B2O SPEAKS

Interview de Booba… avec une subtilite toutefois: il s’exprime dans la langue de Shakespeare. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il maitrise. OK… c’est plus l’anglais du Bronx que celui d’Oxford… mais cela n’enleve rien a son merite.

“shit happens”

 

“you know, the security didn’t do shit”
 
“this is like over here
in the US… I got a few beefs…”

Versificateur mal aime et incompris, on lui a souvent colle l’etiquette de colossal idiot (au propre comme au figure). Et pourtant… sa poesie glauque faite d’astucieux neologismes et de puissantes images tout droit sorties de l’Exorciste lui ont valu un article dans la tres reputee Nouvelle Revue Francaise ou ses “punchlines” furent rebaptisees “metagores”. Un mot valise a la hauteur de la plume d’un surdoue de l’ecriture qui n’a jamais fait confiance a une Education Nationale qui lui parlait de tout, sauf de ce qui semblait interesser. 

Insoumis, j’fais des sous bêtement parce que
J’veux voir c’pays en sous-vêtements
J’voulais savoir pourquoi l’Afrique vit malement,
Du CP à la seconde y m’parlent d’la Joconde et des allemands

Une Education Nationale qu’il a tres vite quittee. En avait-il besoin? Apparemment pas… en 10 piges d’enseignement de la langue anglaise, le petit francais moyen parle aussi bien cette langue que Jean Luc Lahaie (la heiche). Booba, lui, le parle couramment. Combien de rappeurs peuvent en dire autant? Meme si la France est le deuxieme pays du Hip Hop par le nombre de disques vendus et la richesse d’une culture propre qu’elle a su developee independamment de ce qui se fait de l’autre cote de l’atlantique, comment peut-on vraiment comprendre l’Histoire d’un mouvement quand on ne parle meme pas la langue du pays ou il a vu le jour?

Booba artiste vulgaire? Et Rimbaud et Verlaine qui s’associent pour ecrire le scatologique “Sonnet du trou du cul” c’est quoi? De la guimauve?

B2O parle anglais. Et toi?

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APOLOGIE DU POUVOIR… EN SCRED

18Brumaire

Quelle est la nature de l’homme ? Est-il naturellement bon comme le dit Rousseau ? Est-il un loup pour son frère comme le pense Hobbes ? Et d’abord qu’est-ce qu’être bon et qu’est ce qu’être mauvais ? Le don que tu fais au Croissant Rouge est considéré par le plus grand nombre comme « bon ». Mais si tu donnes pour t’acheter une conscience à bon compte et pour te déculpabiliser d’un luxe dans lequel tu te vautres quand le vieillard palestinien, lui, se vautre dans la boue des restes d’une maison rasée par un bulldozer israélien… qui est celui qui donne ? Qui est celui qui reçoit? Toi ou ce vieil homme ? Ce serait donc ça la bonté : nourrir une conscience charognarde sur la carcasse de la misère humaine ?

Les frontières entre les concepts sont ténues. Et le Pouvoir alors ? Bien ? Pas bien ? Doit-on le rechercher à tout prix ? Doit-on s’en éloigner comme de la peste parce que de pieux philosophes ont dit un jour qu’il corrompt les esprits et noircit l’âme ? Toutes les écoles philosophiques et les religions ont fondé leur système sur un sens qu’elles ont donné à l’existence. Un but ultime. Chez les cyrénaïques c’est le plaisir. Chez les épicuriens et les stoïciens c’est cet état de quiétude profonde, de paix intérieure, qu’ils appellent l’ataraxie. Chez les musulmans l’adoration d’un Créateur unique à qui il ne faut rien associer… et chez Nietzche c’est la volonté de puissance. Pour le philosophe allemand, être c’est devenir plus, et l’on devient plus quand on laisse libre court à cet instinct qui fait de la puissance l’espace dans lequel on se réalise. En d’autres termes, l’homme s’épanouit dans la quête et l’exercice du pouvoir. Alors je vais vite dans l’analyse, au risque, j’en suis conscient, de caricaturer un concept qui ne se résume pas à la définition que j’en donne…. mais c’est une idée commode sur laquelle je peux m’appuyer pour lancer cet article.

Je ne connais rien de pire que le sentiment d’impuissance. Se sentir désemparé…désarmé face à une situation, comme voir toute sa famille se faire abattre devant soi par des GI sanguinaires ou voir ces pourceaux faire subir le pire à ses sœurs et sa mère. Pour moi, il y a toujours eu des choses dont l’excès est préférable au défaut. Je préfère la confiance en soi qui se transforme, dans l’excès en arrogance, à la timidité maladive qui te transforme en brebis au milieu des loups. Je préfère la générosité qui se transforme en prodigalités à la pingrerie qui ferme un porte-monnaie à double tour. De la même façon, j’ai toujours cherché plus de pouvoir. Jamais moins. Dans notre société, cette confession a quelque chose d’honteux… de sale même. Il est dangereux de se montrer trop ambitieux. Trop affamé. Raison pour laquelle le vrai ambitieux agit toujours en sous-marin. Quand j’ai commencé ma carrière, je criais sur tous les toits que j’étais un ambitieux… que je voulais manger le monde… que je voulais prendre la place de mon boss….

