- Of course.

- Come to my office.

Mon boss c’était la classe. J’ai plus appris de ce mec que de tous les bouquins que j’ai pu lire. Un leader né… charismatique, beau gosse, prodigieusement intelligent et doué d’un sixième sens : la capacité de lire dans les pensées de l’autre. Oui tu as bien lu. Ce type est capable de te cerner au bout de 5 minutes… forces, faiblesses, profil de personnalité… un vrai psychologue. Avec la différence significative que, lui, pratique cette science dans son propre intérêt. Pas le tien.

- Samir… man… you were great today

- Thanks! (je t’avais pas dit… il flingue)

- But I had to teach you this lesson mate… in front of everybody so you never forget. Never, ever sandbag the numbers because you want to be conservative and don’t want to look bad if you don’t achieve them.

- Well… I just operated under the principle “under promise and overdeliver”

- That’s fucking rubbish. That’s bullshit man. There are only two kind of people in the world: the ones who wake up in the morning and say to themselves “Be good. Be safe”. And the ones who wake up in the morning and say to themselves: “Take a risk. Be great”. There’s only one kind that I like. I don’t want you to fall into the wrong category.

- OK… thanks for the advise.

- I tell you something else… if you set yourself low objectives you’re more than likely to achieve them. And it’s BAD BUSINESS. Why? Because you never really push yourself. You know Michelangelo?

- Yeah I do

- Right… Michelangelo used to say one thing that is always on my mind… it accompanies me everywhere I go: “The greatest danger for most of us is not that our aim is too high and we miss it, but that our aim is too low and we reach it.”

“Le plus grand danger qui nous guette n’est pas de nous assigner un objectif trop ambitieux et de le manquer… mais de nous assigner un objectif trop facilement atteignable…et de l’atteindre”

Médite ces paroles ma gueule…

Je te concocte une troisième partie sur ce même sujet qui, tu t’en es douté, me tient particulièrement à cœur.

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AIM HIGH (Partie 1/4)

Je m’en souviens comme si c’était hier.

Mon premier boss (qui est, depuis, resté mon mentor) m’avait donné la lourde tâche de réaliser l’évaluation d’une entreprise en couplant celle-ci à un turn-around plan. Le plan était censé mettre en évidence ces gemmes enfouies dans le sable de l’inefficience bureaucratique créée par un Management en place qui favorisera toujours le statut quo.

La tâche était délicate parce qu’elle me mettait d’emblée sous les feux des projecteurs à un âge où tu manges encore des petits suisses et où ta mamam repasse toujours tes chemises… (OK, j’avoue… j’ai jamais vraiment dépassé cet âge…)

Je n’avais à ma disposition que des informations publiques genre rapport annuel, infos glanées sur Google et le corporate website. J’étais motivé. Je voulais faire les choses bien. J’avais donc réservé ma soirée, éteint mon portable pour éviter les coups de fil intempestif d’affolantes tentatrices. Je me suis alors plongé dans la balance sheet et les cash flow statements avec délice. La complexité de la tâche me ravissait. L’eau était tiède… Je m’étais versé du coca dans un verre à vin tout en écoutant du Bach… je venais de faire l’acquisition d’un canapé trois places en cuir noir directement importé d’Italie et m’enfonçais dans ses plis satinés… pour me relever 5 minutes après et entammer une petite marche circulaire autour de la table basse de mon salon… je pense mieux en marchant. Il est d’ailleurs prouvé que la marche favorise le reflux sanguin dans les neurones… et donc l’inspiration.

Quand une idée me venait, je me rasseyais pour éplucher la pile de documents que j’avais ramenées du bureau. Je prenais des notes… je déduisais les revenus exceptionnels liés à des ventes d’actifs et qui ne se matérialiseraient pas les années suivantes, je surlignais les niveaux de stocks qui me paraissaient anormaux… je rentrais mes projections dans ma “spreadsheet”… je jonglais avec les WACC, TRI et autres acronymes du métier.

J’étais dans mon élément.

Deux jours plus tard… présentation de mes “findings” au sommet. Mon boss (un britannique) est présent, accompagné d’autres Vice Presidents. Les plateaux de petits fours sont passés de la main à la main, les cafés sont servis… à l’exception des cains-ri qui préferent toujours un Diet Coke “on the rocks”, aux arômes puissants d’un ristretto. Chose étonnante à mes yeux, personne ne parle. Ils semblent tous se soucier davantage de leurs besoins organiques que de l’usage du “small talk” et du serrage de pinces. Pas de “how is it going”, ni de “long time no see”… tout ce petit monde s’affaire dans un silence qui n’est pas sans rappeler les repas funèbres. Wait a minute… et si c’était moi qu’on enterrait? J’en avais des sueurs dans le dos. Ma main droite tremblait irrepressiblement… on aurait dit une vache folle. Les bourreaux avaient tous pris place autour d’une table gigantesque et rectangulaire ou je me voyais déjà étendu pour être écartelé et cuisiner à la “moyen-ageuse”. “Lance toi putain…” je me disais… histoire de me remonter à bloc.