Ce que je pouvais être ridicule.

Non pas dans mes intentions, mais dans la façon pornographique que j’avais de les afficher. L’ambition c’est bien. Vouloir manger la terre entière c’est bien. Vouloir prendre la place de son boss c’est bien. Mais avoir la naïveté de le dire à tout le monde, c’est contre productif. C’est stupide même. De telles déclarations seront toujours accueillies par un froncement de sourcils suivi d’une remise du premier prix d’infréquentabilité qui, en France, te vaut, aujourd’hui, un an de prison.

Au XXIème siècle, la quête du pouvoir est devenue une guerre civilisée. Une bataille d’alcôves qui ne dit pas son nom. Un affrontement de généraux qui se sourient avant de se poignarder dans une Board Room. Et si tu cherchais la plus grande hypocrisie de notre société, elle est celle-ci : nous draper dans le souci de justice et d’équité, nous complaire dans une idée de la démocratie qui ferait du peuple le souverain et qui nous épargnerait de vieilles pratiques aristocratiques. Une démocratie ou le pouvoir serait également réparti entre chaque citoyen, puisque chacun possède le pouvoir « d’une voix » aux élections. En d’autres termes, on aurait anéanti la quête de pouvoir de l’individu en le dissolvant dans le peuple.

Belle hypocrisie.

Ce sont toujours les mêmes émotions qui nous guident… les mêmes instincts qui nous dominent. Mais puisque la société ne veut plus voir ses barbares affamés, il a simplement fallu que ces derniers revêtent un costar Smalto pour tromper leur monde. Ils ont recouvert leur main de fer du velours d’un gant. Ils ne prennent plus par la force… ils séduisent. Le vrai ambitieux, celui qui a le manche, celui à qui je délivrerai un diplôme de l’Académie de JR&M, est celui qui sait faire plier la volonté de l’autre en donnant à ce dernier l’illusion qu’il a pris sa décision librement et en conscience… comme la pierre qui roule de Spinoza. Ou comme John Milton (Al Pacino) qui souffle malicieusement à Kevin Lomax (Keannu Reeves) :

« C’est ma main qui fait sourire la Joconde ».

Je ne sais pas pour toi, mais perso, je détesterai apprendre que je n’ai été qu’un vulgaire caillou à la merci d’un(e) pro au jeu du pouvoir… encore moins qu’un mec me fasse sourire en me passant une main. « Le monde est un théâtre » disait Shakespeare… c’est exact. Il est le théâtre de luttes d’influences et de pouvoir dans lequel nous sommes tous condamnés à jouer un rôle. Tous. Même celui qui te dit : « non, la politique c’est pas pour moi… je suis pur moi… ». Ne pas jouer le jeu reviendrait à renoncer aux plaisirs qu’il procure… ou à subir les peines de celui qui en est dépourvu. Rien ne sert de pleurer. Rien ne sert de se plaindre. Rien de ne sert de résister. Ta participation à ce jeu est inévitable. Et pour celui qui sait l’esquive impossible, il vaut mieux exceller dans l’art de l’acquérir que dans une innocence de façade qui ferait de toi le jouet d’un(e) autre.

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RENAISSANCE

renaissance

Je sais ce que tu es en train de te dire: “c’est pas trop tôt!”.

Tu as été lourdement sevré et je m’en excuse. Je pourrai invoquer les meilleures raisons du monde pour expliquer cet éloignement aussi soudain que temporaire. Je pourrai te parler de mon agenda professionel dont je ne suis plus maître. Je pourrai te faire entrer dans la confidence d’un Projet Secret que je m’apprête à lancer et qui m’obsède depuis plus de deux mois. Je pourrai te dire que l’inspiration,  cette connasse, a décidé de me faire la tête. Je pourrai t’expliquer comment je l’ai retrouvée en m’isolant dans un monastère bénédictin à manger du pain sec et les légumes verts que font poussé des moines ayant fait voeu de silence.

Mais rien de tout cela ne serait vrai. Parce que ma vraie occupation ces dernières semaines a été la renaissance du JR&M FUND. D’abord dans ses équipes et son fonctionnement… ensuite dans son fondement théorique:  ma plume ne s’est pas reposée ces deux dernières semaines. Elle s’est appliquée à revisiter profondémment le Manifeste de l’Equation Secrète…. maintenant disponible dans sa version 2.0 

Mieux… avec la patience d’une fourmi ouvrière, elle a ajouté des chapitres inédits à ce recueil devenu (allez je me fais un bisou) un classique de l’univers de JR&M. Chapitres que tu pourras, au propre comme au figuré, caresser des doigts puisque Le Manifeste (et c’est nouveau!) est maintenant édité dans une version papier que tu peux te procurer ici 

Mais la vraie bonne nouvelle de ces dernières semaines c’est la réouverture du FUND aux candidatures… avec une subtilité toutefois :)

Looking forward to reading your application

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3 – 1

Ils sont vraiment de partout ces arabes…

P.S: next article coming soon…

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LA TRISTE VIE D’UNE BELLE GOSSE

depressed beauty

Les derniers débats furent âpres.

Il suffit de parcourir les commentaires des derniers articles pour s’en convaincre. J’institue une trêve olympique le temps d’un article et vous invite à découvrir un webzine qui m’a fait fondre: hijabandthecity.com  (HATC pour les intimes). Les jeunes femmes qui tiennent cette maison en ont fait un endroit où l’on s’oublie pendant des heures à lire et relire des articles dont la pertinence est sublimée par une plume acidulée et fraîche. Un bonbon inattendu dans une blogosphère fadasse qui n’a plus rien à dire.

J’ai été invité à y prendre la parole, un peu comme au temps de nos aïeux où l’hôte pressait ses convives d’improviser quelques vers pour rassasier les imaginations plus avides que les ventres qui venaient de se remplir. Ca commence comme ça…

Les filles les plus malheureuses ne sont pas celles que l’on croit.

Le diktat du 90-60-90 relayé par Elle, Bazaar et Vogue est censé avoir fait de ta vie un enfer. D’autant plus que les formes généreuses que suppose la combinaison magique de ces trois nombres ont progressivement été gommées par Photoshop et cette lubie morbide qui a fait de l’anorexie le nouveau canon de la beauté.

Te voilà donc réduite à suivre ce régime commando qui te permettra « d’arborer un ventre plat sur la plage en seulement 3 semaines ». 3 semaines à te nourrir exclusivement de pommes et d’eau minérale. 3 semaines à priver ton palais des viennoiseries du matin et des barres chocolatées de l’après midi. A côté de ton régime spartiate, le Ramadan fait figure d’orgie alimentaire.

Et tu souffres…

La suite c’est par ici

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Y A CEUX QUI…
Clip fat cap” y’a ceux qui ” album a l’arrache
envoyé par akiramamoto. – Clip, interview et concert.

Aujourd’hui, s’entendre dire “sale nègre” ou “sale bougnoule” en face est moins commun que du temps de nos parents. Eux et ceux qui les ont enfantés sont nés au temps des colonies. Cette époque bénie où l’on pouvait aller au zoo pour jeter des cacahuètes aux macaques en même temps qu’à ces africains qu’on faisait venir des même forêts. On vivait alors l’âge d’or de la Science où l’on débattait à la fois des premières théories de physique quantique et de la biologie de l’espèce “nègre”. “Sont-ce des hommes? Sont-ce des bêtes sauvages? Sont-ce des primates un peu plus sophistiqués?”

Passionnant.

Aujourd’hui, c’est vrai, on imaginerait moins ce genre de débat sur France 2. Le legislateur s’en est mêlé et il a décidé de punir les insultes à caractère raciste. Du coup, l’invective xénophobe a rejoint la colonne des gaz rares du tableau périodique de Mendeleiev… on en entend beaucoup moins sur la place publique. C’est que le racisme s’est aristocratisé! Il est maintenant confiné aux salons littéraires de ceux qui n’ont jamais touché un bouquin: les français moyens qui confondent 30 millions d’amis et RFO. Aujourd’hui négrophobie et islamophobie riment avec pédophilie. Si l’actualité nous a prouvé que c’est dans le cercle familiale qu’on se livre à d’honteuses partouzes qui mettent en scène de petits nienfants, l’experience montre que c’est dans ce même cercle intimiste qu’on se laisse aller aux reflexions les plus gluantes. Au repas de Noël par exemple, où tonton Gaspard, vétéran de la Guerre d’Algérie et adhérent de la première heure du parti à la flamme tricolore, montre qu’il aurait pu tenter sa chance au Jamel Comedy Club:

- Qu’est ce que 500 bougnoules au fonds l’Océan?

… silence…

- Un bon début!

Hilarant. Tatie Danielle, dans son rôle de chauffeuse de salle brandit sa pancarte “applause please” et c’est toute la famille qui s’esclaffe en choeur. Ahhh Noël… son esprit de famille, ses papillotes, son sapin, ses guirlandes… ses soirées au coin du feu.

Parfois, ces commentaires s’invitent subtilement au boulot ou dans le métro. Ils blessent. Ils agacent… et les réactions de ceux qui en sont les témoins directs ou celles des passifs auditeurs à qui l’on rapporte ces facheuses anecdote, diffèrent.

Il y a ceux qui vocifèrent, crient et gesticulent.

Il y a ceux qui pleurent, ceux qui écrivent des articles et des pamphlets contestataires, ceux qui tentent d’initier une chaîne d’emails virale avec pour titre “SCANDALEUX! A ENVOYER A TOUS VOS CONTACTS”. Il y a ceux qui s’en plaignent à leurs collègues. Et il y a ceux qui écoutent ces mêmes collègues qui, les yeux pleins de compassion, leur donnent une tape paternelle dans le dos et leur conseillent d’abandonner leur pleurnicheries tout en leur prescrivant du tranxen 500. “Ca calmera ta logorrhée victimaire… tu verras. Un comprimé matin, midi et soir”. Il y a ceux qui s’indignent, ceux qui qui attaquent en justice. Il y a ceux qui s’organisent en association, ceux qui manifestent, ceux qui pensent que la Marche des Beurs c’était bien et qu’il faut refaire quelque chose de semblable aujourd’hui… La Marche des Beurs 2. Ceux qui se disent que si ça a marché Terminator ça peut marcher pour ça aussi. Il y a ceux qui rejoignent les clubs. Club Averroès. Club 21ème siècle. Club de la BAC. Il y a ceux qui rejoignent la Police croyant qu’en passant de l’autre côté de la barrière ils seront plus respectés… avant de vite déchanter.