Je repensais à ce putain de grand plongeoir et tous les gamins de la classe qui me regardaient…

- Hello gentlemen. Thanks for coming. My intention today is to present you…

La suite tomorrow….

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THEY SAY…

… a picture is worth a thousand words.

Mes articles peuvent de nouveau être illustres par des photos. Nous avons réussis à résoudre le problème avec le design aux Etats Unis. Tant mieux! On imagine pas un article JR&M sans l’illustration qui l’explique… ou l’accompagne de manière humoristique parfois.

Je t’invite donc a redécouvrir ça, ça et ça… et encore ça et puis ça aussi.

Mais surtout… ça: la photo qui lance officiellement la section JR&M FUND.

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KICKS ASS QUOTE

La cause de JR&M est importante.

Elle l’est à mes yeux en tout cas. Si ce n’était pas le cas, je fatiguerai pas ma vue, ni mes phalanges, à écrire tous ces articles sur mon MacBook, quand ces deux parties de mon corps pourraient être utilisées à d’autres fins un peu plus hédonistes. If you understand what I’m saying…

Quand l’idée a commencé a germé dans la partie la plus fertile de mon cerveau (l’hémisphère droit)*, je m’étais promis une chose: ne répandre la cause qu’au travers du processus publicitaire le plus puissant qui soit: the word of mouth**. Parce que l’on accorde toujours plus de crédit à un ami, un collègue ou à un membre de sa famille quand ils te recommandent un produit… en tout cas plus qu’à Zidane quand il essaie de te convaincre qu’Optic 2000 peut rendre la vue à Gilbert Montagné. J’avais exclu la télé, la presse, la radio et, en général, tous les medias qui te demandent de faire un chèque avant même de décrocher le téléphone pour les appeller. Pourquoi? Parce que tout publicitaire honnête t’avouera que le ROI (Return On Investment) d’une campagne est au mieux difficile à évaluer, au pire proche du déficit d’un pays du tiers monde.

Quand un produit est bon, il se suffit à lui même. Pas besoin de crier sur tous les toits que tu a mis la concurrence à genoux, que tu as taillé en pièce toute ton industrie pour en devenir le leader incontesté… si c’est effectivement le cas, people will notice. They will know. Ceux qui s’agitent, par le truchement des médias, à prouver qu’ils sont efficaces, moins chers, plus économiques, “environmental friendly” ou qu’ils sont les parangons de la créativité sur leurs marchés montrent en réalité une chose: le desespoir. Ils sont désespérés. Ils perdent leurs moyens face à un marché ultra-compétitif, où l’attention du client est devenue “the hottest currency ever”.

Comme le dit Kevin Roberts, l’auteur de “Lovemarks” (one of my favourite books):

We live in a world where the customer tells you: you’ve got 5 seconds to change my life or I’me gone

Dans un tel contexte, acheter 30 secondes à TF1 juste avant le journal d’Harry a quelque chose de rassurant… c’est vrai: 7 millions de téléspectateurs qui se réunissent pour la grande messe du 20h, ça fait bander. Ajoute à cela l’argumentaire choc de TF1 qui, dans la bouche de Patrick Le Lay, devient:

“ce que nous vendons à Coca, c’est du temps de cerveau humain disponible”.

et tu te retrouves avec la campagne de pub la plus desespérée qui soit… celle qui essaie de te faire croire qu’avec un spot publicitaire, on peut masquer l’évidence: la campagne de pub du gouvernement français pour le pouvoir d’achat. L’analogie reste de mise… parce qu’on ne parvient pas à prouver DANS LES FAITS qu’on améliore le pouvoir d’achat, alors on te tape dans le dos en te disant: “t’es impatient? Moi aussi!”… pendant ce temps là le baril de pétrole est à 140 dollars, les pêcheurs brûlent des préfectures (mais, eux, ils ont le droit… eux, ce ne sont pas des racailles), les routiers multiplient les opérations escargot… alors, de quel pouvoir d’achat parle Fillon et sa bande de 7 nains? Imaginez le… de quelle mesure parle-t-il? Supposez la. Comme on dit au quartier: “c’est du rih tout ça”.