Et puis il y a ceux qui sucent. Ceux qui embrassent la rhetorique de la “droite decomplexee” pour qui se plaindre d’avoir ete victime de racisme c’est forcement victimaire. Ceux qui minimisent les souffrances des leurs pour faire plaisir a Papa Sarkozy. Ceux qui acceptent qu’on les prennent pour du bétail. Les self-hating rebeux/renois. Ceux qui rejoignent le FN. Ceux qui rejoignent l’UMP. Ceux qui rejoignent le PS. Il y a ceux qui défendent un Minsitre après qu’il les ait humiliés publiquement. Celles qui sucent (au propre comme au figuré cette fois) pour être au gouvernement. Ceux qui sucent pour un Bounty. Il y a ceux qui sucent et ont regretté… pour en sucer un autre. Il y a ceux qui sucent le PAF et qui quittent le navire comme des rats quand leur ami sombre.

Dans la famille “je vocifère, je crie, je gesticule” je voudrai le fils déchu… le vilain petit canard. Je voudrai Moustapha… journaliste au Monde:

Brice Hortefeux a trop d’humour. Je le sais, il m’a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l’immigration et de l’identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l’avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : “Vous avez vos papiers ?”

Trois mois plus tard, lundi 7 juillet, jour de mes 29 ans. Je couvre le Tour de France. Je prépare un article sur ces gens qui peuplent le bord des routes. Sur le bitume mouillé près de Blain (Loire-Atlantique), je m’approche d’une famille surexcitée par le passage de la caravane, pour bavarder. “Je te parle pas, à toi”, me jette un jeune homme, la vingtaine. A côté de moi, mon collègue Benoît Hopquin n’a aucun souci à discuter avec cette “France profonde”. Il m’avouera plus tard que, lorsque nous nous sommes accrédités, une employée de l’organisation l’a appelé pour savoir si j’étais bien son… chauffeur.

Je pensais que ma “qualité” de journaliste au Monde allait enfin me préserver de mes principaux “défauts” : être un Arabe, avoir la peau trop basanée, être un musulman. Je croyais que ma carte de presse allait me protéger des “crochets” balancés par des gens obsédés par les origines et les apparences. Mais quels que soient le sujet, l’endroit, la population, les préjugés sont poisseux.

La suite c’est par ici

Il y a tous ceux là…

… et il y a ceux qui ont tout compris. Ceux qui savent que “Touche pas a mon pote”, “SOS Racisme”, Vraie Pute Toute Soumise” instrumentalisent les simples d’esprit et ne sont que les trepieds d’ambitieux qui se foutent des banlieues, des rebeux et des renois comme de l’an 40. Eux ne sucent pas…

et surtout, ils n’habitent plus ici

P.S: merci à Youssef pour avoir attiré mon attention sur cet article

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AID MOUBARAK

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CRITIQUES

Zemmour face à Disiz La Peste – Partie 1/2
envoyé par Screensports. – L’info video en direct.

Zemmour face à Disiz La Peste – Partie 2/2
envoyé par Screensports. – L’info video en direct.

La plus grande crainte de l’homme n’est pas la mort. Ce que l’homo sapiens craint par-dessus tout c’est de prendre la parole en public. Ce n’est pas moi qui le dis mais des chercheurs très sérieux. Le genre de vieux scientifiques dont le corps malingre n’est que l’appendice d’un cerveau bodybuildé. Selon eux toujours, sur une échelle de 1 à 10 où l’Exorciste est à 7 et la tête de Rachida Dati au réveil à 9, l’idée de milliers de paires d’yeux braquées sur soi durant une présentation culmine à 15.

Les symptômes de cette grippe d’un autre genre sont connus : la goutte de transpiration qui perle sur ton front, les sueurs froides qui parcourent ta colonne vertébrale comme du 220V, les baffes 2 X 150W qui font leurs apparitions sous tes bras ou encore ce tremblement irrépressible de la main droite qui t’a valu le surnom de « vache folle »… tu t’es reconnu(e) ?

La suite c’est par ici

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CROYANCE POPULAIRE

The Passion of the Christ Trailer
envoyé par dhamby86Regardez des web séries et des films.

Ce blog n’est plus à un paradoxe près.

On peut y défendre la langue française et crier son amour pour la littérature qu’elle a enfanté… et en même temps abhorrer la France, ses institutions et son pseudo « universalisme » qui est, en réalité, la version 2.0 d’un colonialisme qui ne dit pas son nom. D’ailleurs, puisque l’on en est à parler de paradoxes, force est de constater que la France n’est pas en reste en la matière : j’ai toujours trouvé surprenant que l’on s’obstine à honorer la mémoire d’un Jules Ferry qui, s’il a rendu l’école « gratuite, laïque et obligatoire », a aussi été un des plus farouches défenseurs de la colonisation. Que dirait-on d’un homme qui, aujourd’hui, prononcerait de telles paroles au Parlement :

« Il y a un second point, un second ordre d’idées que je dois également aborder (…) : c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question. (…) Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. »

Perso, je trouve « le détail de l’Histoire » de JM Le Pen beaucoup moins hardcore que les inepties de Ferry. Et pourtant ce dernier a des écoles, des places et des rues qui portent son nom quand le premier est l’épouvantail mal aimé de la classe politique française. A quand une place JM Le Pen en Seine Saint-Denis ? Alors, tu trouveras toujours des abrutis pour te dire que la contribution de Jules Ferry à la genèse de l’Education Nationale est telle, que l’on peut passer l’éponge sur ses malheureux propos eugénistes. A ces ânes bâtés il faut répondre que : 1) Pour l’Education Nationale, il n’y a pas de quoi être fier. 2) Qu’il faut être alors cohérent dans l’application de ce principe et commencer à rendre à Pétain et César ce qui leur appartient. Le Maréchal a en effet collaboré avec les nazis et a pris la tête du gouvernement honteux de Vichy… mais il a aussi été un héros adulé de la première guerre. Est-ce que le premier fait d’arme efface les horreurs perpétrées durant l’occupation ? Apparemment pas. Pétain est un pestiféré de l’Histoire.

Je clos cette longue parenthèse pour revenir au blog et à ses paradoxes, moins abominables, eux. J’ai toujours défendu cette idée de la contradiction assumée qui ferait cohabiter dans le même esprit deux idées diamétralement opposées. Je vais de nouveau me livrer à ce grand écart intellectuel même si la thèse a été formulée par un autre que moi: Erick, en l’occurrence. Selon lui, les diplômes ne servent à rien.

Je suis plutôt d’avis qu’ils servent beaucoup… particulièrement quand ils sont délivrés par de prestigieuses écoles. J’entends déjà la voix de mes détracteurs: « comment peut-on penser que le diplôme fait une telle différence sur le marché du travail ? Comment peut-on croire qu’un institut, quel qu’il soit, puisse encore posséder le monopole de la connaissance quand celle-ci est disponible gratuitement sur le Web ? Comment peut-on sérieusement affirmer qu’un diplômé d’Harvard est intrinsèquement meilleur qu’un autre ? Parce qu’il a fait Harvard et que l’autre s’est perdu dans une école de troisième division française ? Mais la réalité ne démontre-t-elle pas que cette conception des choses est non seulement dégoutante par son élitisme, mais aussi rendue caduque par une réalité de terrain ? Combien de capitaines d’industries, combien d’entrepreneurs autodidactes ont monté leur business sans jamais avoir eu de titres ronflants sur leur CV ? » Tous ces arguments sont fondés. Ils auraient même pu sortir de ma propre bouche.

L’ironie dans cette argumentation c’est qu’en se parant des oripeaux du pragmatisme, elle est en vérité désespérément idéaliste. En questionnant la valeur ajoutée toute relative d’un prestigieux diplôme, ces romantiques se trompent dans les termes de l’équation qu’ils posent. Ils font partie de la race des mauvais marketers : ceux qui ne savent pas ce qu’ils vendent et à qui ils le vendent. Si, quand tu candidates à HEC ou à ESADE tu le fais « pour toi… pour développer tes capacités intellectuelles et apprendre le business dans une institution d’excellence parce que l’enseignement qui y est délivré est de meilleur qualité», alors tu n’as rien compris. Tu me fais penser à ces filles qui passent des heures devant le miroir à se farder, se pommader, se parfumer et s’habiller… « pour mon petit plaisir à moi toute seule ».

Bien sûr… on va te croire.

Si une fille s’apprête avec autant de soins, c’est parce qu’elle se nourrit du regard des autres. C’est sa came. Fin du débat. Ce qui fait des « autres », les clients que la jeune fille en question s’évertue à satisfaire.
De la même façon, quand tu décides de faire une grande école, tu ne dois pas le faire pour t’admirer dans un miroir et embrasser ton reflet. Tu dois le faire pour un client. Et ce client ce n’est pas toi. Ce client, c’est le recruteur de chez l’Oréal et General Electric. C’est le Cerbère qui garde la lourde porte d’airain des grands groupes mondiaux. C’est le videur qui te met une porte si tu n’as pas pris la peine de mettre une belle paire de Ferragamo .
Voilà la vraie et seule bonne raison d’obtenir son diplôme… et de l’obtenir dans une institution de haut niveau. Améliorer sa valeur « perçue ». Rendre son profil plus « bankable ». Rassurer le client/recruteur sur la marchandise. L’aider dans son processus décisionnel. Les recruteurs sont friands de titres, d’acronymes, de diplômes et autres certification qui « valident » officiellement tes connaissances. Ils kiffent les noms des Grandes Ecoles parce que ces noms leur permettent de prendre des raccourcis psychologiques quand ils sont amenés à prendre une décision. Ces raccourcis psychologiques sont les « croyances populaires ». Une « croyance populaire » est une vérité tellement ancrée dans l’imaginaire collectif qu’elle est érigée au rang de dogme. On ne la remet jamais en question. On y croit comme certains croient en Dieu. La « croyance populaire » sur laquelle s’appuient les recruteurs du CAC 40 est celle-ci : « plus le diplôme est côté, moins j’ai de chance de me tromper en engageant une personne ».