Toute cette logorrhée peut être résumée en une citation que j’ai entendu dans un séminaire aux US:

“Advertising is the penalty companies pay for being uninteresting”

* Si tu ne sais pas à quoi je fais allusion: tu DOIS lire ce livre

** Bouche à oreille

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KFC

Non.

Je n’ai pas l’intention de chanter les louanges de ces cartons graisseux remplis de cuisses de poulets qu’on a fait frire dans 18 litres d’huile de 15 ans d’âge.

J’aime les acronymes. Ils permettent d’encapsuler de manière créative et puissante une idée en un nombre limité de lettres. Cette technique met un exposant 10 sur les propriétés “d’adhérence” de ce dont on veut se souvenir. L’idée s’en trouve scotchée à la mémoire. L’acronyme, c’est de la super glue appliquée directement sur ton cortex. Impossible d’oublier par la suite… c’est à en rendre la maladie d’Alzheimer complètement inopérante.

Tu veux des exemples? JR&M (Jeune Renoi & Millionnaire). BATNA (Best Alternative To a Negotiated Agreement). Les “3A” de Dan Pink. Dan a écrit un livre que je classerai dans le top 5 des ouvrages parus durant ces 5 dernières années, et qui distillent vraiment l’essentiel sur le business dans son acception la plus large. Les 3A veulent dire Asia, Abundance and Automation. Ils constituent à eux trois les forces principales qui changent la face de notre monde et accélèrent le phénomène de globalisation. L’Asie prend un rôle moteur dans l’économie mondiale, concentre les 2/3 de la population, produit un plus grand nombre d’MBA que tous les autres continents réunis, tire la croissance mondiale et est, de facto, l’usine qui produit pour le reste du monde. L’Abondance explique comment des produits réservés auparavant aux catégories de population aisées se sont étendues aux couches inférieures (voire très inférieures), créant ainsi une vague de “commodification” qui fait du téléphone portable et du flatscreen les équivalents d’un t-shirt de Prisunic. On tombe dans une banalisation exacerbée qui contraint les marketers à différencier leurs produits de façon dramatique… en cas d’échec, leurs créations sont appelées à tomber dans les oubliettes de la grande consommation. Deux “real life examples” qui ont su tirer parti de cet état de chose: Bang & Olufsen et Vertu. Le troisième “A”, pour “Automation”, explique l’impact absolument phénoménal des nouvelles technologies. Du microprocesseur “4 coeurs” battant dans la poitrine de ton laptop qui calcule plus de données et plus rapidement que tous les ordinateurs qu’il y avait dans le monde en 1992, aux nanotechnologies dont l’influence trouve des ramifications jusque dans la médecine… demain (et demain c’est dans 5 ans), on t’injectera dans les veines des nano-robots qui iront attaquer une tumeur, ou délivrer à intervalle régulier des antibiotiques avec une précision sans précédent.

See? Qu’est ce que je viens de faire? Je viens de t’expliquer ce qui se passe dans le monde en utilisant trois fois la même lettre.

A.

Useful, isn’t it?

KFC ne VEUT PAS dire Kentucky Fried Chicken… at least not in my book.

KFC est l’acronyme astucieusement trouvé par ce blogueur que j’ai découvert par le hasard de mes navigations sur le Web. Il a empaqueté la recette de son succès en trois lettres.

- How did you succeed?

- Thanks to KFC

- What…?

- KFC… “K” pour “Know what you want to do. Faire sa propre introspection. Comprendre ses aspirations les plus profondes. What makes you tick? Ceci est le début de tout. Ensuite vient le “F”: “Find out what you’re getting”. Est-ce que ce que tu fais aujourd’hui correspond à ce que tu veux. Si ce n’est pas le cas, ces choses que tu fais sont-elles une partie constitutive d’un plan plus long terme… exemple: je travaille comme Analyste chez Accenture, je n’aime pas ce que je fais… mais je dois le faire parce que je veux devenir “Partner” dans cette firme. “C” means, “Change what you’re doing”. Si après évaluation de tes envies professionelles, tu te rends compte que ce que tu fais tous les jours ne sert pas les plus grandes ambitions qui t’habitent… DO SOMETHING ABOUT IT. Démissione, prends une année sabbatique, écris un livre, va vivre dans la forêt amazonienne… I don’t know… mais CHANGE le cours de ce que tu fais.

Once you’re done. Repeat the process. Again… and again… and again.

Basique? Evident? Simpliste? Je n’en suis pas si sur… vraiment pas.

Maintenant tu sais pourquoi j’aime les acronymes :)

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