Est-ce que c’est vrai ? Non.

Est-ce que c’est juste ? Absolument pas.

Mais depuis quand le Monde se soucie-t-il de justice et de vérité ? Du point de vue du recruteur, ces diplômes de Grandes Ecoles sont utiles. Mets-toi à leur place l’espace d’une minute : l’explosion du nombre de diplômés qui se déverse chaque année sur le marché du travail a rendu leur tâche plus ardue. Qui choisir entre 18 000 diplômés de Marketing ?

Trop de choix tue le choix.

Imagine-toi dans le rayon « légumes en conserves » d’une grande surface… si aucune des boîtes métalliques qui peuplent les linéaires ne possède d’étiquette, laquelle vas-tu choisir ? C’est ici que l’idée de « diplôme prestigieux », qui n’est rien d’autre qu’une marque, un label, prend toute sa dimension. Pour un recruteur qui doit « screener » 500 CV dans la journée, faire une étude approfondie de chaque candidature est tout bonnement impensable. Ce recruteurs va se simplifier la vie en ne sélectionnant que des individus qui sortent des meilleures écoles.

Pourquoi ?

Parce qu’il tient à son job. Dans les années 70/80, IBM avait la mainmise sur le marché des PC. La réputation de leurs machines et les parts de marchés que celles-ci s’étaient taillées étaient telles, qu’IBM avait poussé l’arrogance jusqu’à affirmer dans ses pubs : « nobody got ever fired for buying an IBM computer »… « Personne ne s’est jamais fait virer pour avoir acheter un ordinateur IBM ». Une publicité qui est passée au rang de croyance populaire. IBM c’était devenu la sécurité sociale, l’assurance d’acheter la meilleure came du marché. Un équipement fiable, qui tourne comme une montre suisse. Le même argument vaut, aujourd’hui, pour un recruteur de chez Danone : « personne n’a jamais été viré pour avoir recruté un HEC ». Si l’HEC se révèle être une baltringue, on pourra toujours se cacher derrière l’évidence du label rouge : « oui, mais bon… c’est un HEC. Laisse lui encore un peu de temps… c’est un HEC quand même… et puis tu sais… c’est un HEC ».

Les idéalistes que j’ai égratignés au début de l’article n’en feront certainement qu’à leurs têtes : « moi, je m’en fous. J’ai raison. Je sais que le diplôme ne fait pas l’homme. L’école prestigieuse n’est qu’une étiquette et ne constitue en aucun cas une garantie de la valeur de l’intellect ». En d’autres termes, nos amis idéalistes sont en croisade. Ils partent en guerre contre une « croyance populaire ». Ils me font penser à la ville de New York qui s’était mis à dos ses habitants pour avoir stopper le programme de recyclages des déchets de la ville. Chacun avait pris l’habitude de trier ses déchets. Chacun pensait qu’il ajoutait sa modeste brique au gigantesque édifice de la protection de l’environnement. Chacun se donnait bonne conscience en répétant, chaque jour, ce minuscule geste citoyen. Tous croyaient dur comme fer à l’influence positive du programme. Pour ces habitants, il y avait Dieu… et puis le recyclage. Jusqu’à ce que la ville de New York, après avoir missionné un certain nombre d’experts sur le collecte des déchets et son impact sur l’environnement, arrive à la conclusion que non seulement l’impact était minime, mais qu’en plus le programme de collecte était un gouffre financier. La municipalité décida de mettre fin à une initiative gourmande en capital et relativement peu efficace en terme lutte contre la pollution. La réaction ne se fit pas attendre : les adeptes du programme n’avaient que faire des conclusions de cette étude. Ils se sont organisés en lobby. Ils ont fait pression sur la mairie. Chacun de ses membres encourageait la population à continuer à trier ses déchets dans des tracts qui désavouaient les élus taxés de vermines inféodés aux grandes entreprises polluantes de la ville. Et pourtant… pourtant les conclusions des experts étaient sans appel. Le tri ne créait pas de valeur à proprement parler. Son impact sur l’environnement était négligeable et il coûtait une fortune aux contribuables. « Croyance populaire » et « vérité objective » font rarement bon ménage.

Si tu es un tout petit peu intelligent, tu auras compris qu’il ne sert à rien de se battre contre une « croyance populaire ». Tu ne parviendras jamais à la changer. Même avec toutes les études du monde (Pepsi bat Coca à tous les blind tests… mais les fanatiques du coke préféreront cent fois mourir avant d’avoir l’ombre de l’idée d’un doute qui pourrait les amener à changer de marque). A ton niveau, tu n’as ni les moyens, ni le temps de convaincre un recruteur de la stupidité de sa croyance.

Si j’étais toi, je dépenserai plutôt mon énergie à obtenir un de ces diplômes. Les recruteurs aiment se raconter des histoires. Il serait temps que tu prennes un peu plus exemple sur Shéhérazade et un peu moins sur Besancenot.

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LE MYTHE DU GENIE (2/2)

Certains écoutent du Chopin comme les victimes consentantes du tabagisme passif : vautrés sur la banquette en cuir du Business Lounge de l’aéroport Roissy Charles de Gaulles, ils prêtent une oreille distraite aux notes plaintives que crachotent les enceintes discrètement placées au dessus d’eux. En d’autres termes, la douce musique miaulée par le piano ressort par l’oreille opposée à celle où elle est entrée. Pour ces individus, les Ballades Nocturnes du compositeur polonais font plus référence au bruit des péripatéticiennes montées sur talon qu’à un chef-d’œuvre de la musique classique. « La musique classique ? Non, ce n’est pas désagréable… mais je m’en fous un peu » disent-ils avant de planter leur regard sur l’écran plat qui annonce les portes d’embarquement au compte goutte.

Il y eux…et puis il y a les toxicos. Ceux qui ont fait du catalogue de Frederic Chopin une collection de narcotiques étourdissants et qui vont jusqu’à s’isoler dans une pièce insonorisée pour écouter leur opus préféré… « pour ne pas en perdre une seule goutte » disent-ils, avant de déglutir bruyamment. Ces aficionados ne sauraient tolérer la moindre pollution sonore qui viendrait inévitablement retarder l’orgasme auditif. Ils sont comme ces fumeurs de havanes qui s’enferment dans des clubs parce qu’ils veulent jouir du plaisir de tirer sur leurs cigares en même temps que celui d’être entourée des lourdes fumées expirées par les autres membres. De Chopin, ils ne connaissent pas seulement l’œuvre, mais aussi la vie. Ils pourraient meubler des heures de conversation au moyen des futiles anecdotes et des insignifiantes historiettes qui ont rythmée la vie de l’artiste. Et quand on leur demande ce qui différenciait Chopin du reste de ses contemporains, ils répondent comme horrifiés par la stupidité de la question « Le talent ! Bien évidemment ! ». Un talent qui selon eux s’est manifesté dès l’enfance chez Chopin… comme chez Mozart d’ailleurs :

« Mozart révèle des dons prodigieux pour la musique dès l’âge de trois ans : il a l’oreille absolue et certainement une mémoire eidétique (à quatorze ans, il aurait parfaitement retranscrit le Miserere de Gregorio Allegri, morceau qui dure environ 15 minutes, en ne l’écoutant qu’une seule fois). Ses facultés déconcertent son entourage, et incitent son père à lui apprendre le clavecin dès sa cinquième année. Le jeune Mozart apprend par la suite le violon, l’orgue et la composition. Il sait déchiffrer une partition et jouer en mesure avant même de savoir lire, écrire ou compter. À l’âge de six ans (1762), il compose déjà ses premières œuvres (menuets KV.2, 4 et 5 ; allegro KV.3). Source : Wikipedia

Quand tu lis ce genre de chose tu ne peux t’empêcher à la fois d’admirer le génie à l’état pur et de pester contre ce sort qui donne tant à certains et si peu à d’autres. « Il a un don » te diront la plupart. Dans l’imaginaire collectif, les grandes figurent de l’art, du business et du sport ont vu des fées bienveillantes se pencher sur leurs berceaux. Dans l’imaginaire collectif, Dieu a donné à ces prodigieux athlètes, poètes, CEO quelque chose qu’il a refusé au reste du commun des mortels. « Même Tiger Woods… » m’a dit un jour un collègue féru de golf .

Vraiment ?

Il y a un passage du film « Changing Lanes » que j’aime beaucoup. C’est celui dans lequel Doyle Gipson, incarné par Samuel L. Jackson, lutte contre les démons de l’alcool et où on le voit, dans un moment de faiblesse, se retrouver assis à un bar à se demander s’il allait commander un scotch ou un soda. En même temps qu’il se pose cette question il ne peut s’empêcher d’écouter la conversation de deux publicitaires blancs qui ont des propos très « borderline »… à la limite du racisme caractérisé. Ils semblaient se moquer d’un spot publicitaire à l’effigie de Tiger Woods. Doyle Gipson les interrompt :

« J’espère que vous ne m’en voudrez pas mais j’ai été intrigué par votre conversation et j’ai compris que vous bossiez dans la publicité. J’aimerai vous donner ma version rêvée d’une publicité sur Tiger Woods, OK ? Bien… alors dans ma pub, il y a ce noir sur ce parcours de golf. Tout le monde essaie de le convaincre d’être leur caddy et de trainer leurs clubs à mesure qu’ils progressent sur le parcours. Mais il n’est pas un caddy. C’est juste un mec qui se trouve être noir et qui essaie simplement de faire une partie de golf. Mais ces gens insistent et lui donnent un billet de 5 dollars pour qu’il aille leur acheter de la bière ou des cigarettes au clubhouse. Déçu, il décide de rentrer à la maison où l’attendent sa femme et leur fils à qui il enseigne les arcanes du golf. Puis l’on verrait tous ses enfants jouer à la marelle et l’image montrerait ensuite le petit Tiger s’entraîner comme un dément sur le green. Puis l’on verrait ces mêmes enfants se gaver de crème glacée pendant que Tiger perfectionne, sous une pluie battante, ses frappes longues sous l’œil sévère de son père. Puis il y aurait comme un effet « avance rapide » et l’on verrait Tiger remporter quatre grands slams d’affilé et devenir dans le même temps le meilleur joueur qui ait jamais soulevé un club de golf. Et le spot de pub se terminerait sur une image de son père dans la foule vers qui Tiger se dirige en lui tendant ses trophées. Tout cela grâce à la détermination d’un père qui s’est fait la promesse qu’aucun homme blanc ventripotent (comme le sont probablement vos pères) n’enverrait jamais son fils au clubhouse acheter de la bière et des cigarettes »

Un pur kiffe.

Mais plus que la jouissance que procure cette mise à l’amende, c’est la leçon subliminale qu’elle délivre qui doit nous intéresser : Tiger Woods n’est le prodige que nous connaissons que parce qu’il a travaillé prodigieusement dur. Point barre. La croyance populaire qui ferait de Dieu l’injuste distributeur de talents dont bénéficieraient certains à l’exclusion de tous les autres est une chimère. Un prétexte. Une basse excuse qui justifie la paresse.

Parce que le talent suppose et exige un effort. Il ne naît pas du vide.

On ne naît pas star du football… de la même façon qu’on ne naît pas businessman, danseuse étoile ou violoncelliste virtuose. On le devient. Le talent se développe par la répétition de l’effort sur la durée. C’est ce que Malcolm Gladwell appelle « la règle des 10’000 heures ». Dans son dernier livre « outliers », il explique que la « surperformance » est la résultante directe d’une pratique assidue (voire fanatique) d’une discipline donnée. Pour illustrer ce principe, il cite les résultats d’une étude menée sur un groupe d’étudiants de musique classique que des chercheurs ont suivis de l’enfance à l’âge adulte. Parmi ces étudiants certains sont devenus d’excellents amateurs en accumulant 2’000 heures de travail. Ceux qui sont devenus professeurs de musique ont, eux, travaillé deux fois plus: 4′000 heures. Les étudiants dits « surdoués » pointent à 8000 heures d’études tandis la caste des « génies » caracole à 10’000 heures.

Je vais te donner deux autres exemples. Le premier est plus personnel que le second puisqu’il m’a été directement raconté par un de mes mentors de l’époque. Au début de sa carrière, quand il bossait encore pour Danone, il s’était progressivement fait une réputation d’artiste du business. Tout le monde voyait en lui l’intelligence supérieure… le genre d’individu qui s’il courrait avec son cerveau, serait capable de mettre trois mètres dans la vue d’Usayn Bolt. Un soir qu’il bossait sur un fichier Excel qui modélisait la quantité optimale de gelée à la fraise à mettre dans les Pim’s (on en est là chez Danone), son boss est passé le voir à son bureau … “ne restez pas trop tard”… lui a-t-il dit, sachant pertinemment que son conseil paternel ne serait pas suivi. Le lendemain, ce même boss, très matinal, arrive croît être le premier arrivé à son bureau quand passant devant le bureau de son petit protégé (mon ex- mentor) il le voit s’acharner frénétiquement sur le même fichier que la veille au soir. S’il n’avait pas remarquer le changement de tenue vestimentaire il aurait juré que cet alcoolique du taffe avait passé la nuit ici. Mais il n’en demeurait pas moins que ce junkie était le dernier à partir le soir et le premier à arriver le matin. Voilà ce qu’il lui dit en guise de « bonjour » :
“ah mais je comprends maintenant ! Vous travaillez… c’est tout !” Le vieux boss avait démystifié la soit disante intelligence supérieure. Il l’avait mise a nue. L’extrême agilité intellectuelle dont mon mentor faisait preuve n’était due qu’au fait qu’il travaillait beaucoup plus que les autres.

Dans un numéro de GQ qui date de quelques mois et qui affiche la tête de Thierry Henry sur sa couverture, j’ai relevé une gemme cachée. Dans l’interview de l’attaquant du Barça, j’ai appris l’histoire tout a fait fascinante de la genèse de ce qui est devenu la marque de fabrique de Thierry Henry sur les terrains de football : une foulée de gazelle qui démarre au milieu de terrain sur le côté gauche avec un repiquage au centre léger suivi d’un enveloppement du ballon de son pied droit qui fixe tous les gardiens sur place. Quand tu le vois exécuter ce geste, la première chose que tu te dis c’est: “c’est Dieu qui lui a donne ca. C’est pas possible autrement”. Pourquoi? Parce qu’il le réalise avec une telle facilité… une telle aisance que ça ne peut que faire partie du package qu’il a reçu de Dieu lui-même à sa naissance. Voilà ce que tu te dis…

Et voilà ce qu’en dit le principal intéressé:

“Ce que j’aimerai expliquer aux gens, c’est que ce n’est pas venu du jour au lendemain. Souvent, quand un joueur répète un geste, cela devient logique et normal donc les gens disent “c’est facile”. Non! J’ai lutté pour arriver à mettre ce genre de but. Des fois quand il n’y avait pas de gardien à l’entraînement, je plaçais un plot près du poteau avec juste la place pour passer un ballon. Tu n’as pas besoin de gardien pour travailler cela. C’est mieux avec un gardien, mais en général quand tu tapes la, c’est dedans. Il y a eu des fins d’entraînement où je restais pour faire ce genre d’exercice!”

Plus d’excuse possible ma gueule. Get back to work.

